Le Programme d'Action Stratégique pour la Gestion
Durable du Lac Tanganyika
Juillet 2000

Le Programme d'Action Stratégique pour la Gestion
Durable du Lac Tanganyika
Juillet 2000
Ce programme a été dûment adopté par les quatre pays
riverains à la réunion finale du Comité Directeur Régional du
PBLT tenue à Nairobi le 13 juillet 2000.

POUR:
SIGNATURE
NOM / TITRE
Le Gouvernement
du Burundi

_________________________
__________________
Le Gouvernement
de la République
Démocratique du
Congo

_________________________
__________________
Le Gouvernement
de Tanzanie

_________________________
__________________
Le Gouvernement
de Zambie

_________________________
__________________

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Préface
Le Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika
établit un cadre convenu pour la mise en oeuvre des interventions classées par ordre de
priorité, destinées à promouvoir la conservation de la biodiversité et l'utilisation
durable du lac et des ressources côtières, et à gérer les activités prenant place dans le
bassin d'influence avec des impacts négatifs sur cette ressource.
Ce document résulte du processus de planification régionale entrepris avec le soutien
du Projet sur la Biodiversité du Lac Tanganyika, ``Lutte contre la pollution et autres
mesures pour protéger la biodiversité du lac Tanganyika'' financé par le Fonds pour
l'Environnement Mondial (GEF) / Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD). En Janvier 1998, le Comité Directeur Régional du Projet a
assigné la tâche de planification du PAS au Comité Consultatif Technique composé de
représentants de chaque pays sous la direction de leur Coordinateur National.
Le Programme d'Actions prioritaires présenté dans ce document se fonde sur
l'Analyse Diagnostique Transfrontalière (ADT) effectuée par le Groupe de
Planification. L'ADT était basée sur la grande expérience scientifique et de gestion
des problèmes du lac manifestée par les membres individuels et institutionnels du
Groupe qui ont pris part à la préparation et aux programmes d'études spécialisées
réalisées par le projet.
Ce Programme d'Action Stratégique établit un cadre de planification qui peut
répondre aux demandes changeantes pour l'utilisation durable des ressources
naturelles du Lac Tanganyika ainsi que pour la conservation de sa diversité
biologique. Le PAS sera révisé dans de futures itérations à la lumière de nouvelles
connaissances et en réactions aux changements d'opportunités apportées par les
ressources du lac et des menaces aux mêmes ressources.
Le temps venu, la gestion du lac ainsi que la mise en oeuvre de ce programme seront
supportées par une Convention, élaborée en parallèle avec le PAS.
Le Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika a été
adopté par le Comité Directeur réuni à Nairobi en juillet 2000.
i

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Résumé exécutif
Le Programme d'Action Stratégique (PAS) a été préparé par le Groupe de
Planification du PAS du Comité Consultatif Technique (CCT), mandaté par le Comité
Directeur du Projet Biodiversité du lac Tanganyika (Lutte contre la Pollution et autres
Mesures pour protéger la Biodiversité du lac Tanganyika1).
Ce projet de cinq ans devint opérationnel en 1995 grâce à un accord de financement
entre le Programme des Nations Unies pour le Développement au nom du Fonds pour
l'Environnement Mondial, et les quatre pays riverains, le Burundi, la République
Démocratique du Congo, la Tanzanie et la Zambie. L'objectif du projet était de mettre
en évidence "une approche régionale effective pour contrôler la pollution et prévenir
la perte de l'exceptionnelle biodiversité des eaux internationales du lac Tanganyika".
Le projet devait donner trois résultats clés:
· Un Plan d'Action Stratégique avec des actions prioritaires régionales et nationales
· Une Convention fournissant un cadre formel pour la gestion conjointe du lac
· Un programme d'études spécialisées, apportant un appui scientifique et des
rapports techniques.
La planification du PAS repose sur une compréhension commune de ce que le lac est
une ressource partagée. Les activités de chaque pays menées sur le lac ou dans son
bassin peuvent avoir des implications transfrontalières sur cette ressource partagée.
La conservation et l'utilisation de cette ressource requièrent un ensemble commun
d'objectifs et une responsabilité partagée pour entreprendre un programme d'actions
qui contrecarre les menaces pesant sur ces ressources et qui utilise au mieux les
opportunités que celles-ci offrent.
L'objectif du PAS est la protection et la conservation de la diversité biologique et
l'exploitation durable des ressources naturelles du lac Tanganyika.

Le chapitre 1 décrit l'environnement du lac et le besoin d'action.
Le chapitre 2 présente le processus de consultation mise en oeuvre dans la
planification du PAS.
Le chapitre 3 propose un organe de gestion intérimaire pour le PAS ­ dans l'attente
qu'un organe permanent soit établi dans le cadre de la Convention.
Le chapitre 4 décrit le cadre méthodologique utilisé pour établir les actions
prioritaires.
Le chapitre 5 propose le programme d'actions prioritaires régionales et nationales, au
sein des quatre problématiques principales que sont le développement de pêches
durables, la lutte contre la pollution, la gestion de la sédimentation ainsi que la
conservation des habitats.

1 Document de Projet du PNUD/GEF RAF/92/G32
ii

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Le PAS et la Convention
Le Programme d'Action Stratégiques définit des actions prioritaires régionales et
nationales ainsi que les arrangements institutionnels régionaux qui seront nécessaires
pour commencer et superviser ces actions. Comme les pressions sociales et
économiques sur l'environnement changent au cours du temps, ces actions devront
aussi changer.
Ce PAS établit donc un cadre au sein duquel des révisions et mises à jour seront
possibles, par de futures itérations, pour incorporer de nouvelles actions selon les
besoins.
La Convention fournira un cadre légal pour la gestion future du lac, mettant en
évidence les principes de gestion, ainsi que des obligations et procédures spécifiques.
Le mécanisme clé de mise en oeuvre de la Convention est le PAS.
Le projet de Convention définit un organe de gestion officiel du lac, l'Autorité du lac
Tanganyika, qui ne peut toutefois être établi avant que la Convention ne soit signée et
ratifiée. Le PAS prévoit donc l'établissement d'un organe de gestion intérimaire avec
responsabilité de coordonner la mise en oeuvre du programme d'actions prioritaires
inclus dans le PAS.
L'organe de gestion intérimaire du lac Tanganyika
Cet organisme restera responsable de la gestion du PAS jusqu'à ce que la Convention
soit signée ou ratifiée et que l'organe de gestion permanent ne soit établi.
La structure proposée de l'organe intérimaire se compose simplement de deux parties:
· Le Comité intérimaire de gestion du lac Tanganyika (CIGLT) ­ avec des
délégations nationales conduites par le Secrétaire Permanent du ministère
compétent ou, là où ceci ne s'applique pas, par un représentant de haut niveau du
Ministre.
· Le Secrétariat intérimaire de gestion du lac Tanganyika (SIGLT) ­ une équipe à
temps plein pour la planification et la coordination avec un Directeur et un
Directeur Adjoint nommés par le CIGLT et avec, en plus, du personnel d'appui
technique et administratif selon les besoins.
La priorité pour l'organe intérimaire est de:
· Promouvoir la finalisation et la signature de la Convention et appuyer la mise en
place de la structure institutionnelle permanente définie dans la Convention
· Coordonner, appuyer et préparer des propositions chiffrées de projets pour les
actions prioritaires prévues dans le PAS.
· Agir comme groupe de direction dans la coordination et le financement aux
niveaux national et régional en appui au PAS.
· Intégrer dans le PAS les actions nationales et régionales du Plan Cadre de Gestion
des Pêches (Framework Fisheries Management Plan) proposé et préparé sous le
projet RLT (Recherche sur le Lac Tanganyika).
iii

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Le programme d'actions prioritaires
Le lac est un plan d'eau international2, partagé par les quatre pays riverains, dont les
frontières traversent le lac. Toutes les actions, excepté la coordination régionale du
programme, tombent à l'intérieur de frontières nationales. La responsabilité de mise
en oeuvre de ces actions reste du ressort des gouvernements nationaux. Le PAS définit
les actions prioritaires nationales dans un cadre régional.
Le programme proposé d'interventions prioritaires est basé sur une évaluation des
menaces pesant sur la biodiversité et l'exploitation durable des ressources du lac, et
groupe ces actions en ensembles similaires de réponses. Alors que cette approche
identifie des solutions sectorielles à des problèmes sectoriels, les actions proposées
sont basées sur des interventions de développement intégrées visant les causes sous-
jacentes de ces problèmes sectoriels.
Le programme proposé est basé sur l'identification d'actions prioritaires régionales et
nationales à partir du cadre d'analyse suivant:
· Réduction de l'impact de la pêche ­ Développement de pêches durables
Pêche excessive dans la zone littorale
Pêche excessive dans la zone pélagique
Prélèvements excessifs ou incontrôlés de poissons d'ornement
· Lutte contre la pollution
Pollution urbaine et industrielle
Pollution portuaire
Pollution par les futures activités minières ou l'exploitation pétrolière
Risques d'accidents majeurs de navigation
· Gestion des sédiments
Promotion de pratiques agricoles durables
Contrôle de la déforestation
· Conservation des habitats
Menaces aux ressources des Parcs Nationaux
Conservation des habitats côtiers sensibles
Sous le PAS, la principale action régionale est la coordination d'un programme de
composantes nationales de projets. Ces composantes nationales, tout en visant les
points noirs identifiés et les sources de problèmes transfrontaliers, comprennent aussi
des thèmes transversaux tels que l'éducation sur l'environnement, la sensibilisation et
la promotion de nouveaux moyens d'existence.

2 Il n'est pas "international" au sens maritime du terme, qui se réfère à des eaux non territoriales.
iv

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Les étapes suivantes
Le financement du programme à long terme défini par le PAS devra impliquer un
grand nombre d'institutions aux niveaux régional et national. Il comprendra un
substantiel financement de base des pays participants, un soutien bilatéral aux projets
nationaux, des investissements au travers d'organismes de financement régionaux
comme la BAD et des investissements privés d'origine commerciale, ainsi qu'un
soutien du GEF ou d'autres agences multilatérales.
Comme exercice régional, le PAS ne peut aller plus loin dans les détails des
composantes nationales spécifiques de projets ni préparer des propositions de budget
pour des activités nationales qui devront être négociées entre institutions nationales et
bailleurs de fonds.
L'étape suivante doit être de développer davantage les composantes nationales de
projets pour en faire des propositions de projets complètement chiffrées qui puissent
être entreprises par les pays, avec l'appui supplémentaire des bailleurs de fonds selon
les besoins.
La tâche immédiate de l'organe intérimaire de gestion du lac est d'appuyer ce
processus de développement de projets nationaux et de négociations de financement,
tout en établissant les structures de coordination régionale appropriées et en
promouvant la finalisation et signature de la Convention3.
Mise à jour du PAS
Ceci est la première itération du PAS. C'est le résultat d'un long programme de
consultation des partenaires, basé sur la "meilleure connaissance" des utilisateurs de la
ressource, de ses gestionnaires et des scientifiques.
Les amendements à ce document seront un processus régulier, et, tandis que des
changements mineurs peuvent être attendus chaque année, une révision majeure
pourra être nécessaire tous les cinq ans.
Les prochaines itérations du PAS et la préparation détaillée des interventions
proposées continueront avec une participation élargie des partenaires concernés.
Les futurs développements du PAS seront de la responsabilité de l'Autorité de
Gestion du Lac Tanganyika, qui doit être établie selon la Convention. Entre-temps,
l'organe de gestion intérimaire sera habilité à amender le PAS dans la mesure du
possible en conformité avec les principes énoncés dans ce document.

3 Pour commencer le processus, une requête a été esquissée pour un financement par le Mécanisme de
Préparation des Projets ``Project Preparation and Development Facility (PDF) Block C" du GEF pour
appuyer les activités de l'unité d'appui à la planification et de coordination pour une période de 12
mois. Cette unité sera une unité régionale, mais avec le mandat et les ressources pour appuyer aussi bien
la préparation de propositions de projets nationaux que le développement ultérieur de la coordination
régionale et le programme de gestion.
v

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Table des matières
Préface
i
Résumé exécutif
ii
Abréviations
ix
Institutions nationales
x
Définitions et explications des termes
xii
1
Introduction
1
1.1 Une nécessité pour l'action conjointe - les ressources partagées du lac
Tanganyika
1
1.1.1 Le lac
1
1.1.2 La population
1
1.1.3 La problématique
3
1.1.4 Le Projet sur la Biodiversité du Lac Tanganyika
3
1.1.5 Le Projet de Recherche sur le Lac Tanganyika
4
1.1.6 Des engagements communs pour les actions futures
5
1.2 Le but du Programme d'Action Stratégique
5
1.3 L'étendue géographique du PAS
6
1.4 La nécessité de dresser les priorités
6
1.5 Des actions nationales dans un cadre régional
6
1.6 Principes de la gestion de l'environnement et du
développement social
7
1.6.1 Le principe de précaution
7
1.6.2 Le principe pollueur-payeur
7
1.6.3 Le principe de prévention
7
1.6.4 Le principe de participation
8
1.6.5 Le principe de partage équitable des avantages
8
1.6.6 Le principe d'égalité des genres
8
2
Le processus de consultation pour le PAS
9
2.1 Consultation nationale
9
2.2 La consultation régionale
10
2.3 L'Analyse Diagnostique Transfrontalière
10
2.4 La Convention
11
2.5 L'Evolution future du PAS
12
3
Un organe de gestion du lac Tanganyika
13
3.1 L'Autorité du lac Tanganyika et la Convention
13
3.1.1 Comité de Gestion du Lac Tanganyika
14
3.1.2 Secrétariat de l'Autorité du Lac Tanganyika
15
3.2 L'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
15
3.2.1 Le Comité Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
16
vi

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
3.2.2 Le Secrétariat Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
17
3.3 Financement de l'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika 18
4
Le cadre de conception du PAS
19
4.1 Le cadre d'analyse
19
4.1.1 Principales menaces et domaines généraux d'actions
19
4.1.2 Problèmes spécifiques au sein de chaque domaine général
d'actions

20
4.1.3 Le programme d'actions proposé pour aborder les problèmes
spécifiques

20
4.2 La base du classement en priorités
21
4.2.1 La gravité du problème
21
4.2.2 La faisabilité de la solution
21
4.2.3 Les avantages supplémentaires
22
4.2.4 Les interventions prioritaires
22
4.3 Des actions nationales au sein d'un cadre régional
22
5
Un programme d'actions prioritaires
24
5.1 Le développement intégré
24
5.2 Thèmes transversaux
24
5.2.1 Gestion de l'information
24
5.2.2 Développement socio-économique
25
5.2.3 Politique de l'environnement
25
5.2.4 Réforme institutionnelle et renforcement des capacités
25
5.2.5 L'éducation sur l'environnement
25
5.3 Le suivi de base
25
5.4 Développement d'un système de pêche durable
27
5.4.1 Effort de pêche excessif dans la zone littorale
28
5.4.2 Effort de pêche excessif dans la zone pélagique
30
5.4.3 Prélèvement excessif ou non contrôlé des poissons d'ornement 33
5.5 Lutte contre la pollution
34
5.5.1 Pollution urbaine et industrielle
36
5.5.2 Pollution portuaire
40
5.5.3 Pollution des futures activités minières ou de l'exploitation
pétrolière

41
5.5.4 Risques d'importants accidents de navigation
42
5.6 Gestion des sédiments
44
5.6.1 Promotion des pratiques agricoles durables
45
5.6.2 Contrôle de la déforestation
47
5.7 Conservation des habitats
49
5.7.1 Menaces aux ressources des parcs nationaux
51
5.7.2 Dégradation des habitats côtiers sensibles
52
vii

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Documents importants du projet
Liste des institutions nationales impliquées dans le processus de
consultation

Tableaux
Tableau 1 Principales menaces et domaines généraux d'action
20
Tableau 2 Actions nationales en réaction à la pression de pêche excessive
dans la zone littorale
29
Tableau 3 Actions nationales en réaction à la pression de pêche excessive
dans la zone pélagique
31
Tableau 4 Actions nationales pour contrôler le commerce du poisson
d'ornement
33
Tableau 5 Actions nationales pour lutter contre la pollution urbaine et
industrielle
37
Tableau 6 Actions nationales pour lutter contre la pollution portuaire
40
Tableau 7 Actions nationales pour gérer les futures opérations minières
42
Tableau 8 Actions nationales en réaction aux accidents majeurs de
navigation
43
Tableau 9 Actions nationales pour promouvoir l'agriculture durable
46
Tableau 10 Actions nationales pour contrer la déforestation
48
Tableau 11 Actions nationales pour supporter la gestion des parcs
52
Tableau 12 Actions nationales pour lutter contre la dégradation des zones
côtières sensibles
54
Cartes
Carte 1 Lac Tanganyika - Frontières nationales, principales villes et systèmes
des rivières
2
Carte 2 Principales routes commerciales pour les poissons
28
Carte 3 Principaux centres urbains et densité de la population
35
Carte 4 Danger d'érosion et secteur constituant la source de sédiments
44
Carte 5 Parcs nationaux et sites de haut intérêt de conservation
50
Figures
Figure 1 La mise en place d'un organe de gestion du lac Tanganyika
13
Figure 2 Le cadre d'analyse
19
viii

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Abréviations
ADT: Analyse Diagnostique Transfrontalière
CCT: Comité Consultatif Technique (PBLT)
CIGLT: Comité Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika (OIGLT)
CITES: Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées
(Convention de Washington)
CPIA: Comité pour les Pêches Intérieures d'Afrique (FAO)
Dép.: Département
FAO: Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
EIE: Evaluation de l'Impact sur l'Environnement
GEF: Fonds pour l'Environnement Mondial
Min.: Ministère
GTN: Groupe de Travail National (PBLT)
OIGLT: Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
PBLT: Projet sur la Biodiversité du Lac Tanganyika ­ intitulé complet: "Lutte contre
la Pollution et autres Mesures pour Protéger la Biodiversité du Lac Tanganyika"
PCAPLT: Plan Cadre d'Aménagement des Pêches du Lac Tanganyika (RLT)
RLT: Projet Recherche sur le Lac Tanganyika ­ intitulé complet: "Recherche pour
l'Aménagement des Pêches du Lac Tanganyika"
PAS: Programme d'Action Stratégique
PNUE: Programme des Nations Unies pour l'Environnement
PNUD: Programme des Nations Unies pour le Développement
SADCC: Comité de Coordination du Développement des Pays de l'Afrique Australe
SIG: Système d'Informations Géographiques
SIGLT: Secrétariat Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika (OIGTL)
UP: Unité de pêche
ix

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Institutions nationales
Burundi

BBN Bureau Burundais de Normalisation
BRB Banque de la République du Burundi
CCI Chambre du Commerce et de l'Industrie du Burundi
DG ATE Direction Générale de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement
ETP Ecole des Travaux Publics de Gitega
IGEBU Institut Géographique du Burundi
INECN Institut National pour l'Environnement et la Conservation de la Nature
MAE Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage
MCIT Ministère du Commerce, de l'Industrie et du Tourisme
MDC Ministère du Développement Communal
MEM Ministère de l'Energie et des Mines
MINATE Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement
MSP Ministère de la Santé Publique
MTPE Ministère des Travaux Publics et de l'Equipement
ODEB Organisation pour la Défense de l'Environnement au Burundi
ONAPHA Office National Pharmaceutique
Regideso Régie de Distribution de l'Electricité et des Eaux
SETEMU Services Techniques Municipaux
UB Université du Burundi
Congo
AT Admimistration Territoriale
CADIC Centre d'Actions et de Développement et d'Initiatives Communautaires
CIC Conseil Interministériel de Consultation
CRH Centre de Recherches en Hydrologie
CRGM Centre de Recherches Géologiques et Minières
CRSN Centre de Recherche en Sciences Naturelles
ICCN Instititut Congolais pour la Conservation de la Nature
INERA Institut National d'Etudes et de Recherches Agronomiques
ISDR Institut Supérieur de Développement Rural
ISP Institut Supérieur Pédagogique
MINAGRI Ministère de l'Agriculture
NOPTA Nouvelles Orientations de la Pêche au Lac Tanganyika
SENADEP Service National de Développement de la Pêche
SNV Service National de Vulgarisation
x

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tanzania
JGI the Jane Goodall Institute
NEMC National Environmental Management Council
NLUPC National Land Use Planning Commission
PMO Prime Ministers Office
TACARE Tanganyika Catchment Reforestation
TAFIRI Tanzania Fisheries Research Institute
TANAPA Tanzania National Parks
TANESCO Tanzania Electrical Supply Company
TRC Tanzania Railways Corporation
UWWS & S Urban Water Supply and Sewerage
WCST Wildlife Conservation Society of Tanzania
Zambia
DOF Department of Fisheries
D-WASHE District Water Supply and Sanitation Education
ECZ Environmental Council of Zambia
MAFF Ministry of Agriculture, Food and Fisheries
ZAWA Zambia Wildlife Authority
ZRA Zambia Revenue Authority
xi

Le Programme d'Action Stratégique pour le Développement Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Définitions et explications des termes
Biodiversité définie dans la Convention sur la Diversité Biologique: sous le terme de
"Diversité Biologique" la biodiversté est la variabilité entre les organismes vivants de
toutes les sources y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres
écosystèmes aquatiques ainsi que les complexes écologiques dont ils font partie ; ceci
inclut la diversité entre les espèces, entre les espèces et les écosystèmes.
Convention La Convention pour le Développement Durable du Lac Tanganyika ( un
projet préparé par le PBLT)
Endémique se dit d'une espèce (ou de toute autre catégorie biologique) dont l'aire de
distribution mondiale est limitée à un espace géographique limité
Eutrophisation un processus dans lequel la charge accentuée d'éléments nutritifs
dans les rivières ou les lacs déclenche une poussée phytoplanctonique, qui à son tour
résulte en désoxygénation et en modification des espèces.
Classé (exemple Forêt Classée) une aire protégée établie conformément à la loi, dont
les limites sont publiées dans le Bulletin Officiel.
Littorale (Zone -) partie du lac proche du rivage où la profondeur permet une
pénétration de la lumière suffisante pour le développement des plantes
Pélagique qui concerne le large
Ramsar La Convention de Ramsar vise la protection des zones humides d'importance
internationale
Sédiment ce terme désigne usuellement des matériaux déposés par le vent ou l'eau ;
dans le présent contexte il est également appliqué aux particules minérales arrachées
par l'érosion et transportées par les eaux, avant même leur éventuel dépôt.
SIG Système d'Informations Géographiques-: un système de base de données
informatique pour gérer les informations spatiales, joignant des cartes aux données
socioéconomiques.
xii

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
1 Introduction
1.1 Une nécessité pour l'action conjointe - les ressources partagées du
lac Tanganyika
1.1.1 Le
lac
Le lac Tanganyika est exceptionnellement vieux. Son bassin actuel a été rempli d'eau
depuis au moins dix millions d'années et certains sédiments datent d'une période deux
fois plus ancienne. Avec une superficie de 33.000 km² et une profondeur moyenne de
600 m, il est également très grand. Le lac fait presque 1500 m à son point le plus
profond et le volume d'eau total est d'environ 19.000 km3, presque un sixième de
l'eau douce libre du monde. Le lac est un environnement unique.
Plus de 1500 espèces végétales et animales différentes vivent dans le lac Tanganyika
et la moitié de celles-ci ne se trouvent nulle part ailleurs. Comme les lacs Victoria et
Malawi/Niassa, le lac Tanganyika est fameux pour ses lignées endémiques (species
flocks)4 de poissons de la famille des cichlidés, plus de 260 espèces, mais
contrairement à ces autres grands lacs africains, il héberge également des lignées
endémiques d'autres familles de poissons, de crustacés décapodes et ostracodes, de
mollusques gastéropodes et bivalves, entre autres.
Le lac est précieux non seulement à cause de la présence de ces espèces uniques, mais
aussi parce qu'il constitue un microcosme dans lequel on peut étudier les processus
d'évolution qui ont mené à cette diversité.
La valeur du lac pour la biodiversité mondiale est sans commune mesure.
1.1.2 La
population
Outre son grand intérêt international, le lac est aussi d'utilité immédiate pour les
populations riveraines.
Le lac est une source de poisson pour la consommation locale et le commerce ; c'est
une voie de communication importante, au bénéfice du développement économique et
social des populations riveraines; en plus, c'est une source permanente d'eau utile
pour le développement industriel et agricole, ainsi que pour les usages domestiques.
Beaucoup de gens reconnaissent que le lac est essentiel à leur survie en général.
Près d'un million de personnes dépendent des ressources halieutiques du lac. Le
poisson est aussi transporté vers des centres urbains éloignés où il fait partie du
régime alimentaire préféré.
L'utilisation durable des ressources du lac dépend évidemment des activités exercées
par les populations qui lui sont adjacentes, mais elle dépend aussi de populations sans
lien immédiat avec le lac, vivant dans d'autres parties du bassin.

4 `species flocks' ­ groupes d'organismes étroitement apparentés riches en espèces et endémiques à un
emplacement particulier.
1


Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
La population de la zone du bassin du lac Tanganyika est estimée à environ 10
millions de personnes et elle croît rapidement. La majorité de cette population dépend
de la petite agriculture pour sa nourriture et ses revenus. Les activités industrielles et
la pollution sont localisées et restent encore à un faible niveau en raison du sous-
développement économique du bassin.
Carte 1 Lac Tanganyika - Frontières nationales, principales villes et systèmes des
rivières

Malheureusement, certains impacts sont cumulatifs, et les attitudes ou réponses
traditionnelles aux problèmes de gestion des ressources en eau et en sol, ainsi que les
pratiques de gestion des déchets, commencent à menacer l'écosystème du lac
Tanganyika.
2

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
1.1.3 La
problématique
Les principales menaces à la richesse biologique et à l'utilisation durable des
ressources du lac émanent de l'intensification des activités humaines. Le taux accéléré
des changements de l'environnement causés par les activités humaines est aujourd'hui
beaucoup plus rapide que les capacités d'adaptation de la faune et que la capacité
d'absorption de l'environnement.
La demande croissante en poisson pour la consommation locale et pour la
commercialisation vers des marchés éloignés a augmenté la pression de pêche au
point de menacer la durabilité des pêcheries. Ces problèmes affectent aussi bien les
pêches commerciales dans les eaux pélagiques que les activités plus diversifiées des
pêches le long du rivage.
Le lac Tanganyika reçoit ses eaux des rivières drainant les pays environnants sur une
superficie de 250.000 km² environ. Beaucoup de rivières se jettent dans le lac, mais
une seule en sort, la Lukuga. La plus grande perte de l'eau se fait par évaporation. Le
grand volume du lac fait que les matériaux qui y sont transportés depuis la terre ferme
s'accumulent régulièrement et sont enlevés très lentement. Le lac est un piège pour les
sédiments et les polluants.
Alors que l'érosion naturelle a toujours eu lieu, l'augmentation de la demande en terre
cultivable en vue de la production alimentaire et d'autres activités économiques a
grandement accéléré le taux d'érosion ces dernières années. Les sédiments érodés qui
entrent dans le lac changent les habitats et perturbent la production primaire sur
laquelle beaucoup d'organismes dépendent.
En outre, cette extension agricole s'est accompagnée d'utilisation croissante de
produits agrochimiques tels que les engrais artificiels, les pesticides et les herbicides.
L'urbanisation crée un nouveau groupe de menaces. Les déchets ménagers et
industriels atteignent les cours d'eau et finalement le lac. Ces polluants indésirables se
répandent ensuite lentement dans tout le lac par les courants, sous l'effet des vents.
Ce qui commence comme un problème affectant une seule zone peut finalement
affecter les eaux du lac de tous les pays riverains.
1.1.4 Le Projet sur la Biodiversité du Lac Tanganyika
Reconnaissant l'extraordinaire biodiversité du lac Tanganyika et le foisonnement des
menaces pesant sur lui, des scientifiques issus des quatre pays riverains ont participé à
la Première Conférence Internationale sur la Conservation et la Biodiversité du Lac
Tanganyika qui s'est tenue à Bujumbura pour attirer l'attention internationale sur ces
questions. Par la suite, des initiatives ont été prises pour attirer l'intérêt des bailleurs
de fonds internationaux sur un projet régional qui s'attaquerait aux problèmes
identifiés.
Les fonds ont été obtenus par le biais du Fonds pour l'Environnement Mondial (GEF)/
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui a été adopté lors
du Sommet sur l'Environnement de 1992 à Rio comme un mécanisme de financement
pour les activités bénéficiant à l'environnement mondial.
3

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
C'est ainsi que fut mis en place le projet, "Lutte contre la Pollution et autres Mesures
pour Protéger la Biodiversité du Lac Tanganyika" Le projet est devenu effectif en
1995 après la signature du Document de Projet. Le projet se rattachait aux intérêts du
GEF à la fois pour la biodiversité et les eaux internationales, cela en mettant l'accent
sur des objectifs de développement durable.
Le but du projet, généralement appelé "Projet sur la Biodiversité du Lac Tanganyika ­
PBLT" était de produire un système efficace pour protéger et conserver la diversité
biologique et promouvoir l'utilisation durable du lac.
Le projet a eu trois principaux résultats:
· un Programme d'Action Stratégique (PAS),
· une Convention pour offrir le cadre juridique au sein duquel les quatre pays
conviendraient officiellement de principes de gestion communs et de procédures de
collaboration,
· un programme d'Etudes Spécialisées, préparant un nombre de rapports
scientifiques et techniques sur l'état du lac.
Les programmes d'Etudes Spécialisées comprenaient la Biodiversité, les Pratiques de
Pêche, la Pollution, la Sédimentation ainsi que la Socio-économie pour fournir le
contexte humain dans lequel les conclusions pouvaient être discutées, développées et
mises en oeuvre. Le Projet a également réalisé une série de programmes de formation
et d'éducation sur l'environnement.
1.1.5 Le Projet de Recherche sur le Lac Tanganyika
Commencé avant et puis fonctionnant en parallèle avec le Projet sur la Biodiversité du
Lac Tanganyika, le Projet de Recherche sur le Lac Tanganyika (RLT), financé par
FAO et FINNIDA, a placé son attention sur les pêches pélagiques. Le Projet RLT a
été développé à partir des recommandations adoptées à la 1ère Session du Comité sur
les Pêches Intérieures en Afrique (CPI), Sous-Comité du Lac Tanganyika, organisé en
1988.
Le Projet ``Recherche sur le Lac Tanganyika'' est devenu opérationnel en janvier
1992.
L'objectif de ce projet était d'élargir la compréhension scientifique de la dynamique
de production halieutique dans le lac Tanganyika et d'utiliser cette base de
connaissances améliorée pour formuler un plan cohérent d'aménagement des pêches
sur tout le lac en vue de maximiser l'exploitation durable du stock de poissons
pélagiques qui est important, mais variable.
Le projet a reçu la tâche d'établir un programme de recherche scientifique sur les
pêches de l'ensemble du lac, avec un échange et une utilisation continuels des
résultats de recherche et des expériences entre les quatre pays partenaires. Il a aussi été
demandé à ce projet d'établir et de mettre en oeuvre un mécanisme permettant aux
quatre pays riverains de coordonner la gestion et l'exploitation des ressources de la
pêche pélagique sur l'entièreté du lac Tanganyika.
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Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
En 1997, le projet RLT a réuni une équipe de conseillers pour faire la synthèse des
résultats de la recherche en appui à la préparation du plan régional de l'aménagement
des pêches pélagiques. En juin 1998, l'équipe a présenté le rapport intitulé ``Plan
Cadre Régional pour l'Aménagement des Pêches au Lac Tanganyika''.
Les quatre Etats Membres ont examiné le plan cadre d'aménagement, et sont en train
de chercher un soutien pour mettre en oeuvre les composantes de ce plan. Ces
propositions couvrent la politique, la planification et la gestion, les statistiques de la
pêche, la réglementation et la législation des pêches, les pratiques de pêche améliorées
ainsi que les améliorations post-récoltes.
1.1.6 Des engagements communs pour les actions futures
Les quatre pays (Burundi, RD Congo, Tanzanie et Zambie) ont déjà démontré leur
engagement à collaborer pour la gestion durable et la conservation des ressources du
lac par le biais d'activités régionales sous le PBLT, qui incluent la préparation de ce
PAS et de la Convention.
Les quatre pays ont aussi conjointement mis en oeuvre le programme RLT, et ils ont
convenu d'un cadre pour développer ultérieurement un plan d'aménagement des
pêches pélagiques. Les deux projets, le PBLT et le RLT, arrivent fondamentalement
aux mêmes conclusions, à savoir que la gestion durable du lac nécessitera une
approche communautaire de base intégrée, que ce soit pour produire du poisson ou
pour conserver la biodiversité.
Les quatre pays se sont engagés à coopérer dans la mise en oeuvre des actions décrites
dans ce document, le Programme d'Action Stratégique, à la fois en entreprenant des
initiatives régionales conjointes et en classant par ordre de priorité les actions
nationales au sein de ce cadre régional.
1.2 Le but du Programme d'Action Stratégique
Le Programme d'Action Stratégique offre un cadre régional pour un groupe d'actions
nationales et régionales classées par priorités pour réaliser l'objectif convenu par les
pays participants et déclaré dans le projet de Convention.
Cet objectif peut être résumé comme suit:
la protection et la conservation de la diversité biologique et l'utilisation
durable des ressources naturelles du lac Tanganyika.

Le Programme d'Action Stratégique est une réponse à la nécessité de préparer et
d'exécuter des programmes intégrés de gestion des ressources naturelles et de
développement social qui affectent des secteurs multiples et qui, dans beaucoup de
cas, ont des impacts dépassant les frontières nationales.
En 1996 le GEF a publié sa Stratégie Opérationnelle qui décrit le but du PAS comme
suit:
"Le PAS devrait établir des priorités claires assumées au niveau le plus haut
du gouvernement et qui soient largement diffusées. Les enjeux transfrontaliers
prioritaires devraient être identifiés, ainsi que les interventions sectorielles

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Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
(changements de politiques, développement de programmes, réforme de
législations, investissements dans le renforcement des capacités, etc) devant
résoudre les problèmes transfrontaliers, ainsi que les mécanismes tant
régionaux que nationaux, nécessaires à la mise en oeuvre des éléments du
PAS."

Il est fondamental de reconnaître que les plans de gestion doivent être révisés en
réaction aux changements de circonstances ; de ce fait, il ne peut y avoir un plan
définitif. Le PAS établit par conséquent un processus convenu de planification et de
gestion, et classe par priorités un programme initial d'interventions basé sur les
besoins et les connaissances actuelles.
1.3 L'étendue géographique du PAS
Comme des activités éloignés du lac peuvent porter dommage à ce dernier, les actions
proposées pour garantir la gestion durable du lac seront entreprises dans un bassin
socio-économique et géographique relativement large.
L'attention du PAS se concentre sur les activités qui affectent la zone côtière et le lac.
Ces activités ne sont pas nécessairement toutes celles qui s'exercent dans le bassin
physique, limité par la ligne de partage des eaux. En revanche, ça peut être des
activités socioéconomiques se déroulant en dehors du bassin physique, puisque la
demande en poissons s'étend à des centres urbains éloignés de près de mille
kilomètres du lac.
Les actions prioritaires du PAS peuvent s'avérer nécessaires dans de vastes bassins
socio-économiques et géographiques des pays partenaires.
1.4 La nécessité de dresser les priorités
Partout dans la région, les ressources gouvernementales et privées sont grevées par les
demandes existantes pour le développement. Les ressources qui peuvent être dirigées
vers la conservation de la biodiversité et le développement durable du lac seront
toujours limitées par les demandes conflictuelles pour l'atténuation de la pauvreté
nationale, la création des emplois ainsi que la sécurité alimentaire. Comme résultat, il
est nécessaire d'établir des priorités pour canaliser les ressources limitées (financières,
matérielles ou humaines), vers la recherche de solutions aux problèmes les plus
critiques, faisant ainsi le meilleur usage des ressources disponibles.
Le classement en priorités utilisé dans ce PAS est basé sur l'évaluation commune des
problèmes et des opportunités apportées par la conservation de la biodiversité et la
gestion durable des ressources du lac, à l'intérieur d'un cadre régional. Ce classement
en priorités guide alors les interventions nationales, dans le contexte du programme
régional convenu.
1.5 Des actions nationales dans un cadre régional
Le PAS cherche des solutions à une problématique régionale commune, définit un
cadre régional pour un programme d'actions et inclut quelques actions régionales
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Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
immédiates, cela en vue de réagir aux contraintes qui pèsent sur la conservation de la
biodiversité et l'utilisation durable des ressources du lac.
La première action régionale est l'établissement d'un organe de gestion du lac
Tanganyika, chargé de promouvoir et de coordonner la mise en oeuvre des activités
prioritaires que les pays participants ont définies dans le PAS.
Comme les problèmes et les opportunités que le PAS aborde se rapportent tous aux
activités effectuées à l'intérieur des eaux nationales ou des territoires nationaux des
pays participants, la mise en oeuvre effective de ces actions sera une responsabilité
nationale et est acceptée comme telle à travers la préparation et l'approbation du PAS.
Alors que la majorité des actions sont définies au niveau national, elles offrent des
avantages régionaux et mondiaux, sans compter les avantages nationaux de la
promotion du développement durable. Elles comprennent par conséquent des surcoûts
supplémentaires pour le maintien des bénéfices issus de la biodiversité régionale et
mondiale, et comme telles, constituent aussi une priorité pour le soutien multilatéral et
bilatéral ainsi que pour toute autre forme de soutien.
1.6 Principes de la gestion de l'environnement et du développement
social
Les quatre pays partagent le souhait commun d'une gestion durable des ressources
naturelles et de la biodiversité du lac Tanganyika au profit des générations présentes et
futures, et ils reconnaissent leur rôle dans la conservation de la valeur mondiale des
ressources de biodiversité.
Les pays partenaires se sont mis d'accord sur une série de principes et de valeurs qui
sous-tendent les objectifs proposés et les actions mentionnées dans ce document. Une
grande partie de ces principes sont exprimés dans les conventions existantes signées
par les quatre pays, en particulier les principes environnementaux et sociaux qui sous-
tendent la Convention sur la Diversité Biologique, l'Action 21, ainsi que les Principes
de Dublin.
1.6.1 Le principe de précaution
Le principe déclare que des mesures préventives doivent être prises quand il y a une
crainte qu'une activité présente ou prévue pourrait amener un impact défavorable,
même lorsqu'il n'y a pas de preuves scientifiques montrant une relation de cause à
effet entre l'activité et l'impact défavorable.
1.6.2 Le principe pollueur-payeur
Le principe pollueur-payeur , comme le concept apparenté d'utilisateur payeur,
déclare que le pollueur ou l'utilisateur d'une ressource naturelle devrait payer le coût
de l'entretien de la ressource ou de la réparation des dégâts commis sur elle.
1.6.3 Le principe de prévention
Ce principe déclare que des mesures préventives seront prises pour chercher des
solutions aux causes présentes ou potentielles des impacts défavorables, avant qu'elles
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ne surviennent. Il est basé sur le fait que beaucoup d'impacts défavorables sont
irréversibles, ou que, s'ils peuvent être renversés, le coût des actions de rémédiation
est plus élevé que les coûts associés à la prévention.
1.6.4 Le principe de participation
Toutes les parties prenantes, dont les communautés, les individus et les organisations
concernées doivent recevoir l'occasion de participer, au niveau approprié, à la prise de
décisions et aux processus de gestion qui affectent le lac.
Ceci implique de fournir un accès approprié aux informations détenues par les
autorités publiques et qui concernent l'environnement, ainsi que l'accès effectif aux
textes judiciaires et administratifs pour permettre l'exercice efficace des droits
respectifs. La cogestion est une approche adoptée par le PAS et jugée essentielle pour
la promotion de plusieurs interventions de gestion dans la zone côtière.
1.6.5 Le principe de partage équitable des avantages
Le principe de partage équitable des avantages affirme que toutes les parties
concernées, surtout celles qui le sont de façon directe dans les populations locales, ont
le droit de prendre part aux avantages découlant des ressources naturelles locales. Les
parties concernées directement sont à la fois gestionnaires et consommatrices des
ressources naturelles. Sans leur collaboration et leur participation dans la gestion de
l'environnement, l'utilisation durable de ces ressources est menacée. Cependant, pour
garantir la durabilité, le partage équitable des avantages entre les communautés locales
doit aussi avoir lieu.
1.6.6 Le principe d'égalité des genres
Le principe d'égalité des genres renvoie à l'importance de reconnaître autant les rôles
et les droits des hommes que ceux des femmes dans la gestion de l'environnement. Le
rôle des hommes est généralement bien reconnu dans les arrangements institutionnels
qui concernent le développement et la gestion des ressources environnementales.
Cependant, le rôle clé des femmes, en leur qualité d'utilisatrices et de gardiennes de
ressources naturelles spécifiques, est souvent oublié.
L'acceptation et la mise en oeuvre d'un soutien au rôle crucial joué par les femmes
dans la gestion de l'environnement nécessitent des politiques positives pour chercher
les solutions aux besoins pratiques et stratégiques du genre. Les femmes en particulier
devraient être autorisées et équipées pour participer à tous les niveaux dans le
développement des stratégies de gestion durable et les programmes de conservation de
l'environnement. Ceci doit comprendre l'implication des femmes dans la prise des
décisions et la mise en oeuvre des actions, ceci d'une façon déterminée par les
communautés locales elles-mêmes.
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2 Le processus de consultation pour le PAS
En janvier 1998, le Comité Directeur a approuvé un processus de consultation qui
serait dirigé au niveau national par les Groupes de Travail Nationaux (GTN), et au
niveau régional par le Comité Consultatif Technique (CCT) élargi pour inclure une
représentation et une expertise supplémentaires.
2.1 Consultation
nationale
A la suite d'une réunion initiale de préparation, deux ateliers ont été organisés dans
chaque pays5: l'Analyse Diagnostique Nationale et l'Examen des Stratégies et des
Priorités Environnementales Nationales.
Le but de cette consultation nationale était de s'assurer que les représentants
nationaux responsables de l'élaboration du PAS régional puissent refléter l'ensemble
des préoccupations nationales et apporter des informations nationales dans le
processus de préparation régional.
Les premières réunions des GTN se sont convenu sur une série de parties prenantes à
amener dans le processus de consultation. Il s'agissait des représentants des
communautés de la côte et des conseils municipaux, entreprises commerciales,
organisations non-gouvernementales nationales et régionales, institutions de recherche
et universités, ainsi que des ministères et des sociétés parastatales. Ces réunions ont
aussi chargé des personnes individuelles de préparer des documents techniques de
référence ou autres pour les ateliers nationaux.
Les premiers ateliers, les Examens Nationaux des Problèmes Sectoriels ont rassemblé
les représentants de divers partenaires. Pour obtenir une vision commune de la
problématique, ils ont commencé par un aperçu , apporté par des spécialistes chargés
de préparer des documents d'information. Les ateliers ont examiné les principaux
problèmes de biodiversité du lac, identifié la chaîne causale des problèmes perçus
jusqu'à leurs causes fondamentales de société et ont passé en revue les actions de
gestion possibles.
C'est également lors de ces ateliers que les quatre pays ont adopté une approche
d'analyse commune, ce qui permit à leurs conclusions d'être rassemblées sous un
cadre régional cohérent. Cette approche était basée sur la préparation d'une matrice à
trois niveaux, par laquelle des problèmes sectoriels majeurs et parfois en apparence
insurmontables ont été découpés en problèmes spécifiques et en actions distinctes et
successives.
La deuxième série d'ateliers, les Analyses diagnostiques nationales, ont examiné les
aptitudes des mécanismes institutionnels à contrer les menaces et prendre en charge
les actions identifiées dans les ateliers précédents. Ils ont de plus convenu d'une
priorité pour les séquences d'actions proposées.

5 A cause des conditions sécuritaires, la RD Congo a tenu ces deux ateliers dos-à-dos à Arusha,
Tanzanie.
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Sur ces bases, les quatre pays ont alors commencé le processus de consultation
régional.
2.2 La consultation régionale
Le CCT a reçu du Comité Directeur Régional le rôle d'élaborer le PAS, adaptant sa
composition à cet exercice pour refléter les nouveaux termes de référence.
Chaque pays était représenté dans le Groupe de Planification du PAS par une équipe
dirigée par le Coordinateur National avec trois ou quatre experts supplémentaires
identifiés par les groupes de travail nationaux sur conseil des participants à l'atelier
national. Les membres des équipes étaient sélectionnés de telle sorte qu'on obtienne
une large gamme d'aptitudes et de connaissances du lac ainsi que des problèmes de
gestion du lac.
Le processus de rédaction était supervisé par le Comité Directeur, qui a amendé et
approuvé les documents de travail provisoires lors de ses réunions de mai 1999 et de
mai 2000.
Avec le soutien des études spécialisées, qui ont apporté une perspective régionale
supplémentaire, le Groupe de Planification du PAS a préparé une Analyse
Diagnostique Transfrontalière, définissant les priorités régionales pour les
interventions de gestion. C'est de cet exercice qu'a ensuite découlé le programme
d'actions prioritaires décrit dans ce document.
2.3 L'Analyse Diagnostique Transfrontalière
En soutien au développement du PAS, et en accord avec la méthodologie
recommandée par le GEF, le Comité Directeur a adopté un processus qui incluait une
évaluation formelle des problèmes et des priorités, l'Analyse Diagnostique
Transfrontalière6.
Le but de l'ADT est de définir les objectifs de gestion immédiats dans le but général
de la conservation de la biodiversité du lac Tanganyika, abordant les problèmes
mondiaux et assurant l'utilisation de ces ressources et d'autres pour les communautés
locales et les autres utilisateurs dans un avenir prévisible.
Le Groupe de Planification du PAS a réalisé l'ADT avec le support des équipes des
études spécialisées. L'évaluation a commencé avec une analyse des principales
menaces, et a défini les problèmes spécifiques ou les sous-problèmes qui, ensemble,
constituent la menace et ont ensuite proposé une séquence d'interventions de gestion
pour contrer chaque problème spécifique. L'évaluation a utilisé la même approche de
matrice qui avait été développée dans les exercices de consultation nationale.

6 La "La stratégie du GEF ... est le concept de "la recherche de points de convergence stratégiques" qui
permettent d'atteindre un consensus sur les actions à prendre pour aborder les menaces... les pays
partenaires mettent en place des équipes techniques chargées d'établir une base d'analyse commune des
problèmes sous la forme d'une analyse diagnostique transfrontalière (ADT), qui sera ensuite utilisée
pour définir les priorités d'action (nationales) en faveur des eaux internationales, sous la forme du
PAS."
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La valeur de cette approche est que ce qui apparaissait être un objectif de gestion
excessivement ambitieux et intimidant tel que la Lutte contre la Pollution, a été
subdivisé en une série d'objectifs pratiques et réalistes abordant des problèmes
spécifiques, dont beaucoup d'entre eux pourraient être initiés par les institutions
locales et exécutés avec les ressources disponibles.
2.4 La
Convention
En parallèle au développement du PAS, les pays participants ont préparé un projet de
Convention ­ La Convention sur la Gestion Durable du Lac Tanganyika.
La Convention est supposée fournir un cadre juridique pour la future gestion du lac
qui montre tant les principes pertinents d'application générale que les obligations et
les procédures spécifiques. La Convention est là pour appuyer le PAS.
La Convention doit être suffisamment large pour englober les exigences présentes et
futures de gestion du lac, et comme telle, elle a été basée sur les exigences de gestion
identifiées à travers le processus de développement du PAS, et en particulier la mise
en oeuvre de l'ADT.
Bien que la Convention ait été spécifiquement conçue pour les circonstances
particulières du lac, elle incorpore aussi des concepts et des approches adaptés au
départ d'un éventail d'autres accords internationaux, auxquels certains ou tous les
pays partenaires ont déjà souscrit.
Le PAS à son tour s'inspire du projet de Convention. Les principes environnementaux
et sociaux évoqués dans le projet de Convention, sous-tendent aussi les objectifs du
PAS.
En particulier, les principes du projet de Convention reflètent:
· La Convention de 1992 sur la Diversité Biologique qui insiste sur les problèmes
mondiaux concernant le développement durable et la conservation de la
biodiversité ;
· Le Protocole SADC de 1995 sur les Systèmes des Cours d'Eaux Partagés dans la
Communauté de Développement de l'Afrique Australe comme un exemple
régional de la gestion des ressources en eaux partagées ; et
· La Convention de 1997 sur le Règlement des Utilisations autres que celles de
Navigation des Cours d'Eaux Internationaux qui, bien que n'étant pas encore en
vigueur et par conséquent pas obligatoire, fournit une base pour développer les
législations spécifiques concernant le lac Tanganyika.
Alors que la Convention restera à l'état de document provisoire jusqu'à sa signature
officielle et sa ratification consécutive par les gouvernements des pays participants, le
PAS peut être initié et exécuté sous l'arrangement de gestion intérimaire défini dans
ce document, en attendant la ratification de la Convention.
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Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
2.5 L'Evolution future du PAS
Ce document est le résultat d'un processus de consultation et de négociations entre les
pays participants, qui a commencé avec la signature du Document de Projet
(RAF/93/G32) et le début des activités du projet soutenu par le GEF/PNUD au mois
d'août 1995.
Les propositions de ce document sont basées sur "les meilleures connaissances
disponibles", s'inspirant des expériences considérables de ceux qui utilisent et gèrent
les ressources du lac, des résultats publiés de près de cent années de recherche, ainsi
que des études spécialisées supportées par le projet.
Cependant, même lorsque les actions décrites dans ce document seront entreprises, la
situation continuera à changer.
De nouvelles activités au lac et dans son bassin peuvent exiger de nouvelles réactions
pour protéger et conserver les ressources du lac. De nouvelles opportunités peuvent
être développées pour mieux faire usage des ressources du lac. Une nouvelle
recherche peut permettre aux actions proposées d'être affinées ou peut définir la
nécessité d'interventions ultérieures.
Le PAS définit par conséquent un cadre de planification et de gestion susceptible de
modification suite aux changements dans les menaces et les opportunités, et en
réponse aux besoins et aspirations des communautés vivant au bord du lac et au
développement de la région en général.
Ceci constitue la première itération du PAS. La révision de ce document sera un
processus régulier, et une importante révision devrait avoir lieu au moins tous les cinq
ans.
Les futures itérations du PAS ainsi que le développement détaillé des interventions
proposées continueront à s'étendre pour impliquer une participation toujours plus
grande des communautés concernées.
Les nouveaux développements du PAS seront de la responsabilité de l'Autorité de
Gestion du Lac Tanganyika, à établir sous la Convention. Dans l'entre-temps,
l'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika aura les pouvoirs d'amender le
PAS comme nécessaire en accord avec les principes contenus dans ce document.
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3 Un organe de gestion du lac Tanganyika
Ce document propose un organe intérimaire de gestion, qui pourrait évoluer en
l'autorité permanente de gestion proposée dans le projet de Convention après la
signature et ratification de celle-ci.
Le rôle de l'autorité définitive établie sous la Convention sera guidé par les
engagements juridiques pris dans la Convention et soumis au droit ainsi qu'à
l'arbitrage internationaux. L'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
(OIGLT) coordonnera la mise en oeuvre de la Convention par les Etats contractants et
mettre en avant ou défendre les intérêts communs des Etats contractants concernant la
gestion du lac et de son Environnement Ceci comprend la gestion du PAS et les
itérations futures du PAS.
L'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika a des objectifs et des tâches bien
définies qui peuvent être considérés comme une priorité pour les deux ou trois
prochaines années. L'établissement de l'organe intérimaire sera un engagement
régional volontaire, et l'organe intérimaire peut entreprendre des tâches
supplémentaires jugées nécessaires. L'organe intérimaire aura la responsabilité de
préparer et de lancer les actions prioritaires du PAS, de promouvoir la signature de la
Convention et de maintenir une base d'informations.
Figure 1 La mise en place d'un organe de gestion du lac Tanganyika
Conférence des Parties
n
t
i
o
n

L'Organe interimaire de gestion
e
L'Autorité du lac
nv
Tanganyika
du lac Tanganyika
o
C
la

Le Comité interimaire de
Le Comité de gestion
de
gestion du lac Tanganyika

du lac Tanganyika
r
e
t
u

Le Secrétariat interimaire
Le Secrétariat de gestion du
de gestion du lac
i
gna

lac Tanganyika
s
Tanganyika
La
3.1 L'Autorité du lac Tanganyika et la Convention
La Convention incorpore une structure de gestion institutionnelle pour mette en oeuvre
la Convention et le PAS. Cependant, jusqu'à la signature et la ratification de la
Convention, la structure de gestion n'a pas de statut officiel.
La responsabilité finale pour garantir que la Convention est mise en oeuvre sera du
ressort de la Conférence des Parties. Chaque pays signataire sera représenté à la
Conférence des Parties par une délégation conduite par un Ministre. La Conférence
des Parties se réunira au moins une fois par an, par rotation entre les pays signataires.
La Conférence sera présidée par le Chef de la Délégation du pays hôte.
13

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La Conférence des Parties aura les tâches suivantes:
· Evaluer et mettre en oeuvre la Convention ;
· Examiner et adopter les protocoles ainsi que les annexes et amendements
additionnels à la Convention ;
· Etablir des organes subsidiaires nécessaires pour la mise en oeuvre efficace de la
Convention ;
Comme la Convention inclut spécifiquement l'accord pour préparer et exécuter le
PAS, la responsabilité finale pour mettre en oeuvre et réviser le PAS tombera aussi
sous la responsabilité de la Conférence des Parties.
Cependant, les fonctions régulières de gestion de l'exécution du PAS seront de la
responsabilité de l'Autorité du Lac Tanganyika, qui fait rapport à la Conférence des
Parties. A la base de cette proposition se trouve le souci partagé que la structure
institutionnelle soit gardée aussi réduite que possible, étant entendu que les pays
signataires contribueront sur base égale au budget de l'Autorité et prendront l'entière
responsabilité de ce dernier.
L'Autorité sera une entité à statut légal, comprenant un Comité de Gestion et un
Secrétariat. Le Directeur Exécutif du Secrétariat sera le Responsable Exécutif en chef
de l'Autorité, représentant l'Autorité.
3.1.1 Comité de Gestion du Lac Tanganyika
Le Comité de Gestion du Lac Tanganyika consistera en trois membres par chaque Etat
Contractant. Le Directeur Exécutif du Secrétariat aura la fonction de secrétaire du
Comité de Gestion. Le Comité de Gestion se réunira au moins une fois par an.
Le Comité de Gestion aura les tâches suivantes:
· Mettre en oeuvre les politiques et décisions de la Conférence des Parties et
entreprendre les tâches lui assignées par la Conférence des Parties ;
· Donner des conseils scientifiques et techniques à la Conférence des Parties ;
· Examiner et réviser le programme d'action stratégique et proposer tout
programme nouveau ou amendé pour approbation par la Conférence des Parties ;
· Coordonner et superviser l'exécution de tout programme d'action stratégique
approuvé par la Conférence des Parties ; et
· Superviser les activités du Secrétariat, notamment lui assigner des tâches,
approuver les programmes de travail annuels et assurer le suivi de l'exécution et
du budget du Secrétariat.
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Il est prévu que le Comité de Gestion sera assisté par un certain nombre de Sous-
Comités Techniques, s'occupant des sujets spécialisés7. Chaque sous-comité aura un
représentant provenant de chaque pays signataire.
3.1.2 Secrétariat de l'Autorité du Lac Tanganyika
Le Secrétariat de l'Autorité du Lac Tanganyika comprendra un Directeur Exécutif, et
un Directeur Exécutif Adjoint, ainsi que tout autre personnel qui serait nécessaire pour
son fonctionnement. Ce personnel sera nommé par la Conférence des Parties.
Le Directeur Exécutif, avec l'approbation du Comité de Gestion, nommera les autres
membres du personnel de soutien sur base de compétences techniques, mais en
considérant la nécessité de nommer, le plus possible, un nombre égal de personnel
professionnel technique provenant de chaque Etat Contractant.
Les fonctions du Secrétariat sont de:
· Fournir des services techniques et scientifiques et des conseils requis par le
Comité de Gestion et la Conférence des Parties ;
· Préparer les plans, les projets, les évaluations, et les rapports tel que demandé par
le Comité de Gestion ;
· Recueillir régulièrement les informations actualisées qui sont pertinentes à
l'exécution de la Convention et du PAS et s'assurer qu'elles sont diffusées ;
· Maintenir des bases de données des informations et faciliter les échanges
d'informations ;
· Organiser et soutenir les réunions de la Conférence des Parties et du Comité de
Gestion ;
· Formuler les programmes de travail annuels et les budgets pour l'Autorité ;
· Accomplir les services financiers et autres services administratifs requis pour le
bon et efficace fonctionnement de la Conférence des Parties, du Comité de
Gestion et du Secrétariat ;
3.2 L'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
Cependant, la structure institutionnelle officielle proposée dans le projet de
Convention ne peut pas être mise en oeuvre avant la signature et la ratification d'une
Convention.
Entre-temps, il est essentiel d'établir un Organe Intérimaire de Gestion du Lac
Tanganyika (OIGLT) pour commencer la mise en oeuvre du PAS et promouvoir la
signature de la Convention qui établira l'autorité permanente de gestion.
Les objectifs immédiats de l'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika sont
de:

7 Le Projet de Convention a proposé les sous-comités suivants: Socioéconomie, Gestion des Pêches, et
Diversité Biologique. D'autres pourraient être requis, notamment celui de la Qualité de l'Eau.
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· S'assurer que les actions urgentes identifiées dans le PAS sont exécutées
· Promouvoir la signature de la Convention et l'établissement d'organes de gestion
fonctionnels demandés dans la Convention
· Maintenir une Ressource d'Information
La structure proposée pour l'OIGLT adaptée à partir de la structure de la convention
est comme suit:
1. Le Comité Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika- CIGLT
2. Le Secrétariat Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika- SIGLT
3.2.1 Le Comité Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
La Présidence du CIGLT sera choisie à la première réunion du CIGLT.
Chaque pays partenaire sera représenté dans le comité par le Secrétaire Général du
ministère concerné, ou, lorsque cela ne s'applique pas, par un haut représentant du
Ministre, appuyé par trois autres membres nommés.
Le choix des membres d'appui au comité sera de la compétence du pays partenaire.
Cependant, on espère qu'ils seront nantis d'une expertise considérable et pertinente
pour la gestion durable du lac, qu'ils comprendront des représentants de haut niveau
des institutions côtières appropriées et qu'ils seront capables de s'assurer qu'une
attention adéquate soit accordée à la participation communautaire dans la planification
et l'exécution des actions de gestion.
Une fois nommé, le Directeur du Secrétariat agira comme Secrétaire du CIGLT.
Le CIGLT aura pour tâches de:
· Superviser les activités détaillées dans le PAS ;
· Diriger les activités du SIGLT ;
· Approuver et soutenir les propositions de projets développées par le SIGLT ;
· Approuver et finaliser les arrangements financiers préparés par le SIGLT ;
· Approuver les procédures pour la Conférence des Parties développées par le
SIGLT
· Se réunir au moins une fois par an ;
· Convenir de règles de procédure pour lui-même, le secrétariat et tout autre organe
subsidiaire ;
· Recruter et nommer le Directeur et le Directeur Adjoint du Secrétariat ;
· Approuver le recrutement et la nomination des autres membres du personnel de
haut niveau jugés nécessaires pour le fonctionnement du secrétariat, et approuver
le recrutement de consultants jugés nécessaires pour assister le secrétariat.
16

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
3.2.2 Le Secrétariat Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
Le SIGLT sera un organe à temps plein, ayant un Directeur et un Directeur Adjoint
recrutés et nommés par le CIGLT.
Tâches
Le SIGLT aura pour tâches de:
· coordonner, soutenir et préparer les propositions chiffrées pour les actions
prioritaires mentionnées dans le PAS ;
· agir comme chef de file pour coordonner et rechercher les fonds aux niveaux
national et régional en soutien au PAS, en négociant les financements pour les
projets régionaux et en assistant les organismes nationaux dans les négociations de
financement des projets nationaux ;
· coordonner les interventions de gestion du lac exécutées par les institutions
nationales dans le cadre du PAS ;
· coordonner les actions nationales et régionales afin d'intégrer au sein du PAS le
Plan Cadre de Gestion des Pêches proposé et préparé par le projet RLT et
approuvé par le sous-comité du CPIA pour le lac Tanganyika ;
· coordonner un Programme de Suivi du Lac ;
· établir et maintenir un Centre d'Information incorporant une base de données
centrale, une unité de soutien du SIG et un site web du projet, et conserver les
copies des rapports imprimés et des exposés.
· faciliter la finalisation du projet de Convention ;
· inviter les pays participants à signer la Convention et promouvoir sa ratification;
· préparer les projets de procédures pour examen par la Première Conférence des
Parties et réaliser toute activité supplémentaire nécessaire pour faciliter la mise en
oeuvre de la convention ;
· préparer les rapports annuels du CIGLT sur l'exécution du PAS et toute nouvelle
activité supplémentaire dans le bassin qui pourrait affecter la gestion du lac ;
· organiser et soutenir les réunions pour le CIGLT ;
· préparer les budgets annuels pour le fonctionnement de l'OIGLT.

Le personnel

Etant donné la nature des tâches assignées au secrétariat, le Directeur et le Directeur
Adjoint doivent avoir une expertise considérable dans le développement durable, le
droit et l'économie.

En plus, étant donné le besoin de travailler dans des pays francophones et
anglophones, le Directeur et le Directeur Adjoint devront être capables de travailler
efficacement aussi bien en Français qu'en Anglais et seront des ressortissants des pays
partenaires. La procédure de sélection s'assurera que ces deux postes soient occupés
par un ressortissant des pays Francophones et un ressortissant des pays Anglophones.

Le Directeur et le Directeur Adjoint seront responsables du recrutement du personnel
technique et administratif et de la définition de leurs termes de référence, y compris le
17

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
niveau auquel ils devront être capables de travailler tant en Français qu'en Anglais8.
Cependant, leur nomination sera sujette à l'approbation par le CIGLT. Le recrutement
sera limité aux ressortissants des pays partenaires. La formation linguistique sera
assurée si nécessaire.
Le bureau
Le siège du SIGLT sera établi dans un pays jugé approprié à la première réunion du
CIGLT. Cet endroit sera sujet à révision régulière par le CIGLT, mais restera le siège
permanent du SIGLT jusqu'à instruction contraire par le CIGLT.
3.3 Financement de l'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika
Le financement futur de l'Autorité de Gestion du Lac Tanganyika qui sera établi sous
la Convention est détaillé dans le projet de Convention.
Le besoin de financement immédiat pendant cette période intérimaire est de supporter
le fonctionnement de l'Organe Intérimaire de Gestion du Lac Tanganyika ­ le CIGLT
et le SIGLT- ainsi que les coûts de maintenance d'un système de suivi de base du lac.
Ces coûts incluront l'organisation des réunions du CIGLT, qui pourront avoir lieu une
fois par an et faire fonctionner le SIGLT à temps plein.
Bien que le détachement du personnel vers le Secrétariat soit souhaitable, il a été
constaté que les réglementations du détachement en usage dans les pays partenaires
demandent à l'organisation bénéficiaire de payer les salaires et autres émoluments.
Par conséquent, les pays partenaires acceptent le principe qu'ils contribueront sur base
égale au fonctionnement de l'OIGLT. Cependant, leurs systèmes budgétaires ne sont
pas susceptibles d'incorporer aucune nouvelle ligne budgétaire substantielle jusqu'à
l'année financière 2001.
En vue de garantir qu'il y aura continuité dans le processus de développement du
PAS, il est nécessaire de chercher des fonds extérieurs.
Cependant, comme le fonctionnement de l'OIGLT est clairement un surcoût associé à
l'adoption d'une approche régionale à l'action concertée pour aborder la biodiversité
mondiale et les questions liées aux eaux internationales, il tombe dans les attributions
du GEF. Nous espérons que le GEF supportera une partie des coûts jusqu'à ce que les
pays soient capables de financer eux-mêmes l'organe régional, directement ou par
cofinancement.

8 Les Les aptitudes dans les domaines suivants seront requises pour faire complément à l'expertise du
Directeur et du Directeur Adjoint: socioéconomie ; planification et budgétisation des projets ;
planification de l'environnement et des ressources naturelles ; administration des projets, y compris le
contrôle budgétaire pour l'OIGLT ; et gestion de l'information pour appuyer les exigences de la
planification. En plus, l'organe aura sans doute besoin d'un traducteur à temps plein pour s'assurer que
tous les documents provenant de l'extérieur soient disponibles en Anglais et en Français, ainsi que d'un
secrétaire et d'un agent administratif.
18

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
4 Le cadre de conception du PAS
Le PAS définit un programme d'actions basé sur une évaluation formelle des
problèmes et des opportunités de gestion des ressources du lac.
Ce processus d'évaluation a impliqué une Analyse Diagnostique Transfrontalière
effectuée par le Groupe de Planification du PAS avec le soutien des études
spécialisées du projet. L'ADT préliminaire a eu lieu en novembre 1998 et l'ADT
finale et révisée sur laquelle ce document est basé a été effectuée en mars 2000.
L'ADT définit les objectifs de gestion prioritaires contribuant au but global de
conservation de la biodiversité et de promotion d'une utilisation durable des
ressources du lac.
4.1
Le cadre d'analyse
L'Équipe de Planification du PAS a adopté une approche d'analyse à trois niveaux qui
a été développée pendant les processus de consultation nationale.
· Principales Menaces et Domaines Généraux d'Actions
· Problèmes Spécifiques et Actions Proposées
· Actions Proposées et Principaux Organismes
Figure 2 Le cadre d'analyse
Principales Menaces
Implications
Principales Causes Domaines Généraux
à Biodiversité et à
Transfrontalières
Institutionnelles
d'Actions
l'Utilisation Durable
Domaine Général d'Action
Problèmes
Parties
Programme
Incertitudes
Spécifique
Prenantes
d'Actions
Programme
Organisme
Disponibilité de
d'Actions
Chronologe
Responsable
Ressources
4.1.1 Principales menaces et domaines généraux d'actions
Le premier niveau décrit les principales menaces à la biodiversité et à l'utilisation
durable des ressources du lac, et identifie les domaines généraux d'actions pour
contrer ces menaces.
Les principales menaces sont décrites comme étant les Systèmes de Pêche Non-
Durables, la Pollution Croissante, la Sédimentation Excessive, et la Destruction des
Habitats. Ces menaces identifiées reflètent les problèmes soulevés à la première
conférence internationale sur le lac en 1991, dont les idées maîtresses ont été
exploitées par la suite dans la structure du projet en termes d'études spécialisées. Ces
19

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
études spécialisées ont confirmé la signification de ces menaces, et la pertinence des
domaines généraux d'actions.
Tableau 1 Principales menaces et domaines généraux d'action
Principale menace
Implications
Problèmes
Domaines
à la biodiversité et
transfrontalières
institutionnels
généraux
à l'utilisation
transversales
transversaux
d'actions
durable
Manque de ressources
Réduction de
Systèmes de pêche
Faible application des
l'impact des pêches
non-durables
Perte globale de
biodiversité
législations existantes
Lutte contre la
Pollution croissante
Perte de ressources
Manque de législations
pollution
Sédimentation
de pêche partagées
appropriées pour le lac
Lutte contre la
excessive
Tanganyika
Déclin de la qualité
sédimentation
Destruction des
de l'eau
Manque de
Conservation des
habitats
coordination
habitats
institutionnelle
4.1.2 Problèmes spécifiques au sein de chaque domaine général d'actions
Le deuxième niveau identifie les problèmes spécifiques au sein de chaque domaine
général d'actions. Il propose ensuite un programme d'actions pour contrer chaque
problème. Chaque problème spécifique est défini en termes de site et d'impact. En
outre, le niveau deux identifie les partenaires qui doivent être impliqués dans le
processus de consultation et il dresse la liste des "incertitudes", qui font appel à plus
d'études ou d'informations de terrain pour préciser le besoin d'actions ou pour
identifier des solutions.
C'est à ce deuxième niveau que le classement en priorités prend place. La séquence
d'actions nécessaires pour contrer le problème spécifique devient alors un programme
d'actions classées par priorités.
4.1.3 Le programme d'actions proposé pour aborder les problèmes
spécifiques
Le troisième niveau de l'ADT reprend les actions proposées pour chaque problème
spécifique et assigne un cadre temporel en trois temps: (1) en cours, (2) possible
maintenant si les ressources sont rendues disponibles, (3) devant venir après qu'une
(certaine) action précédente ait été réalisée. L'organisme clé est aussi indiqué. Celui-
ci est l'organisme qui serait responsable de diriger l'intervention et dans certains cas
de préparer des propositions détaillées du projet. La composante finale est une analyse
des ressources humaines et matérielles disponibles pour mener ou initier
l'intervention.
20

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Ceci n'implique pas qu'elles sont disponibles et dirigées vers ce programme d'actions
particulier, mais qu'elles sont disponibles et pourraient être dirigées vers ce
programme si celui ci reçoit une grande priorité nationale.
4.2 La base du classement en priorités
L'évaluation utilisée dans l'ADT pour établir les priorités est basée sur trois critères.
Les deux premiers se rapportent directement à l'objectif de la conservation de la
biodiversité et à l'utilisation durable des ressources du lac. Le troisième se rapporte
aux avantages indirects qui peuvent être associés à ces actions.
Les trois critères sont:
1. La gravité du problème menaçant la biodiversité ou l'utilisation durable des
ressources du lac ;
2. La faisabilité de la solution ;
3. Les avantages supplémentaires pour les communautés locales.
4.2.1 La gravité du problème
Le premier stade est d'évaluer quels avantages pourraient être attendus en abordant un
problème particulier, tant en termes de conservation de la biodiversité que de
promotion de l'utilisation durable des ressources du lac. Cette idée est basée autant
que possible sur un diagnostic scientifique de l'impact des problèmes, appuyé par les
études spécialisées.
Cependant, étant donné la complexité de nombreuses questions abordées, il arrive
souvent qu'il manque d'informations concluantes quant à l'échelle du problème ou
aux besoins d'interventions. Le principe de précaution peut alors entrer en jeu.
L'évaluation de la gravité d'un problème est une combinaison d'un diagnostic
scientifique (selon les informations disponibles) et d'opinons plus subjectives et
intuitives, basées sur des connaissances empiriques du lac. C'est ici que la
consultation nationale et la large expérience du Groupe ADT de Planification du PAS
jouent un rôle crucial.
4.2.2 La faisabilité de la solution
La deuxième considération en établissant les priorités est la faisabilité de la solution ;
il est peu utile d'aborder les problèmes de gestion ou de recherche pour lesquels il n'y
a pas de solutions de gestion envisageables.
L'évaluation de la faisabilité de la solution vient après l'identification des actions
nécessaires pour aborder le problème. Dans certains cas, les problèmes peuvent être
hors de portée des gestionnaires locaux. Cette évaluation une fois de plus s'appuie
largement sur l'expérience de la gestion de l'environnement dans la région, reflétant
l'expérience directe du Groupe de Planification du PAS et le contexte antérieur des
interventions nationales abordant les problèmes de l'utilisation du sol, de pollution et
de gestion des pêches, et supportée par les conclusions des études spécialisées.
21

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
4.2.3 Les avantages supplémentaires
L'objectif fondamental du Programme d'Action Stratégique est défini comme étant la
protection et la conservation de la diversité biologique et de l'utilisation durable des
ressources du lac Tanganyika. D'autre part, les avantages de ces interventions peuvent
avoir des implications plus larges en termes de promotion des moyens d'existence et
du développement durables au sein d'une large zone d'influence dans les pays
partenaires.
La conservation de la biodiversité du lac et la promotion de l'utilisation durable de ses
ressources a des avantages au niveau tant mondial que local, mais les coûts de
conservation de la biodiversité, en termes de contraintes sur l'exploitation des
ressources naturelles dans tout le bassin, sont rencontrés par les communautés locales.
Les actions identifiées devraient par conséquent renforcer les moyens d'existence
ainsi que le développement durables comme un objectif spécifique.
4.2.4 Les interventions prioritaires
Seules ces activités abordant un problème spécifique qui a reçu une haute priorité sont
incluses dans le programme des actions prioritaires listées dans ce document, mais
l'ADT a analysé tous les problèmes spécifiques et les a classés par ordre de haute,
moyenne ou petite priorité.
Les itérations du PAS qui suivront pourront inclure des interventions de priorité
moyenne ou même petite, dans la mesure où les ressources deviendraient disponibles
pour prolonger un programme d'actions au-delà des besoins immédiats de haute
priorité.
Le processus de classement en priorités a été gardé simple pour garantir la
transparence. Le Groupe ADT de Planification du PAS, avec le soutien des Études
Spécialisées, a examiné tous les problèmes spécifiques identifiés en rapport aux trois
critères décrits plus haut: la gravité du problème ; la faisabilité des solutions et les
avantages supplémentaires.
Un score de 1, 2 ou 3 a alors été alloué à chacun de ces critères, avec un grand score
pour les problèmes graves, un grand score pour les interventions de gestion faciles à
mettre en oeuvre avec une haute probabilité d'impact sur la menace, et un grand score
pour les avantages supplémentaires pour le développement durable en général. Le
classement final en priorités est une simple addition de ces trois scores. Une haute
priorité a été accordée à ceux qui ont obtenu huit ou neuf, une moyenne priorité a été
accordée à ceux qui ont obtenu six ou sept, tandis qu'une petite priorité a été accordée
à ceux qui ont obtenu cinq ou moins.
4.3
Des actions nationales au sein d'un cadre régional
Le raisonnement pour la préparation de ce document régional est la reconnaissance
commune que le lac est une ressource partagée. Les activités d'un de ces pays sur le
lac ou dans le bassin du lac peuvent avoir des implications transfrontalières sur cette
ressource partagée. En plus, les pays riverains reconnaissent leur responsabilité
22

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
comme gardiens d'une ressource mondiale, à savoir l'exceptionnelle biodiversité du
lac et l'immense réservoir d'eau douce propre.
La conservation et l'utilisation de ces ressources en appellent à des objectifs communs
et à une responsabilité partagée pour entreprendre un programme d'actions destinées à
contrer les menaces à ces ressources et faire plein usage des opportunités offertes par
elles. Cependant, virtuellement toutes les actions, à part la coordination régionale du
programme, sont spécifiques aux sites et tombent dans les territoires nationaux. La
responsabilité pour mettre en oeuvre ces actions reste donc celle des gouvernements
respectifs.
Le PAS définit par conséquent les priorités nationales au sein d'un cadre régional.
Les pays signataires acceptent ce classement régional des priorités dans les
interventions nationales, et comme il y a des avantages qui en découlent pour les
ressources en eaux internationales partagées et la biodiversité mondiale, ces
programmes nationaux restent au sein du cadre régional, et deviennent une priorité
pour le soutien multilatéral et bilatéral.
23

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
5 Un programme d'actions prioritaires
5.1 Le développement intégré
En vue de faciliter le développement des interventions appropriées, les actions
proposées ont été organisées dans les quatre domaines généraux d'action:
· Réduction de l'impact des pêches ­ Développement d'un système de pêche durable
· Lutte contre la pollution
· Gestion des sédiments
· Conservation des habitats
Cependant, cette classification par secteurs est seulement une commodité ; alors que
la principale impulsion d'une action proposée devrait être celle de réduire l'impact de
la pression des pêches, les actions identifiées pourraient inclure la promotion de
l'amélioration de l'agriculture comme une façon de diversifier les moyens d'existence
et de réduire la pression sur les stocks de poissons.
Derrière chaque action, on reconnaît la nécessité d'une approche intégrée pour contrer
des problèmes qui, de prime abord, paraissent concerner un seul secteur.
En plus, alors que l'aire géographique potentielle de ces interventions couvre le bassin
versant et le bassin économique en général, l'attention se focalise sur les actions qui
ont un impact sur le lac. La priorité est donnée aux activités ayant le plus d'impact sur
le lac et sur les communautés vivant autour du lac. En fait la majorité des activités
visent une gestion améliorée et intégrée de la zone côtière.
5.2 Thèmes
transversaux
Les thèmes transversaux sont des ensembles d'activités communes à beaucoup
d'actions nationales proposées. Comme tel, il est possible que les éléments qui sont
communs aux différentes actions proposées soient combinés dans un projet qui traite
de ces dernières comme un thème commun.
Ceci aura l'avantage supplémentaire d'aider à identifier les synergies entre activités,
de promouvoir l'échange des informations entre pays et assurant la cohérence avec les
autres politiques sectorielles.
Dans de nombreux cas, des projets transversaux fonctionneront au niveau national et
seront développés en conjonction avec la planification détaillée des projets.
5.2.1 Gestion de l'information
La gestion efficace du lac dépendra des informations importantes fournies à temps aux
planificateurs et aux décideurs. Une grande partie des interventions proposées
supposent de continuer la recherche et le suivi pour soutenir la gestion des activités
décidées, mais la plupart de ces informations auront une pertinence plus large et
devraient être utilisées pour soutenir d'autres interventions. Il y a par conséquent une
nécessité claire de continuer à fournir des moyens à un service central d'information,
24

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
responsable du maintien de la base de données SIG existante, du système de
références bibliographiques et des autres sources de données partagées.
5.2.2 Développement
socio-économique
Le développement socio-économique est invariablement nécessaire comme
composante des initiatives de développement durable.
Par conséquent, beaucoup d'actions proposées comportent des apports socio-
économiques communs tels que l'analyse des alternatives aux moyens d'existence, les
opportunités culturelles, les modèles d'utilisation de ressources, les questions du genre
et les approches participatives de la gestion, qui conduisent aux propositions
d'interventions appropriées.
Dans les cas où l'on décidera d'entreprendre plusieurs actions nationales ou régionales
simultanées, leurs composantes socio-économiques récurrentes pourront être abordées
dans un seul projet de soutien.
5.2.3 Politique de l'environnement
L'intégration des actions proposées dans le cadre de la politique de l'environnement
(dont les stratégies de la biodiversité) est une autre importante question croisée. Les
outils des politiques de l'environnement comprennent la législation, l'éducation
juridique et environnementale ainsi que les instruments économiques et le soutien aux
initiatives locales.
5.2.4 Réforme institutionnelle et renforcement des capacités
Les problèmes institutionnels prépondérants sont identifiés dans le premier niveau de
l'ADT: manque de ressources ; faible application des législations ; manque de
législations appropriées ; et manque de coordination institutionnelle. Pendant la
période intérimaire, cette dernière composante sera directement abordée par l'OIGLT.
De façon plus générale, ce thème transversal pourrait combiner les aspects des
différentes actions qui se rapportent à la formation et au développement des
infrastructures physiques, ainsi que les aspects comme l'analyse et la révision de la
législation.
5.2.5 L'éducation sur l'environnement
Une grande partie des activités proposées dépendront de la sensibilisation tant au
niveau des communautés qu'au niveau administratif et politique. L'éducation sur
l'environnement est vue comme une importante composante de beaucoup d'activités
séparées, mais pourrait être combinée dans un projet transversal géré en appui à un
nombre d'actions régionales et nationales.
5.3 Le suivi de base
La surveillance continue (ou suivi) de la biodiversité est une activité relativement
neuve. Contrairement aux statistiques de pêches, qui souvent comportent des séries de
données étalées sur plusieurs dizaines d'années, le suivi de la biodiversité du lac
25

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tanganyika a exigé l'établissement d'une nouvelle discipline qui au départ n'existait
pas dans les institutions nationales des pays riverains. Une grande partie des
méthodologies utilisées par les équipes de l'Etude Spécialisée de Biodiversité pour
explorer et inventorier la faune a été développée, testée et modifiée en tenant compte
des conditions particulières du lac Tanganyika. Les capacités d'étude et de
surveillance de la biodiversité ont été implantées dans chacun des quatre pays
riverains, et les équipes nationales ont collecté jusqu'à deux ans de données
qualitatives et quantitatives sur les niveaux de la biodiversité des poissons et des
mollusques. En vue de gérer la biodiversité et les ressources du lac Tanganyika dans
l'avenir, il est nécessaire de continuer à surveiller la biodiversité et les menaces à son
encontre, pour que les modifications dans la biodiversité puissent être évaluées9 en
fonction de paramètres environnementaux.
Le programme de surveillance recommandé comporte deux aspects, à savoir un
programme de surveillance de la biodiversité et un programme de surveillance se
basant sur les menaces. Le programme de surveillance de la biodiversité concernerait
quatre sites dans chaque pays et serait effectué au moins une fois par trimestre. Ces
sites comprendraient un site de contrôle relativement pur ainsi que des sites affectés
par la pollution, la sédimentation et la pêche (ces sites ont été identifiés en
collaboration avec leurs équipes respectives d'études spécialisées). Les études
spécialisées se basant sur les menaces s'intéresseraient aussi à la surveillance de la
pollution, la sédimentation ainsi que la pêche à ces sites pour permettre les analyses de
la biodiversité en tant que fonction des différentes menaces.
En plus de la collaboration avec les équipes de biodiversité, il est recommandé que les
études spécialisées se basant sur les menaces continuent leurs programmes de
surveillance de la pollution, la sédimentation et la pêche, afin que l'amplitude de ces
menaces vis à vis de l'environnement soient évaluées dans chaque pays. Ceci
demande que les équipes de pollution puissent surveiller la qualité de l'eau à des sites
choisis, que celles de la sédimentation puissent continuer leur programme de jaugeage
des rivières, et que les départements des pêches puissent continuer leurs programmes
d'estimation des prises.
Cette surveillance sera complétée par tout suivi ou recherche supplémentaire jugée
nécessaire pour guider et évaluer l'impact des activités proposées qui sont exécutées
par le PAS. Le suivi ou la recherche spécifique liés aux activités du projet sont inclus
comme une composante spécifique.
L'organisme de gestion du lac veillera à ce que le système de suivi soit organisé
comme un instrument de gestion du lac, ce qui implique de maintenir un flux
d'information continu entre le terrain et les gestionnaires, et d'identifier à temps les

9 Le Le Groupe Consultatif pour la Science et la Technologie du GEF (STAP) a organisé une réunion
en janvier 2000 au Malawi pour évaluer l'état d'avancement des interventions du GEF dans les trois
Grands Lacs Africains. La réunion a reconnu que les importantes percées dans la science sont souvent
le résultat des analyses des données récoltées pendant des dizaines d'années concernant l'état, les
pressions ainsi que les réactions des systèmes. A cette fin, un des principaux besoins identifiés dans la
réunion a été la mise en oeuvre et le renforcement de la recherche de base par la surveillance dans
chacun des Grands Lacs Africains en employant une variété de sous-disciplines.
26

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
nouvelles menaces ou modifications d'ampleur dans les menaces existantes, en vue
d'assurer la mise en oeuvre d'actions préventives.
5.4 Développement d'un système de pêche durable
Il y a, dans le lac, deux systèmes de pêche distincts mais qui se recouvrent: les pêches
près des côtes et au large, respectivement dans la zone littorale et la zone pélagique.
Le recouvrement est à la fois écologique et économique. Les deux systèmes de pêche
sont liés aux communautés de la côte et ont des relations mutuelles avec leurs autres
activités économiques.
Alors que le PBLT a porté son intérêt sur les activités côtières et d'autres activités du
bassin qui ont un impact sur la zone littorale, le projet RLT (Recherche sur le Lac
Tanganyika) s'est concentré sur la zone pélagique. Les conclusions des deux projets
sont essentiellement les mêmes. La gestion des deux systèmes de pêche et la gestion
des activités affectant la zone côtière, doivent avoir lieu dans un cadre de planification
intégrée qui prend compte des liens physiques, sociaux et économiques existant entre
les activités de la côte et les ressources du lac10.
Alors que l'attention pour la biodiversité porte surtout sur la zone littorale, les
interventions doivent aborder les questions de la pêche dans les deux zones. En effet,
si la pêche pélagique s'effondrait, une forte pression supplémentaire pèserait sur les
pêches littorales.
Dans toute communauté vivant sur la côte, il peut toujours y avoir des groupes qui
concentrent leurs activités de pêche dans la zone du large, pendant que d'autres
groupes se concentrent sur la zone littorale pour les activités tant de subsistance que
de commerce. Entre temps, les autres familles et les pêcheurs eux-mêmes sont
habituellement aussi impliqués dans l'agriculture. L'équilibre entre ces activités
dépend de la saison, de la variation des stocks de poissons, de la disponibilité des
travailleurs et des changements dans les marchés.
Plus de 50 différents engins de pêche ont été recensés lors des enquêtes sur les pêches
du lac. Parmi eux, douze sont jugés très significatifs, et il y a quelque chevauchement
entre les engins pélagiques et les engins littoraux. Le problème ne concerne pas un
type particulier d'engin de pêche, mais bien la pression exercée par tous les engins
combinés. Ceci est le cas pour la pêche littorale comme pour la pêche pélagique.
Le développement d'une pêche durable concerne à la fois les pêches pélagiques et les
pêches littorales, ainsi que les activités des communautés qui en dépendent. Les
propositions du RLT pour le futur développement des pêches pélagiques
reconnaissent aussi ces questions. Cependant, les propositions du RLT sont pour le
moment encore centrées sur le développement d'une politique de gestion, ainsi que
sur la capacité de planification et l'amélioration des systèmes de suivi. Les

10 La La proposition RLT sur la Politique, la Planification et la Gestion des Pêches identifie de manière
spécifique le besoin de ... "l'utilisation des stratégies de développement intégré et de modèles de
gestion de la zone côtière en vue d'accommoder l'interaction et les conflits éventuels entre les activités
de pêche et de non-pêche et de réduire la pression sur la base des ressources de la pêche par le
truchement de la diversification économique".
27


Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
propositions du RLT incluent un programme pilote pour la restructuration de la flotte
ainsi qu'un autre visant l'amélioration des pratiques post-récolte et de la
commercialisation.
Les propositions du RLT sont complémentaires aux actions pour les pêches définies
dans le PAS, et, chaque fois que cela s'avèrera approprié, elles devraient être gérées
comme une intervention unique sous un même programme.
Carte 2 Principales routes commerciales pour les poissons
5.4.1 Effort de pêche excessif dans la zone littorale
Les pêches littorales sont complexes. Elles sont multi-espèces, multi-engins, et
impliquent les pêcheurs aussi bien artisanaux que ceux qui pratiquent la pêche de
subsistance. La plupart des zones de pêche situées près de la côte (profondeur 0-40m)
et adjacentes aux secteurs de haute implantation humaine sont déjà sous la forte
pression de toute une gamme d'engins. Il y a des indications de réduction des prises et
de changement de la composition des prises, ainsi que d'effondrement dans certains
secteurs.
Les interventions de gestion antérieures destinées à contrôler ces pêches ont dépendu
de la législation des pays qui essayait de limiter l'effort de pêche par le truchement des
permis de pêches ou de l'interdiction d'un engin donné. Cette approche n'a pas réussi,
en partie à cause du manque de capacité d'application de la législation, et en partie à
cause des pêcheurs qui changent d'engins sans réduire l'effort en général.
28

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Une approche alternative, de plus en plus adoptée dans la gestion des pêches partout
dans le monde, consiste à rechercher des arrangements de partenariat ou de cogestion
entre les partenaires concernés par la pêche (par exemple les communautés des
pêcheurs, les ONG et les gouvernements). Cette approche demandera un important
changement d'optique, vers une plus grande participation des acteurs locaux ainsi
qu'un changement de rôle pour les institutions officiellement chargées de la gestion
des pêches.
Tableau 2 Actions nationales en réaction à la pression de pêche excessive dans la
zone littorale

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Pression de pêche
Evaluer le potentiel, normes de pêche et quotas acceptables de
excessive
permis ­ MAE
Partenaires: Administration des
Supporter d'autres activités génératrices de revenus ou celles
pêches (dont MAE­ Dép. des Pêches
qui fournissent des protéines animales ­ MDC
et Admin. du Territ); Pêcheurs;
Renforcer les capacités du Dép. des Pêches pour contrôler et
Propriétaires d'unités de pêche;
superviser ­ MAE
MINATE (INECN); ONG;
Sensibiliser et former (pêcheurs, propriétaires de bateaux,
Associations et communautés locales;
administration) ­ MAE
UB
Actualiser et publier projets de lois et de textes d'application,
Incertitudes: Potentiel de ressources
ainsi que d'ordonnances ­ MAE
Traduction en Kirundi et vulgarisation ­ MAE
Congo: Pression de pêche excessive
Renforcer règlements: introduire les systèmes de permis (selon
dans la partie Nord du lac
le type d'UP) avec le dénombrement de pêcheurs existants;
Partenaires: Min. Environnement;
harmonisation régionale ­ Min. de l'Environnement
Pêcheurs et associations de pêcheurs;
Renforcer le contrôle ­ Min. de l'Environnement
Autorités locales; CRH; vendeurs de
Amélioration des statistiques ­ CRH
poissons; ONG et communautés
Evaluation du potentiel (production exploitable maximale)
locales; MINAGRI
dans les zones Nord et Sud­ CRH
Incertitudes: Production exploitable
Etude de faisabilité d'un système de perception de taxes visant
maximale
la régulation de l'effort de pêche (alimentant en même temps
un fonds de gestion du lac) ­ CRH
Identifier les raisons de l'augmentation des prises dans le Sud­
CRH
Identifier les actions pour développer l'aquaculture ­ CRH
Sensibiliser ­ information ­ Min. de l'Environnement
Recherche visant à établir comment une meilleure conservation
des poissons pourrait diminuer la pression sur le stock et
favoriser le transfert de la demande vers les plus gros poissons
­ CRH
(continue)
Tableau 2 (continue) Actions nationales en réaction à la pression de pêche
excessive dans la zone littorale

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Tanzanie: Manque de quotas sur les
Examiner les conclusions RLT­ TAFIRI
permis de pêche
Evaluer la pertinence aux questions de la biodiversité des
Partenaires: Pêches; Communautés;
29

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Aut. locales; TAFIRI
poissons ­ TAFIRI
Incertitudes: Quotas optimaux;
Evaluer la tendance dans l'expansion des permis ­ Dép. des
Stock disponible; Impact sur la
Pêches.
Biodiversité
Examiner les procédures d'octroi des permis ­ Dép. des
Pêches.
Zambie: Pêche côtière excessive
Promotion d'alternatives aux moyens de subsistance ­
Partenaires: Pêcheurs artisanaux ;
Développement Communautaire
Pêcheurs de subsistance; Dép. Des
Evaluer l'impact des engins de pêche ­ Dép. des Pêches
Pêches; Chefs locaux; Organisat.
Sensibiliser ­ Dép. des Pêches
communautaires de base
Renforcer le Dép. Des Pêches ­ Dép. des Pêches
Incertitudes: Niveau optimal de
Négocier la cogestion avec les communautés identifiées dans
prélèvement; Impact des engins sur
les zones de pêche spécifiques ­ Dép. des Pêches
les pêches et la biodiversité
5.4.2 Effort de pêche excessif dans la zone pélagique
Bien que la zone pélagique soit moins riche en biodiversité que la zone littorale, tout
effondrement des pêches pélagiques aura des répercussions dramatiques sur la zone
littorale, par le biais de l'augmentation de la pression de pêche et indirectement par le
biais de l'intensification des pratiques agricoles. L'amélioration de la gestion est
capitale pour le bien-être économique de la région.
La pêche pélagique supporte beaucoup de pêcheurs sur tout le lac. Les pratiques les
plus `visibles' sont la flotte des sennes coulissantes, les sennes de plages à lampes
ainsi que la flotte des carrelets. Cependant, la pêche des espèces pélagiques est
également une importante ressource économique pour de nombreux petits pêcheurs
artisanaux, qui pagaient jusqu'à quelque distance de la côte et utilisent les lignes
`mitraillette' pour viser la Perche Lates stappersi.
Il est important de noter que la pression de la pêche n'est pas le seul facteur
influençant l'état des stocks commerciaux. Les modifications de l'environnement
telles que les changements de température sont supposées contribuer à la modification
de l'abondance relative des clupéidés et des espèces de la famille des perches. Ces
modifications de l'environnement ainsi que leur effet sur les stocks de poissons ne
sont pas encore complètement bien comprises. Ainsi, la gestion de la pêche doit être
entreprise avec une certaine incertitude et doit être guidée par le principe de
précaution.
Le programme RLT a supporté la recherche sur les pêches pélagiques depuis 1992. Le
programme RLT a élaboré un "Plan Cadre d'Aménagement des Pêches". Ce plan
identifie cinq composantes essentielles qui exigent des investissements ultérieurs pour
développer un système de pêches durable.
1. Politique, Planification et Gestion des Pêches
2. Statistiques des Pêches et Systèmes d'Information
3. Suivi, Contrôle, et Surveillance
4. Promotion d'Opérations de Pêche Responsable et Restructuration des Flottes de
Pêche
30

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
5. Pratiques Post-Récolte et Commerce
Ce plan est sous-tendu par un certain nombre de principes qui sont communs au PAS,
notamment:
· Partenariats avec les groupes locaux de parties prenantes dans la prise de décisions
de gestion et façonnement de modalités d'application et de respect de la
législation;
· Allocation d'accès et de droits des pêcheurs au niveau des communautés locales;
et
· Utilisation de stratégies de développement intégré et de modèles de gestion des
zones côtières pour gérer les interactions ainsi que les éventuels conflits entre les
activités de pêche et autres et pour réduire la pression sur la ressource halieutique
par la diversification économique.
Les propositions du RLT comprennent un certain nombre de projets pilotes visant
essentiellement la gestion des flottes et des engins ainsi que les pratiques post-
récoltes. Celles-ci n'ont pas été spécifiquement incorporées dans le PAS, mais devront
être directement intégrées dans les futures itérations.
Tableau 3 Actions nationales en réaction à la pression de pêche excessive dans la
zone pélagique

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Pêche au large excessive
Etablir les normes et les quotas pour des pratiques de pêche
Partenaires: Adm des Pêches (dont
acceptables ­ MAE
MAE­ Dép. des Pêches et Admin.
Mettre en place une capacité suffisante de contrôle des pêches
Territ.); Pêcheurs; Propriétaires
du lac­ MAE
d'unités de pêche; MINATE
Réviser les composantes nationales du Plan Cadre de Gestion
(INECN); ONG; assoc. et
de Pêches dans le contexte du PAS ­ MAE
communautés locales; UB
Incorporer des activités supplémentaires dans les programmes
Incertitudes: Prise acceptable
nationaux dans le contexte du PAS ­ MAE
(continue)
31

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tableau 3 (continue) Actions nationales en réaction à la pression de pêche
excessive dans la zone pélagique

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Congo: Pêches au large non
Recherche sur les meilleures tailles de maille et les meilleures
contrôlées
méthodes de pêche ­ CRH
Partenaires: Min. de
Etude sur les espèces secondaires ­ CRH
l'Environnement; Pêcheurs; Autorités
Législation distinguant entre trois niveaux d'activités,
locales; Marchands de poissons;
interdiction de mailles excessivement fines, permis limités pour
Fabriquants de filets; CRH; ONG;
des types de filet appropriés et interdiction des pratiques de
Comm. Locales
pêche destructives ­ Min. de l'Environnement
Incertitudes: Taille de maille
Soutien aux capacités de contrôle ­ Min. de l'Environnement
optimale et type de filet; Impact sur
Education et sensibilisation ­ Min. de l'Environnement
la biodiversité
Réviser les composantes nationales du Plan Cadre de Gestion
de Pêches dans le contexte du PAS ­ Min. de l'Environnement
Incorporer des activités supplémentaires dans les programmes
nationaux dans le contexte du PAS ­ Min. de l'Environnement
Tanzanie: Contrôle inadéquat des
Renforcer les capacites de statistiques au niveau des districts­
pêches pélagiques
Département des Pêches
Partenaires: Département des
Etablir la pression de pêche existante (embarcations, engins,
Pêches; TAFIRI; Ministère de
pêcheurs...), différencier entre pêche industrielle et artisanale ­
l'Administration Régionale et du
Establir la pression de pêche optimale ­ Département des
Gouvt local, Gouvt local.;
Pêches
investisseurs dans le secteur de la
Mettre en place un suivi, un controle et une surveillance
pêche; communautes, ONG
adéquats ­ Département des Pêches
Incertitudes: ampleur du problème
Réviser les composantes nationales du Plan Cadre de Gestion
de Pêches dans le contexte du PAS ­ Dép. Des Pêches
Incorporer des activités supplémentaires dans les programmes
nationaux dans le contexte du PAS ­ Dép. Des Pêches
Zambie: Pêche industrielle et
Sensibiliser au niveau local et politique ­ Dép. Des Pêches
artisanale excessive
Négocier une flotte intérimaire acceptable et les moyens de
Partenaires: Pêches commerciales;
réduire la flotte ­ Dép. Des Pêches
Pêcheurs artisanaux; Autorité locale;
Etablir une composition optimale de la flotte ­ Dép. Des
Dép. Des Pêches; Organisations
Pêches
communautaires de base; Chefs
Intégrer les propositions avec le Programme des Pêches du
locaux; Comité des permis
RLT ­ Dép. Des Pêches
Incertitudes: Niveaux optimaux de
Examiner les procédures d'octroi des permis ­ Dép. Des
pêche; Distribution du marché
Pêches
Renforcer la capacité locale à assurer le suivi et faire appliquer
les règlements­ Dép. Des Pêches
Réviser les composantes nationales du Plan Cadre de Gestion
de Pêches dans le contexte du PAS ­ Dép. Des Pêches
Incorporer des activités supplémentaires dans les programmes
nationaux dans le contexte du PAS ­ Dép. Des Pêches
32

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
5.4.3 Prélèvement excessif ou non contrôlé des poissons d'ornement
Le commerce de poissons d'aquarium concerne d'abord les cichlidés pour
l'exportation outre-mer, bien que quelques non-cichlidés présentent aussi un intérêt.
Alors que peu d'informations précises sont disponibles, le commerce menace la
biodiversité de façon inhérente, car les poissons visés sont endémiques, rares,
localisés et ainsi vulnérables. Les informations qui proviennent des commerçants
reflètent ces préoccupations, car certaines espèces d'exportation disparaissent des sites
de collecte préférés.
Bien que des systèmes de permis existent, ceux-ci sont rarement respectés et n'ont pas
été actualisés pour refléter les valeurs du marché. Néanmoins, l'exportation est un
commerce spécialisé qui pourrait aussi être surveillé à partir des marchés finaux. En
plus, il y a relativement peu de personnes qui contrôlent la capture et la
commercialisation dans les quatre pays, rendant le suivi moins onéreux.
Le potentiel d'amélioration de la gestion est assez élevé. Un système de permis
d'exportation pourrait financer l'application de la législation. Entre-temps,
l'exportation de ces espèces continue d'attirer l'attention sur la valeur de la
biodiversité du lac, et peut aider à orienter l'attention des donateurs vers les problèmes
de la gestion du lac.
Il existe une possibilité d'impliquer les communautés locales dans cette activité et de
créer ainsi des alternatives aux moyens d'existence. L'éducation sur l'environnement,
et peut-être la tenue de quelques aquariums ont été proposées comme un moyen de
sensibilisation à ce problème.
Tableau 4 Actions nationales pour contrôler le commerce du poisson d'ornement
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Prélèvement excessif ou
Etablir la liste des espèces menacées et la proposition
non contrôlé du poisson d'ornement
d'inclusion dans les listes CITES ­ MINATE (INECN)
Partenaires: MINATE (INECN);
Règlements, contrôle, suivi ­ MINATE (INECN)
MAE (Dép. Des Pêches );
Encourager la pisciculture des ces espèces ­ MAE
Exportateurs; Vendeurs; Douanes;
Sensibiliser­ MINATE (INECN)
BRB; ONG; Associations et
communautés locales
Etablir des aires protégées (délimitation, développement de
l'éco ­ tourisme, plans de gestion) ­ MINATE (INECN)
Incertitudes: Ampleur du problème
et de l'impact
(continue)
33

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tableau 4 (continue) Actions nationales pour contrôler le commerce du poisson
d'ornement

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Congo: Prélèvement excessif ou non
Amélioration et renforcement de la délivrance des permis
contrôlé du poisson d'ornement
(espèces autorisées, quantités, site de prélèvement) ­ Min. de
Partenaires: Autorités locales; CRH;
l'Environnement
Douanes; Exportateurs; Min.
Renforcer le contrôle du prélèvement et de l'exportation ­
Environnement; ICCN
Min. de l'Environnement
Incertitudes: Vulnérabilité
Etablir des réserves naturelles: Luhanga, Pemba, Kalamba,
potentielle de toutes les espèces par
Kiriza (Ubwari) et Bangwe ­ ICCN
espèce et par site
Prospection supplémentaire en vue d'étendre le réseau des
aires protégées ­ CRH
Inscription des Cichlidés du lac sur la liste CITES, excepté les
poissons identifiés comme étant capables de supporter le
prélèvement ­ Min. de l'Environnement
Tanzanie: Prélèvement excessif ou
Identifier les espèces menacées ­ TAFIRI
non contrôlé du poisson d'ornement
Accord régional sur les espèces exportables par pays d'origine
Partenaires: marchands agréés ;
­ Dép. des Pêches
Pêches; TAFIRI; Affaires Etrangères
Surveiller le nombre et les espèces exportés ­ Dép. des Pêches
; Affaires Intérieures ; Douanes
/Douanes
Incertitudes: espèces menacées ;
Sensibiliser au haut niveau sur les problèmes ­ Dép. des
Ampleur de la menace
Pêches
Etablir des quotas sur les espèces ­ TAFIRI
Réviser le nombre de permis ­ Dép. des Pêches
Examiner la possibilité d'inclusion dans la liste CITES ­ Dép.
des Pêches
Zambie: Prélèvement excessif ou
Evaluer l'ampleur et l'impact ­ Dép. Pêches
non contrôlé du poisson d'ornement
Sensibilisation du public ­ Etablir des aquariums ­ Dép. des
Partenaires: Commercial Fishers;
Pêches
Autorités locales; Dép. des Pêches;
Définir les niveaux de prélèvement ­ Dép. des Pêches
Parcs; Musées; Communautés et
Réviser les frais des permis/Exportation ­ Dép. des Pêches
chefs locaux; Dép. des Impôts
Réviser les règlements locaux ­ Dép. des Pêches
Incertitudes: Ampleur / Impact du
prélèvement
Evaluer le potentiel pour l'élevage en captivité ­ Dép. des
Pêches
Examiner l'inclusion des espèces dans CITES ­ Parcs
5.5 Lutte contre la pollution
L'impact de la pollution lacustre est une préoccupation majeure, dont l'importance se
reflète à juste titre dans l'intitulé complet du PBLT ­ Lutte contre la pollution et
autres mesures pour protéger la biodiversité du lac Tanganyika.
La pollution résulte d'activités humaines exercées dans le bassin Elle est surtout liée
aux agglomérations, que ce soient de petits villages ou des grandes villes. Dispersées
dans le bassin, ces agglomérations sont le siège de diverses industries et autres
activités polluantes. Les sources possibles de pollution dommageable incluent les
déchets domestiques, l'emploi agricole d'engrais et de pesticides, les ports et la
34


Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
navigation, les usines et les petites industries enregistrées ou non, les dépôts de
produits pétroliers, les centrales électriques, les industries de transformation du
poisson, les abattoirs, les mines et carrières.
Carte 3 Principaux centres urbains et densité de la population
35

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
5.5.1 Pollution urbaine et industrielle
Les pollutions urbaines et industrielles sont intimement liées. Les centres urbains
attirent des industries, et ils constituent des marchés et noeuds de communication qui à
leur attirent de nouvelles installations. La croissance de la population urbaine dans les
quatre pays riverains dépasse celle de la population rurale.
La plus grande ville du lac est Bujumbura avec une population urbaine et périurbaine
de près de 600 000.habitants. Avec les autres villes côtières du Burundi et Uvira au
Congo, qui compte près de 300 000 habitants, la partie septentrionale du lac comprend
la principale concentration d'établissements urbains sur les rives du lac. En Tanzanie,
Kigoma, avec 135 000 habitants est le principal centre urbain et portuaire. Dans le
Sud du lac, Mpulungu en Zambie a une population de 70 000 personnes et est aussi un
port important.
Bujumbura possède deux grandes industries qui émettent des quantités significatives
d'effluents liquides arrivant sans traitement dans le lac, la brasserie et l'industrie
textile. D'autres industries contribuent aussi à la pollution, notamment les usines de
peinture, de savon, de produits chimiques, l'abattoir, les dépôts d'hydrocarbures et les
garages. A Uvira, les principaux sujets de préoccupation sont les produits pétroliers,
l'industrie cotonnière et la production sucrière.
En outre, le volume croissant de déchets et d'effluents domestiques liés à la croissance
urbaine pose problème dans tous les pays du lac. Même là où des systèmes de
traitement des déchets et des effluents avaient été prévus à l'origine, la croissance des
agglomérations a dépassé les capacités existantes.
Dans la baie de Kigoma, où la circulation de l'eau est limitée, il y a déjà des signes
d'eutrophisation. En outre, la prise d'eau pour la ville est située très près des points de
déversement des effluents non traités de diverses institutions ainsi que des déchets
émis par la centrale électrique de la ville.
Alors que le problème est techniquement simple à résoudre et assez localisé, il
demande l'engagement du gouvernement local et des communautés impliquées, ainsi
que d'importants investissements financiers. Les avantages pour la santé publique sont
immédiats et directs, car l'amélioration de la qualité de l'eau avantage directement
beaucoup d'utilisateurs. Les avantages à long terme pour les pêches et la biodiversité
sont notamment liés à la réduction de la surcharge en éléments nutritifs, et la
réduction des lessivages nocifs provenant de décharges mal localisées ou mal gérées.
36

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tableau 5 Actions nationales pour lutter contre la pollution urbaine et
industrielle

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Pollution des ordures
Extension des capacités de traitement ­ Mairie (SETEMU)
urbaines en particulier de Bujumbura
Etablir des sites d'évacuation contrôlés et collecter les déchets
et Rumonge
­ Mairie (SETEMU)
Partenaires: MINATE (DG ATE ;
Sensibiliser et former ­ MCIT
INECN); Mairie (SETEMU); MCIT;
Règlementation de la commercialisation des produits
CCIB; Regideso; MTPE; MSP;
dangereux pour l'environnement (notament les piles) ­
BBN; ONG; Associations et
MINATE (DG ATE)
populations locales
Développer des normes pour l'application de la législation
Incertitudes: Nature et quantité des
relative aux déchets ­ MINATE (DG ATE)
effluents; Impact des polluants sur la
biodiversité
Mettre en oeuvre les plans d'occupation du sol dans le cadre de
programmes d'aménagement ­ MTPE
Renforcer les capacités de l'INECN pour le suivi et le contrôle
­ MINATE (INECN)
Supporter le développement de centres urbains secondaires­
MTPE
Etude de la pollution et des niveaux d'impact, surveillance et
suivi ­ MINATE (INECN)
Burundi ­ Pollution industrielle
Prétraitement des effluents industriels et mise en
issue de la ville de Bujumbura (en
fonctionnement de la station de traitement des eaux ­ Mairie
particulier par les industries de
(SETEMU)
peintures, les tanneries, savonneries,
Extension des capacités de traitement capacities ­ Mairie
industres agro-alimentaires, textiles
(SETEMU)
et chimiques)
Mise en place d'une décharge contrôlée et assurer la collecte
Partenaires: MINATE (DG ATE ;
des déchets ­ Mairie (SETEMU)
INECN); Mairie (SETEMU); MCIT;
Traitement, recyclage et tranformation des déchets ­ Mairie
Entrprises industrielles (usine de
(SETEMU)
peintures, tanneries, savonneries,
industres agro-alimentaires, textiles
Amélioration des procédés industriels ­ MCIT
et chimiques)­; CCIB; Regideso;
Sensibilisation et formation ­ MINATE (INECN)
MTPE; MSP; BBN; ONG;
Réglementation des installations susceptibles de polluer (EIE
associations et communautés locales
préalable; spécifications techniques) ­ MINATE (DG ATE)
Incertitudes: Ampleur de la
Règlementation de la commercialisation des produits
pollution, émission de polluants et
dangereux pour l'environnement­ MINATE (DG ATE)
impact sur la biodiversité; normes
Etablir les normes pour l'application de la législation relative
acceptables
aux déchets ­ MINATE (DG ATE)
Mettre en oeuvre les plans d'occupation du sol dans le cadre de
programmes d'aménagement ­ MTPE
Renforcer les capacités de l'INECN pour le suivi et le contrôle
­ MINATE (INECN)
Etude de la pollution et des niveaux d'impact, surveillance et
suivi ­ MINATE (INECN)
EIE préalable à toute installation industrielle ­ MINATE
(INECN)
(continue)
37

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tableau 5 (continue) Actions nationales pour lutter contre la pollution urbaine et
industrielle

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Congo: Pollution par les effluents et
Identification de polluants, évaluation de l'impact ­ CRH
les déchets ménagers
Système sanitaire (construction de latrines, installation de sites
Partenaires: Ministère de
d'évacuation contrôlés et collecte de déchets, établir un réseau
l'Environnement; Autorités locales;
pour les ordures et les eaux usées connectées à une usine de
Population; ONG et populations
traitement ): Uvira, Mboko, Kalemie, Moba, Baraka ­ Min. de
locales; Services urbains; INERA;
l'Environnement
Ministère de l'Energie
Education sanitaire ­ Services de Santé
Incertitudes: Nature et quantité des
Recherche ­ centrée sur le recyclage par l'agriculture et
polluants et impact sur la biodiversité
l'énergie ­ INERA
du lac
Développer une législation appropriée et supporter les
capacités d'application ­ Min. de l'Environnement
Congo ­ Pollution agro-industrielle
Recyclage des sous-produits (bagasse, mélasse, chaux) ­ Min.
par la sucrerie de Kiliba
de l'Environnement
Partenaires: Sucrerie de Kiliba;
Evaluation de l'impact des herbicides sur les eaux du lac et la
CRH; CRSN; INERA; ISDR; ONG
biodiversité ­ CRH
et communautés locales; Min. de
Recherche de modalités de fertilisation appropriées ­ INERA
l'Energie, Min. de l'Environnement
Mise à jour de la législation ­ Min. de l'Environnement
Incertitudes: Impact des pesticides
Contrôle ­ Min. de l'Environnement
et de la chaux sur la biodiversité du
lac;solutions de rechange
Congo ­ Pollution par la cimemterie
Evaluation de l'impact et identification des mesures à prendre
de Kabimba
­ CRH
Partenaires: Ciment­lac; CRH;
Etude de faisabilité du recyclage agricole des cendres ­
CRSN; INERA; ISDR; ONG et
INERA
communautés locales; Min. de
Mise en oeuvre des recommandations ­ Min. de
l'Environnement
l'Environnement
Incertitudes: Impact sur biodiversité
Mise à jour de la législation ­ Min. de l'Environnement
Contrôle ­ Min. de l'Environnement
Tanzanie: Ecoulement d'ordures
Réviser les plans d'aménagement urbain existants­ Min. de
ménagères non traitées, Ville de
l'Am du Territoire
Kigoma
Incorporer des propositions pour les égouts, les eaux usées et
Partenaires: Conseil local; Autorité
l'alimentation en eau ­ Min. de l'Eau
régionale; Min. de l'Eau; Min. de la
Proposer les développements & promouvoir la sensibilisation
Santé; Min. de l'Am. Terr
pour contrer la situation existante d'égouts à ciel etc. ­ Min. de
Incertitudes: Impact sur biodiversité
l'Am du Territoire
Quantité et type d'effluents
Surveiller les effluents ­ Min. de l'Eau
Tanzanie: Ecoulement d'ordures non
Appliquer les règlements ­ Min. de l'Eau
traitées des institutions (Police,
Identifier les raisons du non-respect ­ UWS & S Dept
Prisons, Station du Chemin. de Fer,
Promouvoir la sensibilisation au haut niveau ­ Autorités
Docks) Ville de Kigoma
locales
Partenaires: Police; Prisons; TRC;
Identifier et proposer des travaux de traitement pratiques et des
Conseil local; Min. de l'Eau; Min. de
sites d'évacuation ­ Min. de l'Eau
la Santé; Min. des Transports;
Mettre en oeuvre les propositions et les règlements ­ Min. de
Autorités Régionales
l'Eau
Incertitudes: Impact sur la
Surveiller les effluents ­ Min. de l'Eau
biodiversité; Quantité et type
d'effluents
(continue)
38

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tableau 5 (continue) Actions nationales pour lutter contre la pollution urbaine et
industrielle

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Tanzanie: Dépotoirs de déchets
Identifier les sites appropriés ­ Conseil Municipal
solides mal installés ­ Ville de
Examiner les procédures actuelles de collecte et­ Conseil
Kigoma
Municipal
Partenaires: Conseil local; Autorité
Vérifier les règlements locaux et en introduire de plus
Régionale ; Min. de l'Eau; Min. de la
appropriés;
Santé; Min. de l'Am du Territoire;
Développer des voiries appropriées ­ Conseil Municipal
Populations
Incertitudes: Impact sur la
biodiversité; Lessivage et
ruissellement de surface
Tanzanie­ Pollution industrielle,
Mettre en oeuvre des structures et pratiques de gestion
centrale électriqe de TANESCO à
appropriées ­ Départment de l'Energie
Kigoma
Mettre en oeuvre des mesures de remédiation à court et long
Partenaires: TANESCO; Conseil
terme ­ Départment de l'Energie
local; Min. de l'Eau; Min. de
Réviser les plans de rehabilitation de TANESCO, y compris le
l'Energie
financement ­ Départment de l'Energie
Incertitudes: Etendue de la pollution
Zambie: Ecoulement des effluents
Evaluer l'ampleur du problème et l'impact sur la biodiversité ­
ménagers non traités, Mpulungu et
ECZ
Villages de la côte
Examiner la conception des systèmes actuels d'égouts, évaluer
Partenaires: Autorité locale;
le potentiel pour alternatives­ Conseil local
Affaires Hydrologiques; Dép. des
Lien avec le programme D­WASHE existant ­ Conseil local
Pêches; Populations locales; Equipe
Mettre en oeuvre les alternatives ­ Conseil local
de gestion sanitaire du District ; D­
Surveiller l'évacuation des effluents ­ ECZ
WASHE; ECZ
Sensibiliser sur ces questions ­ ECZ
Incertitudes: Ampleur du problème
et impact sur la biodiversité
Zambie: Dépôt incontrôlé des
Evaluer l'ampleur du problème et l'impact sur la biodiversité ­
déchets dans et autour de Mpulungu
ECZ
Partenaires: Transporteurs; Sociétés
Sensibiliser sur ces questions ­ ECZ
de Pêche; Autorité locale; Affaires
Surveiller l'évacuation ­ ECZ
Hydrologiques; Dép. des Impôts de
Faire appliquer les règlements ­ Conseil local
Zambie ; Dép. des Pêches;
Populations locales; Equipe de
Gestion Sanitaire duDistrict; ECZ
Incertitudes: Ampleur du problème
et impact sur la biodiversité
Zambie ­ Mouvements
Identifier les sites de surveillance ­ ECZ
transfrontaliers de la pollution
Etablir un programme de surveillance fonctionnel ­ ECZ
industrielle
Former au suivi de la pollution lacustre ­ ECZ
Partenaires: Communautés; Dép. .
Min. de l'Energie &Eau.; Dép. . Des
pêches ; autorités locales; Min. de
l'Env.; NISIR; ECZ; Affaires
Maritimes
Incertitudes: Types de pollutants,
distribution et effets
39

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
5.5.2 Pollution
portuaire
Les ports constituent une source significative de pollution, provenant de la
contamination accidentelle causée par le déversement des hydrocarbures pendant le
transfert de marchandises, des déchets rejetés par les bateaux, et dans certains cas, des
déchets déversés par les industries établies sur la côte.
Les systèmes de gestion portuaire sont conçus pour éviter les accidents de pollution,
mais la majorité des installations portuaires sont conçues pour de petits volumes de
trafic lacustre et deviennent débordées par les plus grands volumes. Les rejets par les
bateaux pourraient être acceptables en petites quantités mais des problèmes de
pollution apparaîtront avec l'augmentation du trafic.
L'instabilité politique régionale a réduit le niveau de certains trafics lacustres tels que
le transport d'hydrocarbures et de produits agrochimiques, mais il en a augmenté
d'autres comme le transport de produits alimentaires en grandes quantités. Avec le
retour de la stabilité, le volume de biens potentiellement dangereux ainsi que le
potentiel pour le déversement dans les ports iront croissant.
Les avantages d'aborder la pollution portuaire sont immédiats, avec des impacts
directs sur la santé publique ainsi que des avantages plus généraux pour les pêches et
la biodiversité.
Tableau 6 Actions nationales pour lutter contre la pollution portuaire
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Pollution dans les ports
Promulgation la Loi sur le Trafic Lacustre, et vulgarisation ­
Partenaires: MTPET (Transport
MTPET
Lacustre), Propriétaires de bateaux,
Contrôler l'application de la Loi, et continuer le contrôle
EPB, INECN ­ MINATE (INECN),
technique des bateaux ­ MTPET
MCIT, Garde Lacustre
Analyser, suivre et évaluer l'ampleur du problème de la
Incertitudes: Ampleur des menaces
pollution du lac ­ MINATE (INECN)
Harmoniser les règlements et les activités de supervision et de
contrôle avec les autres pays riverains ­ MTPET
Installer un chantier naval pour la maintenance et la réparation
des bateaux ­ MTPET
Congo: Pollution portuaire (Kalemie,
Sensibiliser ­ Min. de l'Environnement
Kabimba, Kalundu, Moba)
Actualiser les règlements (système combiné de taxe éco
Partenaires: Ministère de
dissuadant la pollution légale et la pollution illicite) ­ Min. de
l'Environnement; Transport et
l'Environnement
Communication; CRH; Propriétaires
Renforcer le contrôle ­ Min. de l'Environnement
de bateaux
Installation de sites d'évacuation contrôlés sur la terre ferme ­
Incertitudes: Nature et qualité de
Min. de l'Environnement
polluants et impact sur la biodiversité
Identification de polluants et de leur impact sur la biodiversité
du lac ­ CRH
(continue)
40

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tableau 6 (continue) Actions nationales pour lutter contre la pollution portuaire
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Tanzanie: Pollution dans les ports
Identifier les causes spécifiques des fuites et des suintements ­
(préoccupation spécialisée sur le
Min. de l'Eau
stockage et la manutention des
Vérifier et revoir les règlements ainsi que les procédures
hydrocarbures)
recommandées ­ Min. de l'Eau
Partenaires: TRC; Proriétaires de
Examiner les raisons de la non-application des règlements ­
bateaux / Opérateurs; Conseil local;
Min. de l'Eau
Compagnies pétrolières; Départment
Mettre en oeuvre les actions de rémédiation à court et à long
de Navigation; NEMC; Min. des
terme ­ Min. de l'Eau
Transports, Min. de l'Eau
Incertitudes: Pas d'information sur
les problèmes spécifiques de
manutention; Impact sur la
biodiversité
Zambie: Pollution dans les ports
Mener l'Evaluation des Risques ­ Autorités Lacustres
(préoccupation spécialisée pour la
Examiner l'impact potentiel sur la biodiversité ­ Pêches
manutention et la manipulation des
Atténuer les impacts et mettre en place la capacité de réaction
hydrocarbures et des marchandises)
d'urgence ­ Autorités des ports
Partenaires: Population de
Mpulungu; Affaires Hydrologiques;
Département de Navigation;
Autorités des porcs; Propriétaires de
barges; Dép. des Pêches; Autorités
locales; Police; Défense; ECZ; Unité
de Gestion des Désastres
Incertitudes: Impact sur la
biodiversité des différentes
marchandises et scénarios
5.5.3 Pollution des futures activités minières ou de l'exploitation pétrolière
Pour le moment, il y a relativement peu d'activités minières dans le bassin. Le
potentiel minier du bassin n'a pas encore été entièrement exploré, mais il y a des
indications qui montrent qu'il pourrait y avoir des champs pétroliers économiquement
viables, en plus de l'or et d'autres minerais.
L'exploitation artisanale de l'or est effectuée en Tanzanie dans le haut bassin de la
Malagarasi. Elle implique l'utilisation du mercure dans le traitement. Des compagnies
ont envisagé des opérations commerciales dans le même secteur.
Une convention a été signée pour l'exploitation d'un gisement de nickel dans la partie
Burundaise du bassin de la Malagarasi. L'usine de traitement du minerai constitue une
source potentielle de pollution du lac.
Le niveau de contrôle de l'exploitation industrielle des mines varie d'un pays à l'autre,
bien que tous disposent d'une législation qui pourrait être utilisée pour supporter un
développement industriel approprié et, à un degré moindre, une amélioration des
petites activités minières. En pratique, il y a peu de contrôle des petites exploitations
41

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
et peu d'expérience de gestion environnementale appropriée des opérations
industrielles importantes.
Ces limitations sont reconnues, mais si des actions appropriées sont prises maintenant,
il y a une possibilité de mettre en oeuvre des mesures préventives et d'éviter ainsi les
futurs problèmes associés à une expansion significative des activités minières ou de
l'exploitation pétrolière.
Tableau 7 Actions nationales pour gérer les futures opérations minières
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Pollution découlant des
EIE avant de commencer l'exploitation minière ­ MINATE
futures activités minières et d'une
(INECN)
probable exploitation pétrolière
Réviser la Loi sur les hydrocarbures et les mines pour prendre
Partenaires: MEM (DMC);
en compte les impacts sur l'environnement ­ MEM
MINATE (INECN); Compagnies
Négocier des accords avec les autres pays riverains ­ MEM
minières; compagnies pétrolières
Supporter les laboratoires chimiques et biologiques existants ­
Incertitudes: Ampleur de la
MINATE (INECN)
pollution et effets sur le lac
Congo: Pollution découlant des
Etudes d'impact sur l'environnement ­ CRH/Min. de
futures activités minières et
l'Environnement
d'exploitation pétrolière
Suivi environnementale des activités ­ Min. de
Partenaires: Min. de l'Environment;
l'Environnement
CRH; CRGM; Min. du pétrole;
Ministère de l'Energie
Incertitudes: Probabilité et site des
travaux
Tanzanie: Ecoulement de substances
Quantifier l'ampleur et les procédés utilisés dans les différentes
toxiques découlant des chantiers
zones minières­ Energie et Mines
miniers
Promouvoir la technologie appropriée ­ Energie et Mines
Partenaires: Petits exploitants
Faire appliquer les règlements existants ­ Energie et Mines
miniers; Min. de l'Energie et Mines;
Min. de l'Eau; Autorités Régionales /
Locales ; NLUPC; NEMC; Min. de
la Santé
Incertitudes: Ampleur du problème
5.5.4 Risques d'importants accidents de navigation
Jusqu'ici, aucun accident de navigation important qui soit de nature à endommager
l'environnement n'a été enregistré sur le lac. Cependant, des marchandises
dangereuses sont régulièrement transportées sur le lac avec peu de contrôle du
conditionnement et de la manutention. Le volume du trafic est variable. Il est
aujourd'hui abaissé à cause des perturbations politiques continues. Cependant, les
hydrocarbures continuent à être la principale marchandise dangereuse. Leur transport
se fait par barges remorquées.
42

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
A mesure que les pays riverains continueront à développer leur potentiel industriel, le
volume du trafic augmentera de même que l'éventail de marchandises. Ici encore, une
législation qui concerne la conception des bateaux et la manutention des marchandises
existe dans tous les pays, mais celle-ci doit être révisée à la lumière de l'augmentation
du trafic et de la diversité des marchandises dangereuses.
Tableau 8 Actions nationales en réaction aux accidents majeurs de navigation
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Pollution causée par
Promulgation de la Loi sur le Trafic Lacustre, et vulgarisation
d'importants accidents de navigation
­ MTPET
Partenaires: MTPET (Transport
Contrôler l'application de la Loi, et continuer le contrôle
lacustre), Propriétaires de bateaux,
technique des bateaux­ MTPET
EPB; MINATE (INECN), MCIT,
Analyser, suivre et évaluer l'ampleur du problème de la
Garde Lacustre; MAE (Pêches)
pollution du lac ­ MINATE (INECN)
Incertitudes: Ampleur des menaces
Harmoniser les règlements et les activités de supervision dans
les pays riverains ­ MTPET
Congo: Pollution causée par
Sensibiliser (propriétaires de bateaux et autres parties
d'importants accidents de navigation
prenantes) ­ Min. de l'Environnement/ Transp. Et Comm.
Partenaires: Min. de
Examiner les règlements (règles de navigation ; normes anti-
l'Environnement; Service de
pollution et de sécurité, transport de marchandises dangereuses
Transport et Communication; CRH;
) ­ Min. de l'Environnement
Propriétaires de bateaux; CRSN;
Renforcer le contrôle ­ Min. de l'Environnement
Commerce Extérieur; Office
Contrôle technique des bateaux (avec les normes anti­pollution
Congolais de Contrôle
et de sécurité) ­ Transp. et Comm.
Incertitudes: Nature et quantités de
Surveillance de la pollution ­ CRSN
polluants ainsi que l'impact sur la
biodiversité du lac
Evaluer l'impact (ampleur du problème, fréquence de
l'écoulement, risques, nocivité des polluants) ­ CRH
Tanzanie: Pollution causée par
Analyse du risque ­ NEMC
d'importants accidents de navigation
Développer des plans d'urgence ­ NEMC
Partenaires: Propriétaires de
bateaux / Opérateurs de barges;
Autorités Régionales; Département
de Navigation; NEMC; Min. des
Transports; Min. de l'Eau; NEMC;
Compagnies d'Assurance; TAFIRI
Incertitudes: Niveau du risque
Zambie: Pollution causée par
Mener l'évaluation des risques ­ Dép. de Navigation
d'importants accidents de navigation
Examiner les impacts potentiels sur la biodiversité ­ Pêches
Partenaires: Grands Transporteurs;
Mettre en place la capacité de réaction d'urgence ­ Dép. de
Passagers; Département de
Navigation
Navigation; Autorité Portuaire;
Compagnies d'Assurance; Dép. des
Pêches; Autorités locales; ZRA;
Examiner le besoin de mettre en place une unité régionale
Police; Défense; Unité de Gestion
d'intervention d'urgence ­ ECZ
des Désastres; Parcs; ECZ
Incertitudes: Impact sur la
biodiversité des différentes
marchandises et scénarios
43

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
5.6 Gestion des sédiments
L'impact de la sédimentation sur la biodiversité du lac a deux composantes. La
première se rapporte aux modifications physiques des habitats par la diminution de la
luminosité et le dépôt d'une couverture sédimentaire sur le substrat initial ; la
deuxième concerne la charge d'éléments nutritifs associés aux sédiments.
Au cours des quelque 50 dernières années, il y a eu d'importantes modifications dans
les transferts de sédiments du bassin vers le lac, en rapport avec les modes
d'utilisation du sol dans le bassin. L'expansion des terres cultivées est la principale
cause de celles-ci et constitue la cause directe de déforestation, car les agriculteurs
progressent vers les zones où la couverture végétale a été réduite par la coupe des
arbres comme bois d'oeuvre ou de feu.. Cependant, alors qu'ils sont liés, ces deux
aspects peuvent être considérés séparément car ils tombent souvent sous différents
mandats institutionnels, l'expansion agricole étant de la compétence des services
agricoles et la protection des forêts de celle des services forestiers.
Carte 4 Danger d'érosion et secteur constituant la source de sédiments
Le taux accentué du transfert de sédiments et d'éléments nutritifs vers le lac équivaut
à une perte accentuée de terre et de fertilité du sol dans le bassin. L'intervention clé de
44

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
gestion est de promouvoir des pratiques agricoles durables dans le bassin, qui
maintiennent la structure et la fertilité des sols et supportent une production agricole et
forestière accrue.
L'érosion générée dans les grands bassins (>4000 km²) tend à se montrer moins
critique pour le lac grâce aux marais et deltas qui se sont déjà développés tend à être
moins critique pour le lac.
C'est dans les bassins de taille moyenne (50-4000 km²) que l'érosion est la plus
préoccupante pour le lac. Les sédiments issus de ces bassins sont généralement émis
dans le lac sans l'effet tampon des grands marais. Les sédiments arrivés dans le lac et
transportés par les courants peuvent affecter le littoral sur une distance de près de
10km de l'embouchure.
Les apports des petits basins (<50 km²) tendent à ne pas se transporter assez loin pour
avoir un grand impact mais ils peuvent causer de profonds changements locaux dans
les habitats côtiers. Dans la zone côtière, la déforestation et les pratiques agricoles
inappropriées sont des problèmes significatifs pour le lac au niveau local.
5.6.1 Promotion des pratiques agricoles durables
L'agriculture durable est un objectif majeur dans tous les quatre pays riverains. Les
interventions appuyant ce but incluent la promotion des structures physiques de
conservation et l'amélioration des méthodes de fertilité du sol. En plus, il est possible
de promouvoir les cultures alternatives ou d'ajouter de la valeur à la production,
limitant ainsi l'expansion de l'agriculture.
Alors que les techniques de conservation du sol et de l'eau sont bien établies dans
certaines régions, dans d'autres parties du bassin, leur adoption a été plutôt décevante.
Cette adoption n'est pas seulement fonction des connaissances, mais elle est aussi
fonction du capital et de la main-d'oeuvre disponibles. L'adoption des méthodes de
conservation du sol accompagne généralement celle des pratiques agricoles
améliorées en général, qui est souvent liée aux nouvelles opportunités de récoltes et de
marchés.
Comme les sources de sédiments peuvent être identifiées sur certaines parties de la
côte ou des bassins de taille moyenne, le centre d'intérêt des interventions nationales
proposées n'est pas celui d'un programme général de vulgarisation, mais d'un
programme ciblé visant des populations spécifiques.
Sur la plus grande partie de la côte, les terrains plats convenant à l'agriculture sont
limités, et ne dépassent pas souvent quelques centaines de mètres au pied de
l'escarpement du rift. L'agriculture est généralement limitée à quelques produits de
subsistance. Là où il y a une large plaine fertile dans la plaine inondable de la Ruzizi,
ou à l'embouchure de la Lufubu, l'agriculture est beaucoup plus diversifiée.
Là où la pêche a décliné, l'importance de l'agriculture a augmenté. Ceci, couplé à la
croissance de la population, a résulté en un manque de terres dans le secteur immédiat
de la côte, où les agriculteurs ont été obligés de défricher les pentes raides. Dans
certaines zones, les champs deviennent inutilisables après seulement deux ou trois
récoltes, et de nouvelles pentes, mêmes plus raides, sont alors défrichées.
45

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Hommes et femmes sont impliqués dans l'agriculture11. Le long de la côte, celle-ci est
surtout importante pour les familles les plus pauvres. Un manque de traditions
agricoles appropriées sur les collines ainsi qu'une perception comme quoi
l'agriculture est toujours moins importante que la pêche, particulièrement chez les
familles plus riches ou plus influentes de nombreuses communautés, ont fait qu'il y a
eu peu d'efforts pour l'améliorer. Un faible accès aux marchés limite aussi les
tentatives d'augmenter ou de diversifier la production.
Néanmoins, dans certaines zones, l'arrivée de nouvelles pratiques telles que la fumure
animale ou la traction attelée a eu un certain impact. Les programmes de plantation
d'arbres constituent aussi une réaction courante, qui présente des avantages
supplémentaires, notamment la fourniture durable du bois (surtout le bois de
chauffage et le bois de construction), de l'ombrage, des arbres fruitiers, ainsi que des
légumineuses qui peuvent servir d'alternatives aux engrais.
Tableau 9 Actions nationales pour promouvoir l'agriculture durable
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Erosion causée par les
Evaluer l'impact du problème, étudier l'ampleur de la
pratiques agricoles
sédimentation dans le lac et identifier les régions à haut risque
Partenaires: MAE, MINATE,
­ MINATE (IGEBU)
AdMin. Territ., Agriculteurs, Instituts
Aménager le bassin (agroforesterie, pratiques anti-érosives),
de Recherche, MTPE, ONG,
sensibiliser et promouvoir l'approche participative ­ MINATE
Associations et populations locales
(DG ATE)
Incertitudes: Impact sur la
Recherche-développement et vulgarisation de techniques
biodiversité, ampleur de la
appropriées ­ MAE
sédimentation, relation entre
Planification centrée sur les dépôts de sédiments dans les
l'érosion et les régions fragiles
vallées, pièges à sédiments ­ MINATE (DG ATE)
recevant les sédiments au niveau du
Définir les normes spécialisées et classer par priorités les
lac
interventions dans les zones identifiées ­ MINATE (DG ATE)
Congo: Pratiques agricoles
Education et sensibilisation ­ MINAGRI/SNV
inappropriées et agriculture extensive
Identification of sensitive érosion zones ­ INERA
Partenaires: Minagri (SNV);
Règlement d'occupation des sols dans ces zones ­ Min. de
Ministère de l'Environ; INERA;
l'Environnement
ONG et populations locales; CRH;
Mettre en oeuvre les démonstrations (techniques anti-érosives,
Autorités locales; AT ; ISDR
agro-zootechnie, intégration agro-forestière) ­ INERA
Incertitudes: Zones Sensibles
Vulgarisation et appui à la capacité d'application des
règlements ­ MINAGRI/SNV
(continue)
Tableau 9 (continue) Actions nationales pour promouvoir l'agriculture durable
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Tanzanie: Erosion venant des terres
Identifier avec les communautés les zones sensibles ­ NLUPC
cultivables (en particulier les pentes

11 Alors qu'il y a généralement une différentiation de rôles pour les tâches agricoles, dans les
communautés vivant sur la côte, la pêche est généralement effectuée par les hommes, alors que
l'agriculture incombe surtout aux femmes. Les interventions doivent prendre compte de ces
différentiations de genre et de richesse et s'adresser à des sections particulières des communautés.
46

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
raides et la culture en bas des pentes)
Délimiter les zones dangereuses et faire la reforestation ­
Partenaires: Min. de l'Agriculture;
NLUPC
Populations; NLUPC; Autorités
Sensibiliser sur les questions critiques ­ Min. Agric
locales; JGI/TACARE
Promouvoir les mesures de conservation du sol ­ Min. Agric
Incertitudes:
Vérifier/réviser les ordonnances ­ Autorités locales
Assister les villages dans la préparation des plans d'occupation
des sols ­ NLUPC
Zambie: Erosion causée par les
Evaluer l'ampleur, l'impact et les risques ­ Affaires
pratiques agricoles (en particulier la
Hydrologiques
culture sur brûlis et la culture sur les
Examiner les pratiques alternatives dont l'irrigation ­
berges des rivières)
Recherche MAFF
Partenaires: Communautés agricoles
Examiner la pertinence des règlements existants ­ Affaires
; Départment des Forêts; Min. de
Hydrologiques
l'Agriculture; Affaires
Promouvoir les pratiques agricoles appropriées ­Services de
Hydrologiques; Chefs locaux; Club
terrain
Chongololo; Autorités locales;
Eglises
Identifier les sites critiques d'érosion et les mesures de
rémédiation ­ Affaires Hydrologiques
Incertitudes: Ampleur du problème
et tendance; Viabilité culturelle et
Surveiller l'application des règlements ­ Affaires
économique des pratiques agricoles
Hydrologiques
alternatives
Surveiller les pratiques actuelles ­ Affaires Hydrologiques
5.6.2 Contrôle de la déforestation
La déforestation caractérise la plus grande partie du bassin. Alors que le déboisement
est un problème général apparenté à l'expansion agricole et à la demande énergétique,
la déforestation constitue en soi un problème distinct là où elle affecte des forêts
(classées ou non) à forte valeur de protection des bassins versants. Dans ces zones, les
empiètements sont considérés comme le principal problème, plutôt que les mauvaises
pratiques agricoles.
Comme résultat du défrichage des boisements pour l'agriculture et les demandes en
bois de chauffage pour l'utilisation ménagère, le fumage des poissons, le séchage du
tabac, le traitement de l'huile de palme et la production de la bière traditionnelle, il y a
un manque de bois de chauffage dans plusieurs villages de la côte.
Le commerce de bois de chauffage et de charbon se produit entre les villages côtiers
eux-mêmes ainsi qu'entre ceux-ci et les villages de l'intérieur, et dans certains cas, il
s'agit d'un commerce translacustre.
La réaction immédiate de plusieurs services forestiers est d'essayer de renforcer le
contrôle des zones classées, mais la gestion des forêts classées s'est détériorée à cause
de la diminution du soutien gouvernemental et souvent face à la pression politique
exercée pour libérer de la terre en vue des installations humaines.
Alors qu'il reste nettement un besoin de forêts aménagées ou gérées, surtout celles qui
sont destinées à protéger les bassins sensibles, l'accent doit être mis sur la réduction
de la pression par la recherche d'alternatives et un accès réglementé, plutôt que sur
l'exclusion.
47

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
La plupart de ces interventions seront apparentées et/ou complémentaires à
l'agriculture et aux interventions visant les alternatives aux modes de vie. Elles
devraient viser l'amélioration des régimes alimentaires et/ou des niveaux de revenus
des ménages agricoles impliqués.
Tableau 10 Actions nationales pour contrer la déforestation
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Déforestation
Inventaire des forêts et évaluation des dégâts ­ MINATE (DG
Partenaires: MINATE, MAE; ONG,
ATE)
Associations et populations locales
Renforcer la base juridique des Aires Protégées ­ MINATE
Incertitudes: Ampleur et distribution
(INECN)
des défrichages; Etat de la ressource
Extension du réseau des Aires Protégées pour couvrir toutes les
forêts naturelles ­ MINATE (INECN)
Délimiter les limites des AP et des forêts naturelles ­ MINATE
(INECN)
Réhabilitation des parties détruites des AP et Education sur
l'environnement forestier
Education sur l'Environnement ­ MINATE (INECN)
Préparer des plans de gestion participative pour les boisements
et les AP et identifier des ressources alternatives ­ MINATE
Promouvoir l'agroforesterie et les boisements privés ­
MINATE (DG ATE)
Compenser les gens expulsés des AP ­ Gouvernement
Renforcer la capacité à superviser et contrôler les AP et les
forêts ainsi que les capacités de l'INECN­ MINATE (INECN
et DG ATE)
Congo: Déforestation
Education et sensibilisation (y compris les autorités) ­ Min. de
Partenaires: Ministère de
l'Environnement
l'Environnement ; ICCN; Autorités
Promotion des boisements privés et de l'agroforesterie
locales ; ONG et populations locales;
(vulgarisation, démonstration) ­ Min. de l'Environnement
Population; Ministère de l'Energie ;
Protection et restauration des forêts publiques le long des
MINAGRI
rivières ­ ICCN
Incertitudes:
Identification des zones forestières à protéger ­ ICCN
Etablir des aires forestières protégées ­ Min. de
l'Environnement
Actualiser la législation ­ Min. de l'Environnement
Renforcer les capacités environnementales des services ­ Min.
de l'Environnement
Création de micro-centrales hydroélectriques en vue de fournir
les énergies de substitution pour protéger le bassin ­ Min. de
l'Environnement
Action vers les fours améliorés, les procédés améliorés pour
fumer les poissons et les énergies alternatives (biogaz, énergie
solaire, etc.) ­ Min. de l'Environnement
(continue)
Tableau 10 (continue) Actions nationales pour contrer la déforestation
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Tanzanie: Déforestation
Identifier l'usurpation critique ainsi que les zones critiques
Partenaires: Autorités Locales/
menacées ­ Dép. des Forêts
48

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Régionales; Populations;
Créer la sensibilisation politique sur les problèmes ­ Gouv
Département des Forêts; NLUPC;
Local
Min. de l'Am du Terr: TACARE;
Négocier avec les populations pour classer les zones sensibles
Min. du Gouv Local.
­ Autorités locales
Incertitudes:
Négocier les moyens de réinstallation à partir des zones
sensibles ­ Autorités locales
Promouvoir la gestion communautaire des forêts ainsi que les
droits d'accès ­ Département des Forêts
Faire appliquer les ordonnances ­ Autorités locales
Zambie: Déforestation
Evaluer l'impact sur la charge des sédiments ­ Affaires
Partenaires: Populations locales;
Hydrologiques
Département des Forêts; Parks;
Négocier les solutions à l'usurpation actuelle ­ MENR
Affaires Hydrologiques; chefs
Réhabiliter les zones sensibles ­ MENR
locaux; Clubs Chongololo;
Permettre l'application des règlements actuels ­ MENR
Politiciens
Sensibiliser sur les questions, en particulier au niveau politique
Incertitudes: Ampleur de l'impact
­ ECZ
sur la charge des sédiments
Promouvoir l'afforestation ­ MENR
Sensibilisation locale ­ MENR
Promouvoir la gestion forestière durable, l'agroforesterie, et
promouvoir les énergies alternatives ­ MENR
5.7 Conservation des habitats
Alors que toutes les actions proposées tombent dans le cadre de protection de la
biodiversité du lac et la promotion de l'utilisation durable des ressources du lac, il y a
quelques actions qui abordent le besoin d'une protection directe, par le truchement de
la conservation des habitats du lac/zones humides.
Il y a deux aspects dans la conservation des habitats: le premier est la protection des
zones de haute biodiversité ou de biodiversité représentative; le deuxième traite de la
protection des principales frayères ou de sites de croissance des jeunes poissons qui
sont capitales pour la productivité des pêches du lac.
La plus haute biodiversité, en termes de nombre d'espèces, est située dans la zone
littorale (jusqu'à 40 m). Cette biodiversité se trouve sur tout le pourtour du lac bien
que de nombreux organismes aient une aire de distribution réduite. Ceci a pour effet
que les assemblages d'espèces changent sur des distances de quelques dizaines de
kilomètres le long de la côte.
Cette zone littorale est la plus menacée par la mauvaise gestion des activités côtières,
surtout par la perte de la végétation terrestre conduisant à un envasement accentué.
Pour le moment, sur la plus grande partie de la côte, cet effet est relativement localisé
autour des villages de pêcheurs et des grandes villes. Il est plus répandu autour du
bassin Nord et le long de la côte Tanzanienne.
49


Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Carte 5 Parcs nationaux et sites de haut intérêt de conservation
Il y a trois parcs nationaux autour du lac, Nsumbu en Zambie, Mahale Mountains et
Gombe Stream en Tanzanie et une réserve naturelle, celle de la Rusizi au Burundi.
Ces "aires protégées"12 officielles ont fourni un centre d'intérêt pour les activités de

12 L'expression "aire protégée" est employée ici pour désigner des parcs et réserves officiellement
désignés, par opposition aux zones qui pourraient etre protégées sous d'autres arrangements.
50

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
conservation autour du lac, et bien que 73% des espèces connues de poissons aient été
trouvées dans les eaux de ces parcs et dans leurs environs, ils ne peuvent pas protéger
toutes les espèces du lac ni tous les habitats importants qui servent de frayères et de
développement de bonne heure des espèces économiques.
Il y a, par conséquent, un besoin d'une approche plus large de protection, allant des
parcs jusqu'aux zones fermées par saisons et limitées, où les activités basées sur la
terre et l'eau sont limitées aux pratiques acceptables définies et convenues avec les
populations de la côte.
5.7.1 Menaces aux ressources des parcs nationaux
Le maintien et l'extension à leurs eaux adjacentes des parcs terrestres existants peut
suffire à protéger un échantillon représentatif de la majorité des habitats littoraux du
lac. Le fait d'associer la zone aquatique avec un parc terrestre existant est la stratégie
la plus efficace car cela minimise les ressources requises pour la gestion des parcs,
réduit les gènes apportés aux riverains du lac, et assure que les habitats aquatiques
sont protégés des activités de développement dans la zone côtière adjacente.
L'augmentation de la pression sur les terres adjacentes aux parcs nationaux et le
manque d'alternatives économiques résulte en conflits entre les parcs et les
communautés voisines. Le problème est aggravé par un déclin des moyens accordés
aux parcs par le gouvernement central à cause des politiques destinées à encourager la
gestion décentralisée.
La gestion des parcs s'adapte maintenant aux changements dans les pressions sociales
et économiques et négocie les droits d'accès ainsi que les mécanismes de
compensation avec les communautés locales.
Les eaux adjacentes aux trois des parcs nationaux terrestres existants (Mahale
Mountains, Gombe Stream, Nsumbu) possèdent des habitats sableux, rocheux et
mixtes sable/roche relativement peu affectés. Les assemblages des espèces associées à
ces habitats sont représentatifs en termes de diversité générale et de structure
d'écosystème, des communautés des habitats similaires vivant ailleurs dans le lac.
Des habitats plus spécialisés tel que les lits de coquilles, les groupes de macrophyte
émergeant et des récifs de stromatolite13 sont également représentés dans les zones
adjacentes aux parcs nationaux de la côte. Les lits de coquilles sont trouvés aussi bien
à Mahale Mountains (partie sud) qu'à Nsumbu (partie Nord-Ouest). Des récifs de
stromatolite sont aussi trouvés dans la partie Nord du Parc National de Mahale
Mountains. Les espèces associées à ces habitats, dont les assemblages uniques de
cichlidés vivant dans les coquilles bénéficient par conséquent d'une mesure de
protection contre les menaces venant de la terre ferme et, dans le cas de Nsumbu et
Mahale Mountains, de la protection aquatique.

13 Macrphyte émergeant: plantes aquatiques ayant leurs racines dans le substratum et leurs pousses
émergeant au-dessus de la surface de l'eau. Récif de stromatolite: roc sous-lacustre de taille moyenne
ou grande, tel que les structures de calcaire formées par l'action de micro-organismes.
51

Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
La Réserve Naturelle de la Rusizi offre une zone adjacente à un important delta de
rivières, qui comporte des groupes de macrophyte émergeant, des substrats boueux
ainsi que des eaux turbides et riches en éléments nutritifs associées aux embouchures
des rivières. Les principales menaces à son actuelle biodiversité proviennent du bassin
entier de la Rusizi, et ne sont pas susceptibles d'être atténuées par la protection d'un
petit secteur du delta, mais cependant, les zones de lits de roseaux offrent un
important site de croissance pour les poissons d'importance commerciale, et servent à
retenir quelques sédiments. Il serait par conséquent souhaitable d'étendre la protection
jusque dans le lac afin de gérer les activités de pêche et de la coupe des roseaux.
Tableau 11 Actions nationales pour supporter la gestion des parcs
Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Empiètement dans la
Compensation pour l'expulsion des zones sensibles­ MINATE
Réserve de la Rusizi
(INECN)
Partenaires: MAE (dont Dép. des
Etendre la réserve dans la zone littorale lacustre; jusau'à 1000
Pêches); MINATE (INECN); Adm.
mètres vers le large à partir de la courbe de niveau d'altitude
Territ; Agriculteurs; ONG;
774 mètres ­ MINATE (INECN)
Associations et communautés locales
Planter une haie vive pour délimiter la réserve du delta ­
Incertitudes:
MINATE (INECN)
Congo: Manque de protection sur la
Etablir une "aire protégée" dams le delta de la Ruzizi
partie congolaise du delta de la
limitrophe de la Réserve Naturelle burundaise ­ ICCN
Ruzizi
:Partenaires: ICCN; CRH; CRSN;
NGOs, populations locales
Incertitudes
Tanzanie: Exploitation des pêches
Sensibiliser sur les questions des parcs ­ TANAPA
dans les parcs
Impliquer les communautés locales ­ TANAPA
Partenaires: TANAPA; Dép. des
Pêches; Communautés locales
Incertitudes: Acceptation par les
populations locales
Zambie: Pression de la communauté
Implication des communautés dans la gestion des parcs­
sur le Parc National de Nsumbu
ZAWA
Partenaires: ZAWA; Opérateurs des
Formation sur la gestion des parcs aquatiques ­ ZAWA
auberges; Populations locales; Pêches
Définir et mrauer la frontière des parcs aquatiques­ ZAWA
Incertitudes: Soutien de la part des
communautés locales
5.7.2 Dégradation des habitats côtiers sensibles
Les propositions suivantes concernent la protection des zones se trouvant en dehors
des systèmes officiels de protection des parcs nationaux ou des réserves. Les zones
considérées incluent les sites de haut intérêt pour la biodiversité, ainsi que les frayères
et les sites de croissance des espèces d'importance économique.
Pour le moment, ces zones ne sont pas protégées, ni de manière formelle ni de
manière informelle, et elles souffrent des mêmes contraintes de gestion que les autres
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Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
zones littorales. Les propositions de gestion devront par conséquent directement tenir
compte des intérêts des populations et s'appuieront sur un processus de négociations
pour atteindre des accords sur l'accès limité et des éventuels mécanismes
d'atténuation ou de compensation.
A long terme, ces négociations pourraient ne pas être différentes de celles exigées
pour la gestion générale de la zone côtière, et pourraient être utilisées pour développer
un cadre applicable à beaucoup d'autres zones et communautés de la côte. Cependant,
cela offre un intérêt clairement défini sur quelques communautés ou quelques sites
pour commencer ce processus de négociations.
Les études antérieures indiquent que le territoire Congolais abrite une très haute
biodiversité aquatique. Trois sites ont été identifiés comme étant des habitats clés
méritant un statut de protection - Pemba, Luhanga et Bangwe. Ces sites sont encore
relativement non-affectés par les activités humaines et possèdent une haute valeur de
biodiversité. Ils sont proches d'Uvira, et comme tel, ils offrent une précieuse zone de
recherche/étude pour le Centre de Recherche en Hydrobiologie. Pour le moment, la
menace majeure à leur biodiversité est la sédimentation causée par la déforestation et
la culture des pentes qui les surplombent.
De plus, les habitats protégés importants pourraient inclure un nombre de sites
rocheux dans la zone de Gitaza au Burundi, les eaux proches du Wildlife Sanctuary de
Kitwe ainsi que le sud de Kigoma en Tanzanie.
Du point de vue des pêches comme de celui de la biodiversité, il est capital qu'un
statut de protection soit accordé aux zones humides côtières, qui ont des frayères ainsi
que des sites de croissance des espèces de poissons économiquement importants. Les
zones importantes incluent, par ;I d'autres, la Rusizi, le delta de la Malagarasi,
l'effluent Lukuga, les embouchures des rivières Lufubu/Chisala ainsi que Chituba
Bay.
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Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Tableau 12 Actions nationales pour lutter contre la dégradation des zones
côtières sensibles

Problème spécifique
Actions proposées et Organismes responsables
Burundi: Dégradation des zones
Cartographier la zone supra littorale ainsi que la zone cultivée
côtières sensibles
Sensibiliser­ MINATE (INECN)
Partenaires: MAE (dont Dép. des
Gestion participative et restauration des ressources naturelles ­
Pêches); MINATE (INECN); Adm.
MINATE (INECN)
Territ.; Agriculteurs ; ONG;
Protéger les zones sensibles comme aires protégées
Associations et populations locales
(Murembwe, Nyengwe, Rwaba) ­ MINATE (INECN)
Incertitudes: Ampleur des activités
Contrôler l'exploitation de la végétation du rivage­ MINATE
côtières et de l'impact sur la
(INECN)
biodiversité
Protéger le littoral rocheux par la planation d'une bande boisée
entre Gitaza et Magara ­ MINATE (INECN)
Congo: Risque de dégradation de la
Etablir une aire protégée: Lukuga ­ ICCN
zone côtière ; manque de protection
Etablir une aire protégée: Ruzizi­ ICCN
des zones spécifiques importantes
Etablir la protection des sites d'intérêt scientifique spécial:
(Rusizi, Lukuga, Luhanga, Pemba,
Luhanga, Pemba, Kalamba, Kiriza, Kazimia, baie de Burton) ­
Kalamba, Kiriza, Kazimia, baie de
ICCN
Burton)
Préparation participative de plans de gestion ­ ICCN
Partenaires: ICCN; CRH; CRSN;
ONG, Populations locales
Suivi hydrologique (Lukuga, Mutambala, Ruzizi)- CRH
Incertitudes
Tanzanie: Dégradation de zones
Négocier l'accès avec les populations ­ Min. de l'Agriculture.
humides
Classer des zones­Min. de l'Agriculture
Partenaires: Communautés; Pêches;
Sensibiliser- Pêches
TAFIRI; Gouvernement local;
Interdire les pratiques de pêche destructives ­ Pêches
Tourisme
Evaluer le stock- TAFIRI
Incertitudes: Impact sur la
biodiversité
Effestuer un suivi hydrologique et limnologique ­ TAFIRI
Taille optimale des aires protégées
Acceptation par la communauté
Zambie: Endommagement des
Evaluer les pratiques de pêche destructives - Fisheries
habitats sensibles Lufuba et Baie de
Interdire les pratiques destructives spécifiques (poison,
Chituba ainsi que l'embouchure de la
explosifs...)- Fisheries
Rivière Chisala
Négocier la désignation des baies de Chituba et de Lufuba
Partenaires: Min. de l'Agriculture;
ainsi que de l'embouchure de la rivière Chisala comme zones
Min. de l'Environnement; Min. du
de conservation - Fisheries
Tourisme; Autorités locales;
Négocier avec les communautés les pratiques de gestion
Communautés; locales Chefs
acceptables ­ Community Dev.
Traditionnels
Développer les procédures pour l'émancipation des
Incertitudes: Ampleur de la
communautés afin d'atténuer l'impact de la désignation des
dégradation et impact sur la
zones ­ Community Dev.
biodiversité
Négocier la désignation de l'embouchure de la Lufuba comme
site Ramsar ­ ECZ
Surveiller les niveaux du stock­ Community Dev.
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Le Premier Programme d'Action Stratégique pour la Gestion Durable du Lac Tanganyika - Juillet 2000
Documents importants du projet
Etudes de référence ­ Résumés Exécutifs
Avis de l'Etude Spécialisée de Biodiversité au Programme d'Action Stratégique
Burundi ­ Conclusions de la Consultation Nationale Préalable à l'ADT: Analyse
Diagnostique Nationale, Examen des Politiques et des Stratégies Nationales pour
l'Environnement.
Congo ­ Conclusions de la Consultation Nationale Préalable à l'ADT: Analyse
Diagnostique Nationale - Examen des Politiques et des Stratégies Nationales
Etude Spécialisée de la Sédimentation et ses Conséquences ­ Résumé des
Conclusions pour le Programme d'Action Stratégique
Tanzanie ­ Conclusions du Processus de Consultation Nationale pour le Programme
d'Action Stratégique Régional
La Convention sur la Gestion Durable du Lac Tanganyika
Le Résumé de l'ESSE et les Recommandations pour le Programme d'Action
Stratégique
L'Etat de la Biodiversité du Lac Tanganyika ­ Une Revue de la Littérature
L'Analyse Diagnostique Transfrontalière
Zambie ­ Conclusions du Processus de Consultation Nationale pour le Programme
d'Action Stratégique Régional
En plus, le rapport RLT suivant est une importante contribution parallèle:
Programme de mise en oeuvre du PCAP du Lac Tanganyika et Profils de la
Composante du Projet. Recherche pour l'Aménagement des Pêches du Lac
Tanganyika RLT 1999

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Liste des institutions nationales impliquées dans le processus de
consultation
Burundi
Ministry of Energy and Minerals
Dép. Génie Rural
Ministry of Justice and Constitutional
Dép. Pêches, Pisciculture, Eau
Affairs
Dép. Transport Lacustre
Ministry of Lands and Human Settlements
MDC
Ministry of Water
ETP Gitega
Ministry of Natural Resources and Tourism
Géologie et Mines
NEMC
IGEBU
NLUPC
INECN
Ornamental Fish Trade Companies
Legal Affairs and Settlement of Disputes
Planning Commission
MINATE
PMO
ODEB
Regional Office
ONAPHA
TAFIRI
Planification urbaine
TANAPA
PNUD
TANESCO
Ressources hydrauliques
Tanzania Railways Corporation
SETEMU
The Jane Goodall Institute
Université du Burundi
University of Dar es Salaam
WCST
DR Congo
Affaires Etrangères
Zambia
CADIC
Central Board of Health
CIC
Department of Energy
CRH Centre de Recherche Hydrobiologique
Department of Fisheries
CRSN
Department of Maritime Services
ICCN
Department of Water Affairs
ISDR
Environmental Council of Zambia (ECZ)
ISP-Gombé
Food and Drugs Laboratory
Min. Environnement
Forestry Department
Project Pêche/Lac Kivu
Lake Tanganyika Biodiversity Project
SENADEP
Ministry of Agriculture, Food and Fisheries
Service National de Reboisement
Ministry of Environment and Natural
Univ. Kinshasa
Resources
Ministry of Health
Tanzania
Motomoto Museum
Attorney General Chamber
Mpulungu District Council
AWF
Mpulungu Harbours Authorities
CARITAS Tanzania
National Institute for Industrial and
Diocese of Western Tanganyika
Scientific Research (NISIR)
District Council
Provincial Planning Unit Northern Province
Division of Environment
University of Zambia
Fisheries Division
Wildlife and Environmental Conservation
Forestry Division
Society of Zambia
JET
World Wide Fund for Nature ­ Zambia
Maji-Ubungo
Education Project (WWF ZEP)
Marine parks and Reserves Unit
Zambia Wildlife Authority (ZAWA)
Ministry of Agriculture
Ministry of Communication and Transport

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