
















E1941
RÉPUBLIQUE DU SENEGAL
Un peuple un but une foi
-----------------
Public Disclosure Authorized
MINISTERE DE L'ENVIRONNEMENT DE LA PROTECTION DE LA NATURE DES
BASSINS DE RETENTION ET DES LACS ARTIFICIELS
-----------------
MINISTERE DE L'ECONOMIE MARITIME, DES TRANSPORTS
MARITIMES, DE LA PECHE ET DE LA PISCICULTURE
------------------
Programme de Gestion Intégrée des Ressources Marines et Côtières
GIRMaC+
Public Disclosure Authorized
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE (EES)
Public Disclosure Authorized
RAPPORT PROVISOIRE
Juin 2008
Public Disclosure Authorized
Mbaye Mbengue FAYE
Dr. Yaham DIOP
Consultant en Evaluation Environnementale et Sociale
Socio-économiste
Tél (221) 832 44 31 549 76 68 Email :
Géographe- Environnementaliste
fayeconseil@orange.sn mbmbfaye@yahoo.fr
Tél : (221) 77 507 11 15 Email : yaxdi2001@yahoo.fr
BP : 12 860 Dakar Colobane
1
Dakar Sénégal
Dakar Sénégal
EES du GIRMaC+ Juin 2008
2
TABLE DES MATIERES
1.
INTRODUCTION ..............................................................................................................................................4
2.
DESCRIPTION DU PROJET ...........................................................................................................................5
2.1
OBJECTIFS DU GIRMAC+............................................................................................................................5
2.2
COMPOSANTES DU PROJET ...........................................................................................................................5
2.3
ANCRAGE INSTITUTIONNEL DE LA PRÉPARATION DU PROJET........................................................................5
3.
DONNEES DE BASE DE LA ZONE DU PROJET.........................................................................................7
3.1
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU SECTEUR DE LA PÊCHE ..................................................................................7
3.2
CONTRAINTES LIÉES À L'EXPLOITATION DES RESSOURCES HALIEUTIQUES .................................................7
3.3
ENVIRONNEMENT PHYSIQUE, BIOLOGIQUE ET SOCIOÉCONOMIQUE DES SITES D'INTERVENTION ..................8
4.
CADRE POLITIQUE ET JURIDIQUE EN MATIERE D'ENVIRONNEMENT .....................................10
4.1
CADRE POLITIQUE......................................................................................................................................10
4.2
LÉGISLATION ENVIRONNEMENTALE EN RAPPORT AVEC LE GIRMAC+ ......................................................10
a.
Législation environnementale nationale ...................................................................................................10
b.
Législation sur la pêche ............................................................................................................................11
c.
Législation environnementale internationale ............................................................................................11
4.3
L'ADMINISTRATION EN CHARGE DE L'ENVIRONNEMENT ...........................................................................11
4.4
L'ADMINISTRATION EN CHARGE DU SECTEUR DE LA PÊCHE.......................................................................12
4.5
POLITIQUES DE SAUVEGARDE DE LA BANQUE MONDIALE ..........................................................................12
5.
IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX DU GIRMAC+.......................................................15
5.1
IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX POSITIFS................................................................................15
5.2
IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX NÉGATIFS..............................................................................18
6.
ANALYSE DES OPTIONS..............................................................................................................................19
7.
LE PLAN DE GESTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE ...........................................................20
7.1
OBJECTIF ET STRATÉGIES ...........................................................................................................................20
7.2
LE PROCESSUS DE SÉLECTION ENVIRONNEMENTALE DES ACTIVITÉS DU GIRMAC+ ..................................22
7.3
RENFORCEMENT DES CAPACITÉS POUR LA GESTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE DU PROJET ............23
a.
Les contraintes dans la gestion environnementale des ressources naturelles...........................................23
b.
Recommandations pour la gestion environnementale du GIRMAC+ .......................................................23
7.4
INDICATEURS DE SUIVI ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX ........................................................................24
7.5
ARRANGEMENTS INSTITUTIONNELS DE MISE EN OEUVRE DE LA GESTION ENVIRONNEMENTALE..................25
7.6
FORMULAIRE DE SÉLECTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE .................................................................26
7.7
CHECK-LIST DES MESURES D'ATTÉNUATION ..............................................................................................27
8.
ESTIMATION GLOBALE DES COUTS DU PGES ....................................................................................28
9.
PROCESSUS DE CONSULTATION DES ACTEURS ................................................................................29
10.
ANNEXES.....................................................................................................................................................33
ANNEXE 1
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES .....................................................................................................33
ANNEXE 2
PERSONNES RENCONTRÉES ET CONSULTÉES .....................................................................................33
ANNEXE 3
TERMES DE RÉFÉRENCE....................................................................................................................34
EES du GIRMaC+ Juin 2008
3
ACRONYMES
AMP
: Aire Marine Protégée
BM
: Banque Mondiale
CLP
: Comité Local des Pêches
CLPA
: Conseil Local de Pêche Artisanale
CNPS
: Collectif National des Pêcheurs Artisanaux du Sénégal
CRODT
: Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye
CSRP
: Commission Sous-Régionale des Pêches
DEFCCS
: Direction des Eaux et forêts, des chasses et de la Conservation des
DEEC
: Direction de l'Environnement et des Etablissements Classés
DPCA
: Direction de la pêche continentale et de l'aquaculture
DPM
: Direction des Pêches Maritimes
DPN
: Direction des Parcs Nationaux
DPSP
: Direction de la Protection et de la Surveillance des Pêches
EE
: Evaluation environnementale
EIES
: Etude d'Impact Environnemental et Social
FENAGIE
: Fédération Nationale des Groupements d'Intérêt Economique - Pêche du Sénégal
GAIPES
: Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche du Sénégal
GIE
: Groupement d'Intérêt Economique
GIRMaC
: Gestion Intégrée des Ressources Marines et Côtières
GREP
: Groupe de Recherche Environnement et Presse
IEC
: Information Education Communication
LPS
: Lettre de Politique Sectorielle
MEPN
: Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature
ONG
: Organisation non Gouvernementale
PGES
: Plan de Gestion Environnementale et Sociale
PNAE
: Plan National d'Action pour l'Environnement
UCP
: Unité de Coordination du projet
UICN
: Union Mondiale pour la Nature
WAAME
: West African Association for Marine Environment
WWF
: World Wilde Fund (Fonds Mondial pour la nature)
ZEE
: Zone d'Exploitation Exclusive
EES du GIRMaC+ Juin 2008
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1. INTRODUCTION
Contexte et justification
Le Gouvernement du Sénégal, avec l'appui de la Banque mondiale, prépare un projet complémentaire de
gestion des ressources halieutiques destiné à être soumis au FEM pour financement dans le cadre du
partenariat stratégique entre la FAO, la Banque Mondiale et le Fonds mondial pour la Nature. Les
objectifs spécifiques de ce projet sont: De promouvoir la gouvernance locale des pêcheries à travers la
cogestion des ressources halieutiques; de contribuer à la réhabilitation des écosystèmes des ressources
côtiers essentiels pour les pêcheries côtières; de promouvoir des activités de reconversion et des mesures
d'accompagnement sociales.
Objectif de l'Evaluation Environnementale et Sociale
Le projet complémentaire de gestion des ressources halieutiques (GIRMaC+), en raison de la nature de ses
activités, est assujetti à une évaluation environnementale et sociale (EES) avant que le document de projet
ne puisse être finalisé. Cette évaluation environnementale devra comprendre la préparation d'une étude
d'impact sur l'environnement et sur les communautés de pêche (EIES) et d'un plan de gestion
environnemental (PGE), ainsi qu'un Cadre de Processus qui fera l'objet d'un document à part.
Le financement des activités du GIMRaC+ peut avoir des incidences environnementales ou sociales, soit
individuellement, soit de manière cumulative, dans la zone du projet. Pour prendre en compte ces aspects,
l'évaluation environnementale et sociale inclura un cadre de cadre de gestion environnementale et sociale
adapté aux sous projets pour permettre d'identifier les mécanismes et procédures d'identification et de
gestion de ces incidences.
Méthodologie
Notre approche méthodologique a été basée sur le concept d'une approche systémique, en concertation
avec l'ensemble des acteurs et partenaires concernés par le GIMRaC+, notamment les services du
Ministère de l'Économie Maritime, des Transports Maritimes, de la Pêche et de la Pisciculture, le
Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature, des Bassins de Rétention et des Lacs
Artificiels, les collectivités locales et les organisations locales de pêches dans certaines zones ciblées par
le projet.
L'étude a privilégié une démarche participative qui a permis d'intégrer au fur et à mesure les avis et
arguments des différents acteurs. Notre plan de travail a été articulé autour de quatre axes d'intervention
majeurs :
· Analyse documentaire et capitalisation des études déjà réalisées dans le cadre du GIRMaC:
(documents du projet et d'autres documents stratégiques et de planification).
· Rencontres avec les acteurs institutionnels principalement concernés par le projet, au niveau
national et dans certains sites pilotes;
· Consultations et visites de quelques sites sur le terrain : Les consultations et visites de terrain ont
été essentielles pour étayer les informations qui sont issues de l'analyse bibliographique, recueillir
des données complémentaires et surtout, discuter des enjeux environnementaux et sociaux des
activités du projet.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
5
2. DESCRIPTION DU PROJET
Objectifs du GIRMAC+
Les objectifs spécifiques de ce projet sont: De promouvoir la gouvernance locale des pêcheries à travers la
cogestion des ressources halieutiques; de contribuer à la réhabilitation des écosystèmes des ressources
côtiers essentiels pour les pêcheries côtières; de promouvoir des activités de reconversion et des mesures
d'accompagnement sociales.
Composantes du projet
Le GIRMaC+ vise la consolidation et l'extension des acquis du GIRMaC en ce qui concerne la cogestion
et le financement d'activités additionnelles pour la restauration des ressources halieutiques dans les
pêcheries côtières, en accord avec la Lettre de Politique Sectorielle (LPS). Dans sa conception actuelle, le
projet comprendra trois (3) composantes interdépendantes visant à promouvoir et à faciliter la conception
d'une stratégie de cogestion intégrée et participative conciliant d'une part les initiatives locales de gestion,
les plans locaux d'aménagement et de gestion des pêcheries, et d'autre part les mesures de conservation
des écosystèmes côtiers à travers un réseau d'aires marines protégées et un programme d'immersion de
récifs artificiels :
·
Composante 1 : Cogestion des pêcheries côtières
-
Sous-Composante 1.1 : Renforcement et extension de la cogestion locale des pêcheries
-
Sous-Composante 1.2 : Système de gouvernance locale des pêcheries cohérent et
renforcé institutionnellement
-
Sous-Composante 1.3 : Instauration de concessions de droits d'accès pour les pêcheries
cibles
·
Composante 2 : Réhabilitation des écosystèmes essentiels pour les pêcheries côtières
-
Sous-Composante 2.1 : Aires Marines Protégées (AMPs)
-
Sous-Composante 2.2 : Récifs Artificiels
-
Sous-Composante 2.3 : Amélioration des pratiques et des technologies dans la pêche
industrielle crevettière côtière pour la protection de l'écosystème
-
Sous-Composante 2.4 : Incitation par le marché à la gestion durable et éco-systémique
dans des pêcheries cogérées
·
Composante 3 : Reconversion et mesures d'accompagnement sociales
-
Sous-Composante 3.1 : Activités d'appui communautaires ciblées par le projet
-
Sous-Composante 3.2 : Appui technique pour la reconversion
-
Sous-Composante 3.3 : Suivi et évaluation du fond de reconversion
Ancrage institutionnel de la préparation du projet
La préparation des activités du projet est confiée à une équipe de projet placée sous la responsabilité de la
Direction des Pêches maritimes (DPM) et bénéficiant de l'assistance technique et fiduciaire de l'Unité de
Coordination du programme GIRMaC+ qui est chargée de la gestion financière du PDF B et de la
passation des marchés.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
6
L'équipe de préparation du projet est logée à la Direction des Pêches Maritimes. Elle est appuyée par des
points focaux et des personnes ressources comprenant des experts de l'UCP GIRMaC+, du CRODT, des
organisations professionnelles et des ONG partenaires.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
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3. DONNEES DE BASE DE LA ZONE DU PROJET
Présentation générale du secteur de la pêche
L'écosystème marin sénégalais : On distingue trois zones dans l'écosystème marin: La Grande Côte
(entre Dakar et Saint Louis) ; La Petite Côte (entre la frontière nord gambienne et Dakar) ; Les fonds de la
Casamance. Les ressources halieutiques, qui constituent la principale source d'abondance des milieux
marins et côtiers sénégalais, comprennent deux grands groupes qui se différencient tant par leurs
caractéristiques biologiques qu'écologiques : (i) Les ressources démersales côtières et profondes; (ii) Les
ressources pélagiques côtières et hauturières, caractéristiques des masses d'eaux côtières et profondes
respectivement.
Les écosystèmes estuariens : Ces écosystèmes particuliers sont des pièges de substances nutritives
d'autant plus efficaces qu'ils sont associés à la mangrove, ou aux herbiers, ou au récifs coralliens. Ils sont
envahis, en permanence ou saisonnièrement, par d'importantes populations d'espèces animales ou
végétales spécifiques, d'origine marine ou fluviale, mais adaptées à ces milieux (crevettes, machoirons,
mulets, brochets, tilapies, soles, capitaines...). Plusieurs espèces fauniques donnent lieu à une exploitation
intensive (coquillages, huîtres et surtout crustacés, comme dans le Delta du Saloum, en Casamance, dans
l'estuaire du Sénégal...) et trouvent dans ces écosystèmes particuliers des conditions propices à leur
développement pendant une phase de leurs cycles biologiques ; en effet, les zones côtières et estuariennes
constituent des aires particulièrement riches et propices au développement des post-larves et juvéniles de
certaines espèces marines (crevettes) ; elles constituent également des frayères pour d'autres espèces
marines. Ces interfaces à forte biodiversité aquatique sont aujourd'hui fortement menacées, tant en zone
côtière qu'en mer, par les actions anthropiques
L'environnement socioculturel et économique de la pêche : L'histoire des pêcheries artisanales
sénégalaises est marquée par l'existence de grandes communautés ayant une tradition séculaire de pêche
localisées à Guet Ndar, Kayar, Fass Boye, Yoff, Soumbédioune, Thiaroye Sur Mer, Yenne, Mbour, Joal,
Iles du Saloum et Ziguinchor. Ces communautés de pêcheurs sont les « Lébous », les « Guet Ndariens » et
les « Niominka ». Elles sont originellement basés respectivement au Cap Vert (Pôle Centre), à Saint Louis
(pôle Nord) et au Saloum (pôle Sud). Dans les eaux intérieures, les « Thioubalou » constituent la
principale communauté historiquement tournée vers la pêche continentale. La pêche maritime génère près
de 600 000 emplois directs et indirects, pour des mises à terre de l'ordre de 415 000 tonnes en 2000. La
pêche artisanale y est très importante, avec environ 11 000 pirogues et plus de 52 000 pêcheurs ; elle
représente plus de 70% des captures totales réalisées dans les eaux sous juridiction sénégalaise. La pêche
continentale génère près de 50 000 emplois, pour des débarquements de l'ordre de 55 000 tonnes en 2000
dont plus de 30 000 tonnes dans le fleuve Sénégal. Plusieurs autres acteurs mènent en zone côtière des
activités économiques directement basées sur les ressources halieutiques exploitées : mareyeurs ; femmes
transformatrices ; transporteurs ; charpentiers ; motoristes ; etc.
Contraintes liées à l'exploitation des ressources halieutiques
Les contraintes liées à l'exploitation des ressources halieutiques et de ses impacts sur l'environnement
marin :
· Fortes capacités de prélèvement entraînant ;
· Existence d'un régime d'accès insuffisamment contrôlé de la pêche artisanale ;
· Accroissement des conflits entre les différents types de pêche ;
· Dégradation continue des habitats marins et des zones côtières ;
EES du GIRMaC+ Juin 2008
8
Les contraintes liées au système de gestion actuel des ressources halieutiques :
· Faiblesse du système de gestion des pêches et absence d'un système d'aménagement basé ;
· Faibles capacités de la recherche;
· Manque de politique cohérente de surveillance des pêches;
Les contraintes liées à l'exercice de la pêche artisanale et de ses activités connexes :
· Inadaptation et insuffisance des infrastructures de base ;
· Faiblesse de la politique de gestion des infrastructures ;
· Mauvaise hygiène des sites de transformation des produits ;
· Importance des pertes après capture;
· Absence de mise aux normes des pirogues et moyens de transport ;
· Insuffisance de formation et faiblesse organisationnelle des acteurs ;
· Inexistence de réglementations et contrôles des métiers connexes à la pêche artisanale ;
· Propension faible à l'application de mesures de sécurité ;
Environnement physique, biologique et socioéconomique des sites d'intervention
La Presqu'île du Cap Vert (la région de Dakar et la Petite Côte)
Dans la région de Dakar on y rencontre divers types d'habitats allant de fonds sableux et sableux
coquillier à des roches continues en passant par des affleurements rocheux dispersés. La Casamance
présente des caractéristiques sédimentologiques dominées par des fonds meubles allant du sable à la
vase.Au niveau de Dakar, la faune est essentiellement marine. Les espèces qui s'y trouvent. Au niveau de
la petite côte, on rencontre toute une variété de ressources biologiques (poissons, mangrove, poule de
rochers, oiseaux migrateurs, tortues, etc. La zone est marquée par une grande diversité biologique
caractéristique du peuplement intermédiaire à très forte valeur économique : sparidés (dorades, sars),
mullidés (rouget), sepiidés (seiches), serranidés (mérous, badèches), octopodidés (poulpes), loliginidés
(calmars), congres et murènes, etc. La faune aquatique y est exposée à des menaces. La surexploitation
des ressources ; les mauvaises techniques de pêche, les pollutions d'origine industrielle, etc. Dans la
région de Dakar (villages traditionnels de Lébous de Ouakam, Ngor, Yoff, Soumbédioune, Hann et
Rufisque) comme dans la petite côte, les communautés de pêcheurs sont composées d'autochtones, mais
aussi et surtout d'allochtones en provenance de Saint Louis ou de Kayar. Ces derniers se retrouvent
surtout dans la petite côte, à Mbour, à Joal et à Djiffère. Dans cette dernière localité, la population
d'étrangers dépasse de très loin celle autochtone.
Le Delta du Saloum au Sud
Le delta du Saloum couvre trois principaux milieux écologiques : un domaine continental riche en forêts
et limité dans sa partie basse par la mangrove et les tannes ; un domaine amphibie composé de trois grands
groupes d'îles (Gandoul, Bétenti et Fathala) bordés par un réseau dense de chenaux entourés de
mangrove ; et un domaine maritime renfermant une série d'îlots, de bancs de sables et d'importants
herbiers.
Le domaine amphibie des bolons et des vasières à mangrove est le principal milieu de reproduction, de
nourrissage et de repos des espèces halieutiques et des oiseaux d'eau. L'île aux oiseaux dans la partie
maritime est la principale zone de reproduction des oiseaux. C'est également le domaine maritime de
nourrissage de tortues marines, de crevettes et de convergence de plusieurs espèces halieutiques.
La population de la zone du Saloum est composée essentiellement de deux groupes ethniques : les sérères
Niominka et les Socé. Les populations des îles pratiquent une pêche commerciale de subsistance. Les
femmes s'adonnent à la collecte d'arches et d'huîtres pendant les marées basses, mais surtout à la
transformation artisanale des produits halieutiques.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
9
EES du GIRMaC+ Juin 2008
4. CADRE POLITIQUE ET JURIDIQUE EN MATIERE
D'ENVIRONNEMENT
Les secteurs concernés par ce programme sont l'environnement et les ressources naturelles et la pêche. Ils
sont gérés par (i) le Ministère de l'Économie Maritime, des Transports Maritimes, de la Pêche et de la
Pisciculture et ii) le Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature, des Bassins de Rétention
et des Lacs Artificiels. C'est ainsi que l'organisation administrative, les politiques et règlements en
vigueur dans ces deux ministères sont passés en revue. D'autre part, le Sénégal a souscrit à plusieurs
conventions internationales dont certaines concernent des problématiques considérées par le programme
GIRMaC+. Enfin, le programme bénéficiant du soutien financier de la Banque Mondiale (BM), les règles
prescrites par cette institution en matière d'environnement, dans les projets auxquels elle participe sont
également considérées dans ce cadrage.
Cadre Politique
Le cadre politique environnementale, sociale et de pêche est déclinée à travers plusieurs documents
d'orientations stratégiques et/ou d'actions dont les plus pertinentes pour le GIRMaC sont :
Politique environnementale et sociales
· Le Plan National d'Action pour l'Environnement (PNAE)
· La Lettre de politique de développement sectoriel de l'environnement
· La Stratégie et le Plan National d'actions pour la conservation de la Biodiversité
· Le Document de Stratégie de la Réduction de la Pauvreté (DSRP)
Politique sectorielle de pêche
· La Lettre de Politique Sectorielle priorise la gestion durable des ressources halieutiques et leur
restauration grâce à la cogestion et la réhabilitation des écosystèmes essentiels pour les pêcheries.
· La « Stratégie de Développement Durable de la Pêche et de l'Aquaculture et le Plan d'Action à
Moyen Terme (2001 2007) »
Législation environnementale en rapport avec le GIRMaC+
a. Législation environnementale nationale
Le cadre juridique national en rapport avec le projet GIRMaC+est marqué par les textes
environnementaux suivants :
· La Constitution adoptée le 22 janvier 2001 qui consacre en son article 8, le droit de tout individu
à un environnement sain.
· La loi n° 2001-01 du 15 janvier 2001 portant Code de l'environnement,
· Le décret n° 2001-282 du 12 avril 2001 portant application de la loi n° 2001-01 du 15/12001
· Les arrêtés d'application (TdR des EIE ; format de l'EIE ; Participation du Public ;
Fonctionnement du Comité Technique d'évaluation des EIE ; Agrément des Cabinets) ;
· La loi N° 81-13 du 4 Mars 1981 portant Code de l'Eau (régime d'utilisation des ressources en
eau, la protection qualitative des eaux ; etc.) ;
· La loi n° 96-07 du 22 mars 1996 complétant le Code des collectivités locales, qui a procédé au
transfert de compétences, notamment l'environnement et la gestion des ressources naturelles.
11
· La norme sénégalaise NS 05-061 de juillet 2001 qui spécifie les valeurs limites de rejet des eaux
résiduelle et de lixiviation dans les milieux récepteurs tels que les eaux de surface, souterraines
ou marines.
b. Législation sur la pêche
· La Loi n° 98-32 du 14 avril 1998 portant Code de la pêche maritime
· Le Code de la Marine Marchande
c. Législation
environnementale
internationale
Dans un cadre plus global, le Sénégal a adhéré aux conventions internationales suivantes :
·
La Convention de Rio sur la diversité biologique, ratifiée en juin 1994 ;
·
La Convention d'Alger sur la Conservation de la nature et de ses ressources ;
·
La Convention de Paris sur la protection du patrimoine mondial ;
·
La Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvage menacées d'extinction ;
·
La Convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices ;
·
La Convention d'Abidjan relative à la coopération en matière de protection et de mise en valeur du
milieu des zones côtières ainsi que son protocole relatif à la coopération pour lutter contre la
pollution en cas de situation critique, entrée en vigueur en 1984.
·
La Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer ;
·
La Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique ;
·
Le Code de Conduite pour une pêche responsable de la FAO ;
·
La Convention portant création de la Commission Sous Régionale des Pêches.
L'administration en charge de l'environnement
Le Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature comprend des directions dont trois
sont importantes pour la mise en oeuvre de la politique environnementale du Sénégal : la Direction des
parcs nationaux (DPN), la Direction de l'environnement et des établissements classés (DEEC) et la
Direction des Eaux et forêts, des chasses et de la Conservation des (DEFCCS). La DPNS et la DEFCCS
sont chargées de la gestion des aires protégées.
Dans la conduite et le suivi des procédures des EIE, le MEPN s'appuie sur la Direction de
l'Environnement et des Etablissements Classés (DEEC) et le Comité Technique. La DEEC constitue
l'organe direct de mise en oeuvre de la politique environnementale. La DEEC dispose aussi de services
déconcentrés au niveau régional pour assurer un suivi de proximité des questions environnementales. Le
Comité technique, est institué par arrêté ministériel n°009469 du 28 Novembre 2001 et appuie le MEPN
dans la validation des rapports d'étude d'impact. Son secrétariat est assuré par la DEEC. La procédure
d'EIE met un accent particulier sur la tenue d'une audience publique en vue d'une validation populaire
de l'étude d'impact.
Les collectivités locales.
La protection de l'environnement implique aussi d'autres structures
ministérielles : au niveau des collectivités locales, la loi n° 96-07 du 22 mars 1996 complétant le Code
des collectivités locales, a procédé au transfert de compétences dans neuf domaines dont celui de
l'environnement et de la gestion des ressources naturelles.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
12
L'administration en charge du secteur de la pêche
Au niveau du Ministère de l'Economie Maritime, les structures nationales concernées sont :
· La Direction des Pêches Maritimes (DPM)
· La Direction de la pêche continentale et de l'aquaculture (DPCA)
· La Direction de la Protection et de la Surveillance des Pêches (DPSP)
· Le Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT)
Les ONG nationals et internationales
· World Wildelife Foundation (WWF)
· L'Oceanium
· WAAME (West African Association for Marine Environment)
· L'UICN
Les organisations professionnelles de la pêche
· Le Collectif National des Pêcheurs du Sénégal (CNPS)
· La Fédération Nationale des Groupements d'Intérêt Economique de Pêcheurs
(FENAGIE/PÊCHE)
· La Fédération Nationale des Mareyeurs du Sénégal (FENAMS)
· L'Union Nationale des GIE de Mareyeurs du Sénégal (UNAGIEMS)
· La Fédération Nationale des Femmes Transformatrices des Produits halieutiques et Micro-
Mareyeuses du Sénégal (FENATRAMS)
· Le Conseil National Interprofessionnel de la Pêche Artisanale au Sénégal (CONIPAS)
· La Fédération Nationale des « 3 P » (Pêcheurs, Paysans, Pasteurs)
· Le Syndicat Unique et Démocratique des Mareyeurs du Sénégal (SUDEMS)
Politiques de Sauvegarde de la Banque mondiale
Les activités prévues dans le cadre du GIRMAC+ sont financées par la Banque Mondiale et en
conséquence soumises aux Politiques de Sauvegarde de la Banque. Les Politiques de Sauvegarde
concernent à la fois la gestion des ressources naturelles et des considérations sociales. Elles ont été
élaborées pour protéger l'environnement et les populations des effets négatifs des projets de
développement. La catégorie d'EE assignée au GIRMAC+ est la catégorie B. A l'analyse (voir tableau
ci-dessous), il apparaît que seules trois (3) Politiques de Sauvegarde sont applicable au GIRMAC+ :
· PO 4.01
Évaluation Environnementale (EE)
· PO 4.04
Habitats naturels
· PO/PB 4.12 Réinstallation involontaire des populations
Le tableau ci-dessous résumé l'analyse des politiques de sauvegarde et leur applicabilité au programme
GIRMaC+.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
13
Tableau 1
Résumé des politiques de sauvegardes et applicabilité au GIRMAC+
Politique
Objectif de la Politique
Brève description et réponse du GIRMAC+
OP 4.01
L'objectif de cette politique est de faire en sorte que les projets
Selon le projet et la nature des impacts, une gamme
Evaluation
financés par la Banque soient solides et durables au point de vue d'instruments peut être utilisée : EIE, audit
environnementa
environnemental, et que la prise de décisions soit améliorée à
environnemental, évaluations des dangers ou des
le
travers une analyse appropriée des actions et de leurs impacts
risques et plan de gestion environnemental (PGE).
environnementaux probables. Cette politique est déclenchée si
Lorsque le projet est susceptible d'avoir des risques
un projet est susceptible d'avoir des risques et impacts
sectoriels ou régionaux, l'EIE au niveau du secteur
environnementaux (négatifs) sur sa zone d'influence. L'OP 4.01 ou de la région est requise. L'EIE est du ressort de
couvre les impacts sur l'environnement nature (air, eau et
l'Emprunteur.
terre) ; la santé humaine et la sécurité ; les ressources culturelles
Dans le cadre du GIRMAC+, l'Emprunteur a préparé
physiques ; ainsi que les problèmes transfrontaliers et
une EES et un PGES; ce dernier permettra aux
environnementaux mondiaux.
exécutants d'évaluer les impacts des futures activités
au besoin pour des sous-projets
OP 4.04
Cette politique reconnaît que la conservation des habitats
Cette politique est déclenchée par n'importe quel
Habitats
naturels est essentielle pour sauvegarder leur biodiversité
projet (y compris tout sous-projet sous
naturels
unique et pour maintenir les services et les produits
investissement sectoriel ou intermédiaire de
environnementaux pour la société humaine et pour le
financement) ayant un potentiel de provoquer une
développement durable à long terme. La Banque, par
importante conversion (perte) ou dégradation
conséquent, appui la protection, la gestion et la restauration des
d'habitats naturels, soit directement (par la
habitats naturels dans son financement du projet, ainsi que le
construction) soit indirectement (par les activités
dialogue sur la politique, le travail économique et le travail
humaines déclenchées par le projet).
sectoriel. Les habitats naturels comprennent beaucoup de types
Cette politique est applicable au GIRMAC+ car il
d'écosystèmes terrestres, d'eaux douces, côtières et marines. Ils
s'agit d'un projet orienté sur la conservation intégrale
incluent les zones ayant été légèrement modifiées par les
des habitats naturels. Toutefois, les sous projets
activités humaines mais gardant leurs fonctions écologiques et
susceptibles d'impacter ces habitats ne seront pas
la plupart des espèces traditionnelles.
financées
OP 4.36 Forêts
L'objectif de cette politique est d'aider les emprunteurs à Cette politique est déclenchée chaque fois qu'un
exploiter le potentiel des forêts en vue de réduire la pauvreté projet d'investissement financé par la Banque : (i) a
d'une façon durable, intégrée efficacement les forêts dans le la potentialité de causer des impacts sur la santé et la
développement économique durable et protéger les services qualité des forêts ou les droits et le bien-être des
environnementaux vitaux locaux et mondiaux et les valeurs des gens et leur niveau de dépendance sur l'interaction
forêts. Là où la restauration des forêts et la plantation sont avec les forêts; ou (ii) vise à apporter des
nécessaires pour remplir ces objectifs, la Banque aide les changements dans la gestion ou l'utilisation des
emprunteurs dans les activités de restauration des forêts en vue forêts naturelles ou des plantations.
de maintenir ou de renforcer la biodiversité et la fonctionnalité
des écosystèmes. La Banque aide les emprunteurs dans la Le GIRMAC+ ne prévoit pas d'activités qui
création de plantations forestières qui soient appropriées au affecteront négativement la qualité des forêts
point de vue environnemental, bénéfiques socialement et
viables économiquement en vue d'aider à satisfaire aux
demandes croissantes en forêts et services.
OP 4.09 Lutte
L'objectif de ce projet est de : (i) promouvoir l'utilisation du
La politique est déclenchée si : (i) l'acquisition de
antiparasitaire
contrôle biologique ou environnemental et réduire la
pesticides ou l'équipement d'application des
dépendance sur les pesticides chimiques d'origine
pesticides est envisagée (soit directement à travers le
synthétique ;et (ii) renforcer les capacités réglementaires et
projet, soit indirectement à travers l'allocation de
institutionnelles pour promouvoir et appuyer une lutte
prêts, le cofinancement, ou le financement de
antiparasitaire sans danger, efficace et viable au point de vue
contrepartie gouvernementale); (ii) le projet appui un
environnemental.
activité nécessitant l'utilisation de pesticides pouvant
créer des effets négatifs sur le milieu.
Dans le cadre du GIRMAC+, les microprojets à
financer ne concernent pas l'achat des pesticides
OP 4.11
L'objectif de la politique est d'aider les pays à éviter ou
Sous le GIRMAC+, les activités de construction et
Patrimoine
minimiser les impacts négatifs des impacts des projets de
de réhabilitation qui pourraient avoir des impacts
culturelle
développement sur les ressources culturelles physiques. Aux
négatifs sur la propriété culturelle seront évitées. En
fins de cette politique, le terme "ressources culturelles
cas de découverte de vestiges, la procédure nationale
EES du GIRMaC+ Juin 2008
14
physiques" signifie les objets meubles ou immeubles, les sites,
sera appliquée.
les structures, les groupes de structures, les aspects naturels et
les paysages qui ont une importance au point de vue
archéologique, paléontologique, historique, architectural,
religieuse, etc.
OP 4.10 Peuples
L'objectif de cette politique est de : (i) faire en sorte que le La politique est déclenchée lorsque le projet affecte
indigènes
processus de développement encourage le plein respect de la les peuples indigènes (avec les caractéristiques
dignité, des droits de l'homme et de la spécificité culturelle des décrites dans l'OP 4.10 dans la zone couverte par le
peuples indigènes ; (ii) faire en sorte que ceux-ci ne souffrent projet.
pas des effets préjudiciables au cours du processus de
développement ; et (iii) faire en sorte que les peuples indigènes Il n'existe pas au Sénégal de peuples indigènes au
reçoivent des bénéfices sociaux et économiques compatibles sens de la politique OP 4.10. Aussi le GIRMAC+
avec leur culture.
n'est pas concernée par cette politique.
OP 4.12
L'objectif de cette politique est de : (i) éviter ou minimiser la
Cette politique couvre non seulement la
Réinstallation
réinstallation involontaire là où c'est faisable, explorant toutes
réinstallation physique, mais aussi la perte des terres
involontaire
les alternatives viables de conceptions du projet; (ii) aider les
ou d'autres biens ayant pour résultat la : (i)
personnes déplacées à améliorer leurs anciennes normes de vie,
réinstallation ou perte d'abri; (ii) perte de biens ou
leur capacité de génération de revenus ou au moins leur
d'accès aux biens; (iii) perte de sources de revenus
restauration ; (iii) encourager la production communautaire dans ou de moyens d'existence, si oui ou non les
la planification et la mise en oeuvre de la réinstallation ; et (iv)
personnes affectées doivent se déplacer vers un autre
fournir l'assistance aux personnes affectées peut importe la
emplacement. Les activités du GIRMAC+ 2
légalité ou le régime foncier.
pourraient nécessiter une réinstallation involontaire.
A cet effet , un Cadre de Politique de Réinstallation
(CPR) a été préparé en document séparé et les
dispositions prévues seront suivies en cas de
nécessité.
OP 4.37
Les objectifs de cette politique sont établis ainsi : pour les
La politique est déclenchée lorsque la Banque
Sécurité des
nouveaux barrages, faire en sorte que la conception et la
finance: (i) un projet impliquant la construction d'un
barrages
supervision soit faite par des professionnels expérimentés et
grand barrage (15 m de hauteur ou plus) ou barrage à
compétents ; pour les barrages existants, faire en sorte que tout
haut danger; et (ii) un projet dépendant d'un autre
barrage pouvant influencer la performance du projet soit
barrage existant.
identifié, qu'une évaluation de la sécurité du barrage soit
effectuée, et que les mesures de sécurité supplémentaires
Sous le GIRMAC+, il n'est pas prévu de
nécessaires et le travail de correction soient mis en oeuvre.
construction ou la réhabilitation de barrages.
OP 7.50
L'objectif de cette politique est de faire en sorte que les projets
Cette politique est déclenchée si (...) une rivière, ou
Projets relatifs
financés par la Banque affectant les cours d'eaux internationaux
autre cours d'eau faisant frontière entre deux Etats se
aux voies d'eau
ne puissent pas affecter : (i) les relations entre la Banque et ses
déverse dans un ou deux Etats (...)
internationales
emprunteurs et entre Etats ; et (ii) les cours d'eaux
Sous le GIRMAC+, il n'est pas prévu d'activités
internationaux soient utilisés et protégés de façon efficace.
spécifiques sur les cours. Toutefois, le GIRMAC+
informera les agences de bassins (OMVS et OMVG)
pour obtenir leur agrément en cas de réalisation de
microprojets pouvant nécessiter l'utilisation des eaux
internationales (fleuves Sénégal et Gambie)
OP 7.60 Projets
L'objectif de cette politique est de faire en sorte que les Cette politique sera déclenchée si le projet proposé
dans les zones
problèmes des projets dans les zones litigieuses soient traités le se trouve dans une « zone litigieuse ».
litigieuses
plus tôt possible pour que : (a) les relations entre la Banque et
les pays membres n'en soient pas affectées; (b) les relations Dans le cadre du GIRMAC+, les activités n'auront
entre l'emprunteur et les pays voisins n'en soient pas affectées ; pas lieu dans des zones litigieuses.
et (c) ni la Banque ni les pays concernés ne subissent aucun
préjudice du fait de cette situation.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
15
5. IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX DU
GIRMAC+
Impacts environnementaux et sociaux positifs
Pour l'essentiel, toutes les 3 composantes (Cogestion des pêcheries côtières ; Réhabilitation des
écosystèmes essentiels pour les pêcheries côtières ; Reconversion et mesures d'accompagnement
sociales) ont des impacts très positifs sur l'environnement marin et côtiers.
Renforcement et extension de la cogestion locale des pêcheries : L'amélioration de la biodiversité
marine est un résultat attendu important de la mise en oeuvre d'un système de cogestion locale rapprochée
et participative. Chaque site sera doté d'un plan d'aménagement et de gestion qui aura la capacité de
générer les impacts positifs suivants : Reconstitution des habitats ; Reconstitution des dynamiques
naturelles des populations ; Reconstitution des stocks halieutiques ; Amélioration de la surveillance et de
la gestion permettant une régénération des ressources ; Meilleur accès aux ressources des populations
locales ; Amélioration des conditions de vie et recul de la pauvreté ; Diversification des possibilités
d'emploi
Promotion d'un développement local durable : Un autre impact social positif du GIRMAC+ est qu'il
constitue un moyen de promotion d'un développement local durable et qu'il permet, du point de vue
politique, aux communautés de base de participer à la formulation des politiques et stratégies nationales
relevant de la gestion des ressources naturelles de leur terroir. Le processus de planification et de la
gestion participative financière de la conservation de la diversité biologique, de l'exploitation durable des
ressources halieutiques permet aux générations actuelles de prendre en compte des préoccupations des
générations futures, notamment en matière de développement durable de la zone littorale.
Genre et équité : A travers la responsabilisation des communautés locales dans la co-gestion des
ressources de leurs terroirs, le GIRMAC+ va favoriser la prise en compte du genre et du processus
d'intégration des notions d'équité dans l'exécution des activités. Les femmes, qui constituent des leviers
essentiels dans l'organisation et l'animation dans la zone du projet, participeront activement aux activités
dont elles seront des bénéficiaires privilégiés (accroissement de revenus, maîtrise de technologies,
encadrement).
Instauration de concessions de droits d'accès pour les pêcheries cibles : La mise en place des
concessions de droits d'accès répond à une situation de surexploitation des pêcheries et à la faiblesse
générale de l'aménagement et de la gestion des pêches. C'est une mesure environnementale dont les
répercussions majeures sont positives. La mise en place d'un système de concessions de droits d'usage
territoriaux s'accompagnera très certainement des plans d'aménagement et de gestion qui induiront les
mêmes impacts positifs que ceux générés par la création des AMP. En plus, ces systèmes de concession
permettront d'améliorer la surveillance et la gestion permettant une régénération des ressources. En effet,
les concessions seront gérés partir d'un plan d'aménagement et de gestion qui responsabilise les
Communautés et organes de gestions au niveau local. Ces organes seraient établis sur la base de la co-
gestion entre les usagers, les collectivités et les structures nationales chargées de la gestion et de la
surveillance des ressources halieutiques. Les systèmes de concessions sont une mesure destinée à
accroître l'accès et le contrôle des ressources par les populations elles-mêmes. Les effets positifs attendus
sur l'économie locale sur la situation de pauvreté et sur les systèmes de production tiennent aux aspects
suivants : Meilleur accès aux ressources des populations locales ; Amélioration des conditions de vie et
recul de la pauvreté ; Diversification des possibilités d'emploi ; Amélioration des revenus et viabilisation
de la pêche artisanale ; Incidence indirecte positive sur la lutte contre la pauvreté.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
16
Aires Marines Protégées (AMP) : L'élaboration de plan d'aménagement et de gestion pour chaque AMP
permettra de générer les impacts positifs suivants : (i) Reconstitution des habitats grâce à l'utilisation
probable de méthodes de pêche non destructives des environnements marins, surtout des fonds rocheux
ou des récifs coralliens; (ii) Reconstitution des dynamiques naturelles de la biodiversité marine ; (iii)
Reconstitution des stocks halieutiques due à l'amélioration des habitats, l'utilisation de méthodes de
pêche responsable et l'instauration de droits d'entrée ou de permis de pêche basés sur une connaissance
du stock halieutiques et la capacité de pêche annuelle que les pêcheries peuvent supporter ; (iv) Protection
des mangroves et des zones de reproduction des poissons et crevettes et augmentation du potentiel de la
pêche artisanale ; (v) Augmentation des revenus des communautés riveraines du parc par l'augmentation
des captures en périphérie du parc ; (vi) Amélioration des revenus et viabilisation de la pêche artisanale ;
(vii) Incidence indirecte positive sur la lutte contre la pauvreté par la sécurisation des stocks halieutiques
et l'augmentation de la productivité des pêcheries.
Récifs Artificiels : La mise en place de récifs artificiels dans la zone littorale va renforcer les habitats
naturels qui servent de refuges à la diversité biologique aquatique. A termes ces récifs vont devenir des
zones de conservation intégrées qui permettront une reproduction des ressources côtières et marines dans
la conservation de la diversité biologique. Ils permettront aussi la diversification des alternatives
d'utilisation durable des ressources (halieutiques, mangroves, coquillages...).
Activités d'appui communautaires ciblées par le projet et Appui technique pour la reconversion : Les
AGR vont contribuer de façon importante à la préservation des ressources halieutiques, à la création de
petits emplois, donc à la lutte contre la pauvreté dans la zone du projet, notamment en offrant des
alternatives économiques à l'exploitation des ressources naturelles : Amélioration des habitats et des
espèces de la biodiversité ; Reprise biologique, repeuplement et amélioration de la productivité des
pêcheries
; Développement de nouvelles filières et diversification des sources de revenus
;
Assainissement de la filière et amélioration de la rentabilité ; Nouvelles opportunités et de nouveaux
investissements favorables à une relance économique du secteur.
Eco-certification/Eco-labellisation : La mise en oeuvre d'un système d'éco-certification pourrait
permettre l'accès à des marchés plus rémunérateurs pour les professionnels du secteur de la pêche à
travers une meilleure gestion de la qualité des produits halieutiques d'exportation avec, en bout de chaîne,
une satisfaction des commerçants et des consommateurs pour disposer d'un produit éco-labellisé. Une tel
système permettra un meilleur accès des produits au marché destinataire et de valoriser au mieux les
produits le long de la filière au Sénégal (valeur ajoutée domestique) et, en priorité, au niveau des
opérateurs en début de filière (pêcheurs, mareyeurs ...). L'éco-certification permettra d'impulser une
démarche pour assurer qu'un minimum de conditions pour obtenir la certification de la chaîne de garantie
d'origine (traçabilité des produits de la pêcherie jusqu'à l'étal avant achat par le consommateur). La mise
en place d'un système de reconnaissance participe à un effort de mise en normes. Cela donne une bonne
image de la pêche locale, mais également permet une bonne salubrité des produits consommés localement
et impulse une bonne santé publique.
Activités de capacitation, de coordination et de suivi-évaluation
Les sous-projets qui seront financés dans le cadre du GIRMAC+ sont supposés avoir des impacts sociaux
positifs répondant aux besoins de la population : création de nouveaux emplois (lutte contre la pauvreté);
amélioration des capacités des services agricoles et ceux des organisations des producteurs impliqués ;
meilleur accès aux opportunités d'investissement (accès aux micro-crédits). Parallèlement, un appui du
GIRMAC+ en renforcement des capacités permettra d'assurer la reconversion des acteurs de la pêche
vers d'autres activités de développement durable, avec une promotion de compétences techniques
centralisées et locales adaptées aux besoins du GIRMAC+. Les systèmes de financement de micro-projets
éligibles avec participations effectives des entités publiques et bénéficiaires, permettront aux populations
EES du GIRMaC+ Juin 2008
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locales d'améliorer leurs conditions de vie et d'assurer ainsi une meilleure pérennisation de ces
microprojets.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
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Impacts environnementaux et sociaux négatifs
Composante 1 : Cogestion des pêcheries côtières
· Renforcement et extension de la cogestion locale des pêcheries : Les impacts négatifs potentiels
concernent les risques d'exclusion de groupes sociaux et d'accaparement des ressources.
· Système de gouvernance locale des pêcheries cohérent et renforcé institutionnellement : On
pourrait craindre avec cette sous-composante une absence de démocratisation et de transparence
da le gestion locale des pêcheries.
· Instauration de concessions de droits d'accès pour les pêcheries cibles : L'impact majeur porte
sur le risque d'exclusion de groupes sociaux et d'accaparement des ressources. C'est l'aspect
social majeur de la mise en place de concessions de droits d'usage.
Composante 2 : Réhabilitation des écosystèmes essentiels pour les pêcheries côtières
· Aires Marines Protégées (AMP) : On notera essentiellement la restriction ou régulation de l'accès
à l'espace et aux ressources à l'intérieur. D'autres impacts sociaux négatifs ont été notés
également, notamment : la restriction ou régulation de l'accès à l'espace et aux ressources ; le
renchérissement des coûts de production
; l'augmentation des efforts de surveillance
;
l'augmentation de l'activité de production en périphérie ; des conflits entre gestionnaires des
AMP et pêcheurs allochtones ; la non délimitation des périmètres de protection; les incursions
pour le prélèvement des ressources halieutique favorisées par le manque de contrôle strict; le non
développement des alternatives d'accès aux ressources halieutiques.
· Récifs Artificiels : La mauvaise intégration des plans de gestion des récifs pourrait entraîner le
dysfonctionnement de l'équilibre de leur zone d'implantation. En plus, le mauvais choix des
matériaux et des sites, la non maîtrise des techniques d'immersion pourraient occasionner des
préjudices sérieux sur le milieu marin et sur les ressources halieutiques.
· Amélioration des pratiques et des technologies dans la pêche industrielle crevettière côtière pour
la protection de l'écosystème : en principe, cette sous-composante n'aura pas d'effets négatifs sr
le milieu et les ressources halieutiques.
· Incitation par le marché à la gestion durable et éco-systémique dans des pêcheries cogérées : cette
sous-composante n'aura pas d'effets négatifs sr le milieu et les ressources halieutiques.
· Dans le cadre d'un système d'éco-certification et d'éco-labellisation, on pourrait craindre des
risques de diminution de la rentabilité économique des opérations des navires industriels
(réduction de la capacité). En effet, en situation de difficulté économique, l'adoption volontaire
de pratiques ou technologies vertueuses pour l'écosystème (mais ayant un impact négatif sur
l'économie des navires et des équipages) serait difficilement applicable. Cette situation pourrait
générer, à l'inverse, l'adoption de pratiques abusives et créer des conflits.
Composante 3 : Reconversion et mesures d'accompagnement sociales
· Activités d'appui communautaires ciblées par le projet : L'absence d'équité et de transparence,
ainsi que la discrimination dans la procédure d'allocation et d'appui communautaire pourraient
entraîner des conflits sociaux pouvant compromettre l'atteinte des résultats escomptés par le
projet. En plus, certaines Activités Génératrices de Revenus (AGR) pourraient avoir des impacts
négatifs lors de leur mise en oeuvre et de leur exploitation, si au préalable des études d'impacts
environnemental et social complètes ne sont pas réalisées pour déterminer les enjeux et proposer
les mesures d'accompagnement nécessaires.
· Appui technique pour la reconversion : Si l'appui technique n'est pas accompagné par une
capacitation en gestion environnementale, on pourrait craindre de mauvaises pratiques non
durables de l'environnement dans le nouveau secteur investi.
·
Suivi et évaluation du fond de reconversion : en principe, cette sous-composante n'aura pas
d'effets négatifs sr le milieu et les ressources halieutiques.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
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6. ANALYSE DES OPTIONS
L'analyse des alternatives portera sur les quatre options suivantes :
· Option « sans projet » correspondant à la poursuite des tendances actuelles sans changements
majeurs dans les politiques et les activités aussi bien en matière de conservation de la biodiversité
marine et côtières qu'en matière de gestions des pêcheries. On y comptabilise les projets et
programmes en cours en analysant leur capacité à inverser les tendances lourdes.
Cette situation décrite ci-dessus ne prend pas en compte l'ensemble des ressources marines et
côtières, mais elle démontre que la mer s'est vidée de ses ressources et que les tendances mènent
directement à une catastrophe écologique dans quelques années et qu'elles auraient des
conséquences économiques et sociales majeures pour le pays.
· Application d'une politique de conservation des ressources basée sur la protection tant du point
de vue spatial que des espèces, selon l'approche conventionnelle sans effort de réduction des
capacités de pêche.
Ce scénario ne signifierait nullement l'amélioration de l'équilibre écologique et l'inversion des
tendances à la dégradation des ressources marines et côtières.
· Gestion traditionnelle des pêcheries renforcée par des efforts de réduction des capacités
d'exploitation (pêche artisanale et industrielle) et la promotion d'une utilisation durable des
ressources et la reconversion sans un renforcement des mesures de protection de la biodiversité
marine et côtière.
Ce scénario ne garantirait pas la durabilité de l'exploitation des ressources en ce qu'il n'a que très
peu d'influence sur les tendances actuelles de dégradation de l'environnement et des ressources.
· Mise en oeuvre du programme GIRMAC+, tel que défini selon l'approche d'intégration entre les
activités de conservation des ressources et d'action au niveau de la réduction des efforts de pêche
et donc de la surcapacité et de co-gestion.
La stratégie prônée par le GIRMAC+ intègre les principes fondamentaux de cette nouvelle
approche de gestion. L'effet attendu de la mise en oeuvre du GIRMAC+ est le rétablissement de
l'équilibre entre les ressources marines et côtières et les niveaux d'utilisation des ressources de
manière à garantir la durabilité des ressources. S'ajoute à cela, les mesures d'augmentation de la
valeur économique et l'assainissement du secteur pour qu'à long terme, les utilisateurs puissent
sortir de l'état de pauvreté liée à la désorganisation du secteur.
Conclusion :
Le GIRMAC+, de part sa conception optimale, constitue sans aucun doute la meilleure option car le
projet allie en quelque sorte les exigences et les mesures à prendre pour assurer l'intégrité des
écosystèmes, notamment la création d'aires protégées (AMP). Dans le même temps, le projet finance des
microprojets et autres activités génératrices de revenus (dont les impacts cumulatifs pourront être
écologiquement maîtrisés) qui permettront d'éviter que la création de ces aires protégées ne lèsent les
populations locales.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
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7. LE PLAN DE GESTION ENVIRONNEMENTALE ET
SOCIALE
Objectif et stratégies
L'objectif du Plan de Gestion Environnemental et Social (PGES) pour le projet GIRMAC+ est de décrire
les mécanismes institutionnels relatifs à : (i) l'identification des impacts environnementaux et sociaux
potentiels pouvant découler des activités du GIRMAC+; (ii) la mise en oeuvre des mesures d'atténuation
proposées; (iii) le suivi et la mise en oeuvre des mesures d'atténuation; (iv) le renforcement des capacités;
(v) les estimations des coûts y relatifs ainsi que la chronologie. Le PGES sera inclus dans le Manuel
d'exécution du GIRMAC+. Le PGES met l'accent sur les mesures d'atténuation des impacts qui
résulteront de la mise en oeuvre des activités de conservation et de gestion durables des ressources
halieutiques, mais aussi des activités génératrices de revenus (AGR).
L'analyse des impacts montre que les activités envisagées dans le programme sont globalement positives
en ce qu'elles ont le potentiel de renverser les tendances actuelles de dégradation des ressources. Les
mesures de gestion de l'accès à l'espace et aux ressources (promotion des systèmes de concessions
d'usages territoriaux), des AMP et des Aires protégées), les mesures de restauration et de conservation
des écosystèmes ainsi que les mesures de lutte contre la pauvreté et de développement durable (les AGR)
ont le potentiel de concourir à la préservation du potentiel de ressources naturelles pour le bénéfice des
populations vivant dans ces zones marines et côtières. Néanmoins certaines activités sont associées à des
effets négatifs qu'il convient de prévenir ou d'atténuer en vue d'optimiser les retombées bénéfiques du
programme. Il s'agit notamment :
· des pertes de ressources occasionnées par la restriction ou la régulation de l'accès aux
espaces protégés avec le développement d'AMP, d'aires protégées en général ;
· le renchérissement des coûts de production pendant la période de fermeture des AMP ;
· les risques d'exclusion de groupes sociaux dans l'octroi des systèmes de concessions
d'usage ;
· des bouleversements dans l'occupation de l'espace et les conséquences sociales qui peuvent
en découler, notamment dans lors des mesures de conservation des écosystèmes.
Stratégies
Les stratégies retenues dans le PGES du programme reposent sur :
· la gestion environnementale des sous projets à travers : (i) l'inclusion de clauses / provisions
garantissant la prise en compte de la protection de l'environnement dans les contrats et
accords ; (ii) l'adhésion aux critères environnementaux à toutes les étapes des cycles de sous
projets
; (iii) l'inclusion des spécifications / sauvegardes environnementales dans la
conception des sous projets.
· la collaboration, sous forme de partenariat entre le GIRMAC+ et les autres institutions ;
· la promotion d'une prise de conscience des enjeux environnementaux parmi les responsables
et les partenaires du projet ;
· la sélection et la planification adéquates des activités exécutées dans le cadre du programme ;
· le renforcement des impacts environnementaux positifs du programme ; et
· le suivi périodique et continu de la conformité environnementale par l'Unité de Coordination
du Projet et le suivi-évaluation par une expertise externe (nationale ou internationale).
EES du GIRMaC+ Juin 2008
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EES du GIRMaC+ Juin 2008
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Le processus de sélection environnementale des activités du GIRMaC+
L'ampleur des mesures environnementales et sociales requises pour les activités du GIRMAC+ dépendra
des résultats du processus de sélection environnementale et sociale des activités prévues. Ce processus de
sélection vise à : (i) déterminer les activités du GIRMAC+ qui sont susceptibles d'avoir des impacts
négatifs au niveau environnemental et social; (ii) déterminer les mesures d'atténuation appropriées pour
les activités ayant des impacts préjudiciables; (iii) identifier les activités nécessitant des EIE séparées;
(iv) décrire les responsabilités institutionnelles pour l'analyse et l'approbation des résultats de la
sélection, la préparation des éventuelles EIE ; la mise en oeuvre et le suivi des mesures d'atténuation
proposées. La sélection indiquera également les activités du GIRMAC+ qui sont susceptibles d'impliquer
les restrictions d'accès aux ressources halieutiques.
Au niveau local : Les microprojets sont une émanation de la demande locale au niveau communautaire
(villages, communautés rurales) et devront être identifiés de manière participative. Ils seront déposés au
niveau des Comités Locaux des Pêches (CLP) qui procéderont à la décision préliminaire sur leur
éligibilité sur la base de critères de sélection établis avant de procéder à une transmission au niveau
national.
Au niveau national : Les microprojets identifiés seront examinés par le Comité de Pilotage du Programme
GIRMaC+ pour les types et la nature des impacts environnementaux et sociaux potentiels dans le cadre
de la procédure détaillée dans le présent document.
La procédure d'examen des sous-projets e processus de screening comporte les étapes suivantes :
· Etape 1 : c'est l'étape d'identification d'un sous projet pendant laquelle l'UCP amorce la
procédure de revue environnementale en informant le bénéficiaire sur l'exigence de considérer
les aspects environnementaux d'une part et de mettre à sa disposition les documents de référence
nécessaires. L'UCP peut déléguer cette responsabilité aux comités locaux de Pêche (CLP) du fait
que ces structures sont sur les sites et en relation directe avec les promoteurs des sous projets.
· Etape 2 : c'est l'étape d'évaluation préliminaire du sous-projet en vue de sa catégorisation et de
déterminer le type d'évaluation environnementale applicable. Elle est réalisée avec le concours
du comité scientifique et technique qui comprend en son sein un représentant de la DEEC. Une
fiche d'évaluation préliminaire (voir annexe1) servira de support pour cette étape de la revue.
· Etape 3 : avec l'appui de l'UCP et du comité local surtout, le bénéficiaire prépare le PGE du sous
projet. Ce PGE émane d'une l'évaluation environnementale. Il est adjoint au document
contractuel qui lie le bénéficiaire du sous projet et le programme GIRMaC+. Le PGE comprend
des actions concrètes et les modalités de leur exécution. Il doit faire l'objet d'une consultation
publique dont le but est de recueillir les avis et préoccupations de parties intéressées.
· Etape 4 : il s'agit de veiller à la mise en oeuvre des mesures contenues dans le PGE du sous
projet. Outre l'inclusion dans le document contractuel d'une close obligeant le bénéficiaire à
respecter les indications du PGE, l'UCP devra appuyer ce dernier pour qu'il soit dans des
dispositions aptes à faciliter l'exécution de son PGE.
· Etape 5 : c'est le suivi environnemental réalisé à partir des indications fournies dans le PGE. Il
sera une partie intégrante du suivi des sous projets. Il sera effectue par le niveau
national (UC/GIRMaC+ ; DEEC) et le niveau local (Services locaux de la DPM, DREEC, CLP et
autres acteurs locaux).
EES du GIRMaC+ Juin 2008
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Renforcement des capacités pour la gestion environnementale et sociale du projet
a. Les contraintes dans la gestion environnementale des ressources naturelles
En matière d'approches environnementales et sociales, des avancées significatives ont été enregistrées
dans le cadre de la mise en oeuvre du GIRMaC+ (EES du programme, avec un PGES ; procédures de
revue des sous-projets ; fiche d'évaluation préliminaire des sous projets). Cependant, il faut relever que la
fiche d'évaluation environnementale est relativement laconique. En plus, on déplorera l'absence de mise
en oeuvre des recommandations issues de ces études. Aussi, en dehors du coordonnateur du GIRMC+, il
n'existe pas d'autres experts en évaluation environnementale, notamment au niveau de la DPM, malgré la
présence de spécialistes thématiques dans les domaines de gestion des ressources naturelles et
halieutiques, on relèvera l'absence d'experts en, de plans de formation spécifique sur les aspects. On
notera également l'absence de base de données environnementales sur l'état de ressources dans les zones
côtières, l'absence de mécanismes efficaces de suivi-évaluation des activités menées dans ces zones, mais
aussi l'insuffisance de synergie et la faiblesse de coordination des interventions.
b. Recommandations pour la gestion environnementale du GIRMAC+
Au regard des exigences environnementales et sociales dans les projets du GIRMAC+, et pour mieux
jouer son rôle comme promoteur d'un développement durable dans la conservation de la biodiversité dans
les zones côtières, il est nécessaire que le GIRMAC+ renforce les capacités environnementales et sociales
d'intervention des principaux des acteurs et partenaires au niveau national et local. Ce programme global
de capacitation, permettra que les préoccupations environnementales soient prises en compte de façon
durable dans toutes les activités que le GIRMAC+ va appuyer auprès de communautés de pêche.
Point Focal Environnement (PFE)
Avec le volume actuel de projets et sous-projets qui seront opérationnalisés, il est proposé que la
coordination du suivi des procédures de prise en compte des exigences environnementales et sociales
dans les activités du GIRMAC+ sera exécutée par un Point Focal Environnement (PFE), qui sera désigné
parmi les techniciens et chargés de projets de l'UCP. Le PFE assurera la coordination du suivi, facilitera
les échanges et la concertation au niveau national et local, animera la gestion de la base de données
environnementales et supervisera les activités de renforcement des capacités.
Formation du PFE et des autres acteurs dans la gestion environnementale des activités
Pour faire en sorte que les activités du GIRMAC+ soient effectuées d'une manière durable au point de
vue environnemental et social, il est suggéré la formation des acteurs et du PFE sur les procédures et
techniques d'évaluation et de gestion environnementale et sociale des sous-projets, à l'effet de pouvoir
remplir les fonctions d'assistance, de conseil, de contrôle et de suivi lors de la mise en oeuvre des activités
du projet. La formation concernera aussi la gestion durable des ressources halieutiques, mais aussi les
bonnes pratiques environnementales et le suivi-évaluation.
Programme d'Information, d'Education et de Sensibilisation
Par ailleurs, au niveau local, un changement de comportement de tous les acteurs interpellés s'impose en
termes de connaissances, attitudes et pratiques dans la gestion des ressources halieutiques. Pour ce faire le
PGES recommande un programme d'information et de sensibilisation destiné à véhiculer la bonne
compréhension et les bonnes pratiques environnementales de gestion des ressources halieutiques et leurs
liens avec les activités du projet.
Autres mesures techniques
En plus des activités de formation et sensibilisation, la gestion environnementale et sociale du GIRMAC+
va nécessiter aussi des mesures d'ordre technique, notamment :
EES du GIRMaC+ Juin 2008
24
· La provision pour des études d'impact sur l'Environnement (EIE) incluant des PGES et des
mesures de compensation, pourraient être requises pour les activités du GIRMAC+ relatives à la
mise en oeuvre des activités génératrices de revenus (AGR) , pour s'assurer qu'elles sont durables
au point de vue environnemental et social. Pour les besoins de planification, on suppose qu'au
moins une cinquantaine de projet vont nécessiter une étude environnementale dans le cadre du
GIRMAC+.
· L'élaboration de manuels de bonnes pratiques environnementales de gestion des ressources
halieutiques et d'exécution des AGR de façon durable ; ces documents techniques permettront
d'assurer une gestion et un meilleur suivi des zones marines et côtières.
· L'élaboration d'une situation de référence et la mise en place d'une base de données
environnementales et sociales sur la gestion durable des ressources naturelles dans le cadre du
GIRMAC+, avec aussi le développement d'indicateurs environnementaux et sociaux d'évaluation
et de suivi (indicateurs de procédure, d'impact et de résultat).
· Le Suivi-évaluation : deux étapes sont à considérer dans le suivi-évaluation du PGE :
Suivi-évaluation interne: il est assuré par l'UCP qui devra définir un système avec des
indicateurs à suivre, une méthode de collecte des données et un calendrier d'exécution. L'UCP
peut transférer une partie de cette responsabilité au niveau local (Services locaux de la DPM,
DREEC, CLP et autres acteurs locaux présents sur les sites) et/ou faire appel à des services de
consultants. Des rapports périodiques (trimestriels) seront soumis au CP et à la DEEC.
Suivi-évaluation externe : il peut être assuré à deux niveaux par des missions de supervision
(semestrielles) de la Banque Mondiale, et par la DEEC, compte tenu de sa mission dans
l'administration et la gestion des évaluations environnementales au niveau national.
Au total, ces mesures d'appui technique, de formation et de sensibilisation ci-dessus décrites visent à :
rendre opérationnelle la stratégie de gestion environnementale du GIRMAC+ ; favoriser l'émergence
d'une expertise et des professionnels en gestion environnementale en milieu marin et côtier; élever le
niveau de conscience professionnelle et de responsabilité des acteurs de la pêche dans la gestion
environnementale; protéger l'environnement marin et côtier.
Indicateurs de suivi environnementaux et sociaux
Les indicateurs de suivi aideront dans la mise en application des mesures d'atténuation, le suivi et
l'évaluation de l'ensemble du projet en vue d'évaluer l'efficacité de ses activités. Les indicateurs de suivi
peuvent être résumés comme suit:
· Nombre de personnes affectées et compensées par le projet
· Niveau de prise en compte du genre et de l'équité dans les AGR
· Niveau d'implication des communautés et des autres acteurs locaux
· Nombre de pêcheurs sensibilisés sur les bonnes pratiques gestion des ressources halieutiques
· Niveau de régénération/reproduction des ressources halieutiques
Ces indicateurs seront régulièrement suivis au cours de la mise en place et l'avancement des sous projets
et seront incorporés dans le Manuel de Suivi du Projet GIRMAC+.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
25
Arrangements institutionnels de mise en oeuvre de la gestion environnementale
Le Comité Technique Interministériel chargé de la Gestion des Aires Marines Protégées: Organe de
contrôle du respect des orientations étatiques et de validation administrative des initiatives de création et
de gestion des AMP, il doit être garant du bon fonctionnement du système de gestion des AMP par
l'adaptation des politiques publiques aux réalités de terrain. Il est composé des délégations des deux
ministères principalement intéressés (Pêche et Environnement), et ouvert aux autres délégations en
fonction des enjeux de gestion (Collectivités Locales, Tourisme, ONGs, ...).
Le Comité de Pilotage (CP) du GIRMaC+ est l'organe politique chargé de (i) l'orientation politique et
stratégique du Programme ; (ii) la supervision des activités de l'Unité de Coordination du Programme et
de la préparation des projets ; (iii) la discussion et la validation des avis scientifiques et techniques ; (iv)
la facilitation de la prise de décision politique au niveau national ; et (v) l'impulsion du dialogue et de la
concertation entre les différents structures partenaires du programme. Le CP sera tenu informé du PGE et
sera invité à assurer son intégration dans les mécanismes de mise en oeuvre du programme.
L'Unité de Coordination du Programme (UCP) est l'organe chargé de la mise en oeuvre qui sera élargi
aux Comités Locaux constitués statutairement sur les sites ainsi que les communautés et autres
organisations professionnels. Aussi, les autorités territoriales, les collectivités locales et les ONG locales
seront mises à contribution selon la nature des activités envisagées. A cet effet, les capacités de ces
différents acteurs seront renforcées dans le but de les amener à s'impliquer efficacement dans la mise en
oeuvre du PGE. La Direction de l'Environnement et des Etablissements Classés (DEEC) et des
consultants spécialisés en environnement assisteront l'UCP et les acteurs sur le terrain dans la mise en
oeuvre du PGE.
Le Conseil Scientifique et Technique : Organe consultatif d'expertise scientifique, il oriente les décisions
politiques et administratives et en vérifie le bien fondé technique et délivre un avis dans la procédure de
création des AMP. Il est composé de toute personne ou organisme ayant acquis une expertise de fait dans
le domaine des AMP (CRODT, IRD, Institut des sciences de l'environnement, Université, ONG,
directions techniques...). La présence d'un représentant du ministère chargé de l'environnement constitue
un atout.
L'UCP et le CST veilleront sur la conformité des initiatives et activités avec les objectifs du PGE et
constitue le cadre de décision dans la sélection des sous projets à financer suivant les critères bien définis.
Ils peuvent déléguer quelques responsabilités aux comités locaux (CL) du fait que ces structures sont en
permanence sur les sites.
Les Comités de Gestion : Organes locaux de mise en oeuvre des plans de gestion de chaque AMP. Unités
de décision locale, d'ajustement des orientations générales en fonction des nécessités locales. Composées
des autorités décentralisées et déconcentrées, des acteurs locaux, des ONG, et de représentants des
Ministères chargés de la pêche et de l'environnement.
Les structures d'exécution du projet et partenaires du GIRMaC+ : Elles comprennent
-
la Direction des Pêches maritimes (DPM),
-
les Conseils Locaux de Pêche Artisanale (CLPA) :
-
les Comités Locaux des Pêches (CLP)
-
les organisations socioprofessionnelles (CNCPM, la CONIPAS et la FENAGIE)
-
les structures techniques (CRODT)
-
les ONGs environnementalistes (Océanium, WWF, IUCN, etc.)
EES du GIRMaC+ Juin 2008
26
Formulaire de sélection environnementale et sociale
DONNEES GENERALES
· Promoteur :
· Localisation :
· Nature / Capacité / Activité :
· Principale:
· Nécessite Consultations Publiques :
LISTE DE CONTROLE
· Y a-t-il des risques de pollution des eaux par les activités du projet ?
· Y a-t-il des zones écologiques sensibles dans les environs de la zone du projet qui pourraient être
impactés négativement ?
· Y a-t-il des impacts sur la santé des populations riveraines et celle du personnel de mise en oeuvre
et d'exploitation ?
· Y a-t-il des impacts visuels causés par les travaux?
· Y a-t-il des odeurs pouvant provenir du rejet des déchets des activités du projet ?
CATEGORISATION
Catégorie (code environnement)
1 ou 2
Catégorie (Banque Mondiale)
A, B, C, D
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE REQUISE
Evaluation environnementale initiale
OUI/NON
EIE approfondie
OUI/NON
AUTRES DISPOSITIONS / EXIGENCES APPLICABLES
OP 4.04
OUI/NON
OP 4.11
OUI/NON
OP 4.12
OUI/NON
Autres :
OUI/NON
CONLUSIONS DE LA REVUE
EES du GIRMaC+ Juin 2008
27
Check-list des mesures d'atténuation
Impacts négatifs potentiels des activités du GIRMAC+
Mesures d'atténuation
Composante 1 : Cogestion des pêcheries côtières
-
Risques d'exclusion de groupes sociaux et
-
Règles de démocratie, transparence et bonne
d'accaparement des ressources
gouvernance
-
Absence de démocratisation et de transparence dans
-
Concertation
le gestion locale des pêcheries
-
Risque d'exclusion de groupes sociaux et
d'accaparement des ressources
Composante 2 : Réhabilitation des écosystèmes essentiels pour les pêcheries côtières
Limitation des populations riveraines à l'accès aux
-
Plan d'aménagement des AMP avec EIE et PGES
ressources biologiques et végétales aux alentours des
-
Appui d'AGR pour les populations lésées
AMP
-
Systèmes de concessions de droits d'usage territoriaux
-
Mise en place des comités de gestion des concessions de
droits d'usage
-
Application du principe de la co-gestion
Renchérissement des coûts de production
-
Compensation et /ou AGR
Augmentation des efforts de surveillance des AMP
-
Renforcement des moyens de contrôle
Augmentation de l'activité de production en
-
Sensibilisation des acteurs
périphérie des AMP
-
AGR
Risques de conflits entre les communautés,
-
Délimitation et de matérialisation des AMP
l'administration et les pêcheurs allochtones autour des
-
Campagne d'information et de communication
AMP
menées par les gestionnaires et les autorités locales
-
Cadres de concertation locaux
-
Mécanismes de résolutions des conflits
Non délimitation des périmètres de protection des AMP
-
Plan d'aménagement avec délimitation claire
Incursions dans les AMP pour le prélèvement des
-
Information et sensibilisation
ressources halieutique favorisées par le manque de
-
Renforcement du contrôle
contrôle strict
Absence de développement des alternatives d'accès aux
-
Promotion de la pisciculture, aquaculture
ressources halieutiques dans les AMP
-
Autres AGR
Dysfonctionnement de l'équilibre des zones
-
Plan d'aménagement assurant une parfaite intégration
d'implantation des AMP
des plans de gestion des AMP
Conflits d'intérêts dus à l'ignorance par les populations
-
Campagne d'information et de communication
riveraines, des principes et mesures de gestion durable
menées par les gestionnaires et les autorités locales
des AMP
-
Cadres de concertation locaux
-
Mécanismes de résolutions des conflits
Mauvaise intégration des plans de gestion des récifs
-
Choix judicieux des sites
-
Réalisation d'EIE mise en oeuvre des PGES y relatives
Mauvais choix des matériaux et des sites, la non maîtrise
-
Choix judicieux des matériaux et des techniques
des techniques d'immersion
-
Réalisation d'EIE mise en oeuvre des PGES y relatives
Composante 3 : Reconversion et mesures d'accompagnement sociales
Risques de conflits sociaux dus l'absence d'équité et de
-
Règles de transparence et bonne gouvernance
transparence l'appui aux AGR
Risque de dégradation du milieu lors de l'exécution ou
-
Réalisation d'EIE mise en oeuvre des PGES y relatives
l'exploitation des AGR
-
Bonnes pratiques environnementales
EES du GIRMaC+ Juin 2008
8. ESTIMATION GLOBALE DES COUTS DU PGES
Les coûts des activités proposées seront inclus dans les coûts du projet. Les activités pressenties
concerneront : (i) des provisions pour les études d'EIE et de mesures de compensation; (ii) les formations
des acteurs et la sensibilisation des populations; (iii) la conception de manuels de bonnes pratiques de
gestion durable des ressources halieutiques
; (iv) la mise en place d'une base de données
environnement/gestion des ressources halieutiques ; (v) la supervision et le suivi de le mise en oeuvre.
Ainsi, le coût total de ces mesures est estimé à 500 000 US$.
Tableau 2 : Estimation budgétaire pour la gestion environnementale et sociale du GIRMAC+
Mesures Actions
envisagées Responsable
Coûts (US$)
Provision pour réaliser des Etudes d'Impacts
UCP/GIRMaC+
200 000
Environnementales (PGES et mesures de compensations)
Elaboration de manuels de bonnes pratiques
UCP/GIRMaC+
20 000
environnementales de gestion des ressources halieutiques
-
et d'exécution des AGR
Elaboration d'une situation de référence et Mise en place
UCP/GIRMaC+
d'une base de données environnementales et sociales sur
50 000
la gestion durable des ressources halieutiques dans le
Mesures
cadre du GIRMAC+
techniques
National
· UCP/GIRMaC+
·
50 000
DEEC
Effectuer le suivi et l'évaluation du PGES du GIRMAC+
· Consultants
(suivi permanent, évaluation à mi-parcours et évaluation
Local
annuelle)
· Services locaux
de la DPM
50 000
· DREEC
· CLP /CLPA
· Formation en EES (sélection et classification des
· UCP/GIRMaC+
Formation des
sous-projets; conduite, identification des impacts,
· DEEC
acteurs
élaboration des mesures d'atténuation, élaboration et
impliqués
65 000
suivi des indicateurs, etc.)
dans le
· Normes d'hygiène et de qualité
GIRMAC+
· Gestion durable des ressources halieutiques
· Sensibilisation sur les enjeux, les attitudes et
· UCP/GIRMAC+
Sensibilisation
comportement, les bonnes pratiques
· CLP /CLPA
des
environnementales, lors de l'exécution et pendant
· ONG
65 000
populations
leur exploitation des ressources halieutiques et des
AGR
TOTAL GENERAL
500 000 US$
29
9. PROCESSUS DE CONSULTATION DES ACTEURS
La stratégie de consultation publique appliquée au présent projet distingue les étapes suivantes :
Première étape : les parties prenantes, les acteurs intéressés ou les personnes affectées sont identifiés,
localisés et rencontrés en vue de les informer sur le projet d'une part, et de recueillir leurs points de vue
d'autre part. Ces investigations ont été faites dans le cadre de missions d'identification effectuées dans
chacun des trois pôles du programme et orientées vers des prises de contact. C'est au cours de ces
missions que les structures étatiques (centrales ou déconcentrées), les collectivités territoriales, les
communautés locales, les organisations professionnelles et les ONG. Outre la dissémination de
l'information sur les objectifs, activités et attentes du projet, les échanges effectués ont été mis à profit
pour mieux apprécier les aspects à considérer dans l'évaluation environnementale et sociale.
Deuxième étape : Pendant la deuxième étape, des séances de consultations avec les acteurs ont été
organisées au niveau local. C'est ainsi que des rencontres publiques avec les communautés locales ont été
organisées. Aussi, ces consultations ont été étendues à des structures nationales, dont les missions
incluent des questions prises en compte dans le programme. La démarche utilisée au cours de ces
consultation consistait à : (i) présenter le programme : son contexte qui le justifie ; ses objectifs ; les
activités envisagées dans les différentes composantes et les résultats attendus ; sa stratégie d'intervention
et de mise en oeuvre ; (ii) recueillir les points de vue, les préoccupations et les suggestions émises au
cours des discussions qui ont suivi la présentation du programme. Les réactions qui ont été enregistrées à
l'issu de cet exercice de consultations, peuvent être classées dans deux rubriques constituées d'attentes et
de préoccupations.
Les attentes : Les différents acteurs à la base, après avoir manifesté leur adhésion à la démarche et aux
objectifs du programme, ont souhaité que le programme soutienne leurs initiatives en cours qui,
lorsqu'elles sont renforcées peuvent contribuer à préserver les ressources et à atténuer la pauvreté. Selon
eux, un tel soutien repose surtout sur le renforcement des moyens pour améliorer les conditions de travail.
Les populations locales, notamment les pêcheurs sont conscients que les ressources diminuent compte
tenu des dégradations. Ils sont conscients que l'activité s'effectue de façon anarchique et qu'il faut faire
quelque chose en terme de conservation et de gestion rationnelle.
Préoccupations sociales formulées par les populations locales : La préservation des valeurs traditionnelles
est une préoccupation importante pour les populations du littoral. Tout en exprimant leur adhésion aux
objectifs du GIRMAC+, les populations échantillonnées ont exprimé quelques inquiétudes sur le
GIRMAC+ : (i) le non-accès de la majorité de la population aux ressources halieutiques qui pourrait
engendrer famine et déséquilibre alimentaire; (ii) la façon dont les ressources naturelles côtières et
halieutiques seront gérées par le GIRMAC+.
En définitive, malgré les préoccupations formulées, les résultats globaux de l'évaluation
environnementale et sociale montrent que l'ensemble des populations concernées (autorités locales,
ONG, organisations socioprofessionnelles de pêche) par le GIRMAC+ s'intéressent au projet et qu'ils le
supportent ; toute réalisation que le GIRMAC+ pourrait générer des retombées positives en termes
d'emploi et de croissance économique pour les populations de la zone littorale.
Troisième étape
La troisième étape du processus de consultation consiste à restituer le rapport d'EES et du PGE. Dans les
sites concernés du projet, il sera organisé une séance de restitution à laquelle prendront part tous les
EES du GIRMaC+ Juin 2008
30
acteurs consultés à la deuxième étape. Ces réunions seront organisées avec la collaboration de la DEEC
du Ministère de l'Environnement.
Synthèse de consultation dans quelques sites visités
1. FOUNDIOUGNE
Gains / Profits
Le revenu journalier était de pour un senneur de plage :
Poisson Crevette
En 2000
250 000 fCFA
30 000 fCFA
En 2008
100 000 fCFA
20 000 fCFA
La quantité de produits mis à terre était ainsi répartie pour un senneur de plage :
En 2000
En 2008
Mulet
600 Kg
150 Kg
Une transformatrice gagnait en moyenne 10 000 fCFA en 2000 mais maintenant le revenu s'élève à 2 000
fCFA.
Impacts négatifs des activités sur les AMP
La surexploitation des ressources halieutiques entraînera une raréfaction de celles-ci. Par conséquent, des
tentatives d'infractions aux mesures de fonctionnement des AMP est à craindre. La propension à des
pratiques déviantes comme pour enfreindre aux lois et règlements peut être encouragées ou favorisées par
la non application des textes juridiques, règles ou conventions traditionnelles locales.
Les activités de transformation exigeant des coupes de bois humides peuvent conduire à la dégradation du
couvert végétal, à la destruction de la mangrove donc à la détérioration de la qualité de la diversité
biologique. Ce faisant, l'objectif initial de l'AMP s'en trouverait éloigné voire jamais atteint. Ainsi, la
chaîne alimentaire au sein du biotope pourrait se rompre.
La pluralité des sites de débarquement et, subséquemment, l'absence ou la déficience dans le système de
contrôle accroissent la pression et les risques de détérioration du biotope, constituant une menace à la
viabilité des AMP. L'inobservation des règles ou la non application de celles-ci sont des menaces à la
poursuite des objectifs de l'AMP.
Présentation et perception de l'AMP
Les pêcheurs affirment avoir des raisons de fonder des espoirs sur le projet mais à la condition de veiller
à une stricte cogestion. Au demeurant, ils ont souligné le défaut dans le système de communication :
invitant à une plus de sensibilisation. Leur implication voire participation paraît nécessaire pour
déterminer les zones devant faire partie de l'AMP, avec leurs spécificités locales devant engendrer une
réglementation appropriée. Un des écueils réside dans la détermination des sites et dans leur délimitation ;
le savoir traditionnel local est nécessaire pour assurer l'appropriation du projet
Par ailleurs, les pêcheurs s'opposent à une interdiction pure et simple d'un certain nombre de sites. Ils
arguent étant plus tournés vers un repos biologique d'un mois et un meilleur contrôle sur le maillage des
filets. Néanmoins, l'existence de plusieurs zones de pêche atténuerait les effets négatifs et contraignants
de l'activité pendant certaines périodes de l'année. Les avantages à y tirer semblent l'emporter chez les
pêcheurs au point d'y adhérer quoique modérément au projet, somme toute bénéfique.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
31
Les mareyeurs affirment subir les mêmes contraintes que les pêcheurs car ils se considèrent comme des
pêcheurs de surface. Cependant, ils perçoivent plus d'aspects positifs que d'éléments négatifs ; au total,
les contraintes liées à la constatation de la rareté de la ressource entraînent une prise de conscience qui,
sur la durée, révèlera une conduite plus responsable.
Toutefois, les mareyeurs évoquent le déficit d'information sur l'AMP comme la contrainte majeure dans
l'appropriation et la mise en oeuvre du projet de l'AMP.
Le fonctionnement de l'AMP empêchera les transformatrices d`utiliser les petites crevettes, comme
produits traditionnels à transformer. Ce faisant, il existe un risque sérieux de disparition de métiers ou
d'activités dans la filière des produits halieutiques. La spécialisation des femmes de Foundiougne dans les
petites crevettes s'expliquait par le caractère porteur du produit très prisé dans la consommation locale
sénégalaise. Les repos biologiques entraînent, ipso facto, une baisse des activités, engendrant à leur tour
une baisse des revenus.
2. JOAL
Gains / Profits
Une campagne de marée de 10 personnes pour une période de 15 jours permettait un gain de 3 millions de
franc CFA, en 2000, mais aujourd'hui seulement 1 million de franc CFA, au maximum.
Impacts négatifs des activités sur les AMP
Il existe un sentiment d'injustice comme si les pêcheurs de Fadiouth bénéficiaient d'une immunité.
Des sites sont frappes d'interdiction d'accès alors que le projet n'a pas encore délimité voire matérialisé
la délimitation de la zone ; ce qui est perçu comme une injustice.
La délocalisation de l'activité de pêche serait vécue comme un désastre.
Présentation et perception de l'AMP
Au départ, tous les métiers de la pêche étaient opposes au projet ; le défaut d'information et la position
affichée d'édicter des règles d'interdiction sur des sites considérés comme des patrimoines ont aggravé le
manque de réceptivité dudit projet. Les restrictions d'accès doivent être compensées au moyen d'une
accentuation de la subvention sur les carburants
3. CAYAR
En 1994, au fort moment de la crise 20 caisses de poisson rapportaient 15 000fCFA aujourd'hui 3 caisses
équivalant à 45 000fCFA.
Impacts négatifs des activités sur les AMP
Très peu d'impacts négatifs ont été évoqués, car le site de Cayar avait des dispositions qui, en dehors et
avant la mise en oeuvre du projet d'AMP, permettaient d'administrer sur le plan local la manière de
pêcher. Cette pratique éclairante devra être intégrée dans le cadre de la mise en place d'une
réglementation.
Présentation et perception de l'AMP
EES du GIRMaC+ Juin 2008
32
Le projet est non seulement bien perçu mais son appropriation est plus qu'évidente tant les objectifs
poursuivis se confondent avec ceux transcrits dans leurs modes de vie.
4. NGAPAROU
Gains / Profits
Les pirogues permettaient des revenus journaliers de 100 000fCFA dans les années 1980 ; aujourd'hui,
les gains ne dépassent guère 25 00fCFA. Les transformatrices déclarent gagner près de 15 000fCFa il y
dix ans contre 3 000fCFA maintenant.
Impacts négatifs des activités sur les AMP
La baisse des activités de pêche, donc des revenus et les retards considérables déplorés par les différents
acteurs obscurcissent la finalité du projet quand bien même les populations locales ont pris des décisions
allant dans le sens d'une stricte réglementation de l'activité de pêche et de la qualité des espèces a
capturer.
Présentation et perception de l'AMP
Tous les acteurs de la pêche et les populations ont apporté leur adhésion ; son appropriation viendrait
sacraliser une volonté d'administrer et de gérer autrement les ressources halieutiques. Toutefois, les
lenteurs constatées dans le cadre du démarrage du projet favorisent un découragement.
5. OUAKAM
Gains / Profits
Les gains ont augmenté mais la cargaison débarquée en moyenne par pirogue a baissé sensiblement. Du
reste, nombre d'acteurs de la pêche sont des artisans ou ont d'autres activités rémunératrice de revenus.
Impacts négatifs des activités sur les AMP
Les activités de pêche sont exposées à des risques de baisse de la quantité débarquée.
Le site est exposé à des agressions ou nuisances à cause de la fréquentation de la plage et donc du défaut
d'assainissement.
Présentation et perception de l'AMP
Le projet est très apprécié et attendu des acteurs comme de la population. Toutefois, des actions de
sensibilisation doivent se poursuivre sur les captures de langoustes et sur les zones de reproduction ou de
croissance.
EES du GIRMaC+ Juin 2008
33
10. ANNEXES
Annexe 1
Références bibliographiques
· Etude des impacts environnementaux et plan de gestion environnementale du projet , Rapport
final Dakar, décembre 2004, UCP/GIRMaC
· Sénégal, Gestion Durable des Ressources Halieutiques (GIRMaC+), Mission de Pré-Évaluation
par la Banque Mondiale, Projet d'aide-mémoire, 24 janvier au 7 février 2008
· Ministère de l'Economie Maritime, et des Transports Maritimes, Lettre de Politiques Sectorielle
des Pêches et de l'Aquaculture, Avril 2007
Annexe 2
Personnes rencontrées et consultées
Nom Prénoms
Fonctions
Dakar
DIOP Moussa Coordonnateur
UCP/GIRMaC+
THIAM
Modou
Lead GIRMaC+ (Dakar)
KONATE Mamadou
Chargé de programme UCP/GIRMaC+
Foundiougne
DIOP Eric
Mamadou
Chef de poste des Pêches de Foundiougne
SARR
Joseph
Pêcheur, Président du Comité Local de la Pêche Artisanale
DIAKHATE
Moustapha
Pêcheur, Membre du CLPA
SARR Souka Mareyeur
DIAGNE
Babacar Mathias
Ancien pêcheur, devenu mareyeur
Mme DIOUF
Seynabou
Ancienne mareyeuse devenue transformatrice, Vice Présidente du CLPA
NDIOGOU
Samba
Agent au Service départemental des Pêches de Foundiougne.
Joal
Lt DIEDHIOU
Mamadou Kara
Adjoint au chef de l'AMP
SENE
Adjoint au chef du Service régional des Pêches
SALL
Agent au Service régional des Pêches
NDIAYE
Famara
Pêcheur, Vice président du CLPA de Joal
SOUARE
Amadou
Pêcheur, Président des senneurs de plage
Cayar
MBENGUE
Moussé
Chef du Service départemental des Pêches de Cayar
NIANG
Khalé
Adjoint au Chef du Service départemental des Pêches de Cayar
Mme NDAO
Maty
Mareyeuse et transformatrice, Vice Présidente du CLPA de Cayar
DIENG
Pathé
Pêcheur, Membre du Comité de Pêche de Cayar
NDIAYE
Djibril
Pêcheur, Membre du Comité de Pêche de Cayar
MANSALY
Valentin
Agent des Parcs Nationaux, en service à l'AMP de Cayar
Ngaparou
NDIAYE
Baba
Chef du Poste des Pêches de Ngaparou
SAGNE
Issa
Pêcheur, Président du CLP
NDIAYE
Amy
Mareyeuse et transformatrice, Membre du CLP
Ouakam
GUEYE
Omar Ngalla
Pêcheur, Président du CLP
SARR
Mamadou
Pêcheur, Secrétaire Général du CLP
NDIAYE
Ousmane
Pêcheur et mareyeur, Membre du CLP
EES du GIRMaC+ Juin 2008
34
Annexe 3
Termes de Référence
Description du projet
Le Gouvernement du Sénégal, avec l'appui de la Banque mondiale, prépare un projet complémentaire de
gestion des ressources halieutiques destiné à être soumis au FEM pour financement dans le cadre du
partenariat stratégique entre la FAO, la Banque Mondiale et le Fonds mondial pour la Nature. Les
objectifs spécifiques de ce projet sont:
· De promouvoir la gouvernance locale des pêcheries à travers la cogestion des ressources
halieutiques;
· de contribuer à la réhabilitation des écosystèmes des ressources côtiers essentiels pour les
pêcheries côtières;
· de promouvoir des activités de reconversion et des mesures d'accompagnement sociales.
· Dans sa conception actuelle, le projet comprendra trois (3) composantes interdépendantes visant à
promouvoir et à faciliter la conception d'une stratégie de cogestion intégrée et participative
conciliant d'une part les initiatives locales de gestion, les plans locaux d'aménagement et de
gestion des pêcheries, et d'autre part les mesures de conservation des écosystèmes côtiers à
travers un réseau d'aires marines protégées et un programme d'immersion de récifs artificiels.
Ces composantes portent sur :
· la réplication et la consolidation des expériences pilotes de cogestion locale du programme
GIRMaC, y compris l'instauration de concession d'accès pour les pêcheries cibles ;
· la réhabilitation des écosystèmes côtiers essentiels pour les pêcheries côtières par (a) la mise en
place d'un réseau d'aires marines protégées, (b) le développement et la mise en oeuvre d'un
programme d'immersion de récifs artificiels, (c) l'appui à la mise en oeuvre de mécanismes
d'incitation de marché pour la promotion de la gestion durable et écosystémique des pêcheries
artisanales, (d) l'appui à la promotion de systèmes d'écocertification des pêcheries artisanales en
vue d'une écolabellisation des produits, (e) le développement et l'introduction de méthodes,
technologies et pratiques de pêche plus respectueuses des écosystèmes dans la pêcherie
industrielle crevettière côtière.
· la mise en oeuvre d'activités de reconversion et de mesures d'accompagnement sociales.
Ancrage institutionnel de la préparation du projet
La préparation des activités du projet est confiée à une équipe de projet placée sous la responsabilité de la
Direction des Pêches maritimes (DPM) et bénéficiant de l'assistance technique et fiduciaire de l'Unité de
Coordination du programme GIRMAC qui est chargée de la gestion financière du PDF B et de la
passation des marchés. L'équipe de préparation du projet est logée à la Direction des Pêches Maritimes.
Elle est appuyée par des points focaux et des personnes ressources comprenant des experts de l'UCP
GIRMaC, du CRODT, des organisations professionnelles et des ONG partenaires.
Objectifs de l'évaluation environnementale
Le projet complémentaire de gestion des ressources halieutiques (GIRMaC+), en raison de la nature de
ses activités, est assujetti à une évaluation environnementale et sociale (ÉES) avant que le document de
projet ne puisse être finalisé. Cette évaluation environnementale devra comprendre la préparation d'une
étude d'impact sur l'environnement et sur les communautés de pêche (EIES) et d'un plan de gestion
environnemental (PGE), ainsi qu'un Cadre de Processus qui fait la liaison entre les impacts négatifs
potentiels des activités des composantes portant sur (i) et (ii), et le mécanisme de compensation de la
composante portant sur (iii).
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En référence à la même mission déjà réalisée dans le cadre de la préparation du projet GIRMaC, l'ÉIES
devra d'une manière générale répondre aux exigences des Politiques de Sauvegarde de la Banque
Mondiale, ainsi que ses directives, de même qu'aux exigences de la réglementation sénégalaise en
matière d'EIES. Dans le cadre du projet, une attention particulière doit être portée à la politique sur les
déplacements involontaires des populations et à la politique sur les habitats naturels. De même, l'ÉIES
devra examiner les effets négatifs et positifs que le projet pourrait avoir sur l'environnement et sur les
communautés bénéficiaires, et recommandera toutes les mesures éventuellement nécessaires pour
prévenir, minimiser, atténuer ou compenser les effets négatifs du projet et améliorer sa performance
environnementale et sociale. Enfin, le PGE devra décrire en détail les mesures d'atténuation à
entreprendre, le coût, le calendrier et la responsabilité de chacun, un processus de suivi détaillé et
répertorié sur le calendrier, et une description de toute formation nécessaire.
Dans le cadre de cette mission, l'EIES et le PGE seraient d'environ 25 pages, résumant l'évaluation
environnementale du GIRMaC, tout en déterminant comment celle-ci pourrait être améliorée pour
intégrer les nouvelles activités contenues dans le projet GIRMaC+. L'EIES et le PGE détermineront si les
activités additionnelles du projet GIRMaC+ déclencheraient des politiques de sauvegarde,
environnementale et ou sociale, et indiqueraient, entre autres, (i) quelles actions devraient être entreprises
dans le cadre du projet GIRMaC+ pour répondre à ces politiques, (ii) qui serait responsable de ces
actions, (iii) les capacités à les entreprendre, (iv) ainsi qu'un plan et un budget pour le contrôle et
l'évaluation de leur effectivité.
Par ailleurs, la politique opérationnelle de la Banque Mondiale stipule que tout projet financé en partie ou
en totalité par la Banque doit inclure des mesures d'atténuation s'il entraîne ou est susceptible d'entraîner
des pertes d'abris, de source de biens/revenus, ou d'accès aux biens. L'ÉIES devra donc aussi examiner
les impacts sociaux négatifs et positifs du projet, pour vérifier si les dispositions de OP 4.12 s'appliquent
dans le cadre du projet.
S'il est confirmé au terme de l'ÉIES que le projet entraînera des pertes d'abris, d'accès aux ressources
halieutiques/zones de pêche ou de biens/revenus, le consultant devra préparer un Cadre de Processus qui
détaillera, pour les activités des composantes (i) et (ii), les procédures à suivre lorsque ces effets ou les
personnes affectées seront enfin connus lors de la mise en oeuvre du projet ou lorsque les sites définitifs
du projet seront connus pendant la préparation du projet. Dans tous les cas de figure, le Cadre de
Processus devra être préparé, validé et publié avant l'évaluation du projet prévue à partir du 19 mai 2008.
Description des tâches du Consultant
L'UCP souhaite recruter, pour le compte de la Direction des Pêches Maritimes (DPM), un consultant
individuel afin de préparer l'évaluation environnementale et sociale du projet complémentaire de gestion
des ressources halieutiques (GIRMaC+). Le consultant sera directement supervisé par le coordonnateur
du projet GIRMaC+, lequel rendra compte des travaux du consultant aux points focaux, aux personnes
ressources et aux partenaires du projet.
Le consultant devra préparer un rapport d'évaluation environnementale et sociale (ÉIES) qui satisfasse les
exigences de la Banque mondiale (OP4.01) et qui comprenne tous les éléments constitutifs requis (voir
Annexe B de l'OP4.01). Le rapport devra aussi répondre aux exigences de la réglementation sénégalaise
en matière d'EIES.
Le rapport d'ÉIES devra comprendre un plan de gestion environnementale (PGE) qui décrira l'ensemble
des mesures définies pour atténuer les impacts négatifs, environnementaux et sociaux, du projet (voir
Annexe C de l'OP4.01). Le PGE devra détailler les procédures que l'unité de coordination du projet devra
suivre lors de la mise en oeuvre du projet afin d'être en conformité avec l'ensemble des mesures de
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sauvegarde environnementale et sociale de la Banque Mondiale, ainsi que la réglementation sénégalaise
en vigueur.
En annexe au EIES/PGE, le consultant devra préparer un Cadre de Processus pour les activités des
composantes (i) et (ii), liées au mécanisme de compensation de la composante (iii).
Profil du consultant
L'évaluation environnementale sera réalisée par un consultant individuel spécialisé en matière
d'évaluation environnementale et sociale, connaissant les politiques de sauvegarde de la Banque
Mondiale; avec une expertise en matière de recasement involontaire, de gestion des ressources par les
communautés, et de consultations publiques.
Le consultant devra avoir une longue expérience en matière d'évaluation des impacts environnementaux
de projets, et de préparation de plans de gestion environnementale. Il devra avoir une expérience en
matière de gestion de la biodiversité marine et côtière, de préférence en Afrique de l'Ouest.
Le Consultant pourra s'attacher les services d'une expertise locale, pour l'appuyer dans quelques tâches
spécifiques liées notamment au développement du Cadre de Processus, à la collecte des informations de
base et documentations pertinentes pour la mission, l'assister lors des réunions avec les notables et
acteurs des sites. L'expert local devra disposer d'une expérience dans les questions sectorielles d'ordre
environnemental, économique et ou social en milieu rural, de préférence dans le secteur de la pêche. Le
Consultant pourra également bénéficier de la collaboration des autres consultants recrutés dans le cadre
de la préparation des activités des composantes du projet.
Durée du mandat et calendrier
La durée totale de la mission d'Evaluation Environnementale et Sociale est de 26 jours de travail effectif,
étalés sur 40 jours calendaires. Le consultant produira une note méthodologique, un plan de travail
détaillé des tâches à accomplir et un calendrier d'exécution comme partie intégrante de la mission. Il
fournira au Client deux rapports : (i) un `Rapport Résumé' portant sur l'EIES et le PGE du projet,
incluant une évaluation des politiques de sauvegarde, et (ii) un Rapport portant sur le Cadre de Processus.
La Direction des Pêches Maritimes transmettra les rapports provisoires à l'Equipe locale du projet et à la
Banque mondiale pour commentaires. Le Consultant soumettra au Client les Rapports Définitifs à la
lumière des commentaires.
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