Le système d'information intégré du Programme SASS
La structuration des données est une opération indispensable pour le projet SASS qui
s'est fixé comme objectif de capitaliser l'ensemble des informations recueillies à ce jour
dans la région. La collecte de ces informations constituent un préalable pour actualiser
l'évaluation des connaissances sur les ressources du bassin.
Un premier diagnostic a permis de constater que les pays avaient lancé chacun pour sa
part des chantiers d'amélioration ou de refonte de leur système d'information pour
regrouper les données disparates et mettre en place des outils de traitement automatique
des données. Il faut souligner néanmoins que les systèmes projetés ou en cours de
réalisation se caractérisaient par :
- la non prise en compte des informations SIG
- une structuration des données qui n'est pas toujours véritablement
relationnelle
- le fait que les bases de données sont déconnectées des outils de
traitement et particulièrement des modèles numériques.
Or, une des préoccupations du projet SASS est de mettre en place un système
permanent de recueil et d'actualisation qui soit géré par une structure issue des pays
eux-mêmes.
Partant de là, la démarche adoptée se base sur la conception d'un modèle de données
englobant les besoins du projet SASS et ceux spécifiques des pays en vue de fournir une
garantie supplémentaire de pérennité. De ce modèle global est extrait un noyau commun
ayant servi à construire la base de données commune du SASS.
En résumé, la démarche de conception et de mise en oeuvre s'appuie sur les éléments
suivants :
- Approche basée sur les données -> système durable et évolutif
- Schéma organisationnel tenant compte des structures existantes et des
moyens en place
- Implication des experts nationaux à toutes les phases de réalisation
- Choix d'outils simples et maîtrisés par tous
- Prise en compte des besoins immédiats et futurs de l'après projet
(structure de gestion concertée)
La démarche
1. Elle se base avant tout sur les données. Elle permet ainsi de construire des
systèmes durables et évolutifs.
La conception du système d'information a nécessité une phase importante pour
cerner les informations clé :
- inventaire des entités dont le projet a besoin et de celles pouvant être
intégrées dans les bases nationales : la large participation des experts
nationaux à cette opération a permis de faire un recensement exhaustif de ces
entités et des règles qui les régissent (relations). Les attributs des objets
géographiques ont également été pris en compte.
- Construction d'un modèle conceptuel des données (MCD) et choix d'une
solution organisationnelle et technique adéquate : divers critères ont été pris
en compte dans le choix de cette solution (tendances technologiques, facteur
humain, niveau de maîtrise des informations au sein des trois administrations,
)
2. Elle est participative :
Les experts nationaux ont été impliqués à toutes les phases de réalisation de ce
système. Plusieurs ateliers et stages ont ainsi été organisés pour les imprégner de la
démarche, valider les choix et permettre la maîtrise des outils développés.
La mise en oeuvre
La réalisation du système a nécessité quatre phases principales :
- Diagnostic détaillé de l'existant au sein des trois administrations (contenant et
contenus).
- Conception de l'architecture du système MCD, solution organisationnelle et
technique. Une codification commune aux trois pays a été établie.
- Réalisation de la base de données et du SIG (fond topographique et couches
thématiques concernant le projet)
- Transfert de l'ensemble des données disponibles et saisie des données
complémentaires contenues dans les rapports et autres documents d'études
antérieures.
- Mise au point des interfaces BD - SIG et BD - modèle numérique afin de
faciliter la préparation de l'étape de modélisation. Ces interfaces ont permis
également de détecter des anomalies et de combler certaines lacunes
(reconstitution de données rattachées à des entités spatiales).
- En dernier lieu, l'ensemble des produits réalisés ont été regroupés au sein
d'un package unique, également évolutif, pour en faciliter l'usage.
Les produits finaux réalisés
Le projet SASS dans sa composante "Base de données - SIG" a donné lieu à la mise
au point d'outils dépassant de loin les besoins du projets SASS. Ces produits qui se
résument en :
- Une base de données commune véritablement relationnelle compatible
avec les BD des pays : les mises à jour ultérieures pourront être quasi-
automatiques. Cette base de données, enrichie par une multitude de requêtes
statistiques peut constituer un tableau de bord pour le suivi de l'exploitation
des eaux du bassin.
- Un SIG constitué d'un fond topographique homogénéisé dans un même
système de coordonnées et complété par diverses cartes thématiques
élaborées dans le cadre du projet.
- Une interface originale de liaison BD - SIG - PM5 qui permet
* une liberté totale dans le choix des paramètres du maillage (taille des
mailles, orientation, )
* une mise à jour automatique de la couche des points d'eau, de telle
sorte que tout changement au niveau de la base de données
(coordonnées par exemple) se répercute automatiquement et de façon
transparente sur la couche SIG correspondante.
- L'ensemble ayant été regroupé dans un package unique baptisé
"SAGESSE". Ce dernier pourra être un des éléments de gestion concertée à
l'échelle du bassin.
Données rassemblées durant le projet
L'ensemble des données disponibles à ce jour ont été recueillies dans la base de
données commune du SASS. Plusieurs sources d'informations ont été exploitées:
- informations fournies par les administrations des trois pays
- données utilisées lors des études antérieures, régionales (ERESS, RAB)
ou locales (BRL, GEOMATH, GEFLI, ...)
- Rapports inédits et thèses
Un énorme travail d'harmonisation, de conversion et de mise en forme a été
réalisé pour cela.
Mais cette masse considérable d'information souvent transférée à partir de
fichiers disparates, devait être passée au crible pour éviter les anomalies et les
incohérences.
Pour cela, une étape importante d'analyse des données a eu lieu et les produits
élaboré dans le SI ont été d'un grand apport:
- requêtes statistiques diverses : contrôle de vraisemblance, recoupements
avec d'autres sources d'informations, ...
- visualisation graphique et cartographique
- requêtes spatiales de détection d'anomalies de positionnement.
Recommandations et perspectives
Les informations collectées durant le projet ont permis pour la première fois un
traitement uniforme sur l'ensemble du bassin transfrontalier. Le niveau de précision
exigé pour cette première étape est peut-être suffisant pour ce qui concerne la
représentation globale des systèmes aquifères, l'estimation des prélèvements au
niveau des mailles du modèle et le comportement du niveau des nappes selon divers
scénarios d'exploitation.
Mais ce degré de fiabilité devient insuffisant si on veut affiner les connaissances
dans certaines zones et parvenir à une meilleure précision. Il faudrait pour cela des
modes de collecte basés sur un réseau de mesure qui reste à définir, des procédures
claires et uniformisées de recueil et de traitement et un dispositif organisationnel
adéquat d'actualisation régulière du système d'information :
Consolidation des produits réalisés durant le SASS :
- installation au niveau local
- procédures de mise à jour des BD nationales
- formation des équipes
Définition des zones nécessitant des détails au niveau SIG
Vérifications et Compléments de saisie (données manquantes)
Actualisation et enrichissement du SIG (limites des zones agricoles, vérifications et
compléments)
Constitution d'un MNT à une échelle plus grande pour les zones à définir
Choix d'un réseau de collecte des données et mise en place des outils à l'échelle locale :
- emplacement des points
- nivellement
- installation des moyens et outils
- formation
Etude organisationnelle pour les actualisations futures :
- définition des procédures
- rédaction de guides
- structure de la cellule de gestion
Mise en place des protocoles de mise à jour et transmission des données
Caractéristiques des points d'eau
Les point d'eau quelque soit leur nature : Forages, sources, foggaras, groupes
d'exploitation, sondages.
La table "Points" contient l'identification, la localisation et les caractéristiques
statiques des points d'eau. L'identifiant est le même que celui en vigueur dans les
pays.
Localisation des points d'eau
Les coordonnées d'un point d'eau peut être saisies dans divers systèmes de projection:
- UTM (fuseaux 29 à 33)
- Géographique grades
- Géographique degrés
- Lambert Sahara
Le système convertit automatiquement ces coordonnées dans deux systèmes unifiés :
- Degrés décimaux
- Lambert Sahara (Sud Algérie)
Données hydrodynamiques
Historiques de prélèvement
Les sources d'information:
Les données d'exploitation dont fréquence est annuelle concernent:
- 2491 points d'eau pour l'Algérie 1304 points dans la nappe du CI
- 58 pour la Libye (groupes d'exploitation) 2131 : pour le CT
- 886 pour la Tunisie
Historiques de niveau
Les données piezométriques peuvent être mensuelles ou annuelles se répartissent
comme suit ::
- 2145 points d'eau pour l'Algérie 2040: points dans la nappe du CT
- 392 pour la Libye 961: pour le CI
- 464 pour la Tunisie
Historiques de salinité
Les de salinité répartissent comme suit :
- 1091 points d'eau pour l'Algérie 1453: points dans la nappe du CT
- 237 pour la Libye 467: pour le CI
- 592 pour la Tunisie
Sources des données