Programme pour l'environnement des Caraïbes
Programme des Nations Unies pour
l'environnement
Vue d'ensemble régionale des problèmes et priorités
environnementaux ayant un effet sur les ressources côtières et
marines de la région des Caraïbes
Rapport technique du PEC No. 2
1989
Note: Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y
figurent n'impliquent de la part du PNUE aucune prise de position quant au statut juridique des
Etats, Territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités ni quant au tracé des frontières ou limites.
A des fins bibliographiques, ce document peut être cite comme suit:
PNUE: Vue d'ensemble régionale des problèmes et priorités environnementaux ayant un effet
sur les ressources côtières et marines de la région des Caraïbes. Rapport technique du PEC No. 2
PNUE Programme pour l'environnement des Caraïbes, Kingston, Jamaïque, 1989.
TABLE DES MATIERES
Page
LISTE DES ILLUSTRATIONS
LISTE DES TABLEAUX
I. INTRODUCTION
Historique
1
2.
Portée et objectifs de cette vue d'ensemble
-
Portée
-
Objectif
2
3.
Principales sources d'information utilisées dans
la préparation du document
II. GESTION DES RESSOURCES COTIERES ET MARINES
1.
Gestion du sol et l'environnement marin
3
-
Désertification
4
- Erosion et sédimentation
5
- Destruction des plages et des dunes
6
2. Ecosystèmes
côtiers
7
- Marais de mangroves et forêts côtières
8
- Récifs de corail
8
3.
Perte des habitats et réduction des espèces
9
- Espèces menacées
9
4. Ressources
halieutiques
12
- Base des ressources
13
5.
Dangers naturels et technologiques
14
- Dangers naturels
15
- Dangers technologiques
15
6.
Changements climatiques et la hausse
16
du niveau de la mer
Page i
Page
7.
Santé de l'environnement
17
- Maladies transmises par l'eau
18
- Besoin croissant en infrastructure
18
- Mise en valeur des ports industriels
19
- Possibilités des fronts de mer urbains
19
8.
Tourisme - Effets et potentialités
20
- Accélération de la construction d'hôtels
20
- Effets du tourisme sur l'environnement côtier et marin
20
- Symbiose du tourisme et de la protection des ressources marines
21
- Lier le tourisme à la création de parcs, et de zones protégées
22
III. POLLUTION MARINE: UNE MENACE AU DEVELOPPEMENT SOUTENU
- Renforcer la base des ressources
27
- Sources de pollution
28
1. Sources terrestres de pollution
28
- Déchets industriels
29
2. Activités maritimes
30
- Effets de la pollution marine
30
3. Mouvement transfrontière et déversement
des matériaux dangereux
33
IV. COORDINATION,
INFORMATION
ET DEVELOPPEMENT INSTITUTIONNEL
1. Appui socio-économique
34
2. Législation
35
3. Formation, éducation et sensibilisation du public
36
V.
LISTE DES REFERENCES 37
Page ii
LISTE DES ILLUSTRATIONS
Page
1:
Carte de la région des Caraïbes
3
2:
Concentrations moyennes de goudron sur
les plages et leur situation (m/g)
32
3:
Concentrations moyennes de goudron en suspension dans
l'eau et leur situation (milligrammes par m2) 33
4:
Concentrations moyennes d'hydrocarbures dissouts
et/ou dispersés et leur situation (microgrammes par litre)
34
LISTE DES TABLEAUX
Page
1.
Liste partielle des sédiments fluviaux déposés dans le
Golfe du. Mexique et la Mer des Caraïbes
6
2:
Réseau hydrographique de surface en Amérique Centrale
7
3:
Situation des espèces animales côtières et marines
des Caraïbes et pays dans lesquels elles sont menacées
10
4:
Diminution des populations de langoustes et de lambis
14
5:
Production halieutique artisanale et industrielle au.
Vénézuela (en tonnes métriques)
14
6:
Implications des changements climatiques dans la région des
Caraïbes 17
7:
Intoxication par les insecticides dans cinq pays d'Amérique
Centrale, 1971-1976
19
8:
Parcs marins et zones côtières protégées dans la région des
Caraïbes 23
Page iii
Vue d'ensemble des problèmes et priorités
Environnementaux ayant un effet sur les ressources
côtières et marines de la région des Caraïbes
I. INTRODUCTION
1. HISTORIQUE
Conformément aux décisions prises lors de la Quatrième réunion intergouvernementale,
(Guadeloupe, 26-28 octobre 1987), l'Unité de Coordination Régionale (UCR) s'est chargée de la
réévaluation des problèmes environnementaux touchant les ressources marines et côtières de la
région. Pour aider FUCR à déterminer les problèmes prioritaires, il a été demandé à chaque pays
participant de fournir un rapport national. Le projet de document émanant de cette enquête a été
examiné» par les participants à la réunion d'experts du Programme pour l'environnement des
Caraïbes, qui s'est tenue à Mexico du 7 au 9 septembre 1988. Les recommandations et les
commentaires faits lors de cette réunion figurent dans ce document.
2.
PORTEE ET OBJECTIFS DE CETTE VUE D'ENSEMBLE
Portée
La région des Caraïbes a une superficie de 4.31 x 10 6 km2. Elle comprend douze pays
continentaux entourant le bassin des Caraïbes, ainsi que quatorze nations insulaires et sept
territoires dépendants. Dans cette région, on trouve une diversité de peuples, de cultures et de
systèmes politiques correspondant à des pays de types différents et à de niveaux de
développement économique différents. En plus de la diversité géomorphologique et socio-
politique du bassin des Caraïbes, on trouve une très grande variété d'espèces vivantes et
d'habitats. De plus, l'isolement des terres entraîne un niveau très élevé d'espèces endémiques, en
particulier végétales.
Le centre d'intérêt principal de cette vue d'ensemble porte sur les ressources côtières et
marines de la région des Caraïbes. Néanmoins, cette vu e d'ensemble n'est pas définie de manière
très stricte. Le bien-être environnemental de la région est étroitement lié, non seulement aux
conditions sociales, culturelles et politiques, mais aussi aux réalités économiques et aux
exigences financières auxquelles sont confrontés la plupart des Etats et Territoires de la région.
Cette vue d'ensemble reconnaît et souligne les différents rapports entre l'environnement et le
développement socio-économique en ce qui concerne les ressources marines et côtières de la
région.
Pour citer simplement un exemple des liens entre l'écologie et l'économie, il suffit
d'observer les changements qui interviennent dans la structure de l'agriculture de la région. Pour
répondre aux exigences du rééchelonnement de la dette, les gouvernements ont suivi des
politiques qui encouragent les cultures d'exportation pour obtenir des devises étrangères. L'une
Page 1
Rapport technique du PEC No. 2
des conséquences de ces politiques a été d'entraîner une augmentation importante de l'épandage
des insecticides, des engrais artificiels et d'autres produits agro-chimiques. Le résultat est
l'introduction d'un grand nombre de nouveaux additifs chimiques dans la chaîne alimentaire
aqueuse, sans aucun doute, la conséquence involontaire et imprévue de la politique économique,
ayant néanmoins, des conséquences écologiques potentiellement graves.
Les effets cumulés des nombreuses initiatives de développement n'ont pas encore été
évalués avec précision. Malgré l'absence de résultats scientifiques définitifs, les effets potentiels
des différentes politiques ne peuvent, néanmoins, être ignorés de ceux que leur gouvernement a
chargé de la protection de l'environnement et de la gestion des ressources naturelles. 11 suffit de
dire que, bien que les personnes chargées de la gestion des ressources n'aient pas de mandat
particulier pour orienter la politique économique ou fiscale, il leur incombe de signaler les
dangers inhérents à la poursuite mécanique de politiques sectorielles étroites, que ce soit pour la
promotion du tourisme, la restructuration de l'agriculture ou l'exploitation de ressources
minérales dont toutes peuvent avoir des effets profonds et irréversibles sur certains aspects de
l'écologie terrestre et marine de la région.
Alors que le Programme pour l'environnement des Caraïbes met l'accent sur la base de
ressources marines et côtières de la région, la perspective de ceux qui orientent le programme
doit dépasser les limites strictes de l'éco1ogie marine et côtière si l'on veut que ces ressources
soient réellement protégées et mises en valeur, dans l'intérêt des générations futures. Les
planificateurs et les gestionnaires des ressources affrontent l'un des grands problèmes du monde
d'aujourd'hui, qui est le besoin de concevoir des stratégies dans lesquelles les objectifs de la
conservation de l'environnement s1armonisent et s'intègrent aux programmes de développement
économique.
Objectif
L'objectif de cette vue d'ensemble sur la région est de mettre l'accent sur les problèmes et
questions d'intérêt régional pour que ceux-ci puissent être pris en compte dans la conception
d'une stratégie à long terme pour le développement du Programme pour l'environnement des
Caraïbes. De plus, elle a essayé de refléter un consensus sur les relations entre les questions
d'environnement et de développement auxquelles les Etats et les Territoires de la région des
Caraïbes sont confrontés.
3. PRINCIPALES SOURCES UTILISEES DANS LA PRÉPARATION DU
DOCUMENT
De nombreuses sources sont à l'origine de ce document. Du matériel de référence sur les
questions de gestion des ressources a été fourni par des rapports nationaux et par un certain
nombre de profils environnementaux des pays y compris ceux pour la Jamaïque, le Costa Rica, la
République Dominicaine, Haïti, et Bélize ainsi qu'un profil régional pour l'Amérique Centrale.
Les programmes nationaux et sous-nationaux de gestion de la zone côtière ont également été
consultés. Le projet de rapport de la COI/PNUE sur l'état de la pollution marine dans la région
des Caraïbes (1987) ainsi que ¡e rapport de l'USAID/NOAA sur les ressources marines des
Caraïbes ont été tout particulièrement utiles.
Page 2
Vue d'ensemble ...
Les dossiers de FUCR sur les problèmes et les questions de l'environnement dans la région
des Caraïbes et de nombreux rapports, études et évaluations du PNUE sur les Mers régionales
ont été également révisés. On a utilisé comme point de départ le document intitulé « Rapport de
synthèse sur le développement et l'environnement dans, la région des Caraïbe » (1982).
Illustration 1: Carte de la région des Caraïbes
II. GESTION DES RESSOURCES COTIERES ET MARINES
Les zones côtières sont l'interface entre la terre, la mer et l'air. Elles sont les sites
d'écosystèmes très productifs tels que les marécages, les marais de mangroves, les lits d'herbiers
et les récifs de corail. Elles sont également les premiers sites d'habitation, fournissant l'accès
immédiat aux ressources halieutiques et d'autres ressources biologiques ainsi qu'aux ports et aux
sites de récréation. Dans le cas des îles, la grande majorité de leur population vit sur la côte ou
prés de la côte. Ainsi, la déprédation des systèmes écologiques a été particulièrement intense
dans les zones côtières. La nature particulière des zones côtières et leur lien étroit avec la mer
sont à l'origine de leur valeur économique et sociale ainsi que de leur besoin spécifique dans le
domaine de la gestion et de la protection.
Au cours des deux dernières décennies, plusieurs termes ont été utilisés dans le domaine
d'une approche intégrante au plan et à la gestion des terres côtières et des ressources marines
limitrophes. Les termes tels que "gestion de zones côtières", "planification et gestion des zones
Page 3
Rapport technique du PEC No. 2
côtières", "gestion des ressources côtières", "développement rural intégré", etc., sont des notions
qui traduisent implicitement la valeur et la nature interdépendante des systèmes côtiers, des
zones terrestres et la mer ouverte et le besoin d'assurer que les règles et les activités dans une
zone ne réduisent pas la viabilité des autres composants de l'ensemble des écosystèmes. Il est
important de noter que le concept de zone côtière a été élaboré dans un contexte continental où il
existait une grande séparation géographique entre les activités de l'intérieur qui encouragent la
dégradation de la côte et de toute la zone côtière. Dans le cas des petites îles, le concept de zone
côtière comprend l'île entière car les activités de l'intérieur sont concernées puisqu'elles se
déroulent à proximité de la côte et peuvent avoir des effets directs et immédiats sur elle. De plus,
les nouveaux défis placés par les Droits de la Mer exigent l'inclusion de toutes les ressources de
la mer dans le processus de plan de développement. Le concept de planification de l'utilisation
de la mer est devenu essentiel au développement durable de la région des Caraïbes.
Une approche intégrée de la planification et de la gestion des ressources côtières et marines
nécessite la coopération et la collaboration de tous ceux qui les utilisent, des institutions et des
décideurs. Une compréhension de base de la valeur économique et de la nature interdépendante
des systèmes côtiers est indispensable ainsi que la détermination de tous pour la gestion de ces
systèmes si l'on veut pouvoir continuer à en tirer profit à long terme.
1.
GESTION DU SOL ET L'ENVIRONNEMENT MARIN
Une stratégie détaillée pour la protection, la gestion et l'utilisation rationnelle du milieu
côtier et marin de la région ne peut pas se permettre d'ignorer les effets du déboisement et de la
désertification, de la construction côtière, de l'extraction du sable et de la gestion de bassins
hydrographiques sur les systèmes de récifs prés des côtes et des ressources halieutiques. Toutes
ces activités ont des effets importants sur l'écologie, surtout sur les écosystèmes prés des côtes.
Désertification
Le déboisement s'est accéléré au fur et à mesure que les nations de la région des Caraïbes
poursuivent des programmes de développement économique par l'encouragement des
exportations agricoles, l'expansion industrielle et le tourisme. Dans de nombreux Etats et
Territoires de la région, la désertification est à l'origine d'une sérieuse dégradation de
l'environnement et diminue la capacité productive à long terme des ressources de base.
On détruit plus de 2 millions d'hectares de forêts tropicales par an dans les Caraïbes, alors
que seulement 70 000 hectares sont replantés.
La désertification dans la région suit un processus qui comprend généralement trois étapes
successives. La première étape se produit généralement quand, poussée par l'intérêt commercial,
l'industrie du bois se fait fraie un passage afin d'accéder aux bois précieux et de qualité. Suivent
alors les cultivateurs, attirés par les terres arables disponibles.
En employant la technique de la coupure et du brûlis, les cultivateurs déboisent au départ
suffisamment de terre pour subsister. Néanmoins, étant donné que les sols forestiers ont tendance
Page 4
Vue d'ensemble ...
à être peu profonds et peu fertiles, une plus vaste étendue de terre doit être déboisée pour
compenser la diminution de la production. Au fur et à mesure que les terres sont déboisées et
abandonnées, les éleveurs de bétail s'installent et remplacent les agriculteurs transformant les
terres en pâturages. Ce processus cyclique engendre la création de vastes zones déboisées aux
sols très durs, faibles en éléments organiques et mal protégés de la pluie, du bétail et des rayons
du soleil, contribuant tous aux processus de dégradation de la terre.
Erosion et sédimentation
La plupart des principaux bassins d'eau dans la région des Caraïbes sont confrontés à de
graves problèmes de perte de végétation ou d'érosion, conséquences des cultures itinérantes, du
brûlage saisonnier, du ramassage de bois destiné à la combustion et de la construction des routes.
Dans les pays d'Amérique Centrale, on a découvert que les taux annuels d'érosion des sols
s'élèvent à 500 TM/ha. Les cycles des eaux sont perturbés et de très grandes quantités de
sédiments ont été trouves dans les ruisseaux, les rivières, les baies et les estuaires côtiers
(tableaux 1 et 2). Les sédiments emportés par Peau posent de graves problèmes quant à la
régulation et le contrôle des eaux des rivières provoquant un effet négatif sur le développement
agricole, la production d'énergie hydro-électrique et l'alimentation en eau des villes.
Bien que la désertification ne soit pas un phénomène habituellement associée à la région des
Caraïbes, le Mexique, le Guatemala, Belize, le Nicaragua, Haïti, le Panama et le Costa Rica font
tous mention d'une dégradation du sol conduisant de façon caractéristique à la désertification. Le
processus est en partie provoqué par la disparition de la couverture végétale et l'érosion des sols
qui l'accompagne. Les effets provoqués par la désertification à grande échelle sont similaires à
ceux provoques par la sécheresse. Les sols ne retiennent pas l'humidité nécessaire à la croissance
des plantes. Le volume d'eau dans les rivières est réduit à un pourcentage inférieur à son niveau
normal. A cause d'une exposition au soleil intense, les sols vieillissent rapidement et leurs
éléments, tels que l'humus, se transforment de façon beaucoup plus rapide qu'ils ne peuvent être
absorbés par la végétation.
Page 5
Rapport technique du PEC No. 2
Tableau 1.
Liste partielle des sédiments fluviaux déposés dans le Golfe du Mexique, et la Mer
des Caraïbes
Fleuve Zone
de
Dépôt de
Transport
Turbidité
drainage
sédiments
spécifique
moyenne
(103 km2 par an) (106 tonnes par an) (t/km2)
(mg/l)
USA
Mississippi
2923
222
76
380
Apalachicola
44
0.16
6.8
15
Mobile
95
4.5
42
95
Brazos (Texas)
114
15.9
.139
3200
Colorado (Texas)
106
1.91
17.9
Rio Grande
467
très faible1
COLOMBIA
Magdalène
235
234
1000
1000
VENEZUELA
Orénoque
950
85.0
91
90
1 Chiffres faibles à cause de barrage.
SOURCE: Réf.2.
Destruction des plages et des dunes
Les places et les dunes jouent un rôle vital pour protéger les terres des effets de la houle
d'orage associé e aux ouragans et aux inondations côtières. Elles servent d'habitat à une grande
variété de flore et de faune et sont particulièrement importantes en tant que lieu de ponte pour les
tortues de mer et les oiseaux migrateurs. Les menaces à la stabilité des plages et des dunes
proviennent de différentes sources.
L'exploitation du sable est la principale cause de destruction des plages et des dunes dans la
plupart des îles des Caraïbes Le sable d'extraction est généralement utilisé dans l'industrie du
bâtiment pour être mélange au ciment. Les travaux de construction sur les côtes menacent aussi
la stabilité des plages et des dunes. L'importance de l'étude et de la compréhension de la
dynamique des courants océaniques localisés, avant la construction de brise-lames, et autres
infrastructures côtières, ne peut pas être minimisée. Comme ce fut le cas pour beaucoup de zones
côtières, la construction de brise-lames, de digues et de jetés se fait plus souvent au détriment
qu'au bénéfice du renouvellement des plages. Quand l'homme intervient dans la dynamique des
plages et des dunes, c'est souvent avec des conséquences désastreuses, aussi bien pour l'habitat
que pour la valeur de ces ressources dans la protection du littoral et contre les inondations.
L'érosion des côtes et des plages a été identifiée comme un problème considérable le long des
Page 6
Vue d'ensemble ...
côtes nord de Porto Rico et de la Jamaïque, la côte est de Trinidad et les états côtiers du Golfe de
la Floride et Mississippi.
Tableau 2:
Réseau hydrographique de surface en Amérique Centrale
Caraïbe Pacifique
Superficie
Pourcentage Superficie Pourcentage
(103 km2)
(103 km2)
Nicaragua
117
90%
13
10%
Honduras
92
82%
20
18%
Guatemala1
86
79%
23
21%
Panama
24
31%
53
69%
Costa Rica
24
47%
27
53%
Belize
23
100%
-
-
El Salvador
-
-
21
100%
TOTAL
366
70%
157
30%
1 Comprend le Golfe du Mexique
SOURCE: Réf.2 1.
ECOSYSTEMES CÔTIERS
Partout dans les Caraïbes, les habitats marins et côtiers biologiquement productifs sont de
plus en plus menacés. Les récifs de corail et les marécages de mangrove, les lits d'herbiers qui
sont parmi les meilleurs viviers pour une très grande variété d'espèces marines et terrestres sont
menacés par une combinaison de pollution, de sédimentation, de dragage et de mise en valeur
des terres côtières. Les effets cumulés de ces activités pourraient effectivement stériliser la
capacité productive des zones côtières de la région.
Les herbiers sont très productifs; fis génèrent des éléments végétaux qui sont consommés
par les poissons, les tortues et les oursins. Cet élément végétal est un des composants d'un cycle
alimentaire complexe, comprenant les petits organismes et les bactéries qui vivent parmi les
herbiers. Les lits d'herbiers servent aussi de vivier aux jeunes des variétés de poissons (vi-vanaux
et grondeurs) et d'invertébrés (langoustes et lambis)5 commercialement importantes. Les déchets
chimiques (surtout le pétrole et les engrais), les opérations de dragage et de comblement, les
déversements thermiques et la sédimentation, dégradent les lits d'herbiers à une vitesse
alarmante. Ceci aura un résultat négatif sur les récifs de corail puisque les lits d'herbiers
retiennent et stabilisent les sédiments et empêchent l'abrasion et l'ensablement en période de
tempête.
En plus de leur importance sur le plan biologique, les lits d'herbiers favorisent la stabilité
physique de la côte, fournissant aux zones à l'intérieur des terres une protection contre Faction
des vagues et la houle d'orage associée aux ouragans. En raison de leurs racines en forme de
rhizomes, les lits d'herbiers salicones herbacées lient les grains de sable, donnant au substrat une
stabilité qui empêche les mouvements de sable pendant les périodes d'agitation des océans. Les
Page 7
Rapport technique du PEC No. 2
récifs de corail et la mangrove, en absorbant l'énergie de l'action des vagues, diminuent aussi
l'impact des orages côtiers et des ouragans, protégeant ainsi de manière naturelle les sites côtiers
exposés.
Marais de mangroves et forêts côtières
Les forêts littorales dans la région des Caraïbes ont été décimées. Des milliers de km2 de
bayou riche sur le plan biologique de Louisiane du Sud ont été dévastés à cause de la recherche
et du forage de pétrole et de gaz. Presque 65% de tous les marais de mangroves de l'Etat de
Tabasco au Mexique ont été éliminés par les activités pétrolières, ménageant l'existence des
pêcheries de crevettes dans cette région W2T
Les marais de mangroves, souvent considérés comme des terres peu importantes, sont
systématiquement dégradés et détruits en dépit de leur rôle en tant que protection contre les
orages côtiers à d'importants fruits de mer commerciaux. Les forêts de mangroves et les chenaux
de marée abritent aussi une variété d'oiseaux, de reptiles et de mammifères. De plus, les
marécages côtiers constituent d'importants habitats pour les poules d'eau migratoires6.
Ces zones, à de rares exceptions, sont sans protection véritable et servent souvent de site de
décharge ou de remblayage. Les 60 hectares des marais de Caroni à la Trinité sont le lieu
principal de remblayage de Port d'Espagne et font office de décharge pour les matériaux dragués
dans le port. La zone de Portmore qui fait partie de la ville de Kingston, était autrefois un
marécage marin productif bordé de forêts de mangroves, ¿est maintenant une terre comblée qui
abrite prés de 80.000 personnes, mais à un niveau qui les expose au risque d'inondations venant
de la mer ou du ruissellement des hauteurs. Le remblayage sans discernement des marécages
pour construire des logements et pour d'autres activités urbaines n'entraîne pas seulement des
dégâts pour l'environnement, mais a souvent pour conséquence un développement urbain
médiocre à cause des conditions du sous-sol et du drainage. Cette zone est également soumise au
risque de liquéfaction causée par les tremblements de terres.
Récifs de corail
Les récifs de corail, composés de colonies de polypes vivants sont parmi les écosystèmes
marins, les plus productifs sur le plan biologique. Cette productivité provient des éléments
nutritifs, des détritus et du zooplancton créés et presque entièrement retenus à l'intérieur de la
communauté des récifs qui fournit à son tour une source de nourriture pour les plantes et les
animaux qui vivent dans les récifs. A cause de l'importance des procédés photosynthétiques des
récifs de corail, on peut attribuer leur destruction aux sédiments en suspension provenant du
ruissellement des hauteurs ou du dragage des cours d'eau. Les sédiments en suspension gênent le
processus de photosynthèse en bloquant les rayons du soleil et leur dépôt peut provoquer un
étouffement des espèces vivant sur les récifs. Parmi les autres causes de dégradation des récifs de
corail, il y a la pollution chronique par le pétrole, un phénomène qui est constaté au large des
côtes de Porto Rico et du Mexique. La destruction des récifs est aussi provoquée par la
navigation de plaisance, en particulier lors de l'ancrage des petites embarcations sur les récifs de
corail.
Page 8
Vue d'ensemble ...
3.
PERTE DES HABITATS ET REDUCTION DES ESPÈCES
La vie sauvage de la région des Caraïbes est victime de facteurs divergents. La pauvreté et
le développement ont tous deux des effets négatifs sur les espèces rares et menacées de la région
(tableau 3). La perte de vie sauvage est souvent le résultat de développement des pratiques et de
chasse inappropriées, et de l'élimination ou de la modification des habitats. Finalement, la
protection des espèces menacées et en danger d'extinction ne peut être efficace que lorsque la
communauté appuie et participe activement au processus de gestion. Une fois réalisée cette
participation réalisée, le respect volontaire de ces activités de gestion augmente et le besoin de
faire respecter la loi diminue considérablement. Cette approche est particulièrement importante
dans les zones rurales les plus pauvres où il existe une plus grande dépendance sur la vie sauvage
en tant que moyen de subsistence et où les services gouvernementaux sont réduits.
Espèces menacées
Bien qu'il soit légalement protégé aussi bien en République Dominicaine qu'à la Jamaïque,
le lamantin des Antilles continue à être chassé pour sa chair et il a maintenant presque disparu.
L'ibis rouge, était chassé illégalement pour être consommé et pour ses plumes jusqu'à un récent
moratoire de la chasse18. En plus de servir de source de nourriture, les tortues sont tuées pour
leur écaille qui est utilisée dans la fabrication des bijoux et des objets destinés aux touristes. Les
flamands et les spatules sont chassés en République Dominicaine pour leurs oeufs et leurs
plumes7. Ces déprédations sont le témoignage de la pauvreté de la région et, dans certains cas
l'ignorance du, danger d'extinction des espèces.
La pauvreté est à la fois une cause et une conséquence de la dégradation de
l'environnement. Pour ceux dont les moyens d'existence sont liés à une base de ressources
aquatiques, tout espoir de s'élever au-dessus d'une vie de pauvre subsistance peut être anéanti à
cause d'habitats côtiers et marins rabougris. Inversement, la pauvreté elle-même est l'une des
plus grandes menaces pour l'environnement naturel. Si la survie au jour le jour est la plus grande
priorité des pauvres et des déshérités, des programmes pour la conservation des ressources
marines et terrestres pourraient être ressentis comme une menace à l'existence matérielle des
pauvres.
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Rapport technique du PEC No. 2
Tableau 3:
Situation des espèces animales côtières et marines des Caraïbes et pays dans
lesquels elles sont menacées
Espèces (Noms communs)
Situation Pays
Monachus tropicalis (Phoque des Antilles)
E Mexique,
Bahamas
(Caribbean Monk Seal, West Indian Seal)
Trichechus inunguis (Lamantin des l'Amazone) V Colombie,
Vénézuela
(Amazonian Manatee, S. American Manatee)
Trichechus manatus (Lamantin des Caraïbes)
V
Mexique, Bahamas, Cuba, Rép.
(Caribbean Manatee, N. American Manatee)
Dom. Haïti, Jamaïque, P. Rico,
Trinidad et Tobago, Belize Costa
Rica, Guatemala, Honduras,
Panama, Colombie, Vénézuela
Pterdroma hasitata (Diablotin, Chathuant)
V Haïti
(Black-caped Petrel, Diablotin)
Caretta caretta (Carette)
V Mex.,
Ant./Barbuda,
Bahamas,
(Loggerhead Turtle, Tortuga de mar, Cares,
Cuba, Rép. Dom., Trin. et Tob.,
Tartaruga domar, Uruana, Suruana)
C. Rica, Guat., Hond., Nicaragua,
Panama, Colombie, Vénézuela
Chelonia mydas (Tortue verte de mer)
E Mex.,
Ant./Barbuda,
Bahamas,
(Green Sea Turtle, Tortuga Verde del Atlantico
Îles Caïman, Rép. Dom., Grenada,
and Pacifico,Tortuga Blanca)
Guadeloupe, Haïti, Jamaïque,
Martinique, Antilles Néer., Puerto
Rico, St. Lucia, St. Vincent,
Trinidad & Tobago, USVI,
Belize, C. Rica, Guatemala,
Honduras, Nicaragua, Panama,
Colombie, Vénézuela
Eretmochelys imbricata (Cahouane)
E Mex.,
Ant./Barbuda,
Bahamas,
(Hawksbill Turtle, Carey, Tortuga Carey,
Îles Caïman, Cuba, Rép. Dom.,
Tartaruga verdaderia and de Pente)
Grenada, Guadeloupe, Haïti,
Jamaïque, Martinique, Antilles
Néér., P. Rico, St. Lucia, St.
Vincent, Trinidad et Tobago,
USVI, Belize, C. Rica,
Guatemala, Honduras, Nicaragua,
Panama, Colombie, Venezuela
Légende: E = En danger; V = Vulnérable; CT = Menacé par la pêche commerciale
SOURCE: Réf.20.
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Vue d'ensemble ...
Espèces (Noms communs)
Situation Pays
Lepidochelys kempii
E Mexique
(Kemp's Ridley, Atl. Ridley Sea Turtle,
Tortuga Lora)
Lepidochelys olivacea
E
Mexique, Cuba, Puerto Rico,
(Olive Ridley Turtle, Pacific Ridley Turtle,
Costa Rica, Honduras, Nicaragua,
Tortuga verde, Parlama)
Panama, Colombie, Vénézuela
Dermatemys mawii
V
Mexico, Belize, Guatemala,
(Central American River Turtle)
Honduras, Panama, Colombie,
Venezuela
Dermochelys coriacea
E Haïti
(Leatherback, leathery Turtle, Luth, Tortuga
Tora, Barriguda, Tartaruga)
Caïman crocodilus crocodilus
V
Trinidad et Tobago, Colombie,
(Spectacled Caïman)
Venezuela
Caïman crocodilus fuscus
V Mexico,
Cuba,
Nicaragua,
(Brown Caïman)
Panama, Colombie, Venezuela
Crocodylus acutus
E
Mexico, Bahamas, Îles Caïman,
(Amer. Crocodile, cocodrilo, Lagarto Negro)
Cuba, République Dom., Costa
Rica, Guatemala, Honduras,
Nicaragua, Panama, Colombie,
Vénézuela
Ameiva polops
E USVI
St. Croix Ground Lizard
Family Anthipathidae
CT
Région des Caraïbes
(Black Corals)
Strombus gigas
CT
Région des Caraïbes
(Queen Conch)
Panilurus argus, P. guttatus
CT
Région des Caraïbes
(Spotted Spiny Lobster)
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Rapport technique du PEC No. 2
A l'autre extrême, on trouve une destruction de la vie sauvage qui est une conséquence du
développement à grande échelle et de l'élimination ou, de la modification de l'habitat. Au fur et
à mesure que les plages isolées sont utilisées pour le tourisme et d'autres formes de
développement, l'habitat de ponte des tortues se réduit. Au fur et à mesure que les bancs de
boue, les étangs d'eau salée et les lagons littoraux sont remblayés pour servir de sites de
développement urbain, les zones d'hivernage des oiseaux aquatiques migrateurs disparaissent.
Dans le marais Caroni de la Trinité, par exemple, la façon de couver des ibis rouges a été
dérangée par le bruit des avions à réaction volant à basse altitude dont le couloir aérien passait
directement au-dessus de la zone de leur nid. (Les normes d'altitude pour le décollage et
l'atterrissage des avions ont été modifiées depuis lors).
Selon les rapports, des résidus de pétrole en suspension, tel que le goudron pélagique ont un
effet sur les tortues marines, en particulier dans la partie est du Golfe du Mexique. En dépit du
fait que toutes les espéc9s de tortues soient actuellement répertoriées comme étant menacées ou
en danger d'extinction, la chair de tortue continue à être un met de choix répandu, vendu dans
beaucoup d'endroits de la région.
Prisonniers du poids de la pauvreté d'un côté, et du développement de l'autre, les
gouvernements ont, en général, été inefficaces pour mettre en place des programmes
d'amélioration des ressources et de protection de la vie sauvage. Bien que quelques parcs et
zones protégées aient été créés, la gestion active que comprend la surveillance et l'application ne
correspond pas aux besoins. La prise de conscience du public pour ces questions, est limitée à un
cercle assez étroit de professionnels et d'intellectuels. Il y a un besoin croissant de campagnes
d'éducation publique adroitement conques et exécutées dans toute la région des Caraïbes. Sans
appui de la population, les sanctions appliquées aux contrevenants resteront inappliquées, et il y
a toutes les chances que l'exploitation d'écaille de tortues et de produits en plumes continue tant
que la population locale ne trouvera pas d'autres solutions pour gagner sa vie.
4. RESSOURCES
HALIEUTIQUES
A cause de différences régionales importantes dans les conditions océanographiques
physiques, la répartition des ressources halieutiques vont d'une abondance relative le long des
plates-formes continentales d'Amérique Centrale et du nord de l'Amérique du Sud, à une rareté
relative au large des îles de la chaîne des Antilles. La pêche commerciale qui utilise les
chalutiers a tendance à se concentrer le long des côtes du Vénézuela, du Mexique et des Etats
américains riverains du Golfe du Mexique. Porto Rico possède d'importantes installations de
transformation du poisson mais la pêche provient presque exclusivement du Pacifique. Parmi les
îles des Antilles, seul Cuba possède une industrie de la pêche mécanisée.
Il convient de noter que les conflits entre la pêche artisanale et la pêche industrielle
augmentent dans la région. On constate que dans un nombre croissant de cas, les chalutiers
industriels ont complètement éliminé la pêche artisanale en très peu de temps. L'accès aux
ressources de la mer et la faiblesse des droits traditionnels face à la technologie sont des
questions politiques ardues qui méritent d'être traitées.
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Vue d'ensemble ...
Base des ressources
Le secteur de la pêche à la Jamaïque est caractéristique des espèces rencontrées dans les
autres îles des Caraïbes. Comme dans la plupart des Etats et Territoires insulaires, la pêche en
mer est fondamentalement de nature artisanale, effectuée principalement par des pêcheurs qui
utilisent des canots8. A la Jamaïque, environ 95% de ces pêcheurs se rendent sur les récifs côtiers
et les bancs plutôt qu'en pleine mer.
Les espèces exploitées commercialement comprennent celles qui vivent prés des récifs de
corail en profondeur (démersales) incluant poissons, mollusques et crustacé s ainsi que les
espèces de poissons de haute mer (pélagiques). Dans les captures démersales, on trouve plus de
200 espèces, de poissons de récifs coralliens qui comprennent les mérous, les vivanaux, les
grondeurs, les rougets et les scares. Les espèces pélagiques océaniques de grand large
comprennent l'albacore, le makaire bleu, les dauphins et différents requins ainsi que les espèces
vivant prés des côtes comme les harengs, les anchois, les mulets et les carangues. Les espèces
océaniques sont prises à la ligne alors que les espèces côtières sont principalement capturées au
chalut et à la seine. Dans les Caraïbes, les nasses et les casiers représentent plus de 50% de
toutes les captures de poissons9. Pour chaque débarquement à la Jamaïque, la capture moyenne
effectuée avec des nasses est de 26,5 kilos, un chiffre qui est resté relativement stable depuis
1971. Cette production est conforme aux chiffres moyens de capture artisanale en Haïti qui,
selon la FAO, allai t de 13,5 à 33 kilos pour une p é ri ode de trois mois (septembre à novembre
1984).
D'autres ressources halieutiques des Caraïbes ayant une valeur commerciale comprennent
les crevettes, les lambis ou conques royales et les langoustes (tableau 4). Ces ressources, surtout
les lambis et les langoustes sont souvent prises sans aucune considération pour les règlements
concernant la taille et les restrictions sur la capture des femelles portant des oeufs. Dans le cas
d'Haïti, la production de langoustes, de mollusques et autres crustacés représentent environ la
moitié des captures pélagiques totales. Malgré ses 1500 km de côte, Haïti est un importateur net
de poissons séchés et salés pour satisfaire la demande domestique.
Il n'existe aucune information fiable dans la région sur les quantités pêchées. La FAO a
évalué à 484 000 tonnes le poids de produits débarqués en 1984, mais quelques années
auparavant, cette agence avait estimé que les chiffres de tonnage réels pouvaient être de 2 à 10
fois supérieure aux chiffres signalés. Peu d'inspecteurs, des méthodes de compte-rendu non-
normalisés, l'absence d'un système d'archives exploitable et le grand nombre de pêcheurs
artisanaux dispersés géographiquement rendent inefficaces les efforts pour utiliser des méthodes
statistiques éprouvées pour estimer les prises débarquées. A cause de ces facteurs, la
généralisation pour la région provient le plus souvent de l'expérience de quelques pays en
particulier qui sont également confrontés certain nombre des mêmes problèmes qui gênent les
efforts d'estimation à l'échelon régional.
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Rapport technique du PEC No. 2
Tableau 4:
Diminution des populations de langoustes et de lambis
Moyenne pour
Moyenne pour
% de baisse
1977-79
1980-82
77-78-79
(tonnes métriques)
(tonnes métriques)
et 80-81-82
Langouste des Antilles1 6,347 3,746 -41%
Lambis2
568 415 -27%
1 Belize, Costa Rica, Honduras, Nicaragua, Panama
2 Belize, Honduras
SOURCE: Réf.22.
Table 5: La production halieutique artisanale et industrielle au Vénézuela (en tonnes métriques)
A R T I S A N A L E
I N DU S T R I E L L E
Années
Sardines
Autres %
Thon Autres %
1981 27,974 91,108 68.0 34,807 21,150 32.0
1982 52,521 99,072 77.5 22,700 21,400 22.5
1983 41,078 106,651 68.1 44,400 24,872 31.9
1984 48,455 121,470 66.8 58,600 25,18 33.2
1985 53,797 114,797 60.1 82,800 29,819 39.9
1986 79,433 110,836 62.6 83,551 30,263 37.4
SOURCE: Réf.38.
On estime qu'en 1983 et en 1986, la production de poissons au Vénézuela a augmenté de
55%, due à une augmentation de 32% du nombre de chalutiers et à une hausse de 20% de la
flotte de bateaux de pêche artisanale durant la même période (tableau 5).
Même dans les zones où les réserves de poissons ne permettent plus qu'une pêche artisanale,
les programmes intensifs pour la conservation des réserves réduites et les nouvelles initiatives en
mariculture peuvent fournir des occasions qui doivent encore être saisies.
DANGERS NATURELS ET TECHNOLOGIQUES
La combinaison des dangers d'origine naturelle et technologique représente une menace
importante et constante pour l'économie et l'écologie de nombreux Etats et Territoires de la
région des Caraïbes.
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Vue d'ensemble ...
Dangers naturels
La région des Caraïbes est le cadre de toutes sortes de dangers naturels qui comprennent les
tremblements de terre, les crues fluviales, les éruptions volcaniques, des glissements de terrain,
et les effondrements, les houles d'orages associées aux ouragans ainsi que les vents violents et la
sécheresse. Les éruptions volcaniques de la Montagne Pelée (2 fois en 1902) ont fait plus de
30 000 morts. La Soufrière de St. Vincent est entrée en éruption en 1902 et encore en 1979. Un
accident volcanique en Colombie a fait fondre la neige d'un volcan, entraînant des inondations et
un fleuve de boue qui a tué 20 000 personnes en 1985. Des tremblements de terre désastreux ont
eu lieu à la Jamaïque, en Colombie, au Nicaragua, au Vénézuela, au Mexique et au Guatemala.
Les ouragans ravagent régulièrement les îles des Caraïbes et îles côtes du Mexique et des Etats-
Unis.
Dangers technologiques
La vulnérabilité aux dangers technologiques est également en train de s'accroitre dans la
région des Caraïbes. La combinaison d'un important trafic de pétroliers dans les Caraïbes, de
l'exploitation sur une grande échelle du pétrole et du gaz et des forages exploratoires rendent la
région particulièrement vulnérable aux déversements d'hydrocarbures et d'autres substances qui
po1luent les eaux et mettent en danger les écosystèmes marins et côtiers. Les usines chimiques,
pétrochimiques et pharmaceutiques, dont beaucoup sont situées au point de rencontre entre la
terre et la mer, représentent toutes des risques potentiels12.
Les effets destructeurs d'un événement important, qu'il soit d'origine naturelle ou lié à
l'industrie, peuvent avoir des répercussions, dans toute la région. Il est donc essentiel que les
Etats et Territoires de la région développent des capacités institutionnelles pour une réponse
commune dans des cas de désastres environnementaux. En décembre 1987, l'Assemblée générale
des Nations Unies a adopté une résolution déclarant les années 90 comme la « Décennie
internationale » pour la réduction des dangers naturel? selon laquelle la communauté
internationale, sous l'égide des Nations Unies, prêtera une attention particulière pour encourager
la coopération internationale dans les domaines de la réduction des dangers naturels,"...
Bien que La coopération intergouvernementale ait été renforcée grâce à des organisations
telles que le Pro et pancaribéen de préparation et de prévention des désastres, quelques
gouvernements maintiennent des liens plus étroits avec les gouvernements de leur métropole en
Amérique du Nord ou, en Europe, qu'avec leurs voisins des Caraïbes. Une situation comparable
existe dans le monde scientifique et académique où l'on trouve des divisions en fonction des
groupes nationaux ou linguistiques. C'est particulièrement le cas dans les domaines de la
sismologie, de la météorologie et de la volcanologie.
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Rapport technique du PEC No. 2
6. CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET LA HAUSSE DU NIVEAU DE LA MER
La communauté scientifique a largement accepté le phénomène de la hausse du niveau de la
mer et des températures ainsi que les changements dans le système des vents et des
précipitations. De plus, on a déterminé que le phénomène "El Niño", qui se produit dans l'Océan
Pacifique influe sur le climat mondial et l'activité des ouragans dans les Caraïbes. Ces
phénomènes régionaux et planétaires pourraient avoir des conséquences graves pour une grande
partie des Etats et Territoires de la région des Caraïbes.
Bien qu'il soit trop tôt pour recommander des actions spécifiques, une étude sérieuse et une
évaluation du point de vue régional est nécessaire. Compte tenu des informations disponibles, on
peut résumer les conséquences de l'effet de serre comme suit: (i) une augmentation des
températures globales qui sera plus importante dans les régions tempérées et polaires que sous
les tropiques, (ii) une augmentation moyenne des précipitations dans le monde, (iii) un taux
moyen mondial d'évaporation plus élevé, (iv) une réduction répandue de l'amplitude thermique
annuelle avec des saisons chaudes plus longues et avec des saisons froides plus courtes.
La fonte de la calotte glaciaire qui entraîne l'élévation du niveau des mers et le
réchauffement des océans pourrait également provoquer une perte de basses plaines agricoles
productives. De plus, il y aurait un impact important sur les ressources des marais, des propriétés
de qualité sur la plage et sur le tiers de la population mondiale qui vit à moins de 60 kms, de la
côte. On estime que l'impact sur quelques zones de la région des Caraïbes pourrait dépasser celui
d'autres zones à cause de l'apparition simultanée de glissements de terrain. Quelques pays des
Caraïbes (Costa Rica, Guatemala et Grenade) sont en train de mettre en place une réglementation
pour la construction et le développement en prévision de l'élévation du niveau de la mer.
Suite aux préoccupations exprimées au sujet des conséquences possibles d'un changement
climatique sur l'environnement marin et côtier, le PNUE, en coopération avec la COI, a entamé
la préparation d'études régionales qui passeront en revue la situation dans plusieurs régions du
monde. Ces études sur les Caraïbes présumeront une hausse de 20 cm du niveau de la mer et une
hausse de température de 1,5oC avant l'an 2025, selon des hypothèses faites en 1985 dans le
"scénario global" de FOMM/CIUS/PNUE.
Une conclusion importante de l'Equipe de Travail des Caraïbes sur les implications des
changements climatiques est que la hausse attendue du niveau de la mer et des températures
augmentera la vulnérabilité des sociétés à d'autres types de changements environnementaux. Ces
résultats sont résumés dans le tableau 6.
L'équipe a découvert que le niveau de la mer dans la région a augmenté a environ 0,36 cm
en moyenne par an au cours des 30 dernières années. Néanmoins, ceci varie considérablement
dans la région, à tel enseigne que toutes les zones de la région ne subissent pas cette
augmentation. L'équipe est arrivée à la conclusion que les études de cas étaient le moyen le plus
efficace d'évaluer les effets du changement climatique et que plusieurs sites qui sont considérés
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Vue d'ensemble ...
Tableau 6:
Implications des changements climatiques dans la région des Caraïbes
Termes de référence
Hausse de 20 cm du Hausse de température de
niveau de la mer
1,5oC
Ecosystèmes
Niveau de vulnérabilité
Deltas Elevé
Bas
Estuaires Modéré
Modéré
Marais Modéré
Modéré
Plaines côtières
Modéré
Bas
Récifs de corail
Modéré
Modéré
Mangroves Modéré Bas
Lits d'herbiers
Modéré
Bas
Ressources halieutiques
Bas
Modéré
Ressources agricoles
Bas
Bas
Forêts Bas
Modéré
Socio-économique
Niveau de vulnérabilité
Zones côtières
Bas
Modéré
Tourisme Modéré
Bas
Habitat et structures
Modéré
Bas
Santé publique
Bas
Modéré
Orages tropicaux
Bas
Elevé
comme étant à haut risque de changement du niveau de la mer et de l'augmentation de la
température devraient être sélectionnés pour des études intensives et extensives. Des recherches
supplémentaires seront poursuivies dans cinq secteurs clés: l'érosion côtière, l'extraction des
eaux souterraines et du pétrole, la fréquence et l'intensité des orages tropicaux, intensité,
éolienne et transport océanique et la décharge des rivières. Les études de cas seront conques pour
répondre aux processus physiques, aux aspects écologiques et aux problèmes socio-
économiques.
7.
SANTE DE L'ENVIRONNEMENT
L'urbanisation et l'industrialisation croissantes, la généralisation de l'utilisation des
insecticides (tableau 7), une dépendance grandissante vis-à-vis, des produits agro-chimiques,
l'augmentation dans, les concentrations de polluants plus fortes dans l'air et dans Peau, tous ces
facteurs augmentent la vulnérabilité du public face aux maladies. Une étude récente sur un pays
de la région a révélé que l'eau potable était contaminée par des bactéries dans tout le pays,
périodiquement ou de manière continue. Des réservoirs d'eau potable de nombreuses grandes
villes de la région dépassent les niveaux autorisés de coliformes fécaux.
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Rapport technique du PEC No. 2
Maladies transmises par l'eau
Les produits de l'ostréiculture commerciale dans le Mississippi Sound ont été
périodiquement interdits à la vente lorsque les inspecteurs de l'Etat ont trouvé, dans les zones
d'élevage des coquillages des niveaux élevés de contamination de l'eau. La concentration en
métaux lourds dans les huîtres de mangrove prés de la côte de Campêche au Mexique est
aujourd'hui plus élevée qu'il y a dix ans. La pollution bactérielle dans le chenal interne de la baie
de Carthagène en Colombie est très importante. Pendant les périodes d'inondation les
constructions proches du lagon Ciénaga de la Virgen sont recouvertes par des eaux qui
contiennent des concentrations élevées de bactéries coliformes. La baie de La Havane, les ports
de Véracruz, San Juan, la Guadeloupe et Curaçao souffrent du déversement de déchets urbains et
pour lesquels la pêche et le ramassage des coquillages dans les eaux contaminées ne sont pas
contrôlés, que ce soit pour une consommation individuelle ou pour la vente.
La maladie et la mortalité sont liées à de mauvaises conditions environnementales. Les
maladies diarrhéiques et la fièvre typhoïde qui sont transmises par les aliments et l'eau
contaminés continuent à représenter un problème de santé sérieux dans la région. D'autres
maladies parasitaires, et contagieuses liées à l'environnement sont le paludisme, la
schistosomiase, l'hépatite virale, la dengue et la fièvre jaune.
Le besoin urgent se fait sentir d'identifier les conditions environnementales menant à ces
maladies afin de mettre en place les infrastructures prioritaires en ce qui concerne l'adduction
d'eau et la gestion des égouts, et des déchets solides. Le besoin d'agents pour la santé de
l'environnement est une question qui est étroitement liée aux précédentes. Selon les études
récentes, il y a un besoin urgent d'améliorer la formation et le recrutement du personnel de la
santé publique à travers la région.
Besoin croissant en infrastructure
Au fur et à mesure que les populations émigrent vers les centres urbains, les investissements
pour les services de base (adduction d'eau, systèmes d'égouts, et de ramassage des ordures) sont
restés très en retard par rapport aux besoins minimums d'une vie urbaine décente et productive.
La prolifération des véhicules entraîne une augmentation du niveau de pollution de l'air qui est
universelle. Les métaux lourds concentrés dans les eaux de ruissellement urbaines s'écoulent
dans les baies et estuaires, autrefois riches en vie marine.
Les coûts d'infrastructure sociale sont élevés. L'incapabilité de faire face à ces coûts mène à
une détérioration continue de l'environnement urbain ainsi qu'à une croissance sans cesse des
besoins non satisfaits dont les coûts cumulés sont excessivement élevés en comparaison aux
niveaux modernes de la santé de l'environnement, la sauvegarde du public et les facilités
urbaines. De sévères carences en logements à loyers modérés ont abouti à la surpopulation, la
croissance la croissance incontrôlée des occupations illégales de logement et la détérioration des
quartiers centraux dans les villes.
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Vue d'ensemble ...
Tableau 7.
Intoxication par les insecticides dans cinq pays d'Amérique Centrale (1971-1976)
Pays
1971 1972 1973 1974 1975 1976 Total
Costa
Rica 196 235 259 326 216 NR 1,232
El
Salvador 586 2,860 1,301 1,331 1,454 1,385 8,917
Guatemala
1,134 2,313 1,621 1,010 1,044 1,144 8,266
Honduras NR 30 48 37 NR NR 115
Nicaragua NR 557 243 NR NR NR 800
Total
1,916 5,995 3,472 2,704 2,714 2,529 19,330
NF Donnée non fournie.
SOURCE: Réf.3.
Mise en valeur des ports industriels
D'un point de vue plus positif, un grand nombre des Etats et Territoires de la région
modernisent et agrandissent leurs ports pour s'adapter aux besoins du marché et à l'évolution des
technologies du transport maritime, comme la mise en conteneurs et le roll-on-roll-off.
Malheureusement, beaucoup de travaux d'agrandissement portuaire détruisent des habitats
marins, de très grande valeur, polluent l'environnement marin et coupent, tant visuellement que
physiquement, la ville de la mer. Le déversement des matériaux dragués lors de la création de
nouveaux chenaux et de l'entretien des chenaux plus anciens, est devenu un problème presque
universel.
Possibilités des fronts de mer urbains
Sans minimiser la sévérité du problème, un grand nombre de villes principales de la région
des Caraïbes possèdent un attribut exceptionnel, leur emplacement au bord de la mer. Les fronts
de mer urbains, bien qu'ils soient souvent négligés, et en mauvais état représentent un potentiel
important. En profitant de cet emplacement aux confins de la terre et de la mer, le front de mer
urbain, s'il est mis en valeur de façon créative, devient un centre d'intérêt, attirant à la fois les
touristes et les résidents et revitalise le centre ville.
Cet emplacement aux confins de la terre et de la mer est d'une grande valeur situationnelle
qui pourrait être amélioré, apportant du divertissement, de la vitalité et de la variété au paysage
urbain et générant des valeurs économiques, esthétiques et récréatives. Bridgetown, à la Barbade,
est l'un des premiers exemples qui montre comment l'interpénétration de la mer et du centre-ville
peut réhausser la beauté d'un site et créer de nouvelles sources d'activités économiques.
La préservation et la restauration des sites historiques mettent davantage en valeur le cadre
du front de mer. Des expériences de ce type dans les centres des métropoles d'Amérique du Nord
et d'Europe ont démontré que les fronts de mer urbains peuvent attirer le tourisme local et
international qui, à leur tour, entraînent la croissance du petit commerce en détail et augmentent
les débouchés pour l'artisanat et les produits locaux
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Rapport technique du PEC No. 2
8.
TOURISME - EFFETS ET POTENTIALITES
Les dernières années ont témoigné d'une croissance explosive du tourisme dans la région,
une industrie extrêmement dépendante d'une qualité élevée de l'environnement naturel. C'est une
industrie pour laquelle le lien entre l'économie et la qualité de l'environnement est indiscutable.
La plupart des visiteurs viennent dans les Caraïbes pour le soleil, la planche à voile, la mer et le
sable, ("sun, sea, surf and sand"), et l'argument en faveur de la protection de l'habitat, d'un point
de vue économique est primordial puisque la destruction de l'habitat peut menacer les ressources
de base dont dépend le tourisme.
En 1988, l'industrie du tourisme était la principale source de devises de la Jamaïque,
comptant pour 23% des recettes en devises fortes du pays42. Soixante-dix pour cent de
l'économie des îles Caïman dépend du tourisme. L'économie d'Antigue et Barbude dépend
presque exclusivement du tourisme, et les agences de tourisme, une fois perdues dans la
bureaucratie gouvernementale, ont été maintenant promues au niveau d'un ministère.
La Barbade, dont l'économie dépend beaucoup du tourisme, prévoit une augmentation de
touristes de plus de 10% en 1990 par rapport à 1988. L'île a accueilli plus de 450 000 touristes en
1988 et l'industrie a rapporté 459,1 millions de dollars durant la Même année, à savoir, 84
millions de dollars de plus que l'année précédente.
Accélération de la construction d'hôtels
Beaucoup de pays ont entamé de vastes programmes de construction d'hôtels. Tobago se
lance dans un programme de développement touristique ambitieux qui comprend la construction
d'un nouvel aéroport international et d'importantes améliorations portuaires pour accueillir des
nqvires de croisière. Le plus récent et le plus grand des Club Méditerranée a été construit à
Providenciales, dans les îles Turques et Caïques, une zone riche en habitats côtiers à l'état
presque primitif.
Mais avec des milliers de chambres en cours de construction dans les Caraïbes, les
inconvénients causés par le tourisme ainsi que les occasions qu'il offre doivent être étudiés avec
soin, en particulier, depuis que des prêts et des allocations ont été offerts par des bailleurs de
fonds internationaux pour stimuler ce développement.
Effets du tourisme sur l'environnement côtier et marin
La plus grande partie de ce développement se déroule sans qu'il y ait eu d'évaluation de
l'environnement. Par conséquent:
- on construit des hôtels dans des zones d'habitat naturel riche. Les récifs coralliens sont
détruits à l'explosif pour ménager, pour des petits bateaux, des passages vers les marinas
et les ports de plaisance,
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Vue d'ensemble ...
- les chenaux des résidences et les marinas mal conçus se transforment en fossés septiques
à cause de la mauvaise circulation de l'eau causée souvent par une diminution de la
profondeur qui empêche le va-et-vient des marées,
- les aménagements touristiques sont construits sans système d'égouts et de traitement des
eaux adéquats ou avec des stations clé en main qui sont souvent inefficaces. Il y a de
nombreux exemples d'hôtels modernes construits sans qu'on ait prévu de traiter les eaux
usées, en espérant que les systèmes municipaux se chargeraient de déverser les déchets,
immédiatement ou dans un proche avenir. En conséquence, les déchets bruts sont
souvent déversés dans les eaux des océans voisins des plages de baignade qui sont
rapidement polluées par des coliformes fécaux et d'autres bactéries pathogènes. Pendant
des années, les plages qui longent la zone de Condado, à San Juan, étaient équipées pour
avertir les baigneurs des niveaux de pollution dépassant les normes sanitaires,
- l'utilisation de voitures de plage et de tricycles à moteur par la clientèle des hôtels
détruit fréquemment les dunes et leur végétation, contribuant à l'érosion des plages. Des
sorties organisées pour les loisirs sur les îles au large des côtes et sur les cayes peuvent
détruire un habitat fragile. Le prélèvement de coraux et la pêche au harpon peuvent
également réduire les ressources marines lorsqu'i1s ne sont pas réglementés30.
De plus, le développement de l'infrastructure touristique engendre l'exploitation du sable et
la désertification côtière, ayant les effets négatifs mentionnés auparavant.
Symbiose du tourisme et de la protection des ressources marines
Le tourisme est à présent, la principale source substantielle de devises étrangères dans la
région des Caraïbes et se trouve inextricable ment lié à l'image de beauté naturelle, de diversité
dans la faune et la flore et à la possibilité de voir et d'entendre un environnement tropical et sub-
tropical. La plupart des touristes sont particulièrement intrigués par les espèces qui vivent prés
des récifs coralliens et les réserves de vie sauvage marine.
Correctement conseillés, les touristes respecteront les contrôles et les règlements sur
l'environnement. La menace la plus importante pour l'environnement ne provient pas touristes,
mais d'un processus de développement imparfait dont on doit admettre que les gouvernements de
la région et le secteur privé sont responsables et qu'i1s doivent corriger. Leur faiblesse
institutionnelle à l'égard de la planification globale, la révision de projets, l'étude d'impact et la
programmation du financement pour soutenir l'infrastructure doivent être étudiés en tant que
priorité des gouvernements, des agences donatrices et des institutions de financement.
Etant donné la reconnaissance récente par la Banque Mondiale, entre autres institutions de
financement, de la symbiose entre l'environnement et le développement, une approche plus saine
et plus responsable du développement du tourisme peut bientôt prendre corps. Une indication de
cette prise de conscience grandissante est le vaste programme de planification environnementale
qui est en cours à St. Christophe dans le cadre du programme de développement lancé par
l'USAID pour 12,5 millions de dollars pour aménager un accès routier au Péninsule du Sud-est,
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Rapport technique du PEC No. 2
zone mesurant 4 000 hectares de marais salants, de plages sableuses et de forêts, accessibles
autrefois uniquement en jeep ou par bateau.
Lier le tourisme à la création de parcs et de zones protégées
L'importance de la protection des ressources physiques de base et de la promotion d'une
diversité biologique est de plus en plus acceptée dans la région, en me 1 me temps que
l'importance économique de la préservation d'un environnement de qualité a obtenu une plus
grande attention. Un développement soutenu et à long terme a été accueilli de façon positive
dans toute la région. Ce concept fait maintenant partie du courant de pensée principale quant à la
planification stratégique pour la croissance et la développement de la région (voir la Déclaration
de Langkawi sur l'environnement, octobre 1989; et noter la Commission de l'Amérique latine et
des Caraïbes sur le développement et l'environnement, octobre 1989).
En réponse à ces conditions, les nations des Caraïbes ont commencé à chercher des moyens
de protéger leurs bases de ressources marines limitées et qui se réduisent de façon alarmante.
L'apparition à l'échelon régional d'un programme en faveur des parcs et des zones protégées est
la suite logique d'un processus d'évolution qui se déroule dans toute la région des Caraïbes.
La création de parcs et de zones protégées est une première étape importante. Toutefois,
sans contrôle et sans mise en application, les anciennes habitudes d'exploitation vont
certainement persister. Alors que l'on a mis en place quelques zones marines protégées (tableau
8), beaucoup d'autres restent exposées aux dépradations des braconiers et à l'extraction des
minéraux. Même quand les réserves marines sont officiellement créées, de nombreux conflits
apparaissent dans leur gestion quotidienne. La réserve marine de la Barbade, par exemple, est
polluée par les eaux usées et le déversement des eaux de piscine des hôtels avoisinants, les
pêcheurs font pression sur les autorités pour obtenir la permission pour pêcher dans les eaux de
la réserve, le corail (surtout le corail noir) continue à être ramassé comme souvenir et les
or2anisateurs de sports aquatiques (le jet ski, par exemple) continuent à utiliser la zone45 et 47.
Page 22
Vue d'ensemble ...
Tableau 8:
Parcs marins et zones côtières protégées dans la région des Caraïbes
Pays
Nom de la zone protégées
Année de Hectares (%Marin)
création
Antigue and Diamond Reef Marine Park
1973
2,000
(100)
Barbuda
Nelson's Dockyard National Park
1984
3,108
--
Palater Reef Marine Park
1973
500
(100)
Antilles
Bonaire Underwater Park
1979
2,600
(100)
néerlandaises Curaçao Underwater Park
1983
1,036
(100)
Flamingo Sanctuary
1969
55
--
Saba Underwater Park
1987
--
(100)
Simpson Bay Lagoon
--
1,250
--
Spanish Lagoon
1980
70
--
Washington-Slagbaai National Park
1969
5,900
--
Bahamas
Black Sand Cay Reserve
1988
0.5
--
Conception Island Land and Sea Park
1971
850
(20)
Exurna Cays Land and Sea Park
1958
45,564
(80)
Inagua National Park
1963
74,333
(10)
Lucayan National Park
1982
16
--
Pelican Cays Land & Sea Park
1981
850
(80)
Peterson Cays and and and Sea Park
1968
0.6
--
Union Creek
1963
1,813
--
Barbade
Barbados Marine Reserve
1980
250
(100)
Belize
Crown Reserves (7 sites)
1977
5.6
--
Half Moon Cay Natural Monument
1982
4,144
(95)
Hol. Chan Marine Reserve
1987
1,300
(90)
Colombia
Santuario de Fauna Ciénaga Grande de 1977 23,000
--
Santa Marta
Parq. Nac. Corales del Rosario
1977
18,700
(90)
Reserva Nat. Caya Cotton Cay
1971
3,600
--
Parq. Nac. Natural Isla de Salamanca
1964
21,000
(61)
Sanctuario de Fauna Los Flamencos
1977
7,000
--
Parq. Natural y Reserva de la Biósfera 1964 383,000
--
Sierra Nevada de Santa Marta
Parq. Nat. Nacional Tayrona
1969
15,000
(25)
Page 23
Rapport technique du PEC No. 2
Pays
Nom de la zone protégées
Année de Hectares (%Marin)
création
Costa Rica
Ref. Nac. Vida Silv. Barra de Colorado
1985
92,000
--
Parq. Nacional Cahuita
1970
1,700
(35)
Ref. Nac. Vida Silv. Gondoca Manzanillo 1987
9,449
--
Parq. Nacional Tortuguero
1975
18,947
(16)
Cuba
Parque Bocanao
1986
19,700
--
Cayao Caguanes
1986
12,500
--
Cayao Cantiles
1986
6,800
--
Cayao Coco Cayo Guillermo
1986
27,188
--
Cayao Guayaba
1986
10,445
--
Cayao Largo
1986
37,500
--
Cayao Romano
1986
82,554
--
Cayao Rosario
1986
5,000
--
Parq. Nac. Marino Cayo Sabinal
1986
34,651
--
Cuchillas del Toa
1986
--
--
Parq. Nac. Desembarco del Granma
1986
25,764
--
Ensenada de Mora
1986
792
--
Parque Encambray
1986
187,400
--
Habonica 1986
3,383
--
Jibacoa-Bacunayagua 1986
30,000
--
Península de Hicacos
1986
107,704
--
Península de Saetia
1986
4,154
--
Portillo 1986
448
--
Punta Perdenales Cabo Francés
1986
12,000
--
Parq. Nac. Sierra Maestra
1986
528,000
--
Dominique
Cabrits National Park
1987
360
(66)
Etats-Unis
Biscayne National Park
1968
41,120
--
Ev
Floride du erglades National Park
1947
566,796
--
Sud
Florida Keys National Wildlife Refuge
--
60,066
--
Fort Jefferson National Museum
1935
64,000
--
J.N. "Ding" Darling National Wildlife 1945 20,000
--
Refuge
John Pennekamp Coral Reef State Park
1960
22,684
--
Key Largo National Marine Sanctuary
1975
67,000
--
Looe Key National Marine Park
1981
1,810
--
Pine Islands, Matlacha Pass and Island 1908 186 --
Bay National Wildlife Refuges
Rookery Bay Nat. Estuarine Reserve
1978
38,000
--
Page 24
Vue d'ensemble ...
Pays
Nom de la zone protégées
Année de Hectares (%Marin)
création
Guadeloupe
Grand Cul de Sac Marin
--
4,700
(100)
Guatemala
Biotopo Manambique
1986
35,000
--
Parq. Nac. Rio Dulce
1955
73,000
--
Honduras
Regugio de Vida Silvestre Cuero y Salado 1986
8,700
--
Reserva de la Bíosfera Río Platano
1980
350,000
--
Iles Caïman
Colliers Bay Pond
1976
32
--
Meagre Bay Pond
1976
38
--
National Marine Park System
1986 10,000
--
(with 24 non-contiguous units)
Westerly Ponds/Salt Water Ponds
1980
24
--
Buck Island National W
Iles Vierges
ildlife Refuge
1969
20
--
américaines
Buck Island Reef, St. Croix
1961
356
(80)
Green Cay National Wildlife Refuge
1977
6
--
Sandy Point National Wildlife Reguge
1974
149
--
Virgin Islands National Park, St. John
1976
6,073
(33)
F
Iles Vierge lamingo Pond Bird Sanctuary
1977
449
--
britanniques
The Baths National Park
1987
3,250
--
West Dog Island Forestry Park
1974
12
--
Wreck of the Phone Marine Park
1980
323
(96)
Jamaïque
Montego Bay Marine Park
1974
59
(100)
Morant Cays Managed Area
1907
12,000
--
Ocho Rios Marine Park
1966
278
(100)
Pedro Bank and Cays Managed Area
1907
1,000,000 (100)
Martinique
Reserve Naturelle de la Caravelle
1976
517
--
Mexico
Parq. Marino el Garrafó e Isla Mujeres
1980
--
--
La Blanquilla Marine Park
1975
6,687
--
Gancun-Nizuc-Isla Mujeres
--
--
--
Arrecifes de Cozumel includo el Parq. 1980 76,800
--
Chankanaab
Reserva Ecológica Isla Contoy
1970
700
--
Ria Celestum
1979
59,130
--
Rio Lagartos
1918
47,840
--
Reserva de la Biófera Sian Ka'an
1986
528,147
--
Parq. Nacional Tulum
1981
664
--
Page 25
Rapport technique du PEC No. 2
Pays
Nom de la zone protégées
Année de Hectares (%Marin)
création
Montserrat
Fox's Bay Bird Sanctuary
1979
6
--
Panama
Reserva de la Biósfera Comarca Kuna 1983 320,600
(12)
Yala
Parq. Nac. Isla Bastimentos
1988
15,000
--
Parq. Nacional Portobello
1976
17,364
--
Porto Rico
Cabo Rojo National Wildlife Refuge
1974
237
--
Culebra National Wildlife Refuge
1909
284
--
Desecho National Wildlife Refuge
1968
145
--
Estuarine Sanctuaries
1982
1,600
--
République
Parq. Nac. Cabo Frances Viejo
1974
--
--
dominicaine
Parq. Nac. Ciudad de Puerto Plata
1971
--
--
Parq. Nacional del Este
1975
43,400
--
Parq. Nac. Jaragua
1983
13,380
--
Parq. Nacional Submarino La Caleta
1983
1,210
--
Reserva Científica Laguna Redonda y 1983 1,210 --
Laguna Limón
Parq. Nac. Litoral Sur de Santo Domingo
1986
--
--
Parq. Nac. Los Haitises
1976
20,000
--
Parq. Nac. Monte Cristi
186
55,000
--
Bahía Samana Santuario Marino Banco 1986 --
--
de Plata
Sainte Lucie
Maria Islands Reserve
1982
45
(0)
Pigeon Island National Historic Park
1979
20
(0)
Suriname
Copie Nature Reserve
1986
28,000
--
Coppename Mouth Nature Reserve
1966
10,000
--
Galibi Nature Reserve
1969
4,000
--
Peruvia Nature Reserve
1986
35,000
--
Upper Coesewijne Nature Reserve
1986
37,000
--
Wanekreek Nature Reserve
1986
43,860
--
Wia-wia Nature Reserve
1961
36,000
--
Page 26
Vue d'ensemble ...
Pays
Nom de la zone protégées
Année de Hectares (%Marin)
création
Trinité-et-
Buccoo Reef & Bon Accord Lagoon
1970
650
(90)
Tobago
Caroni Swamp Wildlife Reserve
1982
7,900
--
Kronstadt Island wildlife Sanctuary
1940
5
--
Little Tobago Wildlife Sanctuary
1928
101
--
Saut d'Eau Wildlife Sanctuary
1935
10
--
Soldado Rock Wildlife Sanctuary
1934
1,832
--
St. Giles Islands Wildlife Sanctuary
1968
29
--
Venezuela
Parq. Nac. Archipielago Los Roques
1972
225,153
--
Ref. De Fauna Silvestre Los Olivitos
1987
24,200
--
Refugio de Fauna Cuare
1972
11,825
--
Parque Nacional Henri Pittier
1937
107,800
--
Refugio de Fauna Isla de Aves
1974
4
--
Reserva de Fauna Juan Manuel de Aguas -- 27,795
--
Blancas y Aguas Negras
Monumento Natural Laguna de las 1974 3,674 (50)
Marites
Parq. Nacional Laguna de Restinga
1974
10,000
(15)
Parq. Nacional Laguna de Tacarigua
1974
18,400
(50)
Monumento Natural Las Tetas de María 1974 1,670 (20)
Guevara
Parq. Nac. Medanos de Coro
1974
91,280
(54)
Parq. Nacional Mochima
1973
94,935
(52)
Parq. Nacional Morrocoy
1974
32,090
(60)
Parq. Nacional Península de Paria
1978
37,500
--
III. POLLUTION MARINE: UNE MENACE AU DEVELOPPEMENT SOUTENU
Renforcer la base des ressources
Les écosystèmes marins et côtiers de la mer des Caraïbes et du Golfe du Mexique
fournissent une source importante de revenus dont dépendent, directement ou indirectement, des
millions de personnes. Les ressources de la frange côtière - plages et récifs de corail - servent de
base à une industrie touristique dynamique. Les ressources exploitables en crustacés et en
poissons forment la base économique de toute une gamme d'exploitations allant de l'entreprise
artisanale jusqu'à celles qui utilisent une mécanisation très poussée et qui approvisionnent les
marchés mondiaux. De nouvelles initiatives comme les projets pour les crabes araignées de mer
en République Dominicaine et dans les îles Turques et Caïques, et bien qu'i1s soient dans leur
phase pilote, pourraient offrir des bénéfices potentiellement importants. Parmi d'autres projets
novateurs qui ont été mis en route, on trouve la culture de la mousse de mer à Sainte Lucie,
l'élevage des tortues de mer au Suriname, un projet concernant les lambis ou conques royales est
Page 27
Rapport technique du PEC No. 2
en cours aux îles Turques et Caïques, et à l'Institut des Affaires Marines à la Trinité (IMA), on
étudie la possibilité d'adapter la crevette indonésienne à un environnement antillais. Pour réussir,
ces projets nécessitent tous un environnement relativement non pollué et un cadre institutionnel
qui encourage l'innovation et l'expérimentation.
Sources de pollution
La pollution ayant pour origine des activités situées à terre et en mer, ainsi que celles qui
proviennent de l'exploitation de gisements de pétrole et de gaz entrave l'exploitation productive
des ressources halieutiques et des zones touristiques viables et représente une menace importante
pour un développement important soutenu. La pollution marine provient de plusieurs sources à
l'intérieur des limites territoriales de la région. Les différents types de contaminants
comprennent le pétrole et ses dérivées, les contaminants minéraux y compris ceux provenant des
plantes destinées à la transformation minérale, les contaminants urbains et industriels ainsi que
les contaminants agricoles.
La pollution marine est présente dans tous les grands ports - La Havane, Kingston, San Juan,
Veracruz, Carthagène, Puerto Cabello et Port d'Espagne1. Les sédiments marins retiennent des
concentrations importantes de métaux lourds comme le cuivre, le cadmium, le chrome, le plomb,
le zinc et le mercure qui s'accumulent à cause des activités d'évacuation des déchets et des
pratiques de décharge dans le passé43. Ces sédiments, à la suite du dragage, entrent dans la
colonne d'eau, et sont souvent ingérés par les organismes marins, tels que les crustacés. et entrent
dans la chaîne alimentaire.
Certaines pollutions marines proviennent d'activités transfrontières et extra - régional es. La
nature transfrontière de la pollution marine nécessite une approche régionale et commune pour
son évaluation et son contrôle. La difficulté de développer et de mettre en place un système de
contrôle et d'évaluation régional requiert une approche intégrée à la fois aux niveaux national et
régional.
L'évaluation et le contrôle de la pollution marine dans la région exige une action vigoureuse
et importante. Jusqu'à présent, les éléments de recherche et de surveillance ont reçu un soutien
important. Le programme CARIPOL pour la recherche et la surveillance de la pollution causée
par les hydrocarbures dans la région des Caraïbes est mené avec succès depuis 10 ans11.
Cependant, il n'existe pas de base de données similaire pour les autres polluants, tels que les
eaux usées et les déchets industriels et agrochimiques.
SOURCES TERRESTRES DE POLLUTION
Partout dans la région, les polluants d'origine terrestre dégradent et détruisent les habitats
marins proches des côtes, infectant les zones de baignade et provoquant des dangers pour la
santé publique. Il y a des preuves de plus en plus nettes selon lesquelles ce type de pollution
augmente au fur et à mesure que l'urbanisation dépasse la capacité des infrastructures
municipales existantes. En général, le traitement des eaux usées domestiques et les déchets
industriels est largement inadéquat. Dans la zone urbaine de Kingston, seulement 36 pour cent
des logements sont reliés au système d'égouts municipal. En République Dominicaine environ
Page 28
Vue d'ensemble ...
15% seulement de la population urbaine est reliée à un système d'évacuation et de traitement des
eaux usées. Même quand, dans la région, un réseau d'égouts a été construit, le fonctionnement et
l'entretien des usines de traitement, ainsi que la surveillance et l'application des normes ne sont
souvent pas satisfaisants.
Au lixiviat provenant du volume croissant des déchets solides qui s'accumulent dans des
remblayages mal réalises qui se trouvent souvent dans des marécages intercotidaux, s'ajoute la
pollution des; eaux de surface et des eaux souterraines. Les mers de la région des Caraïbes
servent de collecteurs aux systèmes de drainage continentaux dont le Mississippi, le Rio Grande,
le Magdalène et l'Orénoque. Aux influences de ces systèmes continentaux de décharge s'ajoutent
celles du refoulement de nombreux bassins versants des îles des Caraïbes et d'Amérique
Centrale, dont 70 pour cent de la superficie déchargent dans les Caraïbes (tableau 2). 11 est donc
concevable que des polluants et des sédiments venant d'aussi loin que les Andes et les Grandes
Plaines septentrionales d'Amérique du Nord puissent atteindre les estuaires et les baies de la
région, des Caraïbes.
La possibilité de contaminer les écosystèmes est encore aggravée par l'augmentation de
l'utilisation de produits agrochimiques. Au fur et à mesure que l'agriculture traditionnelle cède
le pas à des techniques agricoles qui utilisent de grandes quantités d'engrais artificiels et une
large gamme de pesticides, le danger de contamination des eaux souterraines et des eaux de
surface, ainsi que la contamination des eaux côtières augmentent proportionnellement.
Déchets industriels
Les déchet générés par le raffinage du sucre et la distillation de l'alcool constituent une
source fréquente de pollution. Ces déchets contiennent une grande quantité de résidus solides qui
provoquent une demande importante en oxygène ayant comme résultat une détérioration rapide
de l'environnement.
Il y a de nombreux exemples qui illustrent le déversement de déchets entraînant souvent
l'extermination de poissons. Un massacre de ce genre s'est produit en 1988 dans le Golfe de
Paria. Un banc de poissons morts long de 1,6 km et large de 300 m a été signalé par l'Institut des
Affaires maritimes de la Trinité qui attribua la mort des poissons à un appauvrissement en
oxygène associé à une prolifération d'algues dans le golfe.
Dans un effort de suivre l'exemple des économies des pays industriels et de s'affranchir de la
dépendance de l'exportation de produits de base, certains pays de la région ont mis en place des
industries lourdes qui sont à l'origine des principales sources de pollution par des produits
toxiques. Bien que le contrôle des émissions de beaucoup d'industries de ce type soit strict en
Europe ou en Amérique du Nord, il ne peut s'appliquer aux industries de la région. Et même
lorsque les lois et les règles sont édictées, il est souvent difficile de surveiller et de faire
appliquer activement les normes d'émission dans l'air et dans l'eau.
Accablés par les besoins en traitement d'eaux usées d'origine domestique, les responsables
font preuve d'un mépris presque total des dangers que représentent les effluents industriels. A
des degrés différents, les usines chimiques, les procédés de récupération des batteries
Page 29
Rapport technique du PEC No. 2
automobiles, les usines de placage métallique, les raffineries de pétrole, les imprimeries, les
établissements de nettoyage à sec et les hôpitaux produisent tous des déchets non-biodégradables
extrêmement toxiques qui s'infiltrent dans les eaux souterraines et dans les eaux de surface ou
sont directement déversés dans la mer. Des produits chimiques toxiques comprenant des
chromates, du zinc et des cyanures; issus des opérations de galvanisation prés de Belize ont
provoqué l'extermination de poissons au cours des années passées. Etant donné que les
programmes de manutention, de stockage et d'évacuation des déchets chimiques radioactifs et
toxiques sont inadaptés, cet exemple pourrait se répéter partout dans la région.
Il n'y a, presque sans exception, pas de respect réel des mesures pour le pré-traitement des
déchets industriels et des eaux usées domestiques avant leur déversement dans les égouts
municipaux ou directement dans des plans d'eau. Parmi les plus gros pollueurs, on trouve des
industries d'Etat ou gérées par le secteur public, fait qui entraîne des problèmes particuliers pour
les Ministères ou les agences gouvernementales chargées de faire appliquer les normes sur
l'environnement. C'est un problème urgent aussi bien pour les larges zones urbaines
continentales que pour les gouvernements des Etats et Territoires insulaires des Caraïbes.
2. ACTIVITES
MARITIMES
Alors que les sources de pollution terrestres menacent sérieusement l'environnement marin,
les activités maritimes et de transport par voie de mer ont aussi provoqué des problèmes de
pollution marine. Les déversements d'hydrocarbures, le délestage, le dégazage et les manoeuvres
portuaires ont contaminé les écosystèmes marins et côtiers dans beaucoup d'endroits de la région.
De plus, l'exploration et l'exploitation des ressources des fonds marins créent de graves
problèmes dans les zones riches en hydrocarbures.
La région des Caraïbes est potentiellement l'une des zones les lus vastes pour la production
du pétrole dans le monde. L'industrie du pétrole, à elle seule, génère 70% du revenu national du
Vénézuela, est indispensable à l'économie de Trinité-et-Tobago, du Mexique et des Etats
américains riverains du Golfe du Mexique. En plus de la production de pétrole, un trafic constant
de Pétroliers transporte environ 5 millions de barri1s de pétrole chaque jour à travers la région12.
Le mouvement des navires dans le Canal de Panama est parmi les plus importants du monde. Les
pétroliers qui empruntent les couloirs maritimes limités et passent dans, le voisinage de
nombreux ports, font augmenter les possibilités d'accidents de navigation. Environ 50 pour cent
des déversements d'hydrocarbures, proviennent des mouvements, locaux de pétroliers et des
dégazages.
Effets de la pollution marine
Les mammifères marins, les poissons, les oiseaux et les coquillages sont tous sévèrement
touchés par la pollution par les hydrocarbures46. Le goudron de lavage des ballasts qui flotte à la
surface est ingéré par les tortues vertes, les carettes, les cahouanes et les tortues de Kemps-
Riddey. Ce goudron ingéré par les tortues reste pendant des jours dans leur système digestif. La
mangrove qui subit des pollutions chroniques par les hydrocarbures régulières montre des signes
de défoliation et d'évolution fatale. Les hydrocarbures aromatiques et les carbures paraffiniques
sont consommés et dégradés par les poissons et les crustacés; les huîtres, les moules et autres
Page 30
Vue d'ensemble ...
mollusques lamellibranches séparent les hydrocarbures de la colonne d'eau mais ne semblent pas
être capables de métaboliser ces composés. Des hydrocarbures pétroliers ont été découverts dans
des huîtres qui provenaient des lagons côtiers mexicains et des baies de Buzzards et de
Galveston au Texas, sites régulièrement pollués par des marées noires ainsi que par des
déversements causés par des opérations portuaires et par le déchargement des pétroliers.
Les côtes exposées au vent, dans les îles et les continents de la région ont des plages
extrêmement polluées4. De nombreuses plages des Caraïbes présentent des concentrations
moyennes de goudron supérieures à 100gIm de côte, ce qui les rendent virtuellement impropres à
une utilisation pour les loisirs. D'autres plages sont totalement inutilisables - Curagao, Bonaire et
Grand Caïman entrent dans cette dernière catégorie. La situation à Grand Caïman est
particulièrement pénible car l'économie de cette île dépend énormément du tourisme et n'a
aucune industrie pétrolière locale.
Les illustrations 2, 3 et 4 montrent la distribution géographique des formes les plus
évidentes d'hydrocarbures qui se trouvent dans la région des Caraïbes: les hydrocarbures dissouts
et/ou dispersés (H.D.D.), le goudron sur les plages; et des boules de goudron en suspension qui
pourraient éventuellement atteindre la côte.
Les activités; de forage, qu'elles soient en vue de l'exploration ou de l'exploitation,
introduisent souvent des corps étrangers dans l'environnement marin. L'exploration pour le
pétrole, le gaz et les ressources minérales nécessite inévitablement le déversement des matériaux
tirés des fonds marins au cours des opérations de forage. L'exploitation du pétrole et de ses
dérivés est souvent accompagnée de fuites et de débordements qui se produisent au cours de
l'extraction, le chargement des navires ou l'alimentation des oléoducs.
Des matériaux non biodégradables, tels que les plastiques et les filets de pêche faits de
matériaux synthétiques contribuent également à la pollution marine dans la région i0j. Ces débris
marins, qui proviennent essentiellement des pratiques de déversement des déchets sur les
bateaux, mais aussi de l'évacuation sur terre, constituent une menace aux espèces marines de
grande valeur et au tourisme. Les mammifères marins et les poissons peuvent être pris au piège
dans des débris marins ou les avaler, provoquant des blessures ou leur mort. En ce qui concerne
le tourisme, les visiteurs sont souvent confrontés à des débris échoués sur les plages ou en
suspension dans les récifs coralliens, et les zones de baignade.
Page 31
Rapport technique du PEC No. 2
Illustration 2: Concentration/situation moyenne de goudron sur les plages (en grammes par
mètre)
Concentrations moyennes, en grammes par mètre, de goudron sur les plages de chaque site
échantillonné dans le programme du CARIPOL pour la surveillance de la pollution par les
hydrocarbures. La Concentration moyenne pour chaque site échantillonné est représentée par
un cercle grisé.
SOURCE: Réf. 19
Illustration 3: Concentration/situation de goudron en suspension (milligrammes par m2)
Concentration moyenne, en milligrammes par mètre carré, de goudron en suspension pour
chaque carré d'un degré de côté pour lequel le CARIPOL, possède des données. La
concentration moyenne pour chaque carré est représentée par un cercle grisé au milieu de celui-
ci. Certains cercles apparaissent donc sur fond de terre.
SOURCE: Réf. 19
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Vue d'ensemble ...
Illustration 4: Concentration/situation moyenne d'hydrocarbures, dissouts et1ou dispersés
(H.D.D.) (microgrammes par litre)
Concentration moyenne en microgrammes par litre, d'hydrocarbures dissouts et1ou dispersés
(H.D.D.) pour chaque carré d'un degré pour lequel le CARIPOL possède des données. La
Concentration moyenne pour chaque carré est représentée par un cercle grisé du milieu de
celui-ci. Certains cercles apparaissent sur un fond de terre.
SOURCE: Réf. 19
3. MOUVEMENT TRANSFRONTIERE ET DEVERSEMENT DES MATERIAUX
DANGEREUX
Des réglementations de plus en plus sévères relatives au déversement des déchets toxiques
dans des pays industrialisés pourraient entraîner le transport de ces matériaux vers des sites de
déversement à l'intérieur de la région des Caraïbes44. Un incident récent a été signalé par le
gouvernement Haïtien quand un navire enregistré internationalement a déchargé des cendres prés
de la ville côtière des Gonaïves. Ces cendres contiennent souvent des métaux lourds et d'autres
substances toxiques qui, non seulement dégradent la qualité des ressources de base, mais aussi
s'accumulent dans les organismes consommes par l'homme, provoquant en conséquence, un
danger pour la santé.
Des preuves du transport transnational de déchets toxiques devant être évacués à l'intérieur
des Caraïbes ont rendu plus urgent le besoin d'un protocole sur ce sujet récent et particulièrement
controversé. En abordant ce sujet, une attention particulière doit être apportée à faire la
différence entre les mouvements de matières de rebut comme le papier de rebut, les métaux et
d'autres matériaux recyclables et/ou des sources de produits pétroliers usages et des matériaux
connus pour être toxiques et/ou radioactifs.
Un certain nombre de gouvernements de la région ont été contactés par des entreprises qui
cherchaient à créer de tels sites à l'intérieur de leurs frontières moyennant souvent de fortes
sommes d'argent. Cette situation est surveillée par l'Organisation des Etats américains (OEA),
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Rapport technique du PEC No. 2
l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), et l'Association Caraïbe pour l'environnement
(ACE), et la coopération des Etats membres signataires de la Convention de Carthagène lui est
acquise. Le sérieux avec lequel cette question est abordée est une motivation supplémentaire
pour un examen dans les plus brefs délais, par les Etats signataires, de la rédaction d'un projet de
protocole relatif au déversement dans le cadre de la Convention de Carthagène.
La COI, FOMI et le PNUE ont entrepris un effort commun de coopération dans des
domaines techniques afin de renforcer les capacités institutionnelles existantes pour faire face à
la gestion des déchets. Des recommandations spécifiques ont été faites à ce sujet lors d'un
séminaire qui s'est tenu à Mexico en septembre 1987.
Il faut admettre avec honnêteté que beaucoup de pays à travers le monde déchargent en mer
une partie de leurs déchets, y compris des matériaux dragués et des substances dangereuses. En
ce qui concerne la région des Caraïbes, on dispose de très peu d'informations sur le déversement
volontaire des déchets dans l'océan, la nature de ces déchets, ainsi que la fréquence et la
situation de ces évacuations.
IV. COORDINATION, INFORMATION ET DEVELOPPEMENT INSTITUTIONNEL
1. APPUI
SOCIO-ECONOMIQUE
Les Etats et Territoires de la région sont confrontés à un ensemble de problèmes
environnementaux Provoqués par l'exploitation intensive des ressources côtières et marines ainsi
qu'à une approche inefficace et souvent inappropriée à la planification du développement.
Se heurtant à des problèmes économiques et à des pressions financières, un grand nombre
d'Etats et de Territoires de la région des Caraïbes, tout en rendant hommage, à l'esprit de la
protection de l'environnement, ont, en fait, réalisé peu de choses pour mettre en oeuvre des
programmes efficaces de gestion des ressources. Les contraintes liées à la mise en place de tels
programmes sont énormes. Parmi ces nombreuses contraintes, nous avons relevé les suivantes:
· faible soutien politique de la part de la population,
· budget des agences pour l'environnement insuffisant,
· manque de personnel formé et d'équipement,
· incertitude quant à la pertinence des normes à adopter,
· systèmes juridiques qui ne soutiennent pas les politiques et les programmes pour
l'environnement, faible volonté de nombreux Etats et Territoires pour affronter des
intérêts économiques puissants.
On ne doit pas minimiser l'importance des efforts nécessaires pour dépasser ces contraintes.
Les agences responsables de la protection de l'environnement sont souvent sous l'autorité
d'autres agences dont l'intérêt se concentre sur le développement. C'est une erreur regrettable
mais on doit savoir que l'on a souvent associé la protection de l'environnement à la "croissance
zéro" et non pas à un développement économique soutenu. Quand les efforts des gouvernements
se consacrent à l'augmentation de la production et du rendement des cultures ou à la promotion
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Vue d'ensemble ...
du, tourisme, les réf1exions, sur l'environnement passent au second plan. Et ce n'est que
lorsqu'un "accident" se produit, comme un massacre de poissons ou la contamination de sources
d'eau profonde que des appels urgents à l'aire quelque chose', pour résoudre le problème
parviennent à l'agence pour l'environnement.
La "réaction de panique" face à des problèmes d'environnement ne se justifie plus, venant
des gouvernements. Cela fait des décennies, que l'on entend des avertissements et des
admonestations. Pour pouvoir traiter sérieusement des problèmes d'environnement, il faudrait
une restructuration des institutions et un engagement financier des organisations nationales et
régionales dans une action significative, particulièrement en ce qui concerne l'accélération
d'applications scientifiques en agriculture, l'adaptation des techniques de gestion des déchets aux
conditions locales et en recherchant et en signalant au public les exemples réussis de protection
de l'environnement.
Pendant ce temps, des questions conceptuelles clés devront être résolues. La plus importante
d'entre elles est le besoin de clarifier, en termes de programmation, ce qu'une croissance
économique à long terme soutenue nécessite. Est-ce qu'une transformation économique sans
dégradation de l'environnement signifie un développement global plus lent? Est-ce
politiquement viable? Quels sont les avantages et désavantages entre les gains rapides d'une
économie à court terme et un développement soutenu à long terme? Qui en tire parti? Et jusqu'à
quel point? Sur quel élément des ressources doit porter l'attention prioritaire et les injections, de
fonds de recherche et de développement? Et surtout, comment peut-on, démontrer de façon
convaincante aux dirigeants politiques les bénéfices économiques d'une restauration des
écosystèmes dégradés?
2. LEGISLATION
La loi internationale est de plus en plus appliquée en matière de protection de
l'environnement et conservation des ressources naturelles. Cela est particulièrement vrai quant
les actions ou le manque d'actions de la part d'un pays ont un effet sur les ressources des Etats et
Territoires voisins. A cause des nombreux problèmes communs, il est impératif que les
gouvernements, de la région des Caraïbes harmonisent leurs législations concernant la
conservation des ressources et de l'environnement pour promouvoir un développement soutenu
dans une perspective régionale, sans ignorer les besoins nationaux ou régionaux. Parmi les
domaines auxque6s devraient s'adresser les initiatives de législation, on trouve le pétrole, la
pollution, le déversement en mer de polluants dangereux ou nocifs, l'évacuation des eaux usées,
l'habitat, la conservation de la vie sauvage et le contrôle des déchets marins.
Une importante législation de l'environnement devrait être fondée sur des recherches saines
et devrait être accompagnée de mécanismes pratiques qui assurent son application. Une capacité
institutionnelle d'administrer les règlements et un engagement du public de respecter les lois sont
indispensables si ces lois doivent être efficaces.
On a besoin de renforcer la planification pour l'utilisation des terres côtières et les
mécanismes institutionnels de gestion de l'utilisation des terres. La conservation des ressources
naturelles et les objectifs de protection de l'environnement devraient être plus efficacement
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Rapport technique du PEC No. 2
intégrés aux processus de planification et d'autorisation.. Les pratiques existantes devraient
bénéficier des connaissances professionnelles et techniques de pointe.
3.
FORMATION, EDUCATION ET SENSIBILISATION DU PUBLIC
En dépit d'un besoin énorme de formation et d'éducation à l'environnement, on partage très
peu les informations et les expériences sur les questions et les problèmes auxquels sont
confrontés les institutions de la région. Le besoin en formation pour la gestion de
l'environnement, en éducation et en information du public à tous les niveaux est énorme dans
toute la région des Caraïbes. Alors que beaucoup d'établissements de niveau universitaire de la
région offrent un grand nombre de cours orientés vers les sciences, très peu d'entre eux offrent la
formation en gestion des ressources, dont la région a désespérément besoin pour résoudre les
problèmes environnementaux. En particulier pour les îles, une bonne partie de la formation
professionnelle est dispensée dans des pays continentaux où les institutions, le climat et la
culture sont très différents. Il y a là une possibilité de collaboration non exploitée pour les
institutions de la région de mettre en commun leurs ressources naturelles, réduisant ainsi la
dépendance sur les institutions extra-régionales. Le travail du Consortium des Universités pour
la gestion des ressources naturelles représente une nouvelle initiative importante dans ce
domaine, réunissant les différentes universités des Caraïbes anglophones, francophones,
hispanophones et hollandaises.
Le partage inadéquat des informations sur l'environnement se produit aussi au niveau des
banques de développement, des agences d'aide financière et des Ministres et agences de
l'environnement. Un redoublement fréquent d'effort et une depense inutile d'argent en est le
résultat. L'échange d'informations et de données générées par des projets orientés sur
l'environnement peut sensibiliser le public de la région aux problèmes de l'environnement,
aidant à réduire les coûts et à créer un réservoir d'informations qui ne pourrait pas être
disponible dans un seul pays.
Le sensibilisation du public aux questions d'environnement régional reste limitée à des
cercles plutôt étroits de professionnels et d'universitaires. La réussite de la mise en place des
programmes environnementaux nécessite une forte participation du public. Néanmoins, en dépit
des efforts de l'Association Caraïbe pour l'environnement d'autres organisations dont la
préoccupation est de sensibiliser le public, le support soutenu de l'électorat dans beaucoup de
pays de la région, pour des politiques environnementales restent minime. La région a besoin
d'une multiplicité de campagnes d'éducation du public qui soient conques et menées avec
habileté. Sans Pappui de la population locale, la capacité des gouvernements de répondre aux
nombreux problèmes accentués dans cette vue d'ensemble sera sévèrement entravée.
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Vue d'ensemble ...
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