REPUBLIQUE DU MALI AUTORITE DU BASSIN DU NIGER
MINSTERE DES MINES L’ENERGIE
ET DE L’EAU
PROJET FEM/PNUD RAF99G41/A/1G/50;GEF PDF6B
RENVERSEMENT DE LA TENDANCE A LA DEGRADATION DES TERRES ET DES EAUX DANS LE BASSIN DU FLEUVE NIGER
(Rapport provisoire)
Par Housseini A. MAIGA, Hydro-environnementaliste
Minabé DIARRA, Socio-économiste
Bamako, novembre 2001
FONDS POUR L’ENVIRONNEMENT MONDIAL (FEM)
PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT (PNUD)
SIGLES ET ABREVIATIONS
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ADT : Analyse Diagnostique Transfrontalière |
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AEP : Adduction d’Eau Potable |
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AGETIPE; Agence Générale de travaux d'intérêt public pour l'emploi |
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AN-RM: Assemblée Nationale - République du Mali |
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APCAM : Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture du Mali |
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ASACO : Association de Santé Communautaire |
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BCG: Vaccin anti-tuberculeux |
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BTP: Bâtiment Travaux Publics |
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CAN 2002: Coupe d'Afrique des Nations 2002 |
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CCA-ONG: Comite de Coordination des Actions des ONG au Mali |
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CCIM : Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali |
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CEP: Certificat d'Etudes Primaires |
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CESC : Conseil Economique, Social et Culturel |
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CMDT : Compagnie Malienne pour le Développement du Textile |
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CMN: Compagnie Malienne de Navigation |
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CO2 : Dioxyde de Carbone (gaz carbonique) |
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COCAN: Comite d'Organisation de la Coupe d'Afrique des Nations |
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COMANAV: Compagnie Malienne de Navigation |
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COMATEX: Compagnie Malienne de Textiles |
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CS: Centre de Santé |
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CSCOM:Centre de Santé Communautaire |
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CSE : Conseil Supérieur de l’Environnement |
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CSREF: Centre de Santé de Référence |
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DBO: Demande Biologique en Oxygène |
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DEF: Diplôme d'Etude Fondamentale |
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DIEPA: Décennie Internationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement |
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DNAFLA: Direction Nationale de l'Alphabétisation Fonctionnelle et de la linguistique Appliquée |
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DNCN : Direction Nationale de la Conservation de la Nature |
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DNH : Direction Nationale de l’Hydraulique |
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DNSI: Direction Nationale de la Statistique et de l'Informatique |
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EDM: Energie Du Mali |
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EIE : Etudes d’Impact sur l’Environnement |
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FED : Fonds Européen pour le Développement |
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FEM : Fonds pour l’Environnement Mondial |
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GEF: Global Environment Funds |
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GIE : Groupement d’Intérêt Economique |
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GHENIS: Gestion Hydro-Ecologique du Niger Supérieur |
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GWH: Giga-Watt Heure |
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ha: Hectare |
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HCC : Haut Conseil des Collectivités Territoriales |
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hts: Habitants |
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HUICOMA: Huilerie Cotonnière du Mali |
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HYDRONIGER: Système de Prévisions Hydrologiques pour le Bassin du Fleuve Niger |
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IDE: Indice de Développement |
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IEC : Information, Education et Communication |
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IER : Institut d’Economie Rurale |
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ITEMA: Industrie Textile du Mali |
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IWACO: International Water Corporation |
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KIBARU: Revue d'Information en Bamanan |
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KWH: Kilowatt heure |
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MATCL: ministère de l'Administration Territoriale et des Collectivités Locales |
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MEATEU: Ministère de l'Equipement, de l'Aménagement du Territoire de l'Environnement et de l'Urbanisme |
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MEB: Ministère de l'Education de Base |
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METEOSAT: Satellite de collecte et de transmission des données |
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MIT: Moyens Intermédiaires de Transport |
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ml: mètre linéaire |
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MMEE: Ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau |
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MW: Mega-watt |
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NTIC: nouvelles techniques de l'information et de la Communication |
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OACV: Opération Arachide et Cultures Vivrières |
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ODIK: Opération pour le Développement intégré du Kaarta |
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ODIPAC: Opération pour le Développement intégré des produits arachidiers et cotonniers |
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OHVN: Opération Haute Vallée du Niger |
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OMM: Organisation Météorologique Mondiale |
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OMS : Organisation Mondiale de la Santé |
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ON: Office du Niger |
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ONG : Organisation Non Gouvernementale |
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ONT: Office National des Transports |
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ORS: Office Riz – Ségou |
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ORSTOM: Office de Recherche Scientifique et Technique d'Outre-Mer |
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PCD: Plate-forme de Collecte des Données |
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PDF : Preparatory Document Funds |
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PGRN : Projet de Gestion des Ressources Naturelles |
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PIB : Produit Intérieur Brut |
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PIBA: Produit Intérieur Brut Annuel |
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PIRT : Projet Inventaire des Ressources Terrestres |
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PNAE/CID : Plan National d’Action Environnementale |
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PNUD: Programme des Nations Unies pour le Développement |
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PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement |
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PPPV: Projet Pilote Plantation Villageoises |
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PRB: Périmètre Rizicole – Baguinéda |
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PRIV: Prive |
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P-RM: Présidence République du Mali |
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PUB: Publique |
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RCFM: Régie des Chemins de Fer du Mali |
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RN: Route Nationale |
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SIGMA : Système Informatique de Gestion des Ressources en eau du Mali |
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SOTELMA: Société de Télécommunications du Mali |
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SP/PNAE-CID: Secrétariat Permanent / Programme National d'Actions Environnementales - |
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Centre d'Information et de documentation |
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STP/CIGQE : Secrétariat Technique Permanent du Cadre Institutionnel de la Gestion des Questions Environnementales |
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TAO: Tannerie de l'Afrique Occidentale |
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TEP: Tonne Equivalent pétrole |
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T-Km: Tonne kilométre |
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UBT: Unité Bétail Tropical |
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UE : Union Européenne |
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UEMOA: Union Economique et Monétaire de l'Afrique de l'Ouest |
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UNESCO: Organisation des Nations Unies pour l'Education et la Culture |
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UPA: Unité de Production Agricole |
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VAS: Vente Après Saisie |
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VAT: Vaccin AntiTétanique |
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V-Km: Voyageurs-Kilomètre |
SOMMAIRE
1.1 RAPPORT NATIONAL DU MALI 1
1 L’ ENVIRONNEMENT BIOPHYSIQUE 24
1.1 Description du bassin au Mali 24
1.1.1 Géologie – Pédologie – Topographie [1, 3, 9, 24, 70, 74, 83] 24
1.1.2 Climat [1, 3, 9, 11, 19 24, 60, 70, 74, 83] 26
1.3.1 Morphologie et sédimentation du fleuve 34
1.3.2 Ressources en eau de surface 36
1.3.3 Ressources en eau souterraines [1, 9, 13, 18, 34, 52, 66, 68, 72, 75, 82, 94, 95, 124 ] 38
Régime des eaux souterraines 43
1.4 Qualité de l’eau et pollution de l’eau [12, 18, 33, 55, 57, 58, 60, 61, 66, 76] 44
1.4.1 Qualité des eaux de surface 44
1.4.2 Qualité des eaux souterraines 45
2 L’ENVIRONNEMENT HUMAIN [2, 4, 5, 6, 9 ] 47
2.1 Profil socio-économique 47
2.1.1 Préambule [ 2, 4, 5, 6, 9] 47
2.2.1 Cadre juridique et réglementaire 54
2.3 Caractéristiques démographiques [2,4, 5, 6, 9] 65
2.3.1 Effectif de la population 65
2.3.2 Croissance démographique 65
2.3.3 Répartition de la population 66
2.4.2 Organisation des foyers 68
2.5 Structures occupationnelles et de fonctions [4, 5, 6, 9] 70
2.6 Stratification socio-économique [4, 5, 6, 8, 9] 72
2.6.1 Répartition des biens dans le bassin 72
2.6.2 Répartition des biens entre les différents secteurs économiques par région [1, 4, 5, 6] 73
2.7.4 Propriété des ressources minières 75
2.8.1 Infrastructures sanitaires 76
2.8.2 Problèmes de santé dominants dans le bassin 76
2.9.3 Mode de propriété d’habitation 81
2.10.3 Education religieuse 82
2.10.4 Alphabétisation fonctionnelle 82
2.10.5 Disponibilité des structures éducationnelles 84
2.10.6 Fréquentation scolaire 84
2.11 Services de transport et infrastructures [4, 5, 6, 10 ] 86
2.11.3 Transports inter-urbains 90
2.12 Autres infrastructures de prestation de services 90
2.12.1 Approvisionnement en eau potable : [ 4, 5, 6, 9, 11, ] 90
2.12.3 Services postaux [ 4, 5, 6] 91
2.12.4 Téléphone, NTIC [ 4, 5, 6] 92
2.12.5 Banques et mico-crédits [5, 6] 92
2.13 Autres sources de revenus 93
3 ACTIVITÉS ECONOMIQUES [1, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 13, 23, 25, 82] 93
3.1 Energie [4, 5, 6, 9, 29, 82 ] 96
3.1.3 Electricité thermique 98
3.1.4 Energie solaire et du vent 98
3.2.1 Exploitations agricoles 101
3.2.2 Le système de production pastorale 103
3.2.3 Systèmes de production agropastorales : 103
3.2.5 Agriculture de subsistance 106
3.2.6 Agriculture commerciale 107
3.2.7 Agriculture irriguée 108
3.2.8 Agriculture en terres sèches 108
3.3 Elevage commercial et de subsistance [1, 2, 3, 4, 5, 6, 9, 11, 25, 82, 90] 112
3.3.1 Elevage de subsidence 112
3.4.1 Pêche et pisciculture artisanale 117
3.4.2 Pêche et pisciculture commerciale 118
3.5 Foresterie commerciale et de subsistance 118
3.5.1 Foresterie de subsidence 119
3.5.2 Foresterie commerciale 119
3.5.3 Exploitation des forets naturelles 120
3.6 Industrie et manufacture [7, 12, 13, 22, 23, 47, 57, 58, 79 ] 124
3.6.1 Industries de production 125
3.7 Transport et communication [4, 5, 6, 8] 127
3.8 Parcs et tourismes [8, 10] 131
3.9 Mines et exploitations minières [1, 3, 4, 5, 6, 9, 13] 133
3.10 L’urbanisation : [4, 5, 6, 10] 134
4.1.3 Conclusions - Recommandations 136
4.2 Agriculture commerciale et de subsistance 136
4.2.3 Conclusions - Recommandations 139
4.3 Elevage commercial et de la subsistance 139
4.3.3 Conclusions - Recommandations 140
4.4 Pêche et pisciculture, artisanale et commerciale 141
4.4.3 Conclusions - Recommandations 141
4.5 Foresterie commerciale et de subsistance 142
4.5.3 Conclusion - Recommandations 143
4.6 Industrie et manufacture 143
4.6.3 Conclusions - Recommandations 145
4.7 Transport et communication 145
4.7.3 Conclusions - Recommandations 146
4.8.3 Conclusions - Recommandations 147
4.9 Mine et exploitation minière 149
4.9.3 Conclusions - Recommandations 149
5 SUGGESTIONS RELATIVES A LA REALISATION DE PROJETS PILOTES ET DE DEVELOPPEMENT DURABLE 150
Annexes1
Annexe 2
Annexe 3
Liste des Tableaux
Tableau 1. Quelques caractéristiques climatiques du bassin du fleuve Niger (d’après Quensière, 1994).
Tableau 2 : Zones écologiques et type de végétation
Tableau 3 : Apports annuels du fleuve Niger et de ses affluents (1952 – et 1999)
Tableau 4 : Caractéristiques hydrogéologiques des principaux aquifères
Tableau 5 : Répartition de la population du bassin par région et par sexe
Tableau 6 :’ Indice de pauvreté humaine selon les régions administratives en 1998
Tableau 7 :Accessibilité aux CSCOM et CSA par région – 1999
Tableau 8 : Répartition du personnel du premier échelon – 1999
Tableau 9 : Répartition du personnel du CS et CSRéf - 1999
Tableau 10 : Statistiques de Protection Maternelle et infantile – 1999.
Tableau 11 : Principaux indicateurs par niveau et par secteur d’enseignement - ensemble du mali (1999)
Tableau 12 : Etat du réseau routier par classe technique et administrative – 1999
Tableau 13 : Production de la compagnie malienne de navigation
Tableau 14 : Trafic commercial des autres aéroports du mali
Tableau 15 : Besoins spécifiques en eau repartis sur différentes catégories de consommation
Tableau 16 : Parc national des lignes téléphoniques – 1999
Tableau 17 : Répartition du PIB par branche d’activité (en millions de FCFA)
Tableau 18 : Production d’électricité par centre – 1999
Tableau 19 : Caractéristiques des zones irriguées à partir du fleuve Niger (IWACO, 1996).
Tableau 20 : Utilisation des terres de culture pluviale (en ha)
Tableau 21 : Utilisation des terres irrigables (ha)
Tableau 22 : Données de production de céréales (secteur traditionnel) – 1999
Tableau 23 : Données de production de céréales (secteur moderne) – 1999
Tableau 24 : Données de superficie de céréales (contre saison) – 1999
Tableau 25 Effectif du cheptel – 1999
Tableau 26: Production animales estimées (1987)
Tableau 27 :Abattages contrôles par région – 1999
Tableau 28 : Mouvement des marches – 1999
Tableau 29 : Forêts classées – 1999
Tableau 30 : Production de bois de chauffe et charbon de bois – 1999
Tableau 31 : Production de bois de service – 1999
Tableau 32 : production de bois d’œuvre et d’industrie - 1999
Tableau 33 : Plantations villageoises et urbaines
Tableau 34 : Plantations agrosylvicoles (1995 – 1996)
Tableau 35 : Etat du réseau routier par classe technique et administrative - 1999
Tableau 36 : Résultats de campagnes COMANAV 1995-98
Tableau 37 :Caractéristiques de la flotte de pirogues opérant sur le fleuve Niger au départ de Mopti 1995
Tableau 38 : Caractéristiques des ouvrages hydrauliques sur le Niger supérieur au Mali (IWACO, 1996 (b)).
Liste des Figures
Figure: 1 : Carte du bassin du Niger
Figure: 2 : Histogrammes des pluies mensuelles à Sikasso et Bamako-Sénou (normale climatologique 1951-1980)
Figure 3 : Histogramme des pluies mensuelles à Mopti et Gao
(normale climatologique 1951-1980)
Figure 4 : Répartition mensuelle de la pluie à Tombouctou
Figure 5: composition ionique (proportion moyenne inter annuelle de chaque cation et anion en mg/L) des eaux du Niger à Banankoro et du Sankarani à Sélingué.
Figure 6. Production halieutique des différentes zones de pêche au Mali en 1995 (données Office de la Pêche de Mopti).
Liste des annexes
Annexe 1 : Quelques études et projets lies au bassin du fleuve Niger
Annexe 2 : Principaux problèmes environnementaux perçus par les acteurs
Annexe 3 : Liste des personnes contactées
AVANT-PROPOS
De 1995 à 1996 quatre pays membres de l’Autorité du Bassin du Niger et riverains du cours principal du fleuve (Guinée, Mali, Niger et Nigeria) ont bénéficié d’une assistance préparatoire FEM – PNUD. Cette assistance avait pour but d’aider ces pays à mieux identifier les problématiques qui se posent autour de la gestion des eaux internationales du fleuve, en prenant en compte les dimensions environnementales et participatives qui jusque là avaient été négligées.
Plus de 200 personnes ressources représentatives des « acteurs du fleuve » ont pu être identifiés avant d’être interrogés dans les quatre pays par quatre consultants nationaux qui ont parcouru et enquêté au niveau central et régional. Les résultats de ces consultations avaient été validés dans chaque pays par une réunion inter-sectorielle et multi-acteurs. Un document régional de synthèse a été élaboré.
Lors du Colloque international sur la sauvegarde du Fleuve Niger organisé les 5- 6 et 7 avril 1999 à Bamako environ 150 personnes ont débattu par groupes de travail thématiques sur les enjeux, défis et recommandations concernant les problématiques spécifiques rencontrées sur les diverses parties du fleuve Niger. En outre, un projet de document de requête pour une assistance préparatoire de type B a été discuté et amendé par les représentants des cinq pays du cours principal du fleuve. Il a été ensuite approuvé par les instances du FEM.
L'objectif du présent projet FEM "Renversement de la Tendance à la Dégradation des Terres et des Eaux dans le Bassin du Fleuve Niger" est de soutenir les pays membres dans leurs efforts d'œuvrer ensemble pour assurer le développement et la gestion durables des terres et des ressources en eaux du bassin, y compris la protection de son unique environnement de terres sèches et sa biodiversité. Les neuf pays qui se partagent le bassin (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigéria et Tchad) sont tous signataires de la Convention portant création de l'Autorité du Bassin du Fleuve Niger (ABN). Le présent projet est exécuté en trois phases.
La Phase 1 qui vient de démarrer comprendra, entre autres, l'élaboration préliminaire d'un cadre d'Analyse Diagnostique Transfrontalière (ADT) pour les cinq pays riverains (Guinée, Mali, Niger, Bénin et Nigéria) qui se partagent le cours principal du Fleuve Niger. Il s'agit essentiellement d'une tentative visant à décrire et analyser le cadre biophysique et humain du bassin du Fleuve Niger. Il est évident que sans une bonne compréhension de ces deux cadres et de leur interaction, le développement durable à long terme ne sera pas possible. La Phase 1 va également comprendre l'identification des premières questions prioritaires qui feront l'objet des projets pilotes de démonstration lors de la Phase 2 du projet. Il y aura deux projets de ce genre par pays.
Outre la mise en œuvre des projets pilotes de démonstration, le principal travail de la Phase 2 comprendra l'intégration formelle des quatre pays riverains restants dans l'exécution du projet, l'élaboration d'une ADT complète pour l'ensemble du bassin et enfin l'élaboration d'un Programme d'Action Stratégique (PAS) portant sur tout le bassin.
La Phase 3 du projet sera la phase de mise en œuvre du projet. L'ABN servira d'Agence de Coordination Régionale pour la mise en œuvre du projet.
L’objectif de cette étude consiste à faire une description générale et une analyse de la situation dans le bassin du Fleuve Niger au Mali.
Autrement dit, Il s’agira d’abord de faire le point de la situation actuelle au plan. Ensuite il sera évalué l'interaction avec l'environnement des différentes activités économiques dans le bassin. En somme, l’étude doit :
donner un description synthétique des environnements biophysique et socio-économique et leurs liens avec le développement du bassin,
couvrir tous les secteurs économiques,
souligner les aspects problématiques, les conflits entres secteurs économiques
relever les lacunes et les besoins pour certaines études.
justifier les choix de projets pilotes de démonstration
Le présent rapport comprend trois parties portant respectivement sur les aspects :
hydro-environnementaux
socio-économiques.
d'interaction entre les deux environnements.
L’approche méthodologique pour traiter ces questions a consisté à :
faire la compilation des documents existants et disponibles
Prendre contact avec les acteurs du fleuve au niveau des régions du Mali afin de connaître leurs préoccupations, leur perception des problèmes environnementaux et socio-économiques;
S’informer sur les études et ou projets ayant un lien avec le bassin du Fleuve Niger ;
recueillir les suggestions relatives à la réalisation du développement durable du bassin du Fleuve Niger.
INTRODUCTION
Pays enclavé et continental situé au cœur de l'Afrique de l'Ouest, le Mali dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel comme le fleuve Niger qui y parcourt 1 750 km sur une longueur totale estimée à 4 200 km. La portion malienne du bassin du Niger est évaluée à 570 000 km2 soit 48 % de la superficie totale du pays .
Le fleuve forme une vaste zone d'inondation au centre du pays avant de décrire une boucle à l'entrée de la zone subdésertique. Le fleuve et ses affluents arrosent totalement ou partiellement, six des huit régions administratives du pays et le District de Bamako.
La situation actuelle du fleuve Niger et de ses affluents inquiète de plus en plus de nombreux acteurs concernés par le développement durable de ses ressources: usagers, aménageurs, gestionnaires de l'eau et de l'environnement, scientifiques, décideurs politiques et partenaires au développement.
En effet, les conditions naturelles, en particulier une sécheresse prolongée, et l’augmentation de la pression humaine sur un milieu fragile ont provoqué des ruptures profondes d’équilibre des ressources en eau et des écosystèmes associés du bassin du fleuve Niger.
Les principaux constats relevés sont : une dégradation des conditions de vie des populations, une diminution significative des ressources en eau (sévérité des étiages et baisse du niveau des nappes), une réduction de la diversité biologique en particulier par la perte d’habitats, une prolifération des végétaux flottants, un ensablement des lits et des cuvettes, une pollution due à un contrôle insuffisant des rejets dans le fleuve, le manque de synergie entre les différentes institutions responsables de la protection et de la gestion des ressources au niveau du pays.
Pour freiner la dégradation des ressources naturelles et surtout mobiliser les ressources en eau de façon intégrée pour le développement économique de l’ensemble des populations en amont et en aval, tout le long du fleuve, il est indispensable de mettre en œuvre une gestion globale des ressources et la nécessité d’adopter une politique et de définir une approche stratégique coordonnée entre tous les acteurs au niveau local et national.
L’enjeu majeur retenu est d’assurer un développement durable pour l’ensemble des habitants du bassin du fleuve Niger. Cela implique la prise en compte de plusieurs dimensions pour un développement durable, en particulier :
une dimension socio-économique par la maîtrise et la mobilisation des ressources en eau et une gestion durable,
une dimension environnementale par la mise en œuvre de mesures de préservation et de protection des ressources naturelles, en l’associant à la dimension précédente à tous les niveaux,
une dimension scientifique et technologique, par l’amélioration des connaissances et de leur circulation en vue de proposer, en association avec les populations, des choix technologiques appropriés,
une dimension institutionnelle par la mise en place d'une concertation accrue entre tous les acteurs au niveau local et national.
RESUME ET CONCLUSIONS
Le fleuve Niger traverse le Mali du sud-ouest au nord-est sur 1 740 km sur une longueur totale estimée à 4 200 km. La portion malienne du bassin du Niger est évaluée à 570 000 km2 soit 48 % de la superficie totale du pays.
Au Mali, le bassin du fleuve Niger, sur la base de considérations géomorphologiques et hydrologiques, est subdivisé en quatre principaux sous-systèmes géographiques distincts:
Le Haut Niger ou Niger Supérieur allant de la frontière guinéenne à Markala ; il inclut aussi le Haut Bani allant des frontières ivoirienne et burkinabé à Douna ;
Le Delta Intérieur allant de Markala à Tombouctou sur le Niger et de Douna à Mopti sur le Bani ;
La Boucle du Niger allant de Tombouctou à la frontière nigérienne.
Le Niger, joue un rôle essentiel dans la vie des populations vivant dans son bassin versant. Il est le moteur du développement des activités économiques que sont : l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’industrie, le transport et l’artisanat. Les autres activités comme le tourisme et l’exploitation minière bénéficient des bienfaits de ce cours d’eau et ses affluents.
Pendant plus de 25 ans, le bassin du fleuve Niger notamment dans sa partie soudano-sahélienne, subit une sécheresse persistante qui a entraîné une forte baisse des ressources en eau et des productions agro-sylvo-pastorales.
En outre, la sécheresse et la désertification ont conduit les populations riveraines soit à émigrer en ville ou vers les pays moins défavorisés, soit à se replier dans la vallée provoquant ainsi une surexploitation systématique de toutes les ressources naturelles de la vallée: terres rizicoles de plus en plus aménagées, surpâturage des bourgoutières sur des espaces de plus en plus restreints, surexploitation des produits halieutiques par des techniques interdites (filets de maille de plus en plus serrée et utilisation de produits chimiques toxiques). L'espace utile ainsi réduit est convoité par des catégories socioprofessionnelles aux intérêts divergents. Le plus souvent, des conflits, qui étaient soit latents soit marginaux, éclatent au grand jour et prennent de nouvelles dimensions dans les stratégies de survie ou d'accumulation des groupes sociaux.
Les informations existant indiquent que le fleuve Niger a un régime productif centré sur son cycle saisonnier d’inondation.
Malgré les utilisations essentielles du fleuve Niger au Mali, les ressources en eau du bassin du Niger constituent encore un potentiel très peu exploité; en effet, le fleuve Niger et ses principaux affluents ont un volume moyen annuel écoulé de 55 milliards de m3 pouvant varier fortement de 22 milliards de m3 en année sèche comme 1984 à 85 milliards en année humide comme 1967.
Bien qu’ayant une densité plus faible par rapport aux normes internationales, le réseau hydrométrique installé sur les grands fleuves est assez suffisant pour faire une évaluation quantitative des écoulements au niveau des grands bassins.
Par contre les petits bassins versants ne sont pas équipés dans le cadre du réseau national. Il est indispensable de développer le suivi régulier des petits cours d’eau, des lacs et des bas fonds qui sont les plus concernés par les aménagements hydro-agricoles et piscicoles, en mettant plus de moyens financiers et logistiques à la disposition de la DNH.
Une grande partie des polluants rejetés dans l’environnement (rejets urbains, industriels, artisanaux et agricoles) parvient dans le fleuve Niger soit directement ou par ruissellement ou par l’atmosphère (fumée).
Les eaux souterraines représentent un potentiel très important et généralement de bonne qualité, mais inégalement reparties et parfois difficilement mobilisables. Elles contribuent cependant, pour 85 à 90 % à l'approvisionnement en eau potable des populations, mais ne jouent qu'un rôle très accessoire pour l'irrigation en raison de leur coût de mobilisation. Le niveau de mobilisation des ressources en eau souterraine est encore très faible : 0,2 %.
Les relations entre les eaux de surface et les eaux souterraines ont été établies et une carte a été faite en conséquence: il est important de souligner que l'extrême sud du pays (isohyète>1200mm) où la pluviométrie est abondante, connaît une situation de drainage permanent des nappes d'eaux souterraines par le réseau hydrographique . Partout ailleurs on assiste à une recharge des nappes par les eaux de surface (infiltrations).
Les résultats de mesures effectuées jusqu'ici sur les eaux du Niger et de ses affluents indiquent que la pollution physico-chimique n'est pas alarmante; par contre la qualité bactériologique est mauvaise.
Les nappes superficielles sont exploitées à partir des puits traditionnels; elles sont polluées à partir des infiltrations provenant essentiellement des eaux usées domestiques, industrielles agricoles et artisanales
Les végétaux aquatiques envahissants (jacinthe d'eau, laitue d'eau, herbes flottantes, fougère d'eau) constituent de plus en plus une menace grave sur les activités socio-économiques comme la pêche et le transport fluvial, la distribution d’eau et la santé, la production d’énergie hydroélectrique et la riziculture dans les périmètres irrigués.
Le Mali fait partie des pays à revenu faible, son PIB par tête étant inférieur à 300 dollars d’où moins de 1 dollar par habitant et par jour ; ce qui justifie que la grande majorité des maliens vivent au dessous du seuil de pauvreté international établi.
Au Mali, la préoccupation de la protection de l’environnement s’est concrétisée par l’adoption d’une législation abondante concernant les différents acteurs du développement économique et social. Les nouveaux textes accordent une importance particulière aux notions de gestion, d’aménagement et de participation des populations. La plupart des textes actuels s‘adaptent au cadre de la décentralisation
Les principaux acteurs intervenant dans le secteur de l'eau et de l'assainissement au Mali sont :
l'Etat à travers plusieurs ministères:
Les populations
les structures d'exécution des travaux (secteur privé)
Les structures décentralisées d'assistance et de conseil
Les partenaires au développement
Différents engagements (conventions, protocoles et accords) internationaux sont pris en compte dans la mise en œuvre de la politique nationale de l’eau et de la protection de l’environnement.
La population malienne est évaluée à 9.801.305 habitants (recensement de 1998) dont 73 % vivent en zone rurale et 27 % en milieu urbain et le taux d’urbanisation est de 28% ; avec un taux de croissance autour de 3%.
La répartition de la population en zones d’occupation fait apparaître 3 types de zones :
Les zones de vide démographique : qui affectent 60% du territoire. C’est la partie du territoire situé au Nord de l’isohyète 200 mm et d’une partie de la zone Sud (ancienne zone d’onchocercose),
Les îlots de peuplement dense : dans la partie Ouest et Nord Ouest du territoire. La densité varie entre 25 et 30 habitants/km2,
Des zones peuplées au Sud, abritant une population estimée à plus de 7 millions d’habitants, soit 84% de la population concentrée sur 36% du territoire, La densité autour des centres urbains serait de 40 à 50 habitants. Ce sont les régions de Mopti –Ségou – Bamako- Sikasso.
La population totale féminine est de l’ordre de 50,49%.
La santé dans le bassin versant au Mali rencontre de nombreux problèmes parmi lesquels on peut citer l’éloignement des centres de santé par rapport aux centres de références, le mauvais état des routes d’accès aux centres de soins, le manque de moyens de transport approprié (ambulance), le manque de personnel socio-sanitaire.
S’agissant de la prévention des maladies, les campagnes de vaccination rencontrent les problèmes de stockage et de conditionnement des vaccins (surtout en milieu rural), et l’enclavement des villages. Toutefois, les résultats obtenus dans ce domaine sont très appréciables.
Les principales causes de mortalité sont (valeurs de 1997)
Le paludisme : constitue la cause de 40,90% des décès,
Infections respiratoires aiguës : constitue la cause de 17,60% des décès,
Traumatismes, plaies et brûlures : constitue la cause de 10,7% des décès,
Maladies diarrhéiques : constitue la cause de 8,90% des décès,
Rougeole : constitue la cause de 1,7% des décès,
Malnutrition protéino-calorique : constitue la cause de 1,6% des décès,
Tétanos : constitue la cause de 2,4% des décès,
Urétrite aiguë : constitue la cause de 1,6% des décès,
De l’indépendance du Mali à ce jour, l’essentiel de l’éducation est assurée par le Gouvernement Malien qui fourni les locaux et le personnel enseignant. L’école est repartie entre l’éducation de base(comprenant le premier cycle et le second cycle l’enseignement fondamental), les écoles de formations professionnelles et l’enseignement supérieur (écoles de formation de haut niveau et Université). La densité des centre d’éducations est d’environ 1 centre pour un rayon moyen de 15 km.
Deux modes de transport sont utilisés en milieu rural : ce sont le transport routier, et le transport fluvial. C’est en fait l’ensemble des moyens classiques et modernes de transport. Les Moyens Intermédiaires de transport (MIT) prennent une grande part dans le transport des personnes et des biens dans le bassin.
Outre la liaison entre les villages (en zone inondée), la navigation fluviale s’effectue sur deux axes principaux : l’axe Bamako – Kankan et l’axe Koulikoro – Gao.
La croissance de l’économie malienne en général est fortement dépendante du secteur primaire qui contribue à hauteur de 47,9% de la formation du PIB (1998) alors que le secteur secondaire ne contribue que pour 19%. Les ¾ de la population vivent de revenus agricoles
Au sein de l’agriculture les principales activités sont le riz et le coton et un certain nombre de cultures de rente
Parmi les énergies disponibles dans le bassin, le combustible ligneux joue un rôle prépondérant dans les activités quotidiennes des populations
Au Mali, plus de 90% de l’énergie domestique consommée proviendrait des produits ligneux. Les enquêtes évaluent la consommation de bois à environ 2 kg/personne/jour en milieu rural et 1,4 à 1,9 kg/personne/jour en milieu urbain. La pression est donc très forte sur les ressources forestières, ce qui contribue à l’appauvrissement du couvert forestier déjà fragile par un abattage et un surpâturage excessifs.
Les centrales thermiques contribuent pour la production d’électricité à hauteur de 10% de l’énergie totale consommée
En 1998, l’électricité était accessible par seulement 8,6% de la population. Elle n’est disponible que dans les centres urbains et est utilisé par moins de 10% de la population du pays . Si les retenues d’eau/barrage comme Sélingué constituent un potentiel énergétique important par ailleurs largement sous-exploité, ils contribuent également au déséquilibre des écosystèmes et des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux.
Pour permettre l’accès d’une grande partie de la population à l’énergie à prix abordable, il est souhaitable de concevoir et de mettre en œuvre un programme d’électrification rurale basée sur les énergies renouvelables : solaire, éolienne et hydrauliques.
L’agriculture est l’activité dominante le long du fleuve. Les populations riveraines cultivent des céréales, du riz et pratiquent du maraîchage. De manière spécifique, le maraîchage est une activité importante le long du fleuve. Le non respect des distances réglementaires à observer contribuent à la dégradation des berges et de la qualité de l’eau.
La population du bassin est rurale à plus de 80%. Elle utilise des techniques culturales traditionnelles de façon prédominante.
Le maraîchage est pratiqué comme culture de contre saison dans la vallée du fleuve et plus particulièrement dans les zones de périmètres irrigués .
Au Mali, le potentiel de terres irrigables est estimé à 500 000 ha dont 180 000 sont aménagées et 130 000 réellement exploités. Les besoins en eau pour l'irrigation sont estimés à 3,3 milliards de m3 actuellement. 98% de ces besoins sont couverts par les eaux de surface.
A l'horizon 2001, pour une couverture totale des besoins alimentaires de la population, les besoins en eau sont estimés à 10 milliards de m3 soit environ 30% des potentialités des ressources en eau de surface du pays en année déficitaire.
Les principaux systèmes de productions peuvent se rattacher au système pastoral ou au système agropastoral.
Dans les toutes les zones agricoles, il est suggéré de procéder à une vulgarisation des paquets technologiques incluant des méthodes de conservation des sols, l’utilisation des intrants permettant d’accroître les rendements sans grand préjudice sur les ressources en eau. Au stade actuel, le compostage semble être la solution la plus envisagée.
Dans les zones guinéennes et soudaniennes et dans les zones irriguées, on peut envisager deux situations dans les années à venir:
Un sol de plus exposé à l’érosion du fait de l’élimination de la couverture végétale pour les besoins d’extension des cultures de coton et de riz;
Une stabilisation des superficies cultivées par l’intensification de la production agricole grâce à l’utilisation des intrants entraînant une aggravation de la pollution par les engrais et les pesticides.
Dans les régions sahéliennes à pluviométrie devenant de plus en plu faible, les populations utilisent des variétés précoces (70 à 90 jours). La faiblesse du rendement de celles-ci font que les agriculteurs pratiqueront une extension croissante des superficies cultivées qui entraînera la dégradation du couvert végétal.
Dans les toutes les zones agricoles, il est suggéré de procéder à une vulgarisation des paquets technologiques incluant des méthodes de conservation des sols, l’utilisation des intrants permettant d’accroître les rendements sans grand préjudice sur les ressources en eau. Au stade actuel, le compostage semble être la solution la plus envisagée.
Dans le domaine pastoral, afin d’alléger la capacité de charge des pâturages naturels, il convient:
d’aménager les parcours de transhumance avec la réalisation de points d’eau et de pare-feux ;
de lutter contre la déforestation à travers les techniques améliorées de sylviculture ;
d’augmenter le taux d’exploitation actuel jugé trop faible (9 à 11 %) par la valorisation des produits d’élevage (abattage et conservation).
et l’amélioration des circuits d’exportation du bétail.
L’amélioration de la santé et de l’alimentation du bétail requiert :
une meilleure organisation des structures sanitaires décentralisées par l’équipement en moyens de déplacement, par la dotation en vaccins et produits pharmaceutiques ;
une diversification et une augmentation de la valeur nutritive de l’aliment bétail.
La lutte contre les mouches Tsé-Tsé.
Un suivi hydro-écologique de l’écosystème du fleuve est nécessaire en vue de mieux connaître les impacts sur la pêche : la diminution des espèces, la destruction des habitats naturels, la pollution de l’eau, et les conflits d’utilisation des ressources.
L’organisation des pêcheurs en association ou en coopérative est indispensable non seulement pour la valorisation de l’activité économique mais aussi pourra servir de cadre de concertation, de sensibilisation et de suivi environnemental.
Une sensibilisation accrue sur la protection des ressources halieutiques est indispensable à l’endroit des pêcheurs.
Afin de diminuer la sur-exploitation actuelle des stocks de poissons dans les lacs et rivières d’une part et d’autre part pour augmenter les revenus des pêcheurs, il est nécessaire d’encourager un programme de vulgarisation et d’intensification de l’aquaculture.
Un programme de lutte contre la jacinthe d’eau et les algues s’avère indispensable pour assurer une meilleure reproduction des poissons.
La dégradation des ressources forestières est causée par la persistance de la sécheresse, l’accroissement démographique, la surexploitation des forets pour des fins agricoles, pastorales et énergétiques
Il est nécessaire d’entreprendre des actions de régénération des forêts, de reboisement à l’échelle individuelle et communautaire, de promouvoir et vulgariser les techniques et technologies d’énergie nouvelles et renouvelables (énergie solaire, éolienne, bio-énergies) tout en les rendant plus accessibles par une politique de prix (subvention)
La promotion des foyers améliorés doit être renforcée en milieu rural et semi-urbain car réduisant considérablement la consommation de bois de chauffe.
En milieu urbain et semi-urbain, il est souhaitable de réduire la pression sur les ressources ligneuse par la mise à disposition de combustibles gazeux (Butane). Pour ce faire, une politique de prix abordable en fonction du revenu moyen du Malien est indispensable.
Au niveau des industriels, des manufactures et des entreprises, il faut :
Une sensibilisation des industriels pour prendre des mesures d’assainissement adéquates,
Récupération et transformation des sous-produits des matières traitées en d’autres produits de première nécessité (produits cotonniers en aliment bétail, la mousse en savon, etc…) ;
L’installation de stations d’épuration des eaux usées au niveau de toutes les industries (grandes et petites) ainsi que les grands hôtels.
Pour assurer le transport des personnes et des biens, le développement des axes routiers (inter-urbains et inter-états) et des voies navigables constitue l’ossature dans le bassin. Cependant, il faut adapter les moyens de transport aux exigences du moment que sont : les gros et moyens porteurs, les embarcations à faible tirant d’eau.
S’agissant des voies routières, il est indispensable de réhabiliter et consolider ceux existants mais aussi de réaliser de nouveaux axes routiers adaptés au trafic international.
Dans le cadre de la valorisation et la rentabilisation des produits locaux, l’alternative de construction des aérodromes est à envisager dans la plupart des centres urbains et en particulier dans les zones à accès difficile .
Il est aussi recommandé la mise en place de structures techniques de formation de cadres qualifiés pour l’entretien et la maintenance du matériel de transport (gros porteurs, moyens et petits).
La dégradation des parcs nationaux par suite d’exploitation des ressources naturelles doit être freinée par la sensibilisation des populations des localités avoisinantes. Les textes législatifs et réglementaires existent. Il s’agit alors de renforcer les dispositifs de surveillance environnementale.
Par ailleurs, la dégradation environnementale causée par les activités touristiques doit être atténuée par la sensibilisation et la responsabilisation des acteurs du domaine. La création de services d’assainissement des lieux touristiques serait une solution à envisager.
La restauration environnementale aux voisinages des centres d’accueil doit figurer parmi es conditions d’établissement et d’exploitation des unités d’accueil touristiques.
Le respect de la législation environnementale ainsi que l’engagement des exploitants à la restauration du milieu doivent figurer comme préalable à l’acquisition de permis d’exploitation.
Aussi, une attention particulière doit être accordée aux produits toxiques émis par le traitement des minerais. Ceux-ci doivent être extraits, ou anéantis par les méthodes de traitement physico-chimique appropriés en vue de faciliter la réhabilitation du milieu ambiant.
Dans les zones aurifères, les mesures d’hygiène, de sensibilisation sur les maladies transmissibles et de visites périodiques doivent être menées par les structures sanitaires en collaboration avec des structures d’encadrement comme les ONG en place.
Du point de vue social, il est nécessaire, avant toute implantation d’exploitation minière,
d’entreprendre une étude socio-économique établissant des conventions entre industriels – orpailleurs et populations autochtones.
La mise en application des conventions du BIT dans les zones aurifères: accidents de travail, respect des normes de travail, observation des mesures d’hygiène pour sauvegarder la santé des travailleurs.

Figure 1 : Carte du bassin du fleuve Niger [70]
Depuis les sources des différentes branches constituant le Niger et jusqu’au niveau de la boucle du Niger, les cours d’eau traversent successivement les unités géologiques suivantes :
le socle granitique précambrien avec une alternance de granites et de schistes au sud de la latitude de Bamako.
les formations sédimentaires du précambrien au nord de Bamako, englobant l’ensemble du Plateau Mandingue à l’ouest et la chaîne des grès de Sotuba, Koutiala et Sikasso à l’est.
Le continental intercalaire constitués de dépôts tertiaires et sont recouverts partiellement par les dépôts du continental terminal et ceux déposées par le fleuve ou les lacs (sables, graviers, argiles et diatomées).
Le continental terminal occupant la région de Ségou jusqu’à la hauteur de Ké-Macina,
Les cuirasses ferrugineuses du quaternaire recouvrant les plateaux gréseux,
Le système alluvial du Niger et des zones d’alluvions anciennes et récentes.
Les grandes classes lithologiques présentes sur le bassin versant : granites et gneiss, schistes, micaschistes et quartzites, grès, roches vertes, dolérites et alluvions (essentiellement composés de quartz, d’argile kaolinique, d’opale et d’oxyde ferrugineux). Parmi ces roches, deux familles sont présentes : les roches acides (granites, grès, et quartzites) et les roches basiques (dolérites et roches vertes). Leur sensibilité vis à vis de l ‘érosion chimique et mécanique varie de l’une à l’autre.. Le bassin du Niger supérieur est dominé par des granites, très peu altérables
Les grands types de sols se répartissent en fonction des zones climatiques qui conditionnent plus ou moins grossièrement celle de la végétation :
les sols ferrallitiques représentent les sols observés sur l’extrême ouest du bassin guinéen du Niger et au sud du bassin du Bani. Ils sont formés sous climat chaud et humide et couvert forestier. Ce sont des sols épais (de 3 à plus de 10 m) où l’altération géochimique est très poussée et étalée sur des périodes de temps extrêmement longues. Les sols sur la majeure partie du bassin amont sont, soit une association de sols ferrallitiques cités ci-dessus avec des sols ferrugineux tropicaux lessivés, soit seulement ces derniers.
Les sols ferrugineux tropicaux lessivés sont observés sur le nord du bassin du Bani et en association avec les sols ferrallitiques sur le bassin du Niger supérieur. Ils sont formés sous les climats à fort contraste saisonnier et couvert naturel de savane. Les profils d’altération ont une épaisseur variable mais plus faible que les sols ferrallitiques (< 3 m). Ces types de sols sont fréquents sur toute la région étudiée et sont souvent liés à des glacis ou des reliefs tabulaires.
Les sols hydromorphes, liés à la présence d’une nappe temporaire ou permanente plus ou moins proche de la surface, se rencontrent dans des conditions particulières du milieu (cuvettes, lits des cours d’eau, basses plaines argileuses…).
Les sols sableux désertiques : représentent une bonne partie des sols du bassin moyen du Niger. Ils sont constitués de bancs de sables de diverses épaisseurs, caractéristiques du désert.
Le relief du bassin est dominé au Mali par des pentes douces vers le nord-est entre les cotes 500 et 300 m. La monotonie du relief, due à la longue érosion subie par les roches, est rompue par endroits par des buttes latéritiques à surface horizontale au sud-ouest et des plateaux gréseux dominant de vastes étendues de collines et plaines . Les sommets les plus hauts du bassin sont les Monts Mandingue au nord-ouest (570m), le Plateau Dogon et le Mont Hombori (1155m) au centre-est.
On distingue :
A l’ouest et au sud : des plateaux gréseux inclinés vers le nord (plateau mandingue au nord du fleuve Niger de Koulikoro à la frontière du Sénégal, plateau dogon qui est un prolongement d’un ensemble de plateaux au sud du cours supérieur du fleuve Niger et du Bani jusqu’à la frontière du Burkina Faso). Ces plateaux ont été fortement érodés par les réseaux hydrographiques qui ont fait de leur relief une succession de plateaux séparés par des plaines et des petits bassins
Au centre : une vaste plaine alluviale (delta central du Niger) ceinturée par les plateaux gréseux et limitée dans la zone de Goundam par les dunes et petites collines rocheuses ; elle comprend plusieurs ramifications du fleuve Niger en petits bras séparés par des formations de dunes ;
Au nord : dans la zone désertique (au nord du 17ème parallèle), de grandes formations dunaires (ergs de l’Azaouad),
Au nord est : L’Adrar des Iforas qui est un prolongement des massifs du Sahara avec son sommet de 890 m vers la frontière algérienne. Il est marqué par le réseau hydrographique avec des inselbergs et des glacis. Il est longé à l’ouest par la vallée fossile du Tilemsi et la vallée du Niger et au sud-est par les plateaux et plaines du Tamesna traversés par la vallée de l’Azaouak.
A l’est : les plaines du Gourma situées entre la boucle du Niger et le plateau dogon.
La collecte des données sur le climat est réalisée grâce un réseau de stations permettant d’obtenir des informations sur les précipitations, l’évaporation et leurs facteurs conditionnels (température, humidité, vents). Par rapport à l’immensité du bassin au Mali, la densité du réseau de stations est plutôt lâche par rapport aux normes recommandées par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) :
1 poste pluviométrique pour 2500 km2 contre 1 pour 600 à 900 km2 pour les régions tropicales planes,
1 station climatologique pour 12 500 km2 contre
1 station synoptique pour 27 000 km2
Le tableau 1 donne quelques caractéristiques climatiques sur l’ensemble du bassin du Niger (température T, humidité relative U et précipitations interannuelles).
|
Paramètre |
Bamako |
Ségou |
Mopti |
Tombouctou |
|
T° moy. Annuelle |
28.5 |
28.6 |
27.7 |
29.1 |
|
T°x mois (x) * |
(4)39.4 |
(4)41.2 |
(5)40.0 |
(5)43.2 |
|
T°n mois (n) * |
(1)17.6 |
(1)15.4 |
(1)14.0 |
(1)13.0 |
|
Üx ann % ** |
73 |
74 |
75 |
54 |
|
Ün ann % ** |
33 |
32 |
30 |
21 |
|
½ (Üx + Ün) % mars |
26 |
31 |
30 |
21 |
|
½ (Üx + Ün) % août |
79 |
80 |
78 |
68 |
|
P (Précipitations interannuelles) mm |
985 |
650 |
415 |
180 |
|
Nbre de mois secs *** |
7 |
8 |
8 à 9 |
10 |
* Entre parenthèses, le numéro du mois de température maximum (x) et minimum (n).
** Üx et Ün sont respectivement les humidités relatives moyennes annuelles maximale et minimale ; (Üx + Ün)/2 correspond aux humidités relatives moyennes du mois le plus sec (mars) et du mois le plus humide (août).
*** Suivant la définition de Gaussen, un mois est dit sec lorsque Pmm < 2 T°C.
Tableau 1. Quelques caractéristiques climatiques du bassin du fleuve Niger (d’après Quensière, 1994).
Le climat du bassin du Niger supérieur est caractérisé au Mali par l’alternance très prononcée entre une saison sèche dominée par des vents secs venant du Sahara (Harmattan) et une saison pluvieuse de 3 à 6 mois (entre mai et octobre) avec des vents humides venant du Golfe de Guinée (mousson). Les vents sont en général plus forts dans la zone soudano-sahélienne que dans la zone soudanaise.
Sur l’ensemble du bassin, les températures les plus élevées sont enregistrées en avril et mai, tandis que les minimales sont observées dans la période de décembre à janvier. (Cf. Tableau 1)
L’humidité relative (rapport entre la tension de vapeur d’eau dans l’atmosphère et la tension de vapeur saturante à même température) est, contrairement aux températures, plus faible au nord qu’au sud du bassin. Elle est en moyenne de 40 % dans la région de Ségou-Markala-Mopti, et se situe autour de 60 % au sud du bassin. (Cf. Tableau 1)
En général, les valeurs de l’ETP sont assez fortes au sud ( 200 mm/an) mais encore plus élevées dans le nord du bassin (notamment pendant la période mars-mai. Cette caractéristique résulte de l’effet conjugué des températures souvent élevées, des humidités relatives faibles et surtout de l’effet desséchant de l’Harmattan (Department of the Army, 1983 ).
Le bassin du fleuve au Mali est sous l’influence du climat tropical dans lequel les précipitations annuelles varient de moins de 200 mm au Nord à plus de 1100 mm au Sud. Les régimes pluviométriques sont caractérisés par l’alternance d’une saison sèche (dont la durée varie de 5 mois dans la partie sud à 9 mois au nord) et d’une saison humide ou hivernage qui débute en avril - mai et se termine en octobre - novembre.
La hauteur annuelle de pluie et la durée de la saison des pluies sont les principaux facteurs déterminants les quatre zones agro-écologiques ci-après du sud au nord:
la zone soudano - guinéenne avec des précipitations annuelles dépassant 1100 mm, situées sur et au sud de la ligne Bougouni-Sikasso et couvrant le Niger Supérieur et le Haut Bani avec une saison de pluies durant sept à huit mois (avril – mai à octobre – novembre) voir Sikasso sur la figure 2;
la zone soudanienne centrée sur la ligne Bamako – Ségou - San avec des précipitations annuelles variant de 1100 à 600mm et une saison pluvieuse de six mois (mai – octobre) voir Bamako – Sénou sur figure 2;
la zone sahélienne centrée sur la ligne Mopti – Gao et couvrant le Delta Central et la partie sud de la Boucle du Niger avec des précipitations annuelles comprises entre 600 et 200 mm et une saison des pluies de trois mois (juillet – septembre) voir figure 3.
la zone saharienne ou désertique centrée sur la ligne Diré – Tombouctou – Bourem et couvrant la partie nord de la Boucle du Niger avec des précipitations annuelles inférieures à 200 mm et une saison des pluies réduite à deux mois (mi-juillet à mi-septembre) voir figure 4.
Figure: 2 Histogrammes des pluies mensuelles à Sikasso et Bamako-Sénou
( normale climatologique 1951-1980)

Figure 3 : Histogramme des pluies mensuelles à Mopti et Gao
( normale climatologique 1951-1980)

Figure 4 : Répartition mensuelle de la pluie à Tombouctou

Depuis 1970, le déficit pluviométrique se caractérise non seulement par une rigueur et une persistance exceptionnelle notamment dans les régions sahéliennes mais également par une extension spatiale vers les régions plus humides au sud. Le déficit pluviométrique de la période après 1970 s’est traduit par une réduction des hauteurs annuelles de pluie de l’ordre de 20 à 50 % par rapport à la période avant 1970, soit 50 à 500 mm par an, ce qui correspond à une descente vers le sud d’environ 100 km.
Conséquences des variations climatiques sur l’environnement biophysique [7, 9, 11, 12, 13, 19, 22, 25, 34, 37, 47, 55, 72, 76, 87]
Pendant plus de 25 ans, le bassin du fleuve Niger notamment dans sa partie soudano-sahélienne, subit une sécheresse persistante qui a entraîné:
la baisse d'environ 40 % des apports moyens (1974-1994) du Fleuve Niger par rapport à la période record de 1907 à 1973 se traduisant par une faible alimentation des lacs voire leur assèchement (cas du lac Faguibine en 1984) et une période réduite de la navigabilité de 5 à 3 mois ;
la réduction des crues du fleuve avec pour impact la diminution drastique des surfaces inondées dans le delta intérieur de 36 000 km2 en 1969-70 à 8500 km2 en 1972-73 et l'effondrement (de plus de 50%) des productions halieutiques de plus de 100 000 tonnes en 1970 à moins de 40 000 tonnes en 1984 ;
la sévérité des étiages avec pour conséquences l'arrêt de l'écoulement sur le Bani à Douna un an sur deux depuis 1984 ;
une faible recharge de la nappe aquifère alluviale ce qui contribue à la baisse des débits du fleuve notamment en saison sèche;
une réduction de la capacité de transport du sable liée à la baisse des niveaux d'eau alors que l'érosion éolienne, mécanique et hydraulique est devenue plus forte en raison de la désertification des pentes et de la dégradation des berges du fait de la pression humaine et animale. Ce processus a abouti à un ensablement accru du lit du fleuve et de ses affluents.
Les berges du fleuve sont occupées soit par des jardins soit par des dépôts d’ordures ménagères et de détritus divers dans tous les centres urbains riverains. D’autres impacts dérivés des variations climatiques sont:
l’effondrement des berges et par conséquent, l’élargissement du lit du fleuve dans plusieurs secteurs du fleuve d’où la menace de disparition de certaines localités (Diafarabé, Macina) ;
la disparition d’une grande partie de la végétation de rive et environnante pour la fourniture de bois de chauffe et d’œuvre ;
En outre, la sécheresse et la désertification ont conduit les populations riveraines soit à émigrer en ville ou vers les pays moins défavorisés, soit à se replier dans la vallée provoquant ainsi une surexploitation systématique de toutes les ressources naturelles de la vallée: terres rizicoles de plus en plus aménagées, surpâturage des bourgoutières sur des espaces de plus en plus restreints, surexploitation des produits halieutiques par des techniques interdites (filets de maille de plus en plus serrée et utilisation de produits chimiques toxiques). L'espace utile ainsi réduit est convoité par des catégories socioprofessionnelles aux intérêts divergents. Le plus souvent, des conflits, qui étaient soit latents soit marginaux, éclatent au grand jour et prennent de nouvelles dimensions dans les stratégies de survie ou d'accumulation des groupes sociaux.
La végétation naturelle est le reflet des conditions climatiques plus particulièrement de la durée de croissance des végétaux liée à la pluviométrie. Cinq zones écologiques, chacune correspondant à un type de végétation spécifique, peuvent être distinguées au Mali :
|
Zone |
Pmm |
PCV jours |
Type de végétation |
|
|
Saharienne |
Nord |
<50 |
0 |
Désert |
|
Sud |
50-100 |
0-15 |
Steppe désertique |
|
|
Sahélienne |
Nord |
200-400 |
15-60 |
Savane steppique à épineux |
|
Sud |
400-600 |
60-100 |
Savane steppique et savane à Balanites, Euphorbia et Acacia |
|
|
Soudanienne |
Sahélo |
600-800 |
100-120 |
Savane arbustive et arborée à ronier (Borassus) |
|
Type |
800-1200 |
120-150 |
Savane soudanienne boisée à caïcedrat , Karité, Néré, Combretum |
|
|
Guinéenne |
Soudano |
>1200 |
>160 |
Savane guinéenne et forêt sèche |
|
Delta intérieur |
- |
- |
|
|
Tableau 2 : Zones écologiques et type de végétation
La zone saharienne
Les pluies sont incertaines, rares, très espacées et d’une efficacité biologique faible. Sur ses terres sableuses perméable, les pluies de faible intensité s’infiltrent rapidement sans effet sur la végétation. Dès que les sols s’imprègnent, lors d’une pluie forte, la germination de nombreuses graines s’effectue en quelques jours, la végétation croît rapidement puis se dessèche, les semences mûrissent. Les principales espèces sont ; Cornulaca monocanthe, Panicum turgidum, aristida sp et Calligonum comosum.
La zone sahélienne
La limite entre les zones de végétation saharienne et sahélienne est diffuse et dynamique. Elle remonte vers le Sahara durant les années humides et recule vers le Sahel les années sèches. Deux espèces sont caractéristiques de cette transition du Sahara vers le Sahel. On observe encor le Cornulaca monocantha dans de sites plus secs qui disparaît dans les milieux plus humides. A l’inverse le Cenchrus biflorus (cram-cram) apparaît dans les milieux plus humides.
Au Nord, la végétation est encore discontinue et les feux de brousse sont localisés dans l’espace. La végétation type est la savane steppique à épineux. Plus au sud la savane devient dense, le tapis herbacé continu et les feux de brousse se propagent sur de grandes étendues.
La zone sahélienne est le domaine pastoral au Nord et agro-pastoral au Sud. Les espèces caractéristiques sont Cenchrus biflorus, Panicum laetum, Schoenefeldia gracilis, Chrozophora brocchiana et Leptadenia pyrotechnica (graminées), Acacia albida, Hyphaene thebaïca, Anogeïssus leiocarpus, Acacia scorpioïdes, Acacia raddiana, Acacia senegal, Acacia seyal, Acacia nilotica, Combretum glutinosum, Pterocarpus lucens et Adansonia digitata.
Toute cette végétation qui a souffert de la sécheresse est aussi surexploitée pour les besoins de construction (Hyphaene thebaïca, Anogeissus leiocarpus, Acacia scorpioïdes, Ziziphus mauritiana) d’alimentation humaine (Colocynthis vulgaris, Dactyloctenium aegyptium, balanites aegyptiaca, Panicum leatum) d’alimentation animale (Ziziphus mauritiana, Capparis decidua, Dichrostachys glomerata, Acacia seyal,).
La zone soudanienne
C’est la savane boisée qui caractérise le mieux cette zone. Du sud au Nord elle se dégrade progressivement en une savane plus en moins riche en ligneux. Le tapis herbacé est formé de graminées vivaces et de graminées annuelles. Aujourd’hui, cette savane est dans état de dégradation surtout dans les zones à forte pression démographique situées entre Ségou et Sikasso.
Dans les zones à topographie plane et peuplées s’est installée une savane parc par protection sélective des espèces dites utiles telle que Vitellaria paradoxa (karité), Parkia biglobosa (néré), Adansonia digitata (baoba), Baombax costatum (kapokier), Acacia albida, Barassus aethiopum et Tamarindus indica.
Les graminées peuvent former des tapis continus sur de grandes superficies. Parmi les graminées annuelles nous pouvons rencontre Andropogon pseudapricus, Pennisetum pedicellatum, Eragrostis tretremula et Ctenium elegans. Elles ont tendance à remplacer les graminées vivaces qui constituent un meilleur fourrage et qui sont : Andropogon gayanus, Hyparrhenia dissoluta, Cymbopogon giganteus, Ctenium newtonii et Loudetia simplex.
La zone soudano-guinéenne ou nord guinéenne
Cette zone correspond à une mosaïque de savanes boisées et de forêts claires, ces deux formations étant régulièrement parcourues par des feux de brousse. La végétation herbacée comporte beaucoup d’espèces pérennes. Les vallées sont ourlées par une bande de végétation dense, constituant les galeries forestières.
Les espèces arborées caractéristiques sont en savane parc Vitellaria paradoxa et Parkia biglobosa et dans les milieux moins dégradés et plus humides Uapaca somon, Erythrophleum guineense, Lophira Lanceolata, Khaya senegalensis, Pterocarpus erinaceus, Afzelia africana et Daniellia olivieri.
La zone Nord-guinéenne est marquée par la culture de céréales, de plantes industrielles (coton), de fruits , de tubercules, etc.. Le développement de la culture du coton et l’afflux d’agriculteurs et pasteurs du Nord, concourent à une extension rapide des surfaces cultivées par des défrichements et des déboisements souvent anarchiques. L’érosion fluviale est extrêmement active ; elle décape les versants, incise les piémonts et noie les sols fertiles de fonds de vallée sous des apports sablo-limoneux.
La Zone du Delta intérieur du Niger
Les abords exondé du delta sont pratiquement dépourvus de végétation ligneuses sauf dans quelques sites d’accès difficile. Cette végétation a été décimée pour les besoins domestiques, pour le fumage des poissons mais aussi au début du siècle pour la navigation à vapeur. Les zones inondées ont une végétation herbacée dont les espèces caractéristiques dépendent de la durée de submersion des terre (voir figure): Vetiveria nigitana et Andropon gayanus lorsque la durée de submersion est inférieure à trois mois ; Echinochloa stagnina et Oryza longistaminata (riz sauvage avec égrainage facile à maturité) sont les graminées des zones inondées de trois à six mois. Dans les zones inondées de plus de six mois Echinochloa stagnina avec Vossia cuspidata, Nymphea lotus et Pistia stratioïdes constituent la bourgoutière actuellement très fortement exploitée pour l’élevage et la consommation humaine (graines et tiges d’Echinochloa. Les surfaces et les rendements des bourgoutières ont tendance à diminuer.
La faune terrestre est riche et diversifiée, bien qu’elle ait fortement régressé ces dernières décennies. Sa diversité varie selon les zones bioclimatiques et est liée à l’évolution des habitats naturels. L’avifaune est particulièrement riche avec quelques 640 espèces recensées dont 15 rares. Le Delta intérieur du Niger qui s’étend sur 20 à 30 000 km2 constitue une zone humide très particulière. Il comprend 3 sites Ramsar d’importance internationale : le Walado Débo, le lac HORO et la plaine de Séri, reconnus patrimoine mondial à sauver, soit un total de 162 000 ha. Il abrite à lui seul près de 350 espèces dont 108 sont migratrices.
En dehors des crocodiles et lamantins, la faune terrestre est représentée par les mammifères, avec 136 espèces, parmi lesquelles on compte 70 espèces de grands et moyens mammifères, mais dont la population est en forte régression. Parmi les espèces menacées de disparition, dont l’Oryx, l’antilope korrigum, l’addax, l’éland de derby, les girafes (dont les dernières sont recensées dans la réserve de Ansongo-Menaka), les éléphnats (environ 500 à 600 tête dans la réserve de Douentza), les chimpanzés.
Les informations existant indiquent que le fleuve Niger a un régime productif centré sur son cycle saisonnier d’inondation. Cette éruption de matière organique implique une croissance rapide des plantes et de la biomasse animale lorsque l’eau monte et pénètre dans les plaines d’inondation. La croissance se poursuit pendant la crue et décline à la descente des eaux. Cela procure de la nourriture abondante pour les autres organismes, y compris les poissons (Welcomme , 1986).
Une partie de l’ichtyofaune du Niger est commune à d’autres systèmes fluviaux de la zone soudanienne. Relativement peu d’études ont été entreprises sur le fleuve Niger depuis une trentaine d’années (Quensière, 1994). L’hydrologie du Niger est caractérisée par sa forte variabilité. Pour survivre dans un milieu aussi changeant, les poissons ont développé diverses adaptations anatomiques et physiologiques mais également une capacité d’ajustement rapide aux changements de l’environnement.
Il existe cependant peu de données sur le potentiel halieutique et sur sa dynamique. Sur les 138 espèces de poissons recensés vers les années 1950, regroupées en 26 familles, 62 genres et dont 24 sont endémiques, il n’en resterait plus que 80 à l’heure actuelle. Les grandes sécheresses et les grands barrages et aménagements (qui constituent de nouvelles zones de pêche et de forte concentration de pêcheurs) ont contribué à modifier les régimes de crues, à diminuer les zones de production naturelle, notamment au niveau du Delta et à modifier les régimes de crues, et à modifier les écosystèmes aquatiques.
La diminution de la biodiversité de la faune aquatique est également incriminée aux techniques traditionnelles de pêche, qui induisent localement une surexploitation. Au nombre de ces techniques, on peut citer entre autres le maillage inadapté et trop serré des filets, les captures par l’installation de barrages non sélectifs.
L’une des principales missions de la Direction Nationale de l'Hydraulique est de suivre et évaluer (qualitativement et quantitativement) le potentiel hydraulique disponible du pays.
Pour le cas des eaux de surface, ce suivi est effectué par la lecture d'échelles limnimétriques, les plateformes de collecte de données par satellite (PCD) et les équipes de terrain (jaugeage de crues et de décrues, mesures de débits etc...).
Pour le cas des eaux souterraines, par l'inventaire des points d'eau (puits et forages) avec leurs caractéristiques, les mesures périodiques de niveau d'eau dans les piézomètres installés, les limnigraphes installés sur certains forages.
Le suivi de la qualité des eaux consiste en des analyses physico-chimiques et bactériologiques et de sédimentologie sur les échantillons prélevés sur les eaux de consommation et les eaux de surface. Le suivi est régulièrement mené sur le réseau d'adduction d'eau de Bamako et Kati. Toutes les autres analyses sont ponctuellement effectuées et sur demande.
Les résultats du suivi font l’objet de traitement avec les étapes suivantes :
- le dépouillement, la saisie sur support informatique sous forme de fichiers ;
- l'analyse des données grâce aux programmes informatiques conçus à cet effet
-l'édition des données sous forme de documents mis à la disposition des utilisateurs
et des décideurs (annuaires hydrologiques, notes sur la crue, bulletins
hydrologiques, annuaires de puits, de forages, répertoire de mesures
piézométriques, graphiques de fluctuations piézométriques etc...) .
Issu de la Dorsale Guinéenne qui sépare la Moyenne Guinée et la Guinée Forestière du Sierra Leone et du Libéria, le Niger est le troisième fleuve d’Afrique par sa longueur (4 200 km) après le Nil et le Congo et le neuvième mondial. La surface du bassin versant théorique du fleuve est de 2 millions de km2. Il s’écoule suivant une direction générale Nord-Est jusqu’aux confins du Sahara.
Le fleuve décrit alors une grande boucle dans sa traversée des régions sahéliennes et subdésertiques formant un delta intérieur (plus de 30 000 km2) où il perd une part importante de ses apports hydriques. Le cours du Niger retrouve ensuite la route de l’océan au fond du Golfe de Guinée où il se jette, après la traversée d’un grand delta maritime de 20 000 km2. Le Niger traverse cinq pays (Guinée, Mali, Niger, Bénin, Nigeria), mais avec ses affluents, son bassin versant actif intéresse aussi le Cameroun, le Bénin, le Burkina-Faso, et la Côte d’Ivoire et le Tchad.
Le fleuve Niger traverse le Mali du sud-ouest au nord-est sur 1 740 km sur une longueur totale estimée à 4 200 km. La portion malienne du bassin du Niger est évaluée à 570 000 km2 soit 48 % de la superficie totale du pays (voir figure ).
Au Mali, le bassin du fleuve Niger, sur la base de considérations géomorphologiques et hydrologiques, est subdivisé en quatre principaux sous-systèmes géographiques distincts:
Le Haut Niger ou Niger Supérieur allant de la frontière guinéenne à Markala ; il inclut aussi le Haut Bani allant des frontières ivoirienne et burkinabé à Douna ;
Le Delta Intérieur allant de Markala à Tombouctou sur le Niger et de Douna à Mopti sur le Bani ;
La Boucle du Niger allant de Tombouctou à la frontière nigérienne.
Le fleuve draine dans le Niger supérieur , l'ensemble des eaux venant du haut bassin guinéen et malien ainsi que les apports intermédiaires de ses affluents dont les principaux sont:
le Fié qui rejoint le fleuve à 20 km en amont de la localité de Kangaba ;
le Sankarani qui rejoint le fleuve à quelque 70 km en amont de Bamako ;
Le Bani qui se jette dans le fleuve à hauteur de Mopti.
Le Bani est l’un des principaux affluents de rive droite du fleuve Niger. Le bassin du Bani couvre la presque totalité de la région de Sikasso, et une partie des régions de Koulikoro, Ségou et Mopti. Le Bani est constitué par la réunion du Baoulé et de la Bagoé. Ces deux cours d’eau prennent naissance dans la série des collines séparant le bassin du Niger des fleuves côtiers de Côte d’Ivoire. L’ensemble drainé (près de 130 000 km²) concerne le sud du Mali, le nord de la Côte d’Ivoire et l’ouest du Burkina.
Le Delta Intérieur une vaste zone d'épandage des eaux du fleuve entre Markala et Tombouctou formée d'un réseau très complexe de bras, défluents et lacs. Le Delta Intérieur intéresse les régions de Mopti, Ségou et Tombouctou.
Le réseau hydrographique du delta est formé de:
bras principaux dont le tracé est bien défini; Niger, Issa Ber, Bani, Diaka, Bara Issa et Koli Koli;
nombreux bras secondaires (affluents ou défluents des bras principaux) constituant un réseau complexe;
lacs et mares alimentés par les crues du fleuve ou les précipitations locales;
plaines d'inondation submergées en période de crue.
Entre Tombouctou et Labbézanga (frontière de la République du Niger) le fleuve appelé Niger Moyen ne reçoit aucun affluent actif ; il décrit une sorte de grande boucle de 536 km. La Boucle du Niger couvre les régions de Tombouctou et Gao.
En aval de Tombouctou, le fleuve coule principalement dans un sillon dunaire large de 2 à 8 km en divaguant d'un bord à l'autre. On ne rencontre des berges rocheuses et un lit étroit que dans les tronçons où le socle affleure (défilé de Tossaye, succession de rapides au-delà d'Ansongo). Ailleurs, le fleuve comporte de multiples îles avec plusieurs chenaux parallèles au lit principal. La pente varie de 2 cm/km en amont à 6 cm/km en aval.
A part quelques études ponctuelles faites entre autre par le Laboratoire d’Hydrosédimentologie de la Direction Nationale de l’Hydraulique et de quelques bureaux d’études (ORSTOM, IWACO) la sédimentation du Fleuve Niger dans sa partie Malienne reste peu connu. Des études préliminaires précitées, il apparaît que le transport sédimentaire en suspension est de l’ordre de 1,2 (dans le haut bassin) à 0,04 g/l (dans la boucle du Niger). Le transport hydrique par charriage est considérable dans la partie amont jusqu’au lac Débo. En aval de ce lac, prédomine le transport éolien.
D’une manière générale, les dépôts sédimentaires constituent des menaces sérieuses pour les ouvrages hydrauliques ainsi que pour les nombreux lacs du Delta central à cause du comblement progressif constaté. Ce processus de comblement est favorisé par les plantes aquatiques proliférant dans les lits.
Malgré les utilisations essentielles du fleuve Niger au Mali, les ressources en eau du bassin du Niger constituent encore un potentiel très peu exploité; en effet, le fleuve Niger et ses principaux affluents ont un volume moyen annuel écoulé de 55 milliards de m3 pouvant varier fortement de 22 milliards de m3 en année sèche comme 1984 à 85 milliards en année humide comme 1967.
Le rapport entre la capacité actuelle de stockage et/ou de dérivation (pour l'agriculture et l'énergie) et les apports en eau en année sèche est de (5/22) milliards de m3, soit 22,7 %; ceci reflète la très faible valorisation des ressources en eau du fleuve Niger à partir d'ouvrages hydrauliques
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Tableau 3 : Apports annuels du fleuve Niger et de ses affluents (1952 et 1999) |
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Fleuves |
Stations |
Modules (m3/s) |
Volumes écoulés milliards m3 |
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Niger |
Koulikoro |
1280 |
40.36608 |
|
Bani |
Douna |
424 |
13.371264 |
|
Niger |
Mopti |
974 |
30.716064 |
|
Niger |
Dire |
926 |
29.202336 |
|
Niger |
Ansongo |
864 |
27.247104 |
Le suivi et l’évaluation des eaux de surface au MALI sont effectués par la Direction Nationale de l’Hydraulique (DNH) en collaboration avec les Directions Régionales de l'Hydraulique et de l’Energie.
Pour ce faire, la DNH gère un réseau hydrométrique national composé actuellement de quatre vingt dix (90) stations installées sur les deux grands fleuves Niger et Sénégal ainsi que sur leurs principaux affluents et sous-affluents. Chaque station est suivie par un observateur d’échelles. La station la plus ancienne a été créée en 1903 à Kayes sur le fleuve Sénégal.
Toutes les stations disposent d’une batterie d’échelles limnimétriques comme équipement de base. Vingt quatre (24) stations sont équipées de plates formes de télétransmission (PCD comprenant un limnigraphe à pression pour les stations du bassin Niger installées par le Projet HYDRONIGER. Actuellement à cause de leur vétusté la plupart des plate formes à télétransmission ne fonctionne plus correctement.
Le projet Gestion HydroEcologique du Niger Supérieur (GHENIS) a installé en juin et juillet 2001 sur le cours principal et ses affluents huit stations automatiques METEOSAT dont 6 ont été placées dans les anciens sites du Projet HYDRONIGER. Ces stations permettent de mesurer en plus du niveau d’eau, les matières solides dissoutes (conductivité) ou en suspension (turbidité), l’oxygène dissous et la température de l’eau
Le débit moyen annuel du Niger à Koulikoro sur la période 1952 – 1999 est de 1280 m3/s soit un volume annuel de 40,4 milliards m3. Les valeurs extrêmes observées en année humide comme 1967 et en année sèche comme 1984 sont respectivement de 1950 m3/s soit 61,5 milliards m3 et 636 m3/s soit 20 milliards m3.
Depuis 1982, les débits du fleuve Niger sont contrôlés par le barrage de Sélingué d’une capacité de 2 milliards m3, situé sur le Sankarani.
Les apports moyens du Sankarani à Sélingué entre 1964 et 1999 sont estimés à 8,5 milliards (270 m3/s). Ils ont varié entre 4 milliards m3 en 1984 et 14 milliards m3 en 1967.
Le débit moyen annuel du Bani à Douna est de 424 m3/s soit un écoulement annuel de 13,4 milliards m3. Les valeurs extrêmes observées en 1967 et 1984 sont respectivement de 754 m3/s soit 24 milliards m3 et 70,2 m3/s soit 2 milliards m3.
Ainsi, le fleuve Niger et ses principaux affluents (Sankarani et Bani), ont eu un écoulement moyen annuel de 1704 m3/s durant la période 1952 - 1999, soit un volume de 54 milliards m3. Les valeurs extrêmes observées sont de 2704 m3/s soit 85 milliards m3 en 1967 et 706 m3/s soit 22 milliards m3 en 1984.
Le débit moyen annuel du fleuve Niger à Diré à la sortie du Delta Intérieur est de 926 m3/s soit un écoulement annuel de 29,2 milliards m3. Les valeurs observées en année humide (1967) et en année sèche (1984) sont respectivement de 1070 m3/s soit 33,7 milliards m3 et 462 m3/s soit 14,6 milliards m3.
Les pertes d’eau lors du passage dans le Delta sont donc de l’ordre de 25 milliards m3 en moyenne sur la période 1952 – 1999 soit 46% du volume entrant.
Bien qu’ayant une densité plus faible par rapport aux normes internationales, le réseau hydrométrique installé sur les grands fleuves est assez suffisant pour faire une évaluation quantitative des écoulements au niveau des grands bassins.
Par contre les petits bassins versants ne sont pas équipés dans le cadre du réseau national. Il est indispensable de développer le suivi régulier des petits cours d’eau, des lacs et des bas fonds qui sont les plus concernés par les aménagements hydro-agricoles, en mettant plus de moyens financiers et logistiques à la disposition de la DNH.
La densité du réseau hydrométrique (nombre stations/10 000 km2) sur l’ensemble des zones du territoire où se produisent des écoulements, est faible par rapport aux normes OMM/UNESCO (stations de niveau :1.4 contre 2.4, stations de débit fluvial : 0.76 contre 2, stations de débit solide : 0.01 contre 0.4 les données de niveaux d’eau de toutes les stations du réseau avec plus ou moins de lacunes selon les stations.les débits concernant 50% des stations du réseau
La qualité des données change selon les périodes en fonction des moyens mis à la disposition des brigades hydrologiques des Directions Régionales. Plus le suivi est intense (réfection des stations fréquente, paiement régulier des observateurs, mesures des débits fréquentes) plus les données sont de bonne qualité.
Les eaux souterraines représentent un potentiel très important et généralement de bonne qualité, mais inégalement reparties et parfois difficilement mobilisables. Elles contribuent cependant, pour 85 à 90 % à l'approvisionnement en eau potable des populations, mais ne jouent qu'un rôle très accessoire pour l'irrigation en raison de leur coût de mobilisation.
Les réserves sont classées en trois grandes catégories selon le mode de gisement des eaux: les aquifères généralisés et les aquifères fissurés
Les eaux souterraines au Mali sont reparties entre neuf systèmes aquifères de deux types :
les aquifères généralisés : ils sont caractérisés par leur perméabilité de type inter granulaire et la présence de nappes continues couvrant la majeure partie des régions sahéliennes et désertiques de l'Est et du Nord) :
continental terminal/quaternaire (sable, argile, alluvions, latérites)
crétacé supérieur et éocène inférieur (calcaires, marnes)
continental terminal et continental intercalaire (sables, argiles sableuses, argiles)
continental intercalaire (grès, sables, conglomérats)
Les aquifères généralisés sont localisés dans les régions sahéliennes et désertiques de l’Est et du Nord sur une superficie de plus de 630 000 Km2. Ils sont constitués de formations d’origine continentale accumulées dans trois vastes bassins sédimentaires :
le bassin de Taoudenni
le détroit soudanais
le bassin du Niger
Les forages et prospections n’ont pas permis de caractériser les séries de base de ces formations de même que la position du mur imperméable.
b) les aquifères fissurés (faibles perméabilités intrinsèques, les ressources en eaux proviennent de la fissuration dans la partie profonde des formations ou de l'altération de leur partie supérieure) :
primaire Taoudenni (calcaires, grès)
cambrien (schistes, calcaires, grès)
infracambrien tabulaire (grès, grès schisteux, schistes)
infracambrien plissé métamorphique (schistes, calcaires, quartzites)
socle granitique (granites, grauwackes, micaschistes, schistes)
Ils sont semi-continus ou discontinus. Ils se trouvent dans des formations cristallines et sédimentaires du précambrien et du primaire. Ils s‘étendent au centre, au sud et à l’est du pays. Ils sont caractérisés par leur faible perméabilité intrinsèque., les ressources ne eau provenant de la fissuration de la partie profonde des formations et de l’altération de la partie supérieure.
Les caractéristiques hydrogéologiques des principaux aquifères sont les suivantes :
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Type d’aquifère |
Unité hydrog. |
Zone |
Superficie (Km2) |
Prof. Moyenne des forages (m) |
Débit moyen (m3)h) |
Niveau statique moyen (m) |
|
Aquifère Fissuré |
Primaire non différencié |
Taoudénni |
112 700 |
107 |
16 |
13 |
|
Cambrien |
Ouagadou Kaarta |
30970 36090 |
62 57 |
6.2 5.8 |
9.4 7.8 |
|
|
Infra cambrien tabulaire |
Plateau dogon San-Koutiala Bani moyen Est plateaux mandingues Baoulé Bakoye Bafing |
12780 19670 39190 35740
19210 19120 29100 |
68 64 67 63
60 67 59 |
5.7 5 5.9 4.8
4.6 8.8 8.5 |
15 12 12 17
15 12 10 |
|
|
Infracambrien plissé |
Nord Delta central Gourma Gondo |
5660
78350 13410 |
70
103 88 |
8
7.5 7.8 |
14
42 45 |
|
|
Socle |
Adrar iforas Bagoe Baoulé Sankarani Kéniéba Kayes |
77070 20420 20770 16200 9100 13450 |
81 70 60 61 56 47 |
4.3 7.5 4.4 6.2 4.4 6.5 |
20 9 9 8 15 13 |
|
|
Aquifère Généralisé |
Continental terminal |
Gondo Fossé de Gao Azaouad Sud Gourma N-W Delta intérieur |
69100 61620 24360 57670 |
91 77 64 59 |
9.1 17.1 26.4 9.3 |
29 23 8 16 |
|
Crétacé supérieur – Eocène inférieur |
Bordure adrar |
138910 |
136 |
7.3 |
51 |
|
|
Continental intercalaire-Continental terminal |
Azaouad nord Fossé de Nara |
188320 20550 |
98 81 |
9.8 11.1 |
44 43 |
|
|
Continental intercalire |
Tamesna Khenachich |
17920 64400 |
548 48 |
12.8 |
39
|
Tableau 4 : Caractéristiques hydrogéologiques des principaux aquifères
Les ressources en eaux souterraines sont estimées à 2700 milliards de m3 de réserves statiques avec un taux annuel de renouvellement évalué à 66 milliards de m3 représentant la principale source pour l'alimentation en eau potable des populations (qui ne correspond qu’à 1% des ressources disponibles).
Le niveau de mobilisation des ressources en eau souterraine est encore très faible : 0,2 %.
Les relations entre les eaux de surface et les eaux souterraines ont été établies et une carte a été faite en conséquence: il est important de souligner que l'extrême sud du pays (isohyète>1200mm) où la pluviométrie est abondante, connaît une situation de drainage permanent des nappes d'eaux souterraines par le réseau hydrographique . Partout ailleurs on assiste à une recharge des nappes par les eaux de surface (infiltrations).
Un essai d'interprétation des fluctuations du niveau des nappes observées sur le réseau piézométrique a permis de définir le comportement de ces nappes :
Pour les nappes généralisées de type inter granulaire représentées dans les zones sahélienne et désertique, la pluviométrie n'a qu'un rôle secondaire dans la recharge, celle-ci lorsqu'elle existe, étant principalement assurée par la percolation des eaux de surface. La caractéristique est une piézométrie déprimée avec des profondeurs de niveau d'eau en général supérieures à 40 m et fluctuations de niveau faibles.
La recharge des nappes est faible et ne se produit que dans les zones d'inondation et le long des fleuves permanents ou par infiltration directe de la pluie dans les secteurs à piézométrie peu profonde.
Dans le cas spécifique du delta intérieur du Niger, il faudrait souligner que la recharge à partir du fleuve est limitée aux abords immédiats du fleuve, des lacs semi-permanents et des plaines périodiquement inondées par les crues du fleuve. Ces nappes ont été principalement rechargées durant les épisodes humides de l'Holocène (entre -3000 et -9000 ans).
Pour les aquifères fissurés, les fluctuations saisonnières sont d'amplitude très variable ( de quelques dizaines de cm à plus de 15 m). L'étude statistique des hydrogrammes disponibles a montré que les crues saisonnières diminuent avec une pluviomètrie décroissante et une profondeur de nappe croissante.
Sur les 9 systèmes aquifères repartis entre les deux types d'aquifère, trois ne sont pas dotés de piézomètre : le crétacé supérieur/eocène inférieur (bordure de l'Adrar), le continental intercalaire (Tamesna, Khenachich) et le primaire de Taoudenni.
Les aquifères généralisés sont associés aux formations détritiques peu ou non consolidés et d'origine essentiellement continentale qui se sont accumulés dans les bassins sédimentaires au Secondaires et au Tertiaire. Ces aquifères sont généralement multicouches avec une porosité intergranulaire et occupent un peu plus de la moitié du territoire national. Ils renferment des eaux anciennes et généralement non renouvelables à cause de la faiblesse des précipitations et de leurs profondeurs souvent trop élevées ne permettant pas leur réalimentation périodique. Les débits des forages de ces aquifères sont supérieurs à 10 m3/h pour plus de la moitié des cas et pouvant même dépasser 50 m3/h dans certains cas.
Dans le cours moyen du Niger, il existe une napppe puissante et continue en position subaffleurante qui plonge rapidement en direction de Goundam et de Tombouctou. Cette nappe semble alimenter le Continental Terminal de Araouane et la zone de timetrin.
Ces aquifères sont associés aux formations cristallines (socle) ou sédimentaires anciennes du Précambrien et du Primaire. Ils sont caractérisés par des nappes semi-continues ou discontinues en fonction de la densité des réseaux de fracturation qui les affectent.
Ces aquifères sont localisés en zone sahélienne ou désertique avec des précipitations annuelles inférieures à 500mm . Les formations de recouvrement sont peu importantes et ne renferment que des nappes superficielles d'extension locale dans les bas-fonds et perchées au-dessus de la nappes fissurée du substratum. La réalimentation de ces nappes par infiltration directe est significative pour les zones à pluviométrie supérieure à 400 mm. Pour les zones à plus faible pluviométrie, elle se fait d'une manière indirecte par infiltration des eaux de ruissellement. Les débits des forages de ce type sont supérieurs à 5% dans 30% des cas.
La situation géographique de ces aquifères leur permet de bénéficier d'une pluviométrie élevée, de plus de 600mm et donc d'une recharge saisonnière qui se manifeste par des remontées de plusieurs mètres pendant l'hivernage. Le débit moyen des forages est de l'ordre de 5 m3/h. Environ 30 à 40% des forages ont des débits supérieurs à 5m3/h tandis que 10 à 20% ont des débits supérieurs à 10m3/h.
Les aquifères superficiels gisent dans les formations de recouvrement et d'altération du Quaternaire. Dans les zones à faible pluviométrie, ces aquifères sont perchés et localisés dans les bas-fonds tandis que dans les zones soudaniennes et soudano-sahéliennes, ils sont semi-continus.
La Direction Nationale de l'Hydraulique et de l'Energie a mis sur pied en 1988 une banque de données sur les ressources en eau du Mali (SIGMA : Système Informatique de Gestion des ressources en eau du Mali).
Pour ce faire, elle a d'abord procédé à un inventaire et à la centralisation de toutes les données disponibles : données de villages, forages, puits, pompes, essais de pompages, analyses physico-chimiques , piézométrie etc... Ces données ont été dépouillées et saisies à l'ordinateur dans différents fichiers.
Un premier traitement a été fait en fin 1988 avec pour résultat la sortie de répertoires de forages, puits, pompes, analyses physico-chimiques, graphiques de fluctuations piézométriques, essais de pompages etc...
Parallèlement , la DNHE a mis en place un système de collecte de données afin d'actualiser de façon permanente les fichiers existants et d'assurer un suivi régulier de l'évolution de l'état des ressources. La collecte de données est organisée de la façon suivante :
pour les données brutes non temporelles, des fiches standard ont été établies et sont distribuées aux différents intervenants qui réalisent des ouvrages hydrauliques tels que des forages, puits modernes, pompes, petits barrages etc...( Projets d'hydraulique villageoise, ONG) ; ces fiches sont remplies à partir de données de terrain et retournées à la DNH;
pour les données temporelles (piézométrie, chimie), un réseau de suivi constitué de 210 piézomètres a été mis en place. Les piézomètres sont composés de puits (122 puits) et de forages (88 forages). Ils sont repartis entre 70 sites d'observations. Les mesures sur ces piézomètres consistent à mesurer les profondeurs de niveau d'eau.
Ces mesures sont effectuées soit par des observateurs locaux formés sur place, soit grâce à des limnigraphes (mécaniques ou sur piles) qui les enregistrent automatiquement ou par des techniciens de la DNH.
Les eaux souterraines représentent un potentiel très important et généralement de bonne qualité, mais inégalement reparties et parfois difficilement mobilisables. Elles contribuent cependant, pour 85 à 90 % à l'approvisionnement en eau potable des populations, mais ne jouent qu'un rôle très accessoire pour l'irrigation en raison de leur coût de mobilisation.
Les réserves sont classées en trois grandes catégories selon le mode de gisement des eaux: les aquifères généralisés et les aquifères fissurés
Les résultats du suivi des niveaux piézométriques ont mis en évidence les évolutions suivantes:
tous les aquifères fissurés situés dans les secteurs de pluviométrie supérieure à 400 mm présentent des fluctuations de niveaux saisonnières notables (de moins de 1 m à plus de 15 m) tandis que les variations inter annuelles ne sont que de quelques dizaines de cm. Ce qui témoigne de la faible capacité de régularisation de ces aquifères. Ceci explique l'abaissement généralisé du niveau des nappes depuis le début des années 70 consécutif à la longue période de sécheresse;
les aquifères généralisés, hormis les secteurs rechargés par les eaux de surface (Delta intérieur du Niger notamment), ne présentent pas de variations piézométriques notables.
Il existe plusieurs études récentes sur la chimie de l’eau du fleuve Niger (C. Picouet (1999) , Pallangie (1998)). Grâce au projet GHENIS un réseau d’alerte et de suivi de la qualité de l’eau pour l’ensemble du bassin supérieur a été établi. Dans le cadre de ce projet, les analyses ont été effectuées de manière régulière de 1999 et 2001 afin de compléter une série chronologique suffisante de données.
Les analyses ont été effectuées en parties sur le terrain et au laboratoire. Elles portent sur des paramètres physico-chimiques généraux (pH, température, turbidité, conductivité électrique, oxygène dissous), sur les concentrations en éléments majeurs, en composés azotés. Certaines analyses de DBO, de coliformes, de pesticides et de métaux lourds ont été ponctuellement réalisées.
Les analyses ponctuelles de pesticides et métaux lourds ont été effectuées aux Pays-Bas en 1995 et 1996. Certains échantillons prélevés en septembre 2000 ont subi des analyses pour la recherche de métaux lourds et pesticides au Laboratoire National de la Santé et au Laboratoire Central Vétérinaire de Bamako.
Les résultats de mesures effectuées jusqu'ici sur les eaux du Niger et de ses affluents indiquent que la pollution physico-chimique n'est pas alarmante; par contre la qualité bactériologique est mauvaise (coliformes totaux et fécaux > 100 colonies pour 100 ml). Le cachet chimique des eaux du Niger et du Bani reste fortement tributaire du lessivage du substratum rocheux et des sols cultivés (usage d'engrais) par les eaux météoriques chargées de gaz carbonique. Ainsi, les eaux du Niger provenant du haut bassin dominé par des roches granitiques (socle Birimien), ont un excès de sodium et de silice avec un aspect légèrement bicarbonaté tandis que les eaux du Bani drainant un domaine gréseux (Infracambrien) , ont un excès de calcium et de bicarbonates.
La figure 5 présente la composition ionique moyenne des eaux du Niger à Banankoro et du Sankarani à Sélingué pour les campagnes de 1999 et 2000.




Figure 5: composition ionique (proportion moyenne inter annuelle de chaque cation et anion en mg/L) des eaux du Niger à Banankoro et du Sankarani à Sélingué.
Les concentrations en éléments majeurs vérifient ainsi les relations suivantes qui doivent être vérifiées pour les eaux de surface naturelles :
HCO3- > Cl- + NO3- + SO42-
Ca2+ > Na+ > K+ Mg2+
La composition ionique est la même pour les eaux du Niger et de son affluent le Sankarani. .
La mesure de la conductivité permet d’évaluer rapidement mais très approximativement la minéralisation globale de l’eau et d’en suivre l’évolution.
La conductivité électrique à 25°C mesurée au laboratoire est en moyenne de 41,1 S.cm-1 et de 44,5 S.cm-1 pour les mesures effectuées sur le terrain. La conductivité étant un paramètre très variable, il faut se référer aux mesures de terrain. La moyenne étant inférieure à 100 S.cm-1, on peut considérer que les eaux du fleuve Niger supérieur sont très peu minéralisées.
Le pH moyen pour les eaux du Niger aux stations de Banankoro, Koulikoro, Ké-Macina et à Sélingué est de 7. la concentration des nitrates est comprise entre 0.2 et 15,0 mg/l.
On distingue les nappes superficielles et les nappes profondes. Toues deux sont protégées par opposition aux eaux de surface.
Les nappes superficielles sont exploitées à partir des puits traditionnels; elles sont polluées à partir des infiltrations provenant essentiellement:
Des eaux usées domestiques; ceci est surtout accentué au niveau des vieux quartiers des grandes villes; à Bamako, on enregistre plus de 150 mg/l de NO-3 , 100 mg/l de Cl- dans l'eau de puit des vieux quartiers; ces eaux font l'objet de contaminations fécales;
Des eaux usées artisanales: effluents provenant des teintureries et savonneries traditionnelles;
Des eaux usées industrielles et minières;
Des graisses et des hydrocarbures;
Des intrants agricoles.
Les nappes profondes sont exploitées à partir des forages et des puits modernes; elles présentent très peu de problèmes de qualité (pollution bactériologique 5 %). Cependant, les pollutions chimiques peuvent survenir plus tard. Compte tenu des différentes formations géologiques, nous trouvons des eaux très peu minéralisées au sud avec :
Conductivité<50µS/cm
Dureté <75mg/l CaCO3
Chlorures<5 mg/l.
Des eaux fortement minéralisées dans les régions nord avec :
Dureté > 500 mg/l
Conductivité> 3700 µS/cm
chlorures > 1000 mg/l
Une grande partie des polluants rejetés dans l’environnement (rejets urbains, industriels et agricoles) parvient dans le fleuve Niger soit directement ou par ruissellement ou par l’atmosphère (fumée).
Ces apports peuvent modifier localement la qualité de l’eau du milieu et empêcher ou freiner le développement de certaines activités économiques (pêche, AEP, etc…) et modifier ainsi les fonctions naturelles du fleuve.
Des phénomènes d’eutrophisation peuvent apparaître , signe d’enrichissement du milieu dû à l’extension de l’usage des fertilisants artificiels et à l’augmentation des rejets d’eau usées riches en phosphore et en ammonium.
Les effets visibles sont la prolifération végétale (algale).
Des signes de pollution diffuse des eaux par des métaux toxiques et des composés chimiques organiques (DDT, lindane) ont été observés dans le fleuve Niger.
Les résultats de mesures effectuées jusqu'ici sur les eaux du Niger et de ses affluents indiquent que la pollution physico-chimique n'est pas alarmante; par contre la qualité bactériologique est mauvaise (coliformes totaux et fécaux > 100 colonies pour 100 ml). Le cachet chimique des eaux du Niger et du Bani reste fortement tributaire du lessivage du substratum rocheux et des sols cultivés (usage d'engrais) par les eaux météoriques chargées de gaz carbonique. Ainsi, les eaux du Niger provenant du haut bassin dominé par des roches granitiques (socle Birimien), ont un excès de sodium et de silice avec un aspect légèrement bicarbonaté tandis que les eaux du Bani drainant un domaine gréseux (Infracambrien) , ont un excès de calcium et de bicarbonates.
Les végétaux aquatiques envahissants (jacinthe d'eau, laitue d'eau, herbes flottantes, fougère d'eau) constituent de plus en plus une menace grave sur les activités socio-économiques comme la pêche et le transport fluvial, la distribution d’eau et la santé, la production d’énergie hydroélectrique et la riziculture dans les périmètres irrigués.
En grande quantité, ces plantes deviennent nuisibles car elles gênent l'utilisation des plans d'eau: obstruction des voies, diminution des débits des canaux d'irrigation, occupation des bourgoutières, limitation de l'accès des berges etc… L'évaporation de l'eau couverte par la jacinthe est de 7 à 8 fois supérieure à celle d'une surface d'eau libre conduisant à l'assèchement rapide des plans d'eau infestés. Les couches épaisses de végétation constituent également des terrains propices pour la reproduction de vecteurs de maladies telles que le paludisme et la bilharziose.
Le Mali fait parti des pays à revenu faible, son PIB par tête étant inférieur à 300 dollars d’où moins de 1 dollar par habitant et par jour ; ce qui justifie que la grande majorité des maliens vivent au dessous du seuil de pauvreté international établi.
Depuis 1984 la croissance a repris au Mali et jusqu’à 1998 elle a évoluée autour de 5%, ce qui est supérieur au taux de croissance démographique de l’Afrique qui est de 2,2%. De plus la quasi-totalité des indicateurs relatifs aux équilibres macro-économiques sont positifs. Ainsi, malgré certains indicateurs non encore maîtrisés comme les aléas climatiques, les fluctuations des cours des matières premières, le poids de la dette extérieure, etc… qui sont susceptibles de fragiliser la croissance économique, on devrait observer une nette amélioration des revenus et par conséquent une régression des manifestations visibles de la pauvreté.
Le taux d’investissement brut est estimé à 24,7% du PIB en moyenne pour environ 12% du taux d’épargne.
Sur la période considérée (1994 – 1998) le pays n’a pas connu de sécheresse, or le secteur agricole, dépendant des conditions climatiques est le principal secteur d’activité du Mali, tant du point de vue de sa part dans le PIB (47,9%) en 1998,qu’au regard de sa contribution aux exportations (53%) ; Des chocs externes comme les fluctuations des cours mondiaux de certaines matières premières comme le coton (47% des recettes en 1997) pour l’exportation et le pétrole pour l’importation ainsi que les difficultés d’intégration régionales peuvent affecter également la croissance économique du Mali.
L’économie Malienne a enregistré un taux de croissance de 4,3% en 2000. Cette croissance s’est répercutée sur les emplois du PIB avec un accroissement en volume de 1,1% de la consommation finale, de la variation de stocks de 2,4% de la FBCF, de 3,9% des biens et services exportés et d’une diminution des biens et services importés de 2,5%.
La dette multilatérale du Mali constitue 60,8% de l’encours. Malgré une augmentation régulières des paiements effectuées au titre de la dette extérieure (37,9 milliards de F.CFA en 1996, 41 milliards en 1997 et 43,6 milliards en 1998, on note une tendance à la baisse de l’endettement relatif. De 1995 à 1998, le rapport de l’encours de la dette extérieure au PIB est passé de 115,5% à 109,5% ; quant au rapport du service de la dette aux recettes d’exportation, il est passé de 31,6% à 12,7%. Le niveau de l’endettement extérieur est encore élevé.
Croissance du PNB,
L’agriculture vivrière a enregistré un accroissement de 15,7%,
L’agriculture industrielle a régressé de 9,4% (crise CMDT),
La valeur de la branche élevage a légèrement augmenté de 0,6%
La pêche a connu une hausse de 1,4%
La sylviculture – cueillette a augmenté de 2,8%
Les produits d’extraction ont connu une hausse de 11,1%
L’industrie a connu une augmentation de 4,94%
Les BTP ont enregistré une hausse de 5,0%
Le Commerce a connu une hausse de 3,7%
Taux d’inflation et dette,
L’inflation est de 3,3% en 2000
La dette Malienne est estimée en 2001 à 1.680 milliards F.CFA
2°) Bref aperçu
Le Mali est un vaste pays couvrant une superficie de 1.241.000 km2
La population Malienne évaluée à 7,7 millions en 1987, a atteint 9.801.305 habitants en 1999. C’est un pays d’émigration. Cette situation, selon les démographes, tient à sa position géographique et surtout aux conditions climatiques, écologiques et économiques qui y règnent.
En plus de la crise économique qui frappe, le monde entier, le Mali fait face à des problèmes de pénurie d’eau.
3°) La philosophie qui sous-tend la gestion de l’eau dans les zones rurales et semi-urbaines.
La population Malienne se repartit entre trois tendances religieuses :l’Islam, l’Animisme, et le Christianisme. Chacune de ces tendances religieuses a ses concepts sur l’eau en tant que substances naturelle et indispensable à la vie.
Du point de vue sociologie nous nous faisons le devoir de fixer quelques concerts de ces courants religieux afin de mieux marquer la délicatesse de la gestion de l’eau dans les Communes rurales et Semi-Urbaines.
a) Le concept des Musulmans sur l’Eau Potable
Selon les musulmans, l’eau est un don de Dieu, tout être vivant a le droit d’en disposer à sa guise. Les tenants de ce courant religieux affirment que l’action d’offrir l’eau à un être vivant, l’homme en particulier, est l’acte qui apporte le plus de bénédictions à son auteur.
Refuser d’offrir l’Eau “Potable” à son prochain, c’est commettre le péché le plus graves.
Selon les mêmes sources, lorsqu’un homme creuse un puits ou aménage un point d’eau pour mettre de l’eau à la disposition de ses prochains, il requiert quotidiennement des bénédictions divines tant que la source d’eau existe. Ces adeptes affirment que même les descendants de ce bienfaiteur bénéficieront de son œuvre après sa mort.
Au cours d’une mission centrée sur les problèmes d’eau Potable notre équipe a eu l’occasion de voir dans une grande cité (Ségou) des jarres remplies d’Eau Potable posées sous un arbre à l’entrée des concessions pour permettre aux passants de se désaltérer.
Dans le même ordre d’idées, notre équipe a rencontré des branchements particulier (commerçants) qui offraient gratuitement de l’eau aux voisins indigents.
Dans une autre commune où nous avons mèné des enquêtes, un maire avait systématisé la gratuité de l’eau pour les indigents.
Enfin, certaines sectes religieuses interdisent l’action de rajouter toute substance étrangère à l’eau. Dans une cité ou le choléra faisait des ravages, l’observation de cette règle a provoqué le déplacement du ministre de la santé. En effet, ces religieux affirment que toute eau sentant une odeur quelconque est impropre pour les ablutions.
Le concept des milieux Animistes ou traditionnels sur l’eau
Auparavant, dans la phase de fondation d’un village, toutes les préoccupations étaient centrées sur les eaux de surface aussi bien que les eaux souterraines.
Les eaux des premiers puits et celles de surface de nombreux vieux villages sont “travaillés” par des devins. En effet, les chefs traditionnels mettaient des produits dans ces eaux pour contrecarrer toutes les actions néfastes des ennemis venant de l’intérieur ou de l’extérieur du village.
L’effet des produits du chef traditionnel est considéré comme permanent, c’est pour cette raison que les salutations d’usage viennent toujours après l’acte de boire dans certaines contée du Mali.
Conformément aux traditions Maliennes, lorsqu’on reçoit une personne étrangère, le premier acte recommandé est de lui tendre de l’eau Potable.
Ce geste symbolique précède les salutations d’usage dans les milieu traditionnels (Bambara, Malinké, Dogon etc.) lorsqu’une personne étrangère refuse de boire cette eau sans motif valable, elle rend son logeur méfiant à son égard. Ce refus est considéré comme un signe de mauvais augure.
Dans les milieux traditionnels, les eaux de puits et de surface sont placées sous la haute surveillance du chef de village et ses conseillers. Le contrôles des eaux est assuré par les jeunes et les femmes.
Il est important de signaler que ces populations croient à la possibilité de transférer par voie magique l’eau souterraines ou de surface d’un village à l’autre.
Certains informateur affirment que ce transfert se fait à l’aide de la peau fraîche de rat-palmiste appelé (nkèlèn) en Bambara et d’incantations.
Dans le même ordre d’idées, quand un animal, un reptile, un arbre se révélait comme cause de la découverte d’un point d’eau, cet animal devenait un totem du groupe ethnique bénéficiaire. Dans l’histoire de la fondation de certains vieux villages, nous rencontrons de tels exemples.
Dans les milieux Animistes l’eau n’est pas la substance réservée aux seuls vivants, les mânes ont bel et bien leur part.
De nos jours, certaines vieilles femmes recommandent aux jeunes femmes de remplir leur jarre d’eau le soir (nuit) et déposer un pot à eau sur le couvercle. Ces vieilles affirment que les mânes ou génies viennent boire la nuit aux jarres. Ce concept, très largement répandu dans les milieux traditionnels a un impact sur la vie des enfants en période de grande chaleur. En effet, lorsqu’un enfant réclame de l’eau à boire la nuit, certaines jeunes mères refusent d’aller prendre l’eau à la jarre pour éviter une rencontre malheureuse avec un mauvais génie.
Au plan culturel, l’eau est aussi une substance vénérée. En effet, dans le delta central du Niger (Ségou – Mopti) il nous a été rapporté que les pêcheurs Bozos, et Somonos, les maîtres des eaux offraient une fois par an un taureau, du sel au génie protecteur des eaux appelé « FARO » en bambara.
Notons qu’en dehors de ces zones lacustres, le taureau noir n’est jamais utilisé comme sacrifice.
Dans certaines parties de la zone Sud du Mali, lorsqu’un conflit éclate entre des groupes ethniques, une mésentente entre époux, le discours expiatoire se prononce en versant de l’eau au croisement de deux routes
Dans le même ordre d’idée, les griots du Mandingue, de Wagadou afin que leurs enfants deviennent des maîtres de la parole font boire au nouveau-né un mélange d’eau provenant de sept (7) jarres de familles différentes : « Ka djeliden kan sôgô » - littéralement percer la gorge de l’enfant.
Pour ces hommes de l’art, ce geste est très significatif. En effet au Mandingue comme dans plusieurs zones du Mali, la parole est considérée comme une chose très redoutable. A ce propos, les sages disent : « fen bèe b’a den wolo, nka kuma b’a ba wolo »
« Chaque chose donne naissance à son rejeton mais la parole donne naissance à sa mère ».
Enfin pour implorer l’abondance des pluies en début d’hivernage et pérenniser les eaux de surface, certains chefs traditionnels font des sacrifices de sang sur la tombe des mânes.
c) Le concept des adeptes du christianisme sur l’eau
Ce courant religieux est en fait le support culturel de la civilisation européenne au Mali à l’instar de toute l’Afrique. La plupart des intellectuels Maliens sans pour autant être des adeptes du christianisme partagent largement le même concept sur l’eau. Cette conception est celle de la pensée cartésienne. L’eau est source de vie. A l’opposée des deux courants religieux précités, ce courant a une définition propre pour l’eau potable. Selon cette définition, une eau est dite potable lorsqu’elle est traitée, filtrée bouillie ou provenant d’un forage. Pour les adeptes de ce courant religieux, faire une législation moderne sur l’eau ne constitue aucun problème.
Sur le plan culturel, l’eau bénite est utilisée par le prêtre lors des cérémonies religieuses.
La notion d’eau potable dans les structures traditionnelles
Au Mali, pour les riverains, toute eau qui coule est propre, donc comestible.
Les populations vivant autour de simples rivières, de grandes étendues d’eau (lacs, mares, étangs) partagent cette même conception.
Lors d’un entretien avec un vieux riverain de Ségou, un tel propos a pu être recueilli : « si l’eau du fleuve était aussi sale que vous sujets européens (tubabu-farafin) le pensez, nous les bozos et somonos seraient exterminés depuis fort longtemps ».
D’une manière générale, les populations rurales affirment que l’eau provenant d’un puits est propre à la consommation. Notons que pour ces populations l’eau d’un puits n’est pas comestible seulement quand elle est salée ou saumâtre.
C’est en raison de ces conceptions erronées que les populations rurales et singulièrement les riverains éprouvent des difficultés pour payer l’eau d’une adduction qui est traitée.
Par endroit, les hématuries qui sont des signes caractéristiques de la bilharziose sont considérés comme signe de virilité chez les garçons et signes de règles précoces chez les filles.
En matière de législation concernant la gestion de l’eau, il est opportun de tenir compte des regroupements des populations par zones géographiques qui correspondent souvent à des clivages ethniques bien déterminés.
Dans la région de Tombouctou (Goundam, Diré) le métayage est encore largement pratiqué malgré son abolition par les lois républicaines. Dans cette région, les cultures de décrues sont très pratiquées et donnent de très bons résultats. Toutefois, les Bellahs qui sont spécialistes des cultures de décrues sont rarement propriétaires des terres et cours d’eau en raison de leur statut social.
Il en est de même dans le delta central du Niger où il existe plusieurs points d’eau et de bourgoutières fort éloignés des lieux d’habitation des populations concernées. Dans cette zone, des citoyens Maliens font payer des droits d’usage sur des cours d’eau, des pâturages, des terres de culture par d’autres citoyens Maliens.
La gestion des eaux par les structures Traditionnelles
Dans les milieux traditionnels, les puits publics, les mares et cours d’eau sont placés sous l’autorité des chefs traditionnels.
La réglementation concernant la gestion des eaux est fixée par le conseil des sages et peut varier d’un localité à l’autre.
Les pratiques dans la zone sahélo-sahélienne
Dans les zones sahélo-sahéliennes, les problèmes de gestion des eaux sont très complexes. En effet, dans ces zones, les structures anciennes demeurent très vivaces. Là, les ressources économiques sont très peu développées. L’homme lutte pour assurer sa survie. Dans cette bande sahélo-sahélienne, il n’est pas exagéré de dire que chaque groupe ethnique possède son propre code de l’eau.
Dans cette zone géographique, les sédentaires se vendent rarement de l’eau surtout lorsqu’il s’agit de l’eau potable. Là, les puits traditionnels d’utilité publique, les puits modernes à grand diamètre, la construction de petits barrages, les aménagements des mares et autres points d’eau se font par des associations communautaires.
Dans la bande sahélo-sahélienne, c’est surtout les éleveurs et particulièrement les nomades qui paient l’eau avec les sédentaires pour assurer l’abreuvement de leurs animaux. Ce paiement de l’eau par les transhumants se fait de plusieurs manières :
Pour une période bien déterminée, un propriétaire de troupeau peut payer au pouvoir local un animal : mouton, chèvre.
Le nombre d’animaux à payer est fonction de l’importance du troupeau ou des troupeaux. Le paiement de l’abreuvement d’un troupeau peut se faire en argent liquide.
Dans les cas précités, les biens perçus sont les propriétés de la communauté. C’est le chef de village qui garde les fonds.
Il existe des villages sédentaires où le paiement de l’eau par les transhumants se fait par un système de compensation. Dans ce cas précis, les animaux doivent camper dans le champ du chef de village en vue de lui procurer la fumure. Le chef de village peut céder ce droit à un de ses conseillers ou tout autre citoyen du village.
Après les trois nuits réglementaires passées dans le champ du chef de village, l’éleveur peut librement s’installer dans le champ d’un villageois de son choix et ne paie plus rien pour assurer l’abreuvement de son troupeau aux points d’eau publics.
Dans le cas où l’éleveur reste longtemps dans le champ du paysan (un ou plusieurs mois) il peut exiger de ce dernier un paiement en nature (mil, arachide) ou en argent liquide à cause de la fumure.
Les pratiques dans le delta central du Niger.
Dans le Delta central du Niger, Ségou, Mopti, Tombouctou, la gestion des eaux par les structures traditionnelles pose de sérieux problèmes. En effet, c’est cette zone où la propriété privée des eaux se pose avec acuité au niveau des eaux du fleuve, des bras de fleuve, des lacs des rivières des mares et zones d’inondation qui constituent des bourgoutières.
Au terme de la loi N° 93-008 du 11 février 1993, déterminant les conditions de la libre administration des collectivités territoriales, le domaine public immobilier des collectivités territoriales se compose de :
Un domaine public naturel (cours d’eau, mares, étangs),
D’un domaine artificiel (aménagements et ouvrages réalisés pour une raison d’intérêt régional ou communal).
Contrairement à l’esprit des lois en vigueur au Mali, dans le delta central du Niger, les eaux d’une portion du fleuve, les eaux des bras de fleuve et celles des lacs et autres cours d’eau sont considérés comme des biens privés d’une famille, d’un village ou d’un groupe ethnique et non des propriétés de l’Etat.
Il existe dans la zone précitée des documents écrits en arabe délivrés par El Hadj Amadou Sékou (règne d’Hamdallaye) à des personnalités, à un village, à un groupe ethnique pour certifier qu’ils sont propriétaires de telle portion de fleuve, de bras de fleuve, une mare ou une bourgoutière.
Pendant l’occupation coloniale, certaines des propriétés octroyées par le marabout Amadou Sékou ont été retirées pour des raisons politiques et attribuées à d’autres personnes.
A l’accession du Mali à l’indépendance, les administrateurs maliens ont parfois mis en cause les attributions faites tant par Sékou Amadou que par les administrateurs de l’époque coloniale, pour faire leur propre répartition. Les nombreux documents écrits en arabe aussi bien qu’en français délivrés par les différents pouvoirs sont jalousement gardés par leurs détenteurs. Chacun des citoyens muni de tel ou tel document se considère comme l’unique détenteur de la vérité.
Dans le même ordre d’idée à Macina, Région de Ségou, la grande mare de Touara n’a pu bénéficier de financement FED pour les mêmes raisons de propriété.
Le village de Touara est composé de deux groupes ethniques : Les Marka qui sont propriétaires des terres et les Bozos (pêcheurs) qui sont propriétaires des eaux.
En vue d’aménager la mare de Touara, l’administration locale avait autorisé les Marka (paysans) à creuser un chenal reliant la mare au fleuve pour faire la riziculture. Dans l’esprit des paysans, ce projet ne pouvait rencontrer aucun obstacle dans la mesure où ils sont propriétaires des terres. Cependant, les Bozos ont opté pour la pisciculture dans la mare de Touara. De l’avis des spécialistes, la riziculture et la pisciculture sont incompatibles dans la même mare. Toutefois, pour associer les deux projets il faudra utiliser les grillages fins tout autour de la mare ; ce qui rendait le coût du projet très élevé. Après une journée de discussion, les paysans aussi bien que les pêcheurs sont restés campés sur leur position, chaque groupe professionnel luttant pour sauvegarder ses droits et ses intérêts.
En définitive, l’aménagement de la mare a été reporté malgré le creusement d’un long chenal.
Ces litiges de propriété foncières sont à la base de l’annulation de certains projets de développement ( comme l’aménagement de la mare Manga au bénéfice des villages avoisinants de Kouakourou, sous financement FED en 1998, arrêté pour raisons d’appartenance de ladite mare à un petit village de la circonscription de Mopti) ; mais aussi de conflits sanglants (cas du conflit éclaté entre les populations de Mougna, de Sirabougou-peulh et Sirabougou-Bambara faisant 6 morts et plusieurs blessés ; cas des villages peulh de Sossobé et de Salsalbé dans les cercles de Ténenkou et Mopti ayant provoqué la mort de 29 personnes).
Tous ces conflits ont pour cause l’appartenance des cours d’eau et des pâturages, qui dans la majeure partie des cas n’est pas déterminée.
Au Mali, la préoccupation de la protection de l’environnement s’est concrétisé par l’adoption d’une législation abondante concernant les différents acteurs du développement économique et social.
D’abord, l’exigence de la protection de l'environnement est inscrite dans la constitution malienne dont le préambule dispose que « le peuple souverain du Mali s’engage a assurer l’amélioration du cadre de vie, la protection de l’environnement et du patrimoine culturel ». Les dispositions du texte notamment l'article 15 établissent l e droit des citoyens à un environnement sain au même titre que les droits fondamentaux.
Dans les années 60, les textes concernaient simplement la protection des ressources fauniques et forestières. Puis suite aux grandes périodes de sécheresse, la prise de conscience de l’ampleur de la complexité des processus de dégradation de l’environnement a été à l’origine de tentatives d’amélioration du cadre législatif.
A la suite des évènements de 91, il est apparu la nécessité de relecture des différents textes. Les nouveaux textes accordent une importance particulière aux notions de gestion, d’aménagement et de participation des populations. La plupart des textes actuels s ‘adaptent au cadre de la décentralisation.
Législation générale sur l’environnement
La législation générale visant la protection de l’environnement comprend notamment :
La loi N° 91-047/AN-RM du 23 février 1991 relative à la protection de l’environnement et son décret d’application no 95-325/PRM du 14 septembre 1995. La loi No 91-047 contient les dispositions diverses de protection de l’environnement. mais, non encrées dans des procédures concrètes.
La loi N° 89-61 /AN-RM du 02 septembre 1989portant répression de l’importation du transit des déchets toxiques et son décret d’application N° 90-353/PRM du 08 août 1990 portant fixation des déchets toxiques.
La législation foncière
La reforme de 1986 ( loi N° 86-91 du 01/8/1986 portant code domanial et foncier) a consacré l’état comme propriétaire éminent des terres, Y compris celles qui ne sont pas immatriculés. Ainsi, la quasi totalité des terres de culture et des zones de parcours sur lesquelles les populations se reconnaissent des droits se trouvent incorporées dans le domaine de l’état. Cette loi n’abolit pas complètement les droits coutumiers mais circonscrit leur exercice dans des limites très précises : la tenure coutumière ne peut prévaloir que pour autant que l’état n’ait pas besoin des terres sur lesquelles elle s’exerce (article 127). Cette démarche de reconnaissance du système coutumier comme droit précaire et révocable instaure une situation d’insécurité foncière permanente.
La gestion des ressources forestières
Les ressources forestières sont régies par le code de 1986 (loi N° 86-42 AN-RM qui conserve une orientation répressive notamment pour les feux de brousse dont la pratique est prohibée. Cette législation attribue à l’état la propriété de l’ensemble du domaine forestier. Elle comprenait de nombreuses dispositions visant à restreindre l’accès des populations aux ressources forestières..
La nouvelle législation en cours de révision remet en cause les options de base qui ont sous-tendu la gestion des ressources naturelles dont celles sylvo-pastorales. Désormais, l’exploitation forestières est gérée conjointement par l’état et les collectivités territoriales décentralisées. Il s’agit des lois 95-003 AN-RM du 18/1/1995 portant organisation de l’exploitation, du transport et du commerce de bois et loi N° 95-004 AN-RM du 18/1/1995 portant taux de répartition des taxes perçues à l’occasion de l’exploitation du bois.
La législation relative à la protection de la faune sauvage et de son habitat (loi No 95-031 du 20/03/1995 organise la protection, la gestion et l’exploitation de la faune sauvage et de son habitat.. Elle institue de aires géographiques de protection de la faune qui constitue le domaine faunique de l’état. Les collectivités décentralisées disposent aussi de leurs domaines fauniques qui se composent de zones d’intérêt cynégétique, de ranch de gibiers et de zones amodiées.
Les ressources halieutiques et piscicoles sont régies par la loi No 95-032 qui fixe les conditions générales de conservation, de protection et de mise en valeur et d’exploitation des ressources halieutiques et piscicoles, du domaine piscicole national. Ce domaine est reparti entre l’état, les collectivités décentralisées et les particuliers.
Protection des ressources en eau.
Le régime juridique de protection des ressources en eau est institué par la loi No 90-17 AN-RM du 27 février 1990. dont l’objet est d’assurer LA PROTECTION, l’utilisation, le développement et la conservation des ressources en eau. Cette loi consacre l’eau comme propriété de l’état et précise que les individus, les collectivités, les entreprises publiques et privées ne peuvent acquérir que des droits d’usage sur le domaine hydrique. La loi reconnaît et garantit les droits d’usage coutumiers des eaux du domaine public. Cette loi établit des prescriptions visant à préserver le milieu naturel et la qualité de l’eau. Les textes d’application et le code de l’eau sont en cours d’élaboration et/ou de révision
La Loi N° 90-17/AN-RM du 27 Février 1990 fixant le régime des eaux au Mali est celle en vigueur pour la gestion des ressources en eau au Mali: Cette loi a pour but d'assurer la protection, l'utilisation, le développement et la conservation des ressources en eau dans l'intérêt économique et social du pays. Elle définit :
le domaine public artificiel de l'Etat comme étant inaliénable et inappropriable à titre privé;
les normes de prélèvements des eaux superficielles et souterraines ;
les mesures à prendre afin d'assurer la qualité des eaux ;
les normes d'exécution des travaux hydrauliques.
Elle n’est jusqu’ici pas appliquée à cause de son inadaptation au contexte actuel de la décentralisation.
La Stratégie nationale de développement de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement en milieu rural et semi-urbain adopté par le Gouvernement en mars 2000 par l’arrêté interministériel N° 00 3267 / MMEE-MEATEU-MATCL-MEF-SG du 22 Novembre 2000.
L‘Ordonnance n° 0020 / P-RM du 15 Mars 2000 porte sur organisation du service public de l’eau potable ;
Ordonnance n°00 21/ P-RM du 15 Mars portant création la Commission de Régulation de l’électricité et de l’eau ;
Avant projet portant Code de l’Eau :
Compte tenu de l’inadaptation de la loi N° 90-17/AN-RM du 27 Février 1990 fixant le régime des eaux au Mali précitée, il a été jugé nécessaire de la revoir afin qu’elle tienne compte des aspects suivants de la politique de l’eau :
sur la mobilisation optimale des ressources,
la satisfaction des besoins en eau,
la rationalisation de l’utilisation de l’eau,
la généralisation de l’accès à l’eau,
la solidarité inter-régionale,
la création d’un cadre adéquat de partenariat entre l’Administration et les communes dans la gestion des ressources en eau.
A cet effet, un projet de Code de l’eau remplaçant cette loi a été élaboré.
Il a été validé par un séminaire regroupant tous les services techniques, et amélioré par la réunion interministérielle. Ce projet de code de l’eau est au Secrétariat général du Gouvernement depuis plus d’un an.
La loi n°95-034 portant code des Collectivités Territoriales Décentralisées : confère au Conseil Communal entre autres la responsabilité de la politique de création et de gestion des équipements collectifs dans les domaines de l’assainissement et de l’hydraulique rurale ou urbaine.
Décret N°90-088/P-RM du 03 Avril 1990 portant réglementation du régime des eaux : Il porte sur :
la réglementation des usages des eaux (déclarations, autorisations et concessions de droits d'utilisation des eaux domaniales) ;
le contrôle de la qualité des eaux (standards et normes concernant tous les usages, périodicité, modalités et méthodes d'analyse et de contrôle bactériologique et physico-chimique de l'eau potable etc..)
le contrôle des travaux hydrauliques (détermination de la nature des travaux à
entreprendre, avis préalable de l'Administration sur les travaux).
Ce décret n’a jamais fait l’objet d’application sur le terrain en terme d’arrêté.
Décret n° 00183/P-RM du 14 Avril 2000 fixe les modalités d’application de l’Ordonnance n° 0020 du 15 Mars 2000 portant Organisation du service public de l’eau potable.
Sur le plan institutionnel, de nombreuses structures et organes divers ont été mis en place pour la gestion des questions environnementales. Les uns ont un caractère politique, les autres un caractère plus technique. Suivant les cas, ils sont de source constitutionnelles, ministérielles ou à caractère privé.
Le secteur de l"eau est le secteur du développement socio-économique du Mali qui implique plusieurs acteurs. Aussi bien dans l"alimentation en eau potable des populations et du cheptel en passant par l"autosuffisance alimentaire, la satisfaction des besoins énergétiques, le transport et les industries, l"eau est une matière première indispensable. Aussi, les différentes sphères de l'économie se partagent-elles des rôles aussi importants les uns que les autres dans la gestion, la mobilisation et l'utilisation de cette ressource EAU.
Les principaux acteurs intervenant dans le secteur de l'eau et de l'assainissement au Mali sont :
l'Etat à travers plusieurs ministères:
Ministère chargé de l'eau
Ministère chargé de la Coopération Internationale
Ministère chargé de l'agriculture
Ministère chargé de la santé
Ministère chargé de l'élevage
Ministère chargé de l'environnement
Ministère chargé de l'Administration Territoriale
Ministère chargé des Finances
Ministère chargé de l'industrie
Ministère chargé de l'artisanat
Etc…
La tutelle actuelle du secteur de l’eau est assurée par le Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Il met en œuvre ses attributions par le canal de la Direction Nationale de l’Hydraulique (DNH) créée par la loi n°99-023 du 11 Juin 1999. La DNH a pour mission d’élaborer et de faire appliquer la politique nationale en matière d’hydraulique. A ce titre elle est chargée de :
faire l’inventaire et évaluer le potentiel, au plan national, des ressources hydrauliques ;
étudier, contrôler, superviser les travaux de réalisation des ouvrages, et veiller à leur bon état de fonctionnement ;
procéder à l’évaluation des projets de développement dans le secteur de l’eau ;
participer à la promotion de la coopération sous-régionale dans le domaine de la gestion des ressources en eau.
Les objectifs visés et les usages faits de l'eau n'étant pas toujours conciliables, il a été créé un Comité Interministériel de Coordination du secteur de l'eau et de l'assainissement dont les attributions sont :
suivre la mise en œuvre de la politique du Gouvernement en matière d'eau et d'assainissement
donner un avis sur les textes législatifs et réglementaires relatifs au secteur Eau et Assainissement
donner un avis technique sur les Conventions, Protocoles et Accords Internationaux relatifs au secteur
dresser annuellement le bilan des actions entreprises
suggérer les mesures correctives et ajuster les stratégies et les objectifs à court terme, moyen et long termes
proposer les mesures de nature administrative, institutionnelle et financière pouvant assurer une plus grande efficacité et un meilleur impact des actions entreprises
s'assurer de la cohérence des programmes et des financements des différentes composantes entre elles et avec les plans de développement nationaux.
Ce Comité a deux commissions de travail regroupant les structures techniques des départements concernés :
une commission "Gestion des Eaux"
une commission "Environnement-Santé"
Les populations
Elles sont constituées par les communautés villageoises, les comités de gestion de points d'eau, les associations d'usagers et les exploitants.
Les collectivités Territoriales
La Loi N° 95-034 du 27 janvier 1995 portant Code des Collectivités Territoriales confère aux structures administratives décentralisées les rôles suivants :
Le conseil communal : il est maître d'ouvrage, responsable de la politique de l'eau et de l'assainissement au niveau local
Le conseil de cercle : approuve les projets communautaires avec l'appui des services techniques
L'assemblée régionale : veille sur la cohérence des projets élaborés avec les programmes nationaux.
les structures d'exécution des travaux (secteur privé)
Bureaux d'Etude,
GIE,
Entreprises de travaux
Le secteur privé malien dans le domaine de l’eau est récemment installé et a besoin d’appui.
Les structures décentralisées d'assistance et de conseil (services techniques, CCC, Intermédiaires sociaux etc…)
Les partenaires au développement
Bailleurs de fonds bilatéraux
Partenaires multilatéraux
Organismes de développement
Le rôle des partenaires dans la mise en œuvre des programmes d'hydraulique est très déterminant : les projets nationaux sont généralement financés à 90 % par l'apport extérieur.
Institutions prévues par la constitution
La constitution, en son article 15 stipule que toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour tous et pour l’état.
L’assemblée Nationale
En tant qu’organe chargée de voter les lois, l’Assemblée Nationale est compétente pour les questions environnementales dans le respect du domaine législatif défini par la constitution. Elle a l’initiative des lois concurremment avec le Gouvernement et, en matière d’environnement, avec le Haut Conseil des Collectivités. Elle dispose d’une structure spécialisée en la matière, à savoir la commission du développement rural et de l’environnement.
Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCC)
Le HCC est prévu par l’article 25 et son champ d’application défini par les articles 99 à 105 de la constitution. La constitution lui confères des pouvoirs importants en matière de l’environnement par son article 99 : Le HCC « a pour mission d’étudier et de donner un avis sur toute politique de développement local et régional. Il peut faire des propositions au Gouvernement pour toute question concernant la protection de l’environnement et l’amélioration de la qualité de vie des citoyens à l’intérieur des collectivités. Le gouvernement quant à lui est tenu de déposer un projet de loi conforme dans les 15 jours de sa saisie par le bureau de l’Assemblée Nationale. Le Gouvernement est tenu de saisir pour avis le HCC pour toutes actions concernant les domaines cités dans le présent article. »
Le Conseil Economique, Social et Culturel (CESC)
Le CESC est prévu par l’article 25 être défini par les articles 106-110 de la constitution. Ses compétences en matière d’environnement se résument comme suit :
Compétence sur toutes les questions de développement économique , social et culturel et par voie de conséquence les questions environnementales ;
Peut soumettre aux instances nationales (Président, Assemblée nationale, Gouvernement, un recueil annuel sur les attentes, les besoins et les problèmes de la Société civile, qui doit être appuyé par des orientations et des propositions. Ce recueil annuel constitue une occasion pour suggérer et faire des recommandations sur toutes questions environnementales et de protection du cadre de vie.
Institutions ministérielles
Plusieurs structures institutionnelles ont été mises en place qui ont chacune leurs prérogatives.
Le ministère en charge de l’environnement, le conseil supérieur de l’environnement et le secrétariat Permanent du PNAE/CID. Au niveau décentralisé les institutions de la commune (Conseil communal, le Maire et ses adjoints, le village, la fraction, le quartier), du cercle (conseil de cercle, bureau du conseil de cercle) de la région (Assemblée régionale, le bureau de l’assemblée régionale) et les représentants régionaux des directions nationales et structures techniques concernées.
Le ministère en charge de l’environnement :
Il est responsable au niveau du Gouvernement des questions environnementales. Il a compétence pour toutes les questions telles que définies par le décret fixant ses attributions. A ce titre, il prend toute mesure et décision relevant de son niveau et relatives à l’environnement, qu’il soumet aux autorités supérieures (Premier Ministre, conseil des ministres) celles relevant de ces niveaux.
La répartition de la gestion des questions environnementales se partage entre plusieurs départements ministériels : développement rural, santé, hydraulique, transports, urbanisme, industries, éducation, travaux publics, administration territoriale, etc…
D’une manière générale, les ministres constituent l’autorité supérieure compétente pour les décisions concernant les secteurs qu’ils dirigent. L’autorité du Ministre repose au plan administratif sur une structure technique, généralement une Direction Nationale chargée de préparer à l’intention du Ministre et du Gouvernement la politique sectorielle et d’administrer la mise en œuvre et le contrôle.
Le CSE a été institué par le décret No 95-202 du 17 Mai 1995. C’est un organe consultatif crée auprès du Ministre chargé de l’environnement ayant pour missions :
la coordination et le suivi de la politique du Gouvernement en matière d’environnement,
la coordination et l’harmonisation des activités des structures impliquées dans la gestion de l’environnement et de l’amélioration du cadre de vie,
l’intégration des activités de conservation de l’environnement et d’amélioration du cadre de vie dans la planification nationale,
l’appréciation des risques d’origines naturelles et techniques, et la formulation des moyens de les prévenir,
La formulation des mesures tendant à résoudre les conflits naissant de la mise en œuvre des opérations multi-sectorielles et développement,
La formulation de toute mesures d’ordre législatif, réglementaire, institutionnel ou technique pour la protection de l’environnement et l’amélioration du cadre de vie.
Placé sous la présidence du Ministre chargé de l’environnement, il comprend 13 Ministres, un représentant du CESC et des responsables des principales institutions supposées jouer un rôle pour la mobilisation des moyens en faveur des questions d’environnement (dont CCIM, APCAM). Il est doté d’un secrétariat technique placé au niveau du Secrétariat général du Ministre en charge de l’environnement.
Le secrétariat Permanent du PNAE/CID (SP/PNAE-CID)
Cette institution a été mise en place par décret N° 94-189 du Premier Ministre du 27 Mai 1994. Il a pour mission spécifique l’orientation, le pilotage et l’élaboration du PNAE/PAN-CID, c’est à dire l’élaboration de la politique de l’environnement et de ses programmes d’action. Il est rattaché au Ministre de l’environnement.
Il a deux organes d’appui : Le comité consultatif, structure technique, composé de 30 représentants des services techniques, des ONG, de la société civile, des partenaires de coopération et le comité interministériel. Le comité interministériel est un organe politique présidé par le Ministre en charge de l’environnement. Il est composé de 7 Ministres de départements concernés à titre principal par les questions environnementales : Environnement, développement rural, santé publique, Mines Energie et hydraulique, industrie, artisanat et tourisme, travaux publics, transport et urbanisme et finances pour la question relative à la mobilisation des ressources.
Institutions à caractère privé
Ce sont les Associations, les ONG, les GIE, entreprises économiques sous forme de Bureaux d’Etudes ; oeuvrant tous dans le domaine de la protection de l’environnement.
La Loi N° 95-034 du 27 janvier 1995 portant Code des Collectivités Territoriales
Le Code des Collectivités Territoriales, édicté par la Loi n°95-034, fixe dans tous ses détails la composition, les attributions, le fonctionnement et les conditions de financement de ces Collectivités au niveau des Communes, des Cercles et des Régions du Mali. Pour ce qui a trait au secteur de l'eau, on note que :
le Conseil Communal, représenté par son maire, est responsable de la protection de l'environnement, des opérations d'aménagement de l'espace communal et de la politique de création et de gestion des équipements collectifs dans les domaines, entre autres, de l'assainissement et de l'hydraulique rurale ou urbaine. Dans ce cadre, les Conseils Communaux sont les maîtres d'ouvrage de leurs infrastructures hydrauliques, mais pourront en déléguer la gestion à des associations d'usagers ou tout opérateur privé jugé apte à le faire ;
Le conseil de cercle : approuve les projets communautaires avec l'appui des services techniques;
L'assemblée régionale : veille sur la cohérence des projets élaborés avec les programmes nationaux.
Le Plan National d’Action Environnementale (PNAE)
Le Plan National d’Action Environnementale (PNAE) adopté en 1998 a pour objectif global de contribuer au développement économique et social durable du Mali et à la recherche de la sécurité alimentaire, de lutter contre toute forme de pollution et nuisance, contre le processus de dégradation des ressources naturelles et la désertification. Neuf programmes d’action ont été identifiés pour atteindre cet objectif. Parmi eux, il y a le « Programme de maîtrise des ressources en eau ». Ce programme tout comme les autres a un caractère transversal et multisectoriel et sa mise en oeuvre implique le département en charge de l’eau.
L’objectif global du Programme de maîtrise des ressources en eau dans le PNAE est « assurer une gestion appropriée des ressources en eau et garantir leur accès à toutes les utilisations de façon équitable »
Il tient compte du schéma directeur de mise en valeur des ressources en eau du Mali dont il suggère la relecture et le renforcement.
Les Accords, Conventions et Engagements internationaux du Mali en matière de gestion des ressources en eau
Différents engagements (conventions, protocoles et accords) sont pris en compte dans la mise en œuvre de la politique nationale de l’eau :
La convention de Ramsar relative à la conservation des zones humides d’importance internationale comme habitat des oiseaux d’eau ratifiée en mai 1985 par le Mali ; trois sites sont retenus dans le delta central du Niger.
La convention des Nations Unies sur la Lutte contre la désertification ratifiée en 1995
La "Déclaration de Ouagadougou" à travers laquelle les ministres chefs de délégations chargés des ressources en eau de 12 pays participants à la conférence Ouest - Africaine sur la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (OUAGA du 3 au 5 Mars 1998) ont exhorté leurs gouvernements respectifs à mettre en oeuvre dans leurs pays un processus de gestion Intégrée des ressources en eau, s’appuyant sur un plan d’action national de l’eau.
Articulation avec la décentralisation
Les grandes orientations du schéma directeur de mise en valeur des ressources en eau du Mali adopté par le Gouvernement du Mali en 1991 ont été :
la décentralisation par la responsabilisation des populations
la déconcentration
le désengagement de l’Etat des tâches d’exécution et le recentrage de ses missions au contrôle, législation et appui-conseil
la privatisation et l’appui au secteur privé
Elles sont en cours d’application à travers le processus de décentralisation et de déconcentration des services centraux déjà engagé. A cet effet un cadre institutionnel plus fonctionnel est entrain d’être mis en place progressivement avec une répartition des compétences entre les collectivités et l’Etat.
Les collectivités participeront à la définition des priorités à travers leurs représentants dans les structures administratives locales décentralisées (Conseils Communaux, Conseils de Cercle, Assemblées Régionales) ou à travers des associations ou des organismes non gouvernementaux.
Les structures déconcentrées de l’Etat en relation étroite avec des collectivités, les associations et les structures professionnelles concernées ont désormais en charge de mettre en oeuvre la politique nationale de l’eau et de la traduire en actions concrètes en tenant compte du contexte local.
La mise en oeuvre de cette politique nécessitera cependant le développement des capacités opérationnelles de ces structures et notamment des directions régionales. Une identification précise d’aide et d’assistance à la décentralisation sera effectuée par l’ensemble des partenaires concernés et un programme sera élaboré et mis en oeuvre à court terme. Des actions de formation seront programmées et réalisées en liaison avec les intéressés.
La loi sur la décentralisation prévoit le transfert de certaines compétences des services centraux et déconcentrés de la Direction Nationale des Transports vers les communes.
Le code des collectivités territoriales dans son article 14 confère aux communes la compétence d’élaborer leur propre programme de développement local. Il impose pour cela une démarche participative
La gestion actuelle des ressources en eau du fleuve Niger en République du Mali relève donc d'une large gamme d'institutions techniques gouvernementales, para-étatiques, et non gouvernementales. Généralement toutes ces institutions ont des préoccupations sectorielles.
Ces institutions et acteurs peuvent être classées dans les catégories ci-après :
les institutions en charge de l’inventaire et de la connaissance scientifique des ressources en eau :
services publics chargés de l’hydrologie et de l’hydrométéorologie comme la Direction Nationale de l’Hydraulique et la Direction Nationale de la Météorologie,
institutions d’études et de recherche comme l’Institut d’Economie Rurale, le Centre National de la Recherche Scientifique et Scientifique, l’Institut de Recherche pour le Développement.
les institutions en charge de l’exploitation directe des ressources en eau :
services publics chargés de l’irrigation comme la Direction Nationale de l’Aménagement et de l’Equipement Rural, les Offices de Développement Rural;
services publics chargés de l’énergie comme la Direction Nationale de l’Energie, l’Energie du Mali ;
services publics chargés de la navigation comme la Compagnie Malienne de navigation ;
services publics chargés de l'approvisionnement en eau potable comme le service Eau de l’Energie du Mali
associations de professionnels du transport fluvial ;
associations de professionnels de l’industrie et du commerce ;
associations de professionnels de l’agriculture;
ONG de développement socio-économique.
les institutions chargées de l’exploitation des produits aquatiques (faune et flore) :
services chargés de la pêche, de l’élevage et des eaux et forêts comme l’Opération Pêche, la Direction Nationale de Conservation de la Nature, la Direction Nationale de l’Appui au Monde Rural ;
associations de professionnels de pêche et d’élevage.
les institutions en charge des problèmes de santé et d’environnement :
organismes chargés du contrôle de la qualité de l’eau : laboratoire national de la santé, laboratoire de la qualité des eaux de la DNH;
les services publics chargés de l’assainissement comme la Direction Nationale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances et les services municipaux de voirie.
La coordination des activités a été attribuée à des comités ad hoc pour aider à résoudre des situations particulières comme le Comité Technique de Coordination et de Gestion des Eaux de Sélingué qui a surtout fonctionné durant les années de sécheresse (1982 à 1990). En 1999, la sévérité particulière de l’étiage a incité les autorités à mettre en place une cellule de coordination sous l’auspice du Ministère de l’Environnement.
Les institutions créées spécialement pour la coordination des activités de développement sont essentiellement consultatives ; il s’agit notamment du Comité de Coordination du Secteur Eau sous l’égide du Ministère chargé de l’eau et du Conseil Supérieur de l’Environnement sous la tutelle du Ministère chargé de l’environnement. Ces instances se sont révélées peu fonctionnelles (tenue irrégulière de leurs réunions statutaires et peu de résultats concrets) par manque de moyens de fonctionnement et de pouvoirs délibérants.
La population malienne est évaluée à 9.801.305 habitants (recensement de 1998) dont 73 % vivent en zone rurale et 27 % en milieu urbain et le taux d’urbanisation est de 28% ; avec un taux de croissance autour de 3% au Mali.
La population active rurale pour le pays représente autour de 84% de la population active. Le Mali est un des pays en voie de développement parmi les plus pauvres. Le secteur industriel représente 14% de son PNB alors que la production agricole en fait 51% (1988-90).
La majeure partie de la population est concentrée sur le bassin du Niger, elle s’y élève à environ 1 600 000 habitants. La faible densité moyenne (8 hab.km-2) du Mali cache en fait des disparités énormes avec des concentrations très fortes dans les centres urbains et dans les zones de culture, dont le Delta du Niger est la plus importante. Le bassin versant compte quatre agglomérations à caractère urbain : Bamako (800 000 hab.), Kati (40 000 hab.), Koulikoro (25 000 hab.) et Ségou (90 000 hab. en 1990). La population urbaine devrait atteindre les 2 millions avant 2005.
Le taux d’accroissement naturel du Mali en 1998 était de 3,7%. Le taux d’accroissement moyen est 2,2%. L’indice synthétique de fécondité est de 6,7%. Le taux de natalité du Mali est 43,1%o.
Sur le total de la population malienne, 50% ont moins de 15 ans. La population active (15 – 54 ans) est de 43%. En 2022, la population pourrait atteindre 17,5 millions.
Le taux de la population vivant en milieu rural est estimé à environ 80% et varie d’une région à l’autre avec des taux supérieurs ou égaux à 90% à Koulikoro, 80 à 86% à Sègou, Sikasso, Mopti et Tombouctou. Ce taux est respectivement 13,7 et 5% pour les régions de Gao/Kidal et Bamako.
Le taux de mortalité infantile est 123 %o. La mortalité juvénile atteint 131%o ; Le taux de mortalité maternelle (pour 100.000 naissances vivantes) est de 577. L’espérance de vie à la naissance est 56,8ans. L’explosion démographique est due au maintien d’une forte fécondité et d’une baisse de la mortalité surtout infantile.
La densité de la population est 7,9 habitants/km2. Cette densité est variable d’une région à l’autre. Ainsi, les plus fortes densités sont rencontrées dans les régions de Ségou, Sikasso et Mopti (15hbt/km²) et les plus faibles dans les zones sahélo-sahariennes de Tombouctou et Gao (1hbt/km²). Ces densités cachent aussi des disparités entre les cercles et les communes.
La population dans le bassin du Niger est inégalement repartie selon des conditions climatiques et selon la disponibilité des ressources en eau.
Le Mali compte 8 régions administratives et un district (Bamako). Le bassin du Niger en couvre 7 en plus du district. Le Mali compte 10.000 villages dont 90% se situent dans les 4 régions le plus peuplées : Ségou, Mopti, Koulikoro et Sikasso).
Les nombreuses ethnies qui peuplent le bassin du Niger sont :
sédentaires(83% de la population) comme ceux des groupes Mandingues (Bambara, Malinkés, Dioulas, soudaniens (Sarakolés, Bozos, Somonos, Dogons Sonrais, ou voltaiques (Mossi, sénoufo, Miniankas et Bobos) ou
Nomades (17%) comme les touaregs, maures et certains peulhs.
Les sédentaires sont généralement agriculteurs et pêcheurs tandis que les nomades sont surtout éleveurs.
Le bassin du Niger est un centre intense d’émigration tant vers l’extérieur que vers les pôles de développement à l’intérieur du pays (villes, mines d’or, barrages, zones CMDT du Sud).
L’essentiel de la population est concentrée autour du fleuve Niger et ses affluents.
Les zones du Sud du Mali correspondant au bassin amont sont plus peuplées que celles du Nord correspondant à la boucle du Niger.
La répartition de la population en zones d’occupation fait apparaître 3 types de zones :
Les zones de vide démographique : qui affectent 60% du territoire. C’est la partie du territoire situé au Nord de l’isohyète 200 mm et d’une partie de la zone Sud (ancienne zone d’onchocercose),
Les îlots de peuplement dense : dans la partie Ouest et Nord Ouest du territoire. La densité varie entre 25 et 30 habitants/km2,
Des zones peuplées au Sud, abritant une population estimée à plus de 7 millions d’habitants, soit 84% de la population concentrée sur 36% du territoire, La densité autour des centres urbains serait de 40 à 50 habitants. Ce sont les régions de Mopti –Ségou – Bamako- Sikasso.
Tableau 5 : REPARITION DE LA POPULATION DU BASSIN PAR REGION ET PAR SEXE
|
Année Division administrative |
1998 |
1999 |
||||
|
Homme |
Femme |
Total |
Homme |
Femme |
Total |
|
|
ENSEMBLE DU MALI Total Urbain Rural |
4714690 1403405 3311285 |
4864920 1331893 3533035 |
9579618 2735298 6844320 |
4825041 1466235 3358806 |
4976263 1396421 3579842 |
9801304 2862656 6938648 |
|
REGION DE KOULIKOR Total Urbain Rural |
734405 131986 602419 |
770447 125168 645279 |
1504852 257154 1247698 |
751482 139132 612350 |
788138 132491 655647 |
1539620 271623 1267997 |
|
REGION DE SIKASSO Total Urbain Rural |
824339 179551 644788 |
842605 178094 664511 |
1666944 357645 1309299 |
843826 189273 654553 |
861948 188515 673433 |
1705774 377788 1327986 |
|
REGION DE SEGOU Total Urbain Rural |
824407 211442 612965 |
867317 209804 657513 |
1691724 421246 1270478 |
843839 222890 620949 |
887027 222081 664946 |
1730866 444971 1285895 |
|
REGION DE MOPTI Total Urbain Rural |
746596 153104 593492 |
796182 145512 650670 |
1542778 298616 1244162 |
763756 161393 602363 |
813695 154027 659668 |
1577451 315420 1262031 |
|
REGION DE TOMBOUCT Total Urbain Rural |
265285 82392 182893 |
271141 71424 199717 |
536426 153816 382610 |
271346 86853 184493 |
277128 75603 201525 |
548474 162456 386018 |
|
REGION DE GAO Total Urbain Rural |
217032 74340 142692 |
233097 68599 164498 |
450129 142939 307190 |
222262 78365 143897 |
238317 72613 165704 |
460579 150978 309601 |
|
REGION DE BAMAKO Total Urbain Rural |
438940 438940
|
406574 406574
|
845514 845514
|
449551 449551
|
416958 416958
|
866509 866509
|
Source perspective de la population Mali 1987 - 2002
La population totale féminine est de l’ordre de 50,49%.
Le poids de la population féminine par tranche d’age est la suivante :
0-4 ans (<5 ans) : 48,43%
0-5 ans (<=5 ans 48,43%
0 –14 ans (<15 ans) 48,8%
0-15 ans (<= 15 ans) 48,82%
60 ans et plus (>= 60 ans) 50,57%
Le poids de la tranche d’age pour la population totale est repartie comme suit :
0-4 ans (<5 ans) : 19,80%
0-5 ans (<=5 ans) 23,48%
0 –14 ans (<15 ans) 50,92%
0- 15 ans (<=15 ans) 53,45%
60 ans et plus (>= 60 ans) 50,57%
Le tableau suivant donne l’estimation de la population par groupe d’âge et par sexe
Les effectifs des familles sont variables d’une région à l’autre, de même que des centres ruraux aux centres urbains.
Les grandes familles rurales peuvent contenir entre 20 à 50 personnes (Zones agricoles dominées par les exploitations communautaires des concessions) ou seulement quelques 5 à 8 personnes (zones d’élevage, de pêche et de nomadisme).
Les embranchements suivantes se rencontrent dans les milieux traditionnels du bassin :
Le ménage : composante de l’exploitation agricole
La famille : exploitation agricole composée d’une ou de plusieurs ménages.
Le Clan : famille élargie.
Village : agglomérations dirigée par un chef,
La population est regroupée en concessions (du : unité d’un groupe de vie en famille comprenant : un ou plusieurs ménages, équipements de production et de consommation, etc…) ou ensemble familiaux groupant un nombre plus ou moins grand de ménages. Le patriarche (chef de famille) est généralement le dominateur.
Chaque village est administré par un chef de village assisté par le conseil de village. Le conseil de village est formé de notables et présidé par le chef du village. Les réunions et les décisions sont collégiales. Il est chargé des relations avec l’administration et avec les étrangers désirant s’établir dans le village.. Il examine et décide des problèmes qui se présentent dans la collectivité. Sa cohérence et sa compétence sont incontestables par tous les membres du village. Il est entouré d’un conseil de village de 4 à 13 membres. Son rôle essentiel est la collecte d’impôts.
Il existe parfois dans le même village un chef de village administratif et un chef de village traditionnel. Le chef de village administratif est nommé par l’administration sur proposition du conseil de village tandis que le chef de village traditionnel, véritable détenteur de pouvoir est nommé par le conseil des sages des familles fondatrices.
Dans certaines circonscriptions, il peut exister un ensemble de villages formant le canton (ensemble de villages ayant la même origine et ancêtres communs). Cet ensemble est commandé par un patriarche craint et vénéré.
La vie sociale est organisée sur le mode communautaire. Une famille regroupe plusieurs ménages autour d’un chef de concession. Cependant, la notion de famille restreinte au sens occidental du terme émerge de plus en plus en réalité.
C’est ainsi qu’à coté du champ collectif et du bétail commun à la concession, il existe des petits champs, du petit bétail et des vergers fruitiers exploités à titre individuel par le chef de ménage, sa femme et ses enfants.
L’organisation communautaire ne dépasse jamais le cadre de la concession bien qu’à certains moments, des travaux champêtres puissent être organisés collectivement par plusieurs concessions.
La plupart des communautés ont pour origine les villages-foyers (ou village-mère) anciennement installé dans la localité et d’où viennent les autres villages dérivés. Ces villages dérivés vont s’agglomérer autour du village-mère. Les plus anciennement installés sont généralement propriétaires des terres, des forêts et des eaux. Les nouveaux arrivants demandent les terres aux plus anciens pour exercer les activités de subsistance (agriculture, habitats, élevage, etc…).
On rencontre dans les communautés des organisations axées sur la division du travail. Ainsi, on retrouve :
Le groupe de guerriers nobles rassemblés autour d’un chef incarnant le pouvoir,
Le groupe de paysans producteurs,
Les forgerons et les artisans qui fabriquent les armes et les outils de travail (daba, houes, haches, etc…) et palefreniers ,
Les griots jouant le rôle de messagers et de détenteurs de culture et traditions,
Les devins et prêtres qui sont consultés dans presque toutes les circonstances intéressant la vie du village : organisation de mariages, de circoncision et excision (liés à certains aspects de l’apparition de l’étoile polaire (Sigidolo) ; préparatifs d’hivernage, conflits, etc…
Cette structure s’est adaptée à la division du travail impliquant une activité orientée essentiellement vers la production agricole. La tranche d’âges de 20 à 40 ans apparaît comme la plus engagée dans les processus d’adaptation aux conditions économiques actuelles. Les tons en sont la principale illustration
Chaque village est placé dans un champ social plus vaste déterminé par son aire de parenté, d’alliance et d’affinité et par tous les enjeux de pouvoir. L’histoire a tissé des rapports privilégiés entre certains villages. La tendance générale est de renforcer ces liens par diverses cérémonies villageoises (mariages, entraides, etc…).
La parenté, perçue sous l’angle des rapports sociaux est non seulement la relation qui lie les géniteurs aux enfants (parenté biologique) mais aussi les différents liens unissant les personnes qui se reconnaissent comme parents (liens de mariage et/ou de protection traditionnelles)
Aussi, les associations de jeunes existent, et exercent des activités saisonnières et sporadiques. Ce sont :
Les tons :ce sont des groupes à caractère à la fois productif et récréatif qui louent leurs services contre rétribution en argent ou en nature, surtout pour les travaux agricoles et qui organisent pour leurs membres des danses et des fêtes.
Les paris qui sont des groupes à caractère financier. Les différents membres cotisent régulièrement pour pouvoir, une fois dans l’année bénéficier la totalité des cotisations. C’est une forme de caisse d’épargne.
Les classes d’âge qui rassemblent les hommes d’un coté, les femmes de l’autre selon leurs âges, représentent de promotions. Des liens d’amitié, de compagnonnages et d’épreuves d’endurance subies ensemble, maintiennent une cohésion assez forte dans ces groupes pour leur insertion dans la vie active de la communauté.
Dans les milieux fortement religieux, les groupes religieux jouent un rôle important dans les collectivités particulièrement les marabouts. En plus d’un pouvoir économique, les grandes familles maraboutiques possèdent un pouvoir de décision incontestable dans les affaires sociales concernant les collectivités villageoises, choix des conjoints, litiges familiaux et autres.
L’exploitation familiale est le foroba (ou champ collectif). L’ensemble des activités y sont dictées par les chef de concession et c’est à lui de gérer les revenus de la famille. Cependant, les champs privés (jonforow) font leur apparition et sont entretenus par les individus composant la concession. C’est l’individualisation des ménages.
Les femmes participent à toutes les activités de développement de la communauté. Ceci va de la culture à la pêche, passant par la cueillette, le soin du bétail.
Les champs des femmes sont ensemencés en fonio, arachide, et pratiquent couramment la riziculture. Leurs activités secondaires sont l’entretien du jardin potager ou elles cultivent les oignons, des tomates, du gombo, etc…
S’agissant du chômage, le phénomène est ressenti différemment selon le sexe et selon le milieu. En effet, la proportion d’hommes parmi les chômeurs est plus importante que celle des femmes (64,7% contre 35,3% Du point de vue répartition spatiale, on constate que la grande majorité de la population active occupée vit en milieu rural, 84% contre 16% pour le milieu urbain. Le chômage ne touche que 1% de la population active rurale contre 14 ,2% de la population active urbaine. Vu l’importance du monde rural dans la population active et son faible niveau de chômage, il en résulte un taux de chômage d’environ 3%.
En 1996, les organisations paysannes ont créé la « plate-forme des organisations paysannes » à l’instar de celles créées dans d’autres pays de la sous-région. Cet organisme de concertation devait permettre au monde rural de jouer un rôle important aux niveaux politiques et stratégiques.
Les activités des organisations paysannes sont très diversifiées. Elles concernent essentiellement le développement de la production agro-pastorale, le maraîchage, l’arboriculture fruitière, la pêche, la commercialisation et l’artisanat, l’exportation et la transformation des produits forestiers, les actions de gestion des ressources naturelles et de protection de l’environnement.
Le financement des activités des organisations paysannes fait appel aux ressources internes, au crédit et aux subventions et/ou dons. Les ressources internes sont constituées par les cotisations des membres qui se font essentiellement sous forme individuelle et familiale et son payées soit par semaine, par mois ou par an. Le crédit occuperait une place importante.
Une bonne partie de la population citadine vit de salaires. Depuis 1985, les salaires en termes nominaux n’ont pas évolué, et ce jusqu’en Mars 1994 date à laquelle une augmentation de 5%, puis se sont succédé 3 augmentations de 5% chacune entre 1994 et 1998. Les salaires se sont donc nominalement accrus de 4% en moyenne annuelle pendant la même période. Au cours des 5 années allant de 1994 à 1998, il a été observé des taux d’inflation respectifs de 33,6%, 13,5%, 6,8% , 0,9% et 3,5%, soit une moyenne annuelle de 11,7% L’inflation a été de ce fait supérieur à la hausse des salaires nominaux, avec pour conséquences une érosion du pouvoir d’achat réel des fonctionnaires
Le commerce est pratiqué particulièrement à partir des centres de distribution qui sont les grandes villes le long des artères routiers et des voies Navigables. L'importation des produits étrangers se fait par train, et par camions vers les centres de commercialisation ; généralement que constituent les grandes villes. De ces centres commerciaux partent les échanges locaux grâce au transport routier, ferroviaire, la Navigation fluviale et aérienne. Ces activités soient pratiquées par de nombreuses sociétés et encore plus de particuliers.
D’autres activités sont exercées par les citadins comme l’élevage des bovins sélectionnés, de la volaille, la sylviculture (production de fruits et légumes), l’extraction des matériaux de construction, la teinture, les petites et moyennes entreprises de production et d’industrie,
Les Groupements d’Intérêts Economiques (GIE) ont connu un essor considérable surtout en milieu urbain, où ils se sont investis dans la collecte des ordures ménagères, l’enlèvement d’ordures ménagères, l’enlèvement des eaux usées et excrétas. Les rétributions des services sont assurés par les familles. Les redevances perçues par les GIE pour les ordures sont estimés à 240 millions de FCFA.
La proportion de pauvres reste élevée en milieu rural (76%) qu’en milieu urbain(36,3%).
Selon les idées de profanes, la région de Sikasso est l’« eldorado » du Mali. Cette affirmation se dit en faisant allusion à l’abondance pluviométrique, à la présence en toute saison de fruits, légumes et produits maraîchers frais. Cependant, selon la répartition de la pauvreté au Mali, la région de Sikasso n’est pas en bonne position, malgré les avantages naturels.
Le tableau suivant relate l’indice de pauvreté humaine selon les régions administratives en 1998
|
Régions |
Indice de pauvreté (IPH) |
|
Koulikoro |
57,5 |
|
Sikasso |
58,0 |
|
Ségou |
60,6 |
|
Mopti |
61,6 |
|
Tombouctou |
67,4 |
|
Gao |
64,7 |
|
Bamako |
26,7 |
Tableau 6 :’ Indice de pauvreté humaine selon les régions administratives en 1998
Ainsi, dans le bassin, et selon ce tableau, la région de Koulikoro semble être celle qui est la moins affectée après le District de Bamako.
La région de Gao, bien que pauvre dépasse Sikasso en matière de développement humain.
L’essentiel des activités de développement se produisent dans le bassin amont (région de Sikasso), dans les voisinages du fleuve Niger et dans sa zone lacustre (delta intérieur).
La zone de la boucle est parent pauvre d’activités de développement à cause de la présence du désert sur une bonne partie de cette zone, où l’essentiel des activités se concentrent dans le lit majeur du Niger.
Cette répartition des biens se fait en corrélation avec les activités génératrices de revenues, elles même dépendant des répartitions climatiques du bassin, les ressources du sous-sol, la disponibilité des terres productives et des eaux.
Ainsi, les biens issus des activités agricoles se retrouvent dans la partie sud et centrale du bassin correspondant aux régions de Sikasso, Koulikoro, Ségou et Mopti. Il est à noter cependant qu’en plus des ressources liées aux cultures s’ajoutent celles de l’élevage compte tenu des aspects économiques liés aux conditions climatiques. Cette zone est aussi celle de prédilection de la chasse et des activités forestières.
Les ressources halieutiques sont exploitées par les populations de la zone du Delta central du Niger en plus de la riziculture (pluviale et d’irrigation). Elles concernent les régions de Ségou, Mopti et une partie des régions de Gao et Tombouctou.
Quant à l’élevage, ses produits sont reparties sur tout le bassin avec dominance dans la partie Nord et dans le delta central, couvrant les régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.
L’artisanat procure des ressources importantes dans le Nord du bassin, en l’occurrence dans les régions de Kidal, Tombouctou, Gao et Mopti ainsi que dans le district de Bamako.
Les activités touristiques génèrent des revenus importants aux populations de Djenné, Mopti, Bandiagara, Sangha, Tombouctou et Gao ainsi que le District qui constitue un passage obligé pour les étrangers empruntant les vols aériens pour entrer au Mali (hôtellerie, vente d’articles artisanaux).
Officiellement, toutes les terres appartiennent à l’Etat. Mais cette appartenance n’exclut pas l’autorité coutumière qui confère la propriété des terres selon les critères suivants :
Les ressources en eau et sols appartiennent au chef des terres ou chef coutumier. Ce titre peut être acquis suite à la descendance d’une famille fondatrice, ou bien peut-être acquis par la force .
Les conseillers du patriarche au niveau du village, issus des familles fondatrices ou anciennes, jouent un rôle important dans le règlement des conflits autour des terres et des ressources naturelles mais aussi jouent un rôle décisif dans l’exercice du pouvoir .
La terre attribuée à un chef de famille devient sa propreté jusqu’au décès de celui-ci, puis ses héritiers contactent le patriarche qui décide de l’octroyer ou non. Ces terres ne peuvent être vendues et aucune activité ou aménagement ne peut être faite sans l’accord et le consentement du chef coutumier.
En somme, l’occupation initiale des terres et la sédentarisation sont sources de propriété des terres et des eaux dans la vallée du Niger.
En effet, outre l’appartenance des terres à l’état, il existe dans l’ensemble du bassin des droits de propriété sur les terres généralement acquis par suite d’occupation en premier des terres (par les ancêtres). Ces terres peuvent alors être cédées, prêtées, mises en gage ou vendues à des tierces personnes. Cette gestion traditionnelle est responsable de beaucoup de problèmes tant sociaux qu’économiques.
Dans de nombreux villages, les fonctions de chef de village et de chef de terre se confondent ; ce qui donne au chef de village une importance particulière dans la vie du village.
Au point de vue régime foncier, la terre ne se vend pas et ne se partage pas entre héritiers ; ceci parce qu’elle appartient collectivement à la famille (concession) qui s’y est installée la première. Le métayage prend cependant forme sous des aspects diffus.
Lorsqu’une famille cesse d’exploiter une terre lui appartenant, elle ne perd pas pour autant tout droit sur elle ; elle reste sa propriété même si un autre l’exploite provisoirement.
Au sein de la communauté, la gestion des terres est faite selon les coutumes traditionnelles. Les propriétaires terriens sont en général décideurs de toute activité se passant sur leurs terres. Ces terres peuvent être prêtées aux usagers sans qu’ils aient le droit d’entreprendre les activités qui leur plaisent. Ce qui amène souvent des conflits quant au mode d’exploitation de celles-ci. En effet, les activités telles que la plantation d’arbres ne peuvent se faire qu’avec l’accord du propriétaire terrien sous peine de retrait de la terre à l’occupant.
Les ressources en eau sont la propriété des maîtres des eaux (Djitigui). Ceux-ci sont sous la responsabilité du chef des terres.
Dans la zone inondée et aux abords des cours d’eau, les maîtres des eaux sont souvent issus des clans de pêcheurs (qui peuvent cumuler les chefferies des eaux et des terres). Au cas où ces responsabilités sont partagées, une gestion concertée est mise en place entre les pouvoirs de chefs de terre et des eaux.
Dans la tradition, les terres et les forêts se confondent à bien de niveaux. D’une manière générale, les forêts appartiennent au chef des terres ou à défaut, au chef des eaux (jitigi ani kungo tigi). Mais dans certaines localités, il est confié aux forgerons, la surveillance des forêts et dans d’autres, cette distinction est dévolue aux chefs chasseurs avec droit de regard du chef des terres.
Comme les ressources en terre et en forêts, le chef des terres est le principal responsable des ressources souterraines (eaux souterraines, mines, etc…). Cependant, la propriété des ressources minières anciennes peut être dévolue au chef des terres les plus anciennes, celui-ci pouvant être situé très loin de la zone concernée. Généralement il peut déléguer son pouvoir à un représentant (généralement le chef des terres de la localité la plus proche).
La santé fait partie des priorités gouvernementales au Mali. Les dispositifs sanitaires gouvernementales vont des centres de santé ruraux (dans les chef lieux d’arrondissement) aux centres hospitaliers de référence, en passant par les centres secondaires de santé des cercles.
La population intervient de plus en plus, dans la gestions des problèmes de santé par la création des Associations Santé communautaires (ASACO) dont l’objectif est la mise en place et le fonctionnement des centres de santé communautaires (CSCOM)
Parmi les facteurs limitant la fréquentation des centres de santé Communautaires (CSCOM) figurent en premier lieu le faible pouvoir d’achat des ménages, l’éloignement des centre et les mauvaises conditions de transport particulièrement en milieu rural.
Concernant les conditions d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable, les inégalités sont assez importantes entre les villes et les campagnes. Les populations vivant en milieu rural s’approvisionnent en eau potable à partir des puits modernes, de puits citernes, de forages équipés et de systèmes d’adduction d’eau sommaires (AES). Le nombre de villages bénéficiant d’un point d’eau moderne est 5.428 sur un total de 11.703 en 1996, assurant un taux de couverture de 46%. Dans ce milieu, le nombre moyen de forage pour 1.000 habitants est estimé à 2,7. Dans les centres urbains, l’approvisionnement en eau potable est assuré à partir des adductions d’eau potables (AEP) eux-même alimentés à partir d’eaux de surface ou d’eaux souterraines. La société EDM assure la desserte en eau potable de 16 centres urbains parmi les plus peuplés.
Du point de vue de la couverture médicale dans un rayon de 15 km, le district de Bamako se distingue avec un taux de couverture de 74% alors que le taux national est de 38% (sans la prise en compte des régions Nord). Entre les régions, l’inégalité est frappante : Ségou (40%), koulikoro (36%), Sikasso (35%), Mopti (35%).
Pour l’exercice 1999 la proportion budgétaire allouée à la santé est de 10,76%
La santé dans le bassin versant au Mali rencontre de nombreux problèmes parmi lesquels on peut citer l’éloignement des centres de santé par rapport aux centres de références, le mauvais état des routes d’accès aux centres de soins, le manque de moyens de transport approprié (ambulance), le manque de personnel socio-sanitaire.
S’agissant de la prévention des maladies, les campagnes de vaccination rencontrent les problèmes de stockage et de conditionnement des vaccins (surtout en milieu rural), et l’enclavement des villages. Toutefois, les résultats obtenus dans ce domaine sont très appréciables.
Les principales causes de mortalité sont (valeurs de 1997)
Le paludisme : constitue la cause de 40,90% des décès,
Infections respiratoires aiguës : constitue la cause de 17,60% des décès,
Traumatismes, plaies et brûlures : constitue la cause de 10,7% des décès,
Maladies diarrhéiques : constitue la cause de 8,90% des décès,
Rougeole : constitue la cause de 1,7% des décès,
Malnutrition protéino-calorique : constitue la cause de 1,6% des décès,
Tétanos : constitue la cause de 2,4% des décès,
Urétrite aiguë : constitue la cause de 1,6% des décès,
Tableau 7 :ACCESSIBILITE AUX CSCOM ET CSA PAR REGION – 1999
|
Regions |
Population |
Pop.à 5 km |
% |
Pop.à 15 km |
% |
|
Bamako |
1063062 |
895098 |
84 |
895098 |
84 |
|
Koulikoro |
1309093 |
328353 |
25 |
744909 |
57 |
|
Sikasso |
1837035 |
587940 |
32 |
920358 |
50 |
|
Segou |
1714773 |
485993 |
28 |
756863 |
44 |
|
Mopti |
1508341 |
442787 |
29 |
755406 |
50 |
|
Tombouctou |
255020 |
67802 |
27 |
74920 |
29 |
|
Gao |
338117 |
95069 |
28 |
95069 |
28 |
|
Kidal |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Total |
9429112 |
3149276 |
33 |
4731953 |
50 |
Tableau 8 : REPARTITION DU PERSONNEL DU PREMIER ECHELON – 1999
|
Regions |
MEDECIN |
SAGE-FEMME |
IDE |
IPC |
MATRONE |
GERANT |
AUTRE |
|
Bamako |
60 |
147 |
53 |
76 |
42 |
36 |
102 |
|
Koulikoro |
35 |
28 |
60 |
70 |
97 |
18 |
65 |
|
Sikasso |
39 |
26 |
73 |
111 |
163 |
88 |
107 |
|
Segou |
23 |
24 |
58 |
56 |
110 |
81 |
152 |
|
Mopti |
22 |
20 |
61 |
30 |
101 |
78 |
123 |
|
Tombouctou |
17 |
11 |
25 |
28 |
32 |
21 |
18 |
|
Gao |
15 |
5 |
23 |
20 |
10 |
5 |
15 |
|
Kidal |
8 |
7 |
16 |
17 |
7 |
3 |
21 |
|
Total |
255 |
281 |
438 |
478 |
662 |
396 |
708 |
Tableau 9 : REPARTITION DU PERSONNEL DU CS ET CSREF - 1999
|
Regions |
MEDECIN |
SAGE-FEMME |
IDE |
IPC |
MATRONE |
GERANT |
AUTRE |
|
Bamako |
34 |
27 |
15 |
13 |
42 |
36 |
71 |
|
Koulikoro |
10 |
6 |
31 |
43 |
97 |
18 |
65 |
|
Sikasso |
18 |
8 |
41 |
82 |
140 |
78 |
92 |
|
Segou |
4 |
5 |
29 |
34 |
110 |
80 |
138 |
|
Mopti |
2 |
5 |
44 |
15 |
99 |
72 |
101 |
|
Tombouctou |
1 |
2 |
16 |
19 |
21 |
14 |
12 |
|
Gao |
0 |
0 |
12 |
13 |
10 |
4 |
10 |
|
Kidal |
5 |
3 |
9 |
11 |
6 |
2 |
17 |
|
Total |
83 |
57 |
239 |
368 |
624 |
366 |
603 |
Tableau 10 : Statistiques de Protection Maternelle et infantile – 1999.
|
Libellé |
1992 |
1996 |
1998 |
|
% d’enfant vaccinés contre la polio à la naissance |
|
35.49 |
39.61 |
|
% d’enfants de 0 à 11 mois vaccinés contre la rougeole |
40.20 |
56.71 |
58.22 |
|
% d’enfants de 0 à 11 mois vaccinés contre le DTCP1 |
63.13 |
79.48 |
74.28 |
|
% d’enfants de 0 à 11 mois vaccinés contre le DTCP3 |
32.64 |
53.33 |
53.37 |
|
% d’enfants de 0 à 11 mois vaccinés contre le BCG |
69.40 |
78.84 |
75.47 |
|
% d’enfants de 12 à 23 mois vaccinés contre la Rougeole |
32.02 |
36.66 |
34.43 |
|
% d’enfants de 12 à 23 mois vaccinés contre le DTCP1 |
19.74 |
23.99 |
18.84 |
|
% d’enfants de 12 à 23 mois vaccinés contre le DTCP3 |
23.76 |
23.78 |
18.00 |
|
% d’enfants de 12 à 23 mois vaccinés contre le BCG |
15.38 |
19.15 |
15.39 |
|
% de femmes enceintes vaccinés au VAT1 |
23.89 |
28.14 |
25.33 |
|
% de femmes enceintes vaccinés au VAT2 |
18.74 |
19.91 |
19.37 |
|
Taux de mortalité infantile (0 à 1 an) pour 1000 |
122.50 |
122.50 |
122.50 |
|
Taux de mortalité infanto-juvénile (–de 5 ans) pour 1000 |
237.50 |
237.50 |
237.50 |
|
Taux de mortalité juvénile (1 à 14 ans) pour 1000 |
131.10 |
131.10 |
131.10 |
|
Taux de mortalité maternelle (pour 100.000 naissances vivantes) |
577.00 |
577.00 |
577.00 |
|
Part du budjet National alloué à la santé en % |
5.28 |
8.24 |
7.19 |
|
Accouchement assisté en % |
- |
33.90 |
- |
La disponibilité de l’habitation varie d’une région à l’autre et diffère selon qu’il s’agisse d’un centre urbain ou d’un village rural
Dans la plupart des villages ruraux, la disponibilité des habitations est légendaire. Chaque individu a pratiquement sa case. Ce qui équivaut à comprendre qu’il existe autant de case que de personne au sein de la famille. Cependant, il se peut que les personnes du même groupe d’âge (génération) et du même sexe (garçons ou filles) appartenant à une même grande famille soient regroupées par 2, 3 ou 4 dans la même case ; ceci en vue de créer des liens plus solides entre elles.
Aussi, chaque famille dispose d’un centre d’accueil pour les étrangers (chambre des hôtes) pouvant être temporairement occupé par des passants sans aucune forme de rémunération.
Cet état de fait est liée à la disponibilité des matériaux de construction (banco et chaume ou bois d’œuvre) mais surtout à la disponibilité de l’espace au sein de la concession pour la construction.
S’agissant de la construction des cases, elle est opérée, tantôt individuellement, tantôt par des groupes d’entraides des classes d’âges au sein du village. Ceux-ci se prêtent aux travaux de confection des briques en banco, l’élévation des murs et la confection de la toiture (soit en chaume ou en terre battue soutenue par des branchages en bois)
L’habitation en milieu urbain pose d’énormes problèmes à cause du manque d’espace et surtout de matériaux de construction. En effet, les plans d’urbanisations prévoient la construction d’habitations décentes faites soit en dur (ciment) ou en matériaux locaux stabilisés (banco stabilisé). La toiture est faite soit en tôle, ou en dalle de béton. Ces types modernes de construction, faites avec des matériaux importés (le Mali n’est pas grand producteur de ciment, encore moins de fer) imposent des coûts très élevés qui sont généralement au dessus du pouvoir d’achat du citoyen moyen.
Aussi, la disponibilité de l’espace au sein de la concession est un facteur de blocage pour la construction de nombreuses habitations. En effet, les lots mis à la disposition des citoyens des villes sont généralement d’une superficie allant de 300 m² à 500 m². Ce genre de superficie ne permet pas la construction d’un habitat pour chaque membre de la famille ; si bien que les membres de la familles se retrouvent tous repartis entre quelques chambres (par sexe généralement). Il se peut que tous les membres d’une famille (de pauvres) se retrouve père, mère, et 4 à 6 enfants dans deux chambres de 32 m².
Faut-il signaler, que la politique actuelle d’urbanisation a fait grimper le prix des lots à usage d’habitation. Une parcelle viabilisée (titre foncier) de 300 m² coûte entre 3 millions à 4 millions de FCFA. Ce qui est largement au dessus du pouvoir d’achat du Malien moyen. Des politiques de logement pour tous ont été proposées récemment et leur mise en route est timide.
Les flux d’exode rurale vers les villes sont pour beaucoup dans la rareté de la disponibilité des habitats. Les centres urbains ne peuvent pas faire face au nombre élevé de nouveaux arrivants des campagnes chaque année. Ainsi, les concessions sont saturées et cela a donné naissance aux bidons villes tout autour des agglomérations et où les conditions de vie sont précaires (insalubrité, manque d’eau potable, d’électricité, etc…).
Les types d’habitats en milieu rural varient en fonction des zones climatiques (Sud et centres par rapport au Nord) et est fortement dépendant des activités socio-économiques. Les constructions sont à peu de frais et dans une large mesure en matériaux locaux disponibles sur place.
Dans les villes la tendance à la modernisation de l’habitat est plus marquée et nécessite plus d’investissement à cause des intrants de construction dont la plupart est importée des pays voisins et même de l’europe.
L’habitat en milieu rural se conforme aux activités socio-économiques des populations ainsi qu’au climat.
Les habitats en milieu rural sont des cases traditionnelles rondes ou carrées en banco, au toit de chaume conique ou en terrasse sont disposées en cercle autour d’une cour centrale. Les concessions sont dispersées et isolées par des espaces cultivées ou vergers ; ou au contraire, et c’est le cas des vieilles agglomérations, plusieurs concessions peuvent être regroupées en quartiers. Les cases dont les superficies sont de petites dimensions servent à des usages spécifiques (habitat, cuisine, toilette, grenier, étables, poulaillers). Elles se trouvent en grand nombre au sein d’une concession (en moyenne 20 constructions par concession, soit en pratique une case par habitant. Les toits en terrasse servent de point de séchage (ou de conditionnement) des produits d’agriculture ou de pêche.
Dans le Nord et le centre pratiquant l’élevage et/ou la pêche (nomadisme), les habitations sont des tentes faites soit de chaume ou de peaux diverses, de laines (maures) surmontant un châssis en tiges de mil ou en branches de bois (huttes). Ce type d’habitation peut se défaire et se refaire à souhait et en peu de temps. Son transport est aisé à cause de son faible poids et de sa constitution (pliable).
Aux alentours des villes se trouvent sous forme de ceinture, des bidons villes construites à l’image des centres d’origine de l’occupant.
Dans les agglomérations des villes les constructions rencontrées vont de villas simplifiées aux buildings pouvant avoir plusieurs niveaux. La plupart sont en banco stabilisé (cas des vieilles agglomérations ou vieux quartiers) ou en parpaings de ciment. Les toits sont soit en tôle ondulée ou en béton armé.
Les superficies occupées par ces habitations sont variables et vont de 4 m² à plusieurs centaines de m² selon le besoin, tenant compte de la capacité financière du propriétaire et de l’utilisation (du poulailler aux grands magasins de stockage).
Dans les concessions, il existe plusieurs dispositions des maisons selon que la cour soit grande ou petite. Cette variation est aussi liée au nombre d’occupants et aux activités entreprises dans la concession. Ainsi, les villas (occupées par les familles nucléaires) sont généralement disposées au centre des lots tandis que les habitations communautaires sont disposées aux pourtours du lot avec une cour intérieure plus ou moins grande.
Il varie selon le milieu social et les coutumes.
En milieu rural, une habitation peut être acquise par attribution du chef des terres (ou chef de village) contre un geste symbolique (noix de colas plus quelques sommes forfaitaires) ou par héritage de la part des parents. Dans ce dernier cas, l’aînée de la famille en est le propriétaire consensuel selon les méthodes traditionnelles.
Par contre, dans les centres urbains, la propriété de l’habitation peut être acquise par achat de la parcelle à usage d’habitation contre des sommes importantes ou par attribution des autorités communales contre le versement de sommes dont le coût dépend de la localisation de la parcelle et de l’importance de la ville. Aussi, l’achat d’une maison déjà construite est de plus en plus une réalité dans la plupart des centres urbains (Agences de cession immobilières). Il existe des cas d’acquisition par héritage dans ces centres mais plusieurs problèmes d’intérêts divergents opposent généralement les bénéficiaires.
De l’indépendance du Mali à ce jour, l’essentiel de l’éducation est assurée par le Gouvernement Malien qui fourni les locaux et le personnel enseignant. L’école est repartie entre l’éducation de base(comprenant le premier cycle et le second cycle l’enseignement fondamental), les écoles de formations professionnelles et l’enseignement supérieur (écoles de formation de haut niveau et Université)
Le coût de scolarisation dans les structures éducatives publiques sont moindres mais la qualité de l‘enseignement laisse à désirer depuis 1991.
Ces écoles font de plus en plus leur apparition dans les centres urbains. Elles sont mis en place par des promoteurs qui reçoivent de la part de l’état un appui important. Le personnel enseignant est recruté par le promoteur qui a aussi la charge de l’acquisition des locaux. Tous les cycles éducatifs (allant du premier cycle de l’école fondamentale aux formations universitaires se rencontrent actuellement dans ce milieu.
Le coût de scolarisation est élevé et la qualité de l’enseignement est jugée satisfaisante.
L’éducation religieuse comporte les écoles coraniques, les medersas et les écoles chrétiennes. L’enseignement peut être mixte comme dans les medersas et les écoles chrétiennes ou simplement théologiques (cas des écoles coraniques et des centres de formations des religieux : couvents, centres bibliques et autres…) .Elle est peu répandue sur le bassin mais dans certaines localités à forte dominance religieuses (zones musulmanes de Tombouctou, Djenné, ainsi que les zones chrétiennes des pays Bobos et Dogon), elles occupent une place de choix dans l’éducation des jeunes.
Dans la sous-région Ouest Africaine, la République du Mali a obtenu des résultats très appréciables dans le cadre de l’alphabétisation fonctionnelle.
Après la conférence de TEHERAN en 1965, les responsables de plusieurs pays d’Afrique ont éprouvé la nécessité d’alphabétiser les adultes en langues nationales.
Au même moment, dans les opérations de développement au Mali : OACV (Opération arachide et cultures vivrières), CMDT, Opération Riz Ségou, Opération Pêche – Mopti, Opération Mil Kaarta etc…, les paysans et autres producteurs avaient jugé nécessaires de contrôler les équipes mobiles de commercialisation
En effet, il a été établi par différents responsables des Opérations de développement que les équipes d’achat des produits agricoles, surtout appliquaient des pratiques douteuses : fraude dans le réglage des bascules, falsification des documents comptables, faux enregistrements des intrants (engrais et pesticides) aussi bien que le matériel agricole (charrue, semoir, charrette). Dans les registres, il n’y avait pas de concordance entre les chiffres des souches et les autres volets du même registre. Ces mauvaises manières d’agir ont crée le doute dans l’esprit des paysans et autres producteurs entraînant une baisse de la production.
Pour pallier cette situation, le Gouvernement malien a crée une Direction nationale ayant pour tâche l’alphabétisation des adultes : la DNAFLA (Direction Nationale de l’Alphabétisation fonctionnelle et de la linguistique appliquée).
Dans la plupart des villages encadrées par les opérations de développement, des centres d’ alphabétisation ont été construits par les paysans. Pendant cette période de démarrage, le Gouvernement offrait des lampes à pétrole aux centres et les frais de fonctionnement étaient assurés par les paysans. Quelques années plus tard, les auditeurs ont cultivé les champs appelés « Kalan foro) champs des centres d’études.
Après quatre années d’apprentissage, certains auditeurs ont obtenu de brillants résultats plus particulièrement en calcul. La même année, les paysans des zones encadrées ont désigné les meilleurs néo-alphabètes pour suivre et surveiller les équipes d’achat. Deux années plus tard des conflits éclatent entre les équipes d’achat et les néo-alphabètes. C’est ainsi que se passa le problème de transfert des compétences entre les équipes classiques de commercialisation et les néo-alphabètes.
Pour résoudre l’épineux problème de gestion, les producteurs ont été autorisés à se constituer en association villageoises pour assurer la commercialisation de leurs produits agricoles aussi bien que les intrants et le matériel agricole.
Suite à la maîtrise de la gestion, les néo-alphabètes ont manifesté leur désir de communiquer entre eux afin de mieux échanger leurs expériences. Certains auditeurs commençaient à écrire en langue nationale des contes, l’histoire de la fondation de leur village. C’est ce besoin de communication qui est à l’origine de la création de « KIBARU », premier journal en langue nationale Bambara (bamanankan) au Mali le 10 Mars 1972. Malgré les difficultés liées au financement, kibaru connut de grands succès.
Le 10 mars 1983, la version peuhl (fulfulde) fit son apparition
Le 10 Mars 1989 c’est enfin la version Soninké : Kibare qui est en vente.
En 1998, les rapports de la DNAFLA donnaient un taux d’alphabétisation de 43,8% pour les adultes hommes et 19,1% pour les femmes.
Actuellement, le Mali amorce l’introduction des langues nationales comme médium d’enseignement dans les écoles (premier cycle)
Ce système d’enseignement est placé sous la responsabilité du Centre de l’Alphabétisation fonctionnelle. Il a été institué pour pallier au déficit de scolarisation dans les milieux ruraux et se fait en langues nationales.
Il existe dans la plupart des villages des zones encadrées un centre d’alphabétisation fonctionnel animé soit par un ressortissant local déjà alphabétisé, soit par un agent d’encadrement mis à disposition par le Centre d’Alphabétisation fonctionnelle, lui même dépendant du Ministère en charge de l’éducation.
Le Mali s’est engagé dans la lutte contre l’analphabétisme depuis 1992 par la construction de salles de classes dans la plupart des villages et des villes. Il est aidé dans cette tâche par les ONG et l’AGETIPE. Actuellement, dans la plupart des régions du Mali, excepté le Nord (où les campements sont très distants et que le nomadisme constitue un frein à la promotion scolaire), la densité des centre d’éducations est d’environ 1 centre pour un rayon moyen de 15 km.
En ce qui concerne l’éducation, plusieurs inégalités sont constatées particulièrement entre sexes. En effet, le taux brut de scolarisation des garçons au premier cycle de l’enseignement fondamental est passé de 57% en 1996-97 à 58,9% en 1997-98 alors que celui des filles a varié de 36,5 à 41%. En ce qui concerne le taux de réussite au DEF, le rapport est aussi en faveur des garçons ; Le taux de réussite des garçon est de 68,4% contre 63,9% pour les filles. Exception est faite pour le CEP en 1997-98 dont les résultats montrent un taux de réussite féminin supérieur à celui des garçons.
Pour l’exercice 1999 la proportion budgétaire allouée à l’éducation est de 25,16%.
Tableau 11 : PRINCIPAUX INDICATEURS PAR NIVEAU ET PAR SECTEUR D’ENSEIGNEMENT
ENSEMBLE DU MALI (1999)
|
Niveau Indicateurs |
PREMIER CYCLE |
SECOND CYCLE |
ENSEMBLE |
||||||
|
PUB. |
PRIV. |
TOT |
PUB. |
PRIV. |
TOT |
PUB. |
PRIV. |
TOT |
|
|
Nbre d’école Nbre de classes |
1973 12622 |
898 2824 |
2871 15446 |
469 2035 |
14 220 |
483 2255 |
2442 14657 |
912 3044 |
3354 17701 |
|
Effectif garçon Filles Total %Garçon %Filles Nouveaux inscrits 1ère A |
440916 308125 749041 59 41 123880 |
74045 52498 126543 59 41 33984 |
514961 360623 875584 59 41 157864 |
81173 43048 124221 65 35 45200 |
5127 4005 9132 56 44 3411 |
86300 47053 133353 59 41 48611 |
522089 351173 873262 60 40 169080 |
79172 56503 135675 58 42 37395 |
601261 407676 1008937 59 41 206475 |
|
Redoublants garçon Filles Total % redoublants |
94505 66693 161198 21,5 |
7830 5513 13343 10,5 |
102335 72206 174541 17,9 |
12719 7791 20510 16,5 |
644 496 1140 12,5 |
13363 8287 21650 17,9 |
107224 74484 181708 20,8 |
8474 6009 14483 10,7 |
115698 80493 196191 19,5 |
|
Maîtres Homme Chargés Femme De cours TOTAL |
6795 2063 8858 |
2102 387 2489 |
8897 2450 11347 |
3112 647 3759 |
430 27 457 |
3542 674 4216 |
9907 2710 12617 |
2532 414 2946 |
12439 3124 15563 |
|
Elève/classe Ratio Elève Maîtres |
59 85 |
45 51 |
57 77 |
61 33 |
42 20 |
59 32 |
60 69 |
45 29 |
57 65 |
|
RESULTATS DES EXAMENS INSCRITS CFEPCEP PRESENTS ADMIS % D’ADMISSION INSCRITS ADMIS D.E.F. PRESENTS % D’ADMISSION |
|
|
100170 96125 56333 58,6
|
|
|
38241 37393 26307 70,40 |
|
|
|
Source: CPS Ministere de l’Education
Dans l’ensemble du bassin versant, plusieurs systèmes de transport sont utilisés tant par les ruraux que dans les centres urbains. Ceux-ci vont des moyens de traction animale aux moyens aériens, en passant par les engins actionnés par la force musculaire et ceux actionnés par les moteurs à explosions divers.
Deux modes de transport sont utilisés en milieu rural : ce sont le transport routier, et le transport fluvial. C’est en fait l’ensemble des moyens classiques et modernes de transport. Les Moyens Intermédiaires de transport (MIT) prennent une grande part dans le transport des personnes et des biens dans le bassin.
En effet, les populations du bassin du Niger utilisent sur les pistes et les routes :
les pousse-pousse pour le transport des articles sur de courtes distances (entre les gares et les marché ou les domiciles. Leurs capacités sont généralement inférieures au m3.
Les tractions animales (charrettes tractées par des ânes, des bœufs, des chevaux) : Ce mode de transport est utilisé pour le déplacement des personnes et des biens des villages vers les centres de vente (marchés ruraux)
Les engins à deux roues : Bicyclettes, motocyclettes et récemment motos (au cylindrage inférieur ou égale à 125 cm3). Ils sont utilisés pour le transport des personnes et des biens (en faible quantité par voyage). Cependant, dans certaines localités comme Sikasso, compte tenu de leur nombre faramineux, ces moyen assurent l’essentiel des transferts de biens des milieux ruraux vers les centres urbains ou des points de ventes.
Les véhicules de tonnages différents (petits utilitaires aux camions) assurent pour la plupart du temps le transport des biens des points de vente vers les centres de consommation (grandes villes) ou le cas échéant, le transport des intrants agricoles vers le milieu rural.
Sur les voies hydrauliques, particulièrement dans les zones d’inondations et aux abords des cours d’eaux navigables, on rencontre :
Des pirogues de tailles diverses dont le déplacement est assuré soit manuellement (pirogues de faible capacité) soit par des moteurs (hors bords aux gros moteurs adaptés aux pirogues de grande taille). Ces moyens nautiques jouent un rôle très important dans le transport des personnes et des biens du milieu rural vers les centres urbains ou même entre villages du milieu rural. Certains d’entre eux atteignent les tonnages de petits bateaux (>32 tonnes)
Les bateaux : sont exploités par la CMN sur le fleuve Niger qui est navigable pendant la crue (de juillet à Novembre) par des embarcations à faible tirant d’eau pendant la crue. Ils assurent le transport des personnes et des biens entre centres ruraux et centres urbains.
Le Niger, depuis les montagnes de Guinée jusqu’au golfe du Bénin, joue un rôle essentiel dans la vie des populations vivant sur un immense territoire. C’est tout d’abord une voie d’eau importante qui est bien imparfaite par endroits et concurrencée maintenant par d’autres modes de transport, rivaux souvent plus onéreux, mais qui rend de très grands services. Dans les zones où la navigation commerciale est active (de Koulikoro à la Boucle du Niger ou sur le cours inférieur), le fleuve fait boire et nourrir tout un monde : les populations riveraines comme les nomades transhumant.
La partie centrale de la cuvette est bien peuplée. De nombreux villages et surtout les grands marchés d’échange sont desservis par voie d’eau. Le transport par pirogue est un moyen simple et commode ; il constitue dans ces régions le critère de développement du commerce.
En aval du lac Débo jusqu’à Diré, les villages se groupent le long du fleuve (Issa Ber), des bras (Bara Issa et koli-koli), autour des lacs. Les terres sont plus sableuses, le riz fait place au mil de décrue. Le transport de passagers et de fret sur le bief Nord du fleuve Niger est assuré par l’Etat à travers la Compagnie malienne de Navigation (COMANAV) et les transporteurs privés qui utilisent à cet effet des pirogues à faible et moyen tonnage. Alors que les bateaux courriers et les bateaux fret transportent les passagers et les marchandises entre les différentes escales et points d’arrêt de la COMANAV, les pirogues et les pinasses assurent les échanges locaux, à la satisfaction de la majorité de la population vivant en bordure du fleuve,.
La voie ferroviaire : joue actuellement un faible rôle dans le bassin, compte tenu de la proliférations des camions et le développement des routes bitumées sur le tronçon Bamako – Koulikoro (seul bief équipé de rails). Sa valorisation se fait essentiellement par le transport du coton (graine) vers l’industrie huilière de Koulikoro)
Dans les centres urbains, on rencontre aussi les moyens de transport suscités mais à ceux-ci s’ajoutent les voitures servant de taxis et les camionnettes (fourgonnettes et camionnettes) assurant le transport des personnes et des biens des quartiers lointains vers les gares et les marchés et vice-versa. Ils jouent un rôle très important dans les grandes capitales régionales riveraines du Niger et particulièrement à Bamako, la capitale.
Tableau 12 : ETAT DU RESEAU ROUTIER PAR CLASSE TECHNIQUE ET ADMINISTRATIVE – 1999
|
CLASSE ADMINISTRATIVE |
CLASSE TECHNIQUE |
ETAT DES ROUTES |
TOTAL |
||||||||
|
Bon |
Assez bon |
Passable |
mauvais |
||||||||
|
(Km) |
(%) |
(Km) |
(%) |
(Km) |
(%) |
(Km) |
(%) |
(Km) |
(%) |
||
|
Routes d’intérêt national RN |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
2283 837
3120 55 |
73 27
100 |
|
|
1163
1163 20 |
100
100 |
1413 1413 25 |
100 100 |
2283 837 1163 1413 5696 100 |
40 15 20 25 100
|
|
Routes d’intérêt régional RR |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
199 681
880 16 |
23 77
100 |
|
|
1255
1255 22 |
100
100 |
3460
3460 62 |
411
411 |
199 1936 3460
5595 100 |
24 230 411
664
|
|
Routes d’intérêt local RL |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
9
9 1 |
100
100 |
|
|
|
|
862 842 1704 99 |
51 49 100 |
9
862 842 1713 100 |
1 0 50 49 100 6
|
|
Routes non classées NC |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
269 134
403 10 |
67 33
100 |
|
|
3700
3700 90 |
100
100 |
|
|
269 134 3700
4103 100 |
5 2 65
72 |
|
TOTAL Réseau routier |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
2760 1652
4412 26 |
63 37
100 |
|
|
6118
6118 36 |
100
100 |
862 5715 6577 38 |
13 87 100 |
2760 1652 6980 5715 17107 100 |
16 10 41 33 100 |
Source : Annuaire statistique des transport
Tableau 13 : PRODUCTION DE LA COMPAGNIE MALIENNE DE NAVIGATION
|
Indicateur |
Unité |
Années d’exercice |
|||||
|
1994/95 |
1995/96 |
1996/97 |
1997/98 |
1998/99 |
1999/2000 |
||
|
Transport de voyageurs |
|||||||
|
Nombre de voyageur |
Nombre |
21919 |
24572 |
18975 |
20043 |
14644 |
12350 |
|
Voyageur –km |
Milliers V-Km |
9414 |
11757 |
8651 |
9617 |
7784 |
6721 |
|
Parcours moyen du voyageur |
Km |
429 |
478 |
456 |
480 |
532 |
544 |
|
Parcours bateaux |
Bateaux-km |
49092 |
45770 |
42552 |
51012 |
42780 |
44360 |
|
Nombre de rotations |
Nombre |
25 |
21 |
26 |
21 |
21 |
22 |
|
Voyageur par rotation |
Nombre |
877 |
1170 |
730 |
954 |
697 |
561 |
|
Recette voyageurs |
Milliers F CFA |
264707 |
338593 |
228774 |
266420 |
300775 |
400517 |
|
Recette par V – km |
F CFA/V-Km |
28 |
29 |
26 |
28 |
39 |
60 |
|
Coût moyen par V-Km |
F CFA/V-Km |
42 |
28 |
40 |
36 |
59 |
80 |
|
Recette moyenne/coût moyen |
% |
67 |
103 |
66 |
77 |
65 |
75 |
|
Transport de marchandises |
|||||||
|
Tonnage de fret et bagages |
Tonne |
9839 |
11147 |
9379 |
16089 |
12966 |
9361 |
|
Tonnes-kilomètres |
Milliers T – Km |
4707 |
5056 |
3935 |
8580 |
6763 |
4451 |
|
Distance moyenne de transport |
Km |
478 |
454 |
420 |
533 |
522 |
475 |
|
Parcours bateaux |
Bateaux – km |
59496 |
55788 |
60544 |
85926 |
60560 |
50220 |
|
Nombre de rotations |
Nombre |
36 |
40 |
41 |
39 |
41 |
31 |
|
Tonnage par rotation |
Nombre |
273 |
279 |
229 |
413 |
316 |
302 |
|
Recette marchandises |
Milliers F CFA |
176700 |
207203 |
173221 |
269373 |
280255 |
354908 |
|
Recette parT –Km |
F CFA/T – Km |
38 |
41 |
44 |
31 |
41 |
80 |
|
Recette moyenne/coût moyen |
% |
50 |
74 |
56 |
85 |
138 |
195 |
|
Manutention |
|||||||
|
Tonna de coton fibre |
Tonne |
31476 |
24518 |
23247 |
2451 |
20418 |
22885 |
|
Recette de manutention |
Milliers F CFA |
94430 |
73554 |
62388 |
7353 |
81672 |
91543 |
|
Recette moyenne par tonne |
F CFA/tonne |
3000 |
3000 |
2684 |
3000 |
4000 |
4000 |
|
Coût moyen par tonne |
F CFA/tonne |
1510 |
1394 |
793 |
1367 |
1267 |
1710 |
|
Recette moyenne/coût moyen |
% |
199 |
215 |
338 |
219 |
316 |
234 |
La liaison inter-urbaine est assurée par voie routière, par les gros porteurs, les camions de 10 tonnes, les camionnettes, les voitures et taxis ; par voie aérienne par les avions (moyens et petits) et par voie fluviale par les bateaux et les pinasses.
Tableau 14 : TRAFIC COMMERCIAL DES AUTRES AEROPORTS DU MALI
|
Aérodrome |
1997 |
1998 |
1999 |
||||||
|
Arrivée |
Départ |
Arrivée départ |
Arrivée |
départ |
Arrivée départ |
Arrivée |
départ |
Arrivée départ |
|
|
Mouvements d’appareils (nombre) |
|||||||||
|
Gao |
378 |
379 |
757 |
273 |
274 |
547 |
41 |
40 |
81 |
|
Tombouctou |
219 |
219 |
438 |
366 |
369 |
735 |
298 |
298 |
596 |
|
Goundam |
83 |
83 |
166 |
136 |
136 |
272 |
124 |
124 |
248 |
|
Mopti |
609 |
610 |
1219 |
435 |
437 |
872 |
369 |
370 |
739 |
|
Trafic de passagers (nombre) |
|||||||||
|
Gao |
1283 |
1201 |
2484 |
1286 |
1007 |
2293 |
852 |
674 |
1526 |
|
Tombouctou |
2809 |
3550 |
6359 |
5886 |
6678 |
12564 |
5660 |
5375 |
11035 |
|
Goundam |
608 |
688 |
1296 |
579 |
398 |
977 |
604 |
616 |
1220 |
|
Mopti |
3371 |
2952 |
6323 |
3779 |
3317 |
7096 |
3203 |
8374 |
11577 |
|
Trafic fret commercial (Kg) |
|||||||||
|
Gao |
|
|
0 |
38495 |
34032 |
72527 |
654 |
224 |
878 |
|
Tombouctou |
4235 |
1201 |
5336 |
9486 |
7548 |
17034 |
4755 |
2258 |
7013 |
|
Goundam |
|
|
0 |
|
329 |
329 |
5066 |
3986 |
9052 |
|
Mopti |
445 |
20 |
465 |
|
|
|
2168 |
3082 |
3082 |
|
Trafic fret postal (Kg) |
|||||||||
|
Gao |
|
|
|
41 |
43 |
84 |
|
58 |
58 |
|
Tombouctou |
4 |
31 |
35 |
386 |
219 |
605 |
60 |
22 |
82 |
|
Goundam |
119 |
129 |
248 |
120 |
49 |
169 |
57 |
39 |
96 |
|
Mopti |
|
|
37 |
|
|
|
|
228 |
228 |
Les principales villes du Mali sont implantées le long du fleuve Niger et de ses affluents. Ces villes possèdent un système d'approvisionnement en eau potable alimenté soit directement par le fleuve ou indirectement à partir de nappes phréatiques alimentées par les eaux du fleuve. Pour l'ensemble du Mali, la couverture des besoins se résume comme suit:
3 243 600 personnes ont accès à une eau potable soit 39,2 % des 7 904 805 hab. constituant la population du pays en 1989;
en milieu rural , les consommations totales d'eau sont estimées à près de 30 millions de m3 d'eau potable par an (soit 25 l/j/hab.) dont 9,5 millions à partir des eaux souterraines;
25,4 millions de m3 d'eau consommée proviennent des points d'eau traditionnels auxquels ont recours 4 662 200 personnes;
Le volume total annuel prélevé sur les ressources en eau pour l'alimentation des populations du Mali est voisin de 56 millions de m3 dont 10 millions sur les eaux de surface et 46 millions sur les eaux souterraines.
Les besoins en eau des populations (rurales ou urbaines) tiennent en considération les activités suivantes : domestiques, administratifs, artisanales /commerciales, le jardinage/la construction, bétail (petit et gros), et l’agriculture.
Les besoins spécifiques sur la base des différentes catégories de consommation (boisson, cuisine/vaisselle, toilette/linge, arrosage, artisanale et jardinage) sont repartis comme suit :
Tableau 15 : Besoins spécifiques en eau repartis sur différentes catégories de consommation
|
Population |
Besoin domestique |
Artisanal |
Jardin |
Total |
||||
|
Boisson |
Cuisine, Vaisselle |
Toilette, Linge |
Arrosage |
Total domestique |
||||
|
L/hab j |
L/hab j |
L/hab j |
L/hab j |
L/hab j |
L/hab j |
L/hab j |
L/hab j |
|
|
Nomades |
3 |
2 |
10 |
|
15 |
|
|
15 |
|
Villageoise |
5 |
7 |
13 |
|
25 |
2 |
18 |
45 |
|
Rurale, semi urbaine |
6 |
10 |
22 |
|
38 |
8 |
9 |
55 |
|
Urbaines |
6 |
14 |
30 |
10 |
60 |
12 |
8 |
80 |
|
Bamako |
6 |
16 |
33 |
15 |
70 |
20 |
10 |
100 |
Rapport de mobilisation des ressources en eau (IGIP)
Il faut dire qu’en tenant compte du niveau, de taux de la desserte, de la distribution finale, la moyenne de la consommation spécifique est de 31l/hab j ;
Cela en tenant compte des coutumes , niveau d’organisation de la vie , des sources alternatives, goût exploitabilité pour lavage, des consommateurs étrangers.
La limite des moyens d'évacuation des ordures ménagères et des eaux (eaux de pluie et eaux usées), constitue une contrainte à l'amélioration du cadre de vie et par conséquent, une menace pour l'environnement des centres urbains.
Depuis la colonisation, certains centres urbains ont bénéficié de services postaux. A ce jour, exceptés quelques rares chef lieux de cercles, tous les centres urbains et semi-urbains sont pourvus en services postaux, de même que certains grands centres ruraux (villages à richesse caractérisée, villages dont plusieurs ressortissant se trouvent à l’étranger, villages à forte rentabilité économique).
Les services postaux vont des simples échanges de courriers aux transferts d’argent par mandat en passant par les envois de colis postaux.
Le transfert de fond reçu par ménage contribue aussi à la formation de l’épargne et est source de croissance lorsqu’elle est investie. Il s’agit de transfert effectués par les nationaux résidant au Mali ou à l’extérieur. Leur poids dans le revenu des ménages est assez élevé dans la ville de Gao (22,1%) et les régions de Tombouctou (10,56%). Il reste faible dans les régions de Sikasso (7,99%) Ségou (7,57%) et Koulikoro (5,80%).
Les banques de la place s’intéressent de plus en plus aux transfert d’argent par les systèmes « Western Union » dont les guichets s’ouvrent tant au niveau des banques mais aussi au niveau des caisses d’épargnes et des opérateurs privés.
Dans le bassin du fleuve Niger, excepté quelques centres administratifs du Nord, presque tous les centres urbains et semi-urbains sont pourvus en services téléphoniques. Dans la capitale (Bamako), les téléphones portatifs (cellulaires) font leur apparition avec possibilités d’extension dans un futur proche vers les centres régionaux.
Les cabines téléphoniques publiques et celles privées ont connues un essor rapide pendant les 10 dernières années.
Les branchements sur Internet intéressent presque tous les services centraux et les hommes d’affaires. Des Cybercafés s’installent de plus en plus dans les grandes villes pour satisfaire aux besoins de connexion et de communication de bons nombres de personnes, en particulier les jeunes.
Tableau 16 : PARC NATIONAL DES LIGNES TELEPHONIQUES – 1999
|
REGIONS |
OFFICIEL |
PRIVE |
SOTELMA |
TOTAL |
|||
|
AFFAIRES |
RESIDENTIELS |
CABINES |
LIGNES |
CABINES |
|||
|
Koulikoro |
168 |
534 |
849 |
59 |
48 |
26 |
1684 |
|
Sikasso |
193 |
1011 |
592 |
70 |
45 |
17 |
1928 |
|
Segou |
191 |
882 |
683 |
96 |
41 |
20 |
1913 |
|
Mopti |
174 |
601 |
253 |
37 |
46 |
14 |
1125 |
|
Tombouctou |
74 |
173 |
197 |
7 |
27 |
18 |
496 |
|
Gao-Kidal |
126 |
276 |
173 |
14 |
24 |
9 |
622 |
|
Bamako |
1454 |
14856 |
12291 |
1054 |
550 |
221 |
30426 |
|
Total |
2380 |
18333 |
15038 |
1337 |
781 |
325 |
38194 |
Source SOTELMA
Deux catégories de banques se partagent le paysage financier dans le bassin. Il s’agit des banques Commerciales et des banques de Développement. Leurs domaines d’activités vont des crédits commerciaux au financement des projets de développement, en passant par les crédits alloués à la construction des bâtiments, au financement des industries, des projets de petites et moyennes entreprises, etc…
En matière d’investissement, les banques prêtent peu d’argent pour les investissements ; l’acquisition des prêts est soumise à des conditions difficiles et les taux d’intérêts sont assez élevés.
Le développement de la micro-entreprise est considérée aujourd’hui au Mali comme un moyen efficace permettant aux ménages d’accroître leurs revenus en développant une multitude d’activités rémunératrices. Ces micro-entreprises relèvent généralement du secteur informel. Faciliter l’accès de ce secteur aux services financiers est donc apparu comme un facteur puissant de développement. Les banques classiques n’offrant pas ces facilités, il s’avère nécessaire de développer des sources alternatives de développement.
Le secteur de la micro-finance est émergeante au Mali (6 à 7 années d’exercice). Cependant, il faut noter que les plus anciens systèmes financiers décentralisés (SFD) ou institutions de micro-finance (IMF) existent depuis une dizaine d’année.
Les SFD offrent des produits financiers variés, adaptés aux demandes des micro-entrepreneurs urbains et ruraux. Au cours des dernières années, ils ont fait preuve d’un dynamisme plus marqué car la demande en micro finance est forte et les potentialités vastes
Les SFD n’ont cependant pas encore pu apporter une réponse significative au financement des grandes filières agricoles, des très petites entreprises, des biens durables (équipement, logement).
En fin1996, 24 SFD ayant un poids significatif représentait 160.000 clients ou membres, soit 1,6% de la population Malienne. Ils ont mobilisé 15 milliards de F.CFA et octroyé 5,8 milliards de F.CFA de crédits dont 2,1 provenant d’un refinancement bancaire. Ils employaient 322 salariés.
Les SFD à l’horizon 2001 sont estimés à 15 milliards de F.CFA d’encours épargne, 35 milliards de F.CFA de crédits dont 13,8 de refinancement bancaire ; avec objectif d’atteindre 560.000 clients ou membres à la même date.
Quant aux services net, leur évolution reste essentiellement liée à celle du fret et de l’assurance à l’importation ainsi que les intérêts sur la dette extérieure. Leur niveau est également affecté par les achats de services liés aux investissements dans le secteur minier, de même que par les intérêts sur les emprunts contractés dans ce cadre.
L'ensemble des caractéristiques physiques du bassin du fleuve Niger au Mali sus mentionnées offre des conditions idéales pour le développement d'activités socio-économiques diverses.
La population vivant dans le bassin du fleuve Niger selon les chiffres du recensement de 1998 était estimée à 8 046 826 hts soit 82% de la population totale du Mali (9 790 492).
La croissance de l’économie malienne en général est fortement dépendante du secteur primaire qui contribue à hauteur de 47,9% de la formation du PIB (1998) alors que le secteur secondaire ne contribue que pour 19%. Les ¾ de la population vivent de revenus agricoles
L’économie malienne en général repose sur le secteur primaire qui a représenté au cours des années 80 près de la moitié du PIB national.
Le revenu total provenant de la vente du coton distribué aux producteurs a évolué de 62 milliards de F.CFA en 1995-96 à 81 milliards de F.CFA en 1997-98. Dans l’Office du Niger, le volume des revenues est aussi élevé. Le revenu par tête dépend cependant de la taille de l’exploitation. En effet, lorsque le producteur de coton ou de riz possède une exploitation moyenne ou grande qu’il est assuré d’avoir un revenu par tête supérieure ou égal au seuil de la pauvreté. Ces deux types d’exploitations représentent 44% de l’ensemble (18% en zone réaménagée et 26% en zone non réaménagée).
La dette publique extérieure était estimée en 1998 à 1.684 milliards de F.CFA Source : Aide Endettement Pauvreté MDSSPA – PNUD – Banque Mondiale Rapport sur le développement humain durable - 2000
Tableau 17 : REPARTITION DU PIB PAR BRANCHE D’ACTIVITE (en millions de FCFA)
|
|
1998 |
1999 |
||||||
|
Valeur Ajoutée par branche d’Activité |
% volume |
Prix 97 |
%prix |
Prix 98 |
Volume |
Prix 98 |
% prix |
Prix 99 |
|
Agriculture vivrière |
-5.0 |
217382 |
13.1 |
245757 |
19.7 |
294114 |
-12.6 |
257145 |
|
Agriculture industrielle |
-13.5 |
131231 |
13.6 |
149112 |
0.1 |
149238 |
-2.9 |
144978 |
|
Elevage |
6.9 |
153195 |
5.0 |
160846 |
3.9 |
167114 |
3.8 |
173456 |
|
Pêche |
1.6 |
14300 |
4.5 |
14945 |
1.6 |
15185 |
4.5 |
15868 |
|
Sylviculture – cueillette |
2.9 |
79399 |
4.8 |
83177 |
2.9 |
85598 |
4.8 |
89672 |
|
Produits d’extraction |
21.9 |
87825 |
-8.0 |
80832 |
9.8 |
88769 |
-3.7 |
85464 |
|
Agroalimentaire – boissons – tabac |
-3.9 |
46331 |
4.0 |
48185 |
-1.6 |
47438 |
3.0 |
48866 |
|
Textile |
-8.3 |
10069 |
-3.2 |
9746 |
-1.3 |
9615 |
0.2 |
9638 |
|
Autres branches manufacturières |
2.8 |
32668 |
7.8 |
35229 |
1.6 |
35798 |
3.0 |
36872 |
|
Electricité et eau |
9.8 |
23928 |
4.0 |
24885 |
-9.6 |
22497 |
3.0 |
23172 |
|
Bâtiment et travaux publics |
3.2 |
83194 |
3.8 |
86391 |
2.6 |
88676 |
0.1 |
88731 |
|
Commerce |
4.2 |
225133 |
14.7 |
258152 |
10.3 |
284629 |
-3.2 |
275458 |
|
Transport et télécommunication |
13.9 |
72614 |
-0.7 |
72079 |
6.9 |
77048 |
2.5 |
79000 |
|
Autres services marchands non financiers |
4.2 |
78103 |
4.6 |
81705 |
4.2 |
85112 |
-0.2 |
84933 |
|
Services financiers |
3.5 |
14321 |
4.0 |
14894 |
3.3 |
15384 |
3.0 |
15846 |
|
Services non marchands |
3.2 |
108661 |
4.2 |
113227 |
-1.9 |
111118 |
2.0 |
113330 |
|
TOTAL branche fictive |
3.5 |
-8731 |
4.0 |
-9080 |
3.3 |
-9379 |
3.0 |
-9660 |
|
VALEUR AJOUTEE BRUTE |
4.3 |
1366857 |
7.6 |
1470082 |
6.7 |
1568829 |
-2.3 |
1532768 |
|
+droits et taxes à l’importation |
13.1 |
127273 |
-3.8 |
122400 |
5.8 |
129447 |
5.7 |
136800 |
|
= PRODUIT INTERIEUR BRUT |
4.9 |
1492874 |
6.7 |
1592482 |
6.6 |
1698314 |
-1.7 |
1669568 |
Source : annuaire statistique du Mali 1999
Au regard de ce tableau, il apparaît qu’à l’intérieur de l’agriculture les principales activités sont le riz et le coton et un certain nombre de cultures de rente. A cette rente s’ajoutent entre autres celles du sous-sol et des services. En dynamique, l’extraction minière et le coton enregistrent les plus forts taux d’accroissement annuel moyens 54,4% et 3,6%). On a l’image d’une économie basée sur les services dont l’avenir dépend des mines et du coton.
Au regard des exploitations du Mali vers les autres pays de l’UEMOA, il existe de réels potentiels de production à développer pour profiter de l’Union Douanière et les études de filières concluent sur la promotion de la filière viande rouge, le riz, les produits pharmaceutiques nécessitant de réels projets d’extension de l’UMPP et de modernisation de ses chaînes de fabrication textile, les fruits et légumes, le carton d’emballage, le petit matériel agricole.
Des chiffres contradictoires ont été avancés pour évaluer le volume global de financement des actions de développement par les ONG. Pour le PNUD, le financement annuel des ONG s’élève à 10 milliards de FCFA alors que pour le CCA-ONG la distribution totale serait de 30 milliards de FCFA/an dont 70% proviendrait des ONG internationales. Sur le total, 35% serait consacré à la gestion des ressources naturelles.
Au Mali, il existe 3 grandes catégories de source d’énergie :
L’énergie traditionnelle : Bois de chauffe, charbons et résidus. Elle fournit 1,627 millions TEP, soit près de 90% de la consommation d’énergie finale. Le bois et le charbon de bois sont utilisés pour la satisfaction des besoins des ménages (cuisson des aliments, éclairage) et pour d’autres activités économiques,
L’énergie conventionnelle : Il s’agit des hydrocarbures, représentant 8% de la consommation nationale d’énergie et de l’électricité, couvrant 1% de cette consommation.
Les énergies nouvelles et renouvelables : dans ce domaine, les installations et équipements les plus importants concernent l’énergie solaire et dans une moindre mesure le bio gaz, l’éolienne et les huiles végétales. La source d’énergie solaire est disponible sur toute l’étendue du territoire et durant la plus grande partie de l’année. Le territoire Malien reçoit 5 à 7 Kwh/m²/jour, ce qui le classe parmi les pays les plus ensoleillés du monde.. Quant au gisement éolien, il est variable selon les saisons et les régions. Les énergies renouvelables, qui pourraient être plus à la portée de la population sont encore très faiblement exploitées.
Au Mali, plus de 90% de l’énergie domestique consommée proviendrait des produits ligneux. Les enquêtes évaluent la consommation de bois à environ 2 kg/personne/jour en milieu rural et 1,4 à 1,9 kg/personne/jour en milieu urbain. Dans l’ensemble, le bilan des ressources mobilisables pour l’énergie domestique à partir des ressources ligneuses est négatif, bien qu’à l’intérieur de certaines zones comme celles de Sikasso et Bougouni, il peut être largement positif. Il est évident que la tendance sera la surexploitation et la dégradation accélérée du couvert ligneux si des actions immédiates et de grande envergure ne sont pas prises.
La consommation du bois d’œuvre et de service est estimée à 35.000 m3/an d’équivalent grumes pour 1982 et 93.000 m3 pour l’an 2000. Pour l’ensemble des formations ligneuses, compte tenu de l’importance de la jachère on retiendra les pourcentages suivants pour la production de bois de sciage pour chacune d’elle en fonction du gradient pluviométrique : 5% pour la zone soudano-guinéenne (1200 mm), 2,5% pour la zone sud soudanienne 51000 à 1200 mm), 1% pour la zone Nord soudanienne (800 à 1.000 mm), 0,5% pour la zone soudano-sahélienne (600 à 800 mm). Les besoins en bois d’œuvre de l’an 2000 ont été couverts de 15 à 20% par l’exploitation des formations naturelles.
En dehors du bois, l’homme tire d’innombrables ressources de la forêt. Le peuplement forestier jour un rôle alimentaire de premier ordre dans toutes les régions, en particulier dans la zone sahélo-soudanienne où les populations, composées en majorité de pasteurs, transhumants tout au long de la période sèche, sont à la recherche de pâturages ou de points d’eau. Pendant toute la saison sèche, les pasteurs des zones soudaniennes et sahéliennes continuent de conduire les troupeaux dans les forêts pour qu’ils profitent du pâturage arboré constitué essentiellement de rejets de branches basses des légumineuses arbustives et arborescentes. Cependant cette ressource fourragère est en voie de disparition rapide par l’effet nocif de l’émondage, des feux de brousse et des défrichements pour le bois et la culture.
La stratégie Energie domestique met l’accent sur la nécessité d’instaurer des taxes fiscales significatives sur le commerce du bois en vue de réduire la demande en combustibles ligneux, d’accroître les capacités d’autofinancement des collectivités locales et de gérer des ressources financières qui pourraient être investies dans les activités de restauration du milieu naturel.
Le Mali dispose d'un potentiel considérable de ressources hydroélectriques dans le bassin du fleuve Niger.
Dans la situation actuelle la production d'énergie électrique est à 70% d'origine hydroélectrique à partir des centrales de Sélingué sur le Sankarani et Sotuba sur le Niger à Bamako, ayant respectivement comme puissance installée de 47,6 et 5,4 MW et une production moyenne annuelle d'environ 150 GWh.
A la centrale de Sotuba, la production d'énergie est de plus en plus compromise par la détérioration de la qualité de l'environnement du fleuve (présence d'algues et surtout de jacinthes d'eau).
La puissance potentielle est estimée à 20.000 MW dont 6.000 sur le fleuve Niger Le barrage de Sélingué a une puissance installée de 270 MW. L’utilisation actuelle de l’énergie hydroélectrique est de 50MW, correspondant à 1% de la consommation totale d’énergie.
Les centrales thermiques contribuent pour la production d’électricité à hauteur de 10% de l’énergie totale consommée. Cette énergie est fournie par les centrales thermiques exploitées par l’EDM et les privés (industriels, familles, etc…)
Si ce potentiel naturel et renouvelable est énorme, plusieurs contraintes empêchent sa valorisation : prix d’investissement matériel élevé pour les populations, lenteurs administratives, inexistence d ;une politique incitative qui permettrait de développer une source d’énergie alternative importante notamment en milieu rural.
L’énergie éolienne offre également des perspectives pour le développement des éoliennes, plus particulièrement dans la partie Nord du pays ou la vitesse moyenne du vent varie de 3 à 5 m/s. l’exploitation de ce potentiel est limité en raison de son coût élevé.
Le potentiel en biomasse agricole, végétale, agro-industrielle, de résidus industriels et d’élevage est important même si une partie est utilisée à des fins non énergétiques.
Tableau 18 : PRODUCTION D’ELECTRICITE PAR CENTRE – 1999
Unité : KW/H
|
CENTRES |
PRODUCTION D’ELECTRICITE (KW/H) |
TOTAL |
|||||||||||
|
JANVIER |
FEVRIER |
MARS |
AVRIL |
MAI |
JUIN |
JUILLET |
AOUT |
SEPT |
OCTOBRE |
NOVEMBRE |
DECEMBRE |
||
|
BAMAKO |
31710540 |
29594660 |
38797870 |
41918160 |
31859070 |
27966940 |
30046620 |
31064650 |
28697000 |
31307000 |
29813000 |
27436000 |
380211510 |
|
BOUGOUNI |
199170 |
189190 |
235200 |
245370 |
247600 |
228020 |
211950 |
200860 |
203930 |
217180 |
207440 |
208270 |
2594180 |
|
GAO |
472936 |
345649 |
569857 |
662297 |
373983 |
329330 |
376739 |
323945 |
547240 |
611450 |
523570 |
459570 |
5596566 |
|
SIKASSO |
716878 |
691014 |
823396 |
874497 |
704378 |
780200 |
674344 |
660088 |
845137 |
699189 |
621239 |
600152 |
8690512 |
|
KOUTIALA |
360000 |
327000 |
454879 |
493879 |
509799 |
405963 |
374880 |
431400 |
398083 |
371942 |
428054 |
396054 |
4951933 |
|
NIONO |
28752 |
255776 |
219776 |
264608 |
251904 |
253728 |
196160 |
227104 |
231168 |
201408 |
264288 |
277792 |
2931232 |
|
SAN |
51000 |
48600 |
59008 |
60536 |
60400 |
63528 |
62720 |
49912 |
44840 |
0 |
601160 |
60688 |
621392 |
|
MOPTI |
631340 |
521840 |
739316 |
449696 |
24565 |
25340 |
24888 |
22139 |
697472 |
605776 |
618240 |
661584 |
5022196 |
|
BANDIAGARA |
16168 |
18390 |
21726 |
23941 |
599334 |
846396 |
632384 |
617384 |
16570 |
15251 |
19771 |
21624 |
2848939 |
|
DJENNE |
33548 |
30660 |
34076 |
33788 |
191179 |
17970 |
14994 |
15382 |
38428 |
37326 |
37556 |
38168 |
351075 |
|
DOUENTZA |
5850 |
7364 |
8808 |
10784 |
42196 |
40056 |
39152 |
38860 |
11928 |
12650 |
12504 |
12804 |
242956 |
|
TOMBOUCTOU |
250677 |
226354 |
282655 |
283459 |
10056 |
8734 |
9342 |
11070 |
0 |
332423 |
282207 |
267699 |
1964676 |
|
OUELESSEBOUGOU |
5420 |
6950 |
8580 |
0 |
4288 |
4364 |
5174 |
4828 |
5482 |
6268 |
6194 |
7182 |
64730 |
|
KANGABA |
10833 |
10248 |
12216 |
13736 |
14688 |
13684 |
9876 |
10024 |
10636 |
0 |
12384 |
11700 |
130025 |
|
TOMINIAN |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
1996 |
2280 |
2556 |
2708 |
0 |
2948 |
3272 |
15760 |
|
TOTAL |
34493112 |
32273695 |
42267363 |
45334751 |
34893440 |
30986249 |
32681503 |
33680202 |
31750622 |
34417863 |
33450555 |
30462559 |
416237682 |
Source: Direction Générale EDM
Elle est l’activité dominante le long du fleuve. Les populations riveraines cultivent des céréales, du riz et pratiquent du maraîchage. De manière spécifique, le maraîchage est une activité importante le long du fleuve. Le non respect des distances réglementaires à observer contribuent à la dégradation des berges et de la qualité de l’eau.
L'agriculture occupe une place de choix dans l'économie nationale. On estime aujourd'hui à plus de 70% la part de la population malienne vivant dans le bassin du fleuve.
Cette population est rurale à plus de 80%. Elle utilise des techniques culturales traditionnelles de façon prédominante.
Les caractéristiques physiques du bassin, ses particularités sociologiques, les systèmes de production et les problématiques de développement permettent de distinguer cinq grandes zones agro-écologiques :
La zone saharienne : à faibles précipitations irrégulières, à ressources en eau limitées et à faible occupation humaine et aux pâturages éphémères.
Les zones sahéliennes : à précipitations plus régulières présentant un bon potentiel fourrager et pastoral, l’accroissement de la charge humaine et animale constitue un risque majeur de désertification pour ce milieu fragile
Les zones soudaniennes disposant de bonnes ressources en eau, zones d’agriculture vivrière et de rente liée à un élevage sédentaire. Une forte occupation humaine et une gestion désorganisée des ressources menacent l’environnement.
La Zone Nord Guinéenne à fort potentiel agricole est la zone la moins dégradée en de nombreux sites,
Le Delta intérieur du Niger : dispose d’un fort potentiel agricole du fait de ses plaines inondables, le développement agricole entre cependant en concurrence avec l’élevage, source de conflits et de dégradations
Le long de la vallée du fleuve et de son principal affluent, le Bani, les conditions morphologiques et hydrologiques font que d'énormes superficies sont submergées pendant la saison des pluies, permettant la culture du riz et d'autres spéculations.
Le maraîchage est pratiqué comme culture de contre saison dans la vallée du fleuve et plus particulièrement dans les zones de périmètres irrigués .
Il occupe une place importante dans l'amélioration du régime alimentaire des populations et génère des revenus substantiels chez les producteurs.
Au Mali, le potentiel de terres irrigables est estimé à 500 000 ha dont 180 000 sont aménagées et 130 000 réellement exploités. Les besoins en eau pour l'irrigation sont estimés à 3,3 milliards de m3 actuellement. 98% de ces besoins sont couverts par les eaux de surface.
A l'horizon 2001, pour une couverture totale des besoins alimentaires de la population, les besoins en eau sont estimés à 10 milliards de m3 soit environ 30% des potentialités des ressources en eau de surface du pays en année déficitaire.
En 1985, la production Intérieure brute de l’agriculture (PIBA) calculée au prix du marché a été de 475,4 milliards de F.CFA dont 225,0 milliards pour le secteur primaire.
Les exploitations agricoles sont très variées, autant du point de vue superficies que du niveau d’équipement en culture attelée. Les superficies varient de moins de 5 ha à plus de 20 ha en principe en relation avec le nombre de personnes sur les exploitations.. L’exploitation peut être considérée ou comme concession dans laquelle le nombre de personne peut être élevé ( jusqu’à 50 et plus) ou comme exploitation dérivant d’une concession éclatée. La superficie cultivée par habitant est de 0,5 ha environ dans les exploitations entièrement équipées et de moins de 0,3 ha dans les exploitations manuelles. La typologie des exploitations, basées sur le niveau d’équipement en culture attelée se présente comme suit :
Exploitation de type A : Exploitation équipée, qui dispose d’au moins 2 paires de bœufs, 1 charrue, 1 semoir, 1 charrette (+1 âne) et d’un troupeau de bovin d’au moins 6 têtes en plus des bœufs de labour
Exploitation type B : Exploitation équipée, qui ne dispose que d’une seule unité d’attelage (une paire de bœufs et une charrue et/ou multiculteur).
Exploitation type C : Exploitation non équipée, ou disposant d’ unité d’attelage incomplète qui pratique la culture traditionnelle.
On distingue: les grands périmètres et les petits périmètres.
Les grands périmètres: Parmi ce type de périmètres on distingue:
- les périmètres à maîtrise totale, comme l'Office du Niger où deux cycles culturaux sont possibles (environ 60 000 ha);
- les périmètres à submersion contrôlée, comme l'Office Riz Ségou et l'Office Riz Mopti (environ 70 000 ha).
Les petits périmètres: Parmi ce type de périmètres on distingue:
- les périmètres gravitaires à l'aval de petits barrages ou à partir d'eau non pérenne dans les bas-fonds ( environ 5 000 ha);
- les périmètres irrigués par pompage d'eau de forages ( environ 2000 ha).
En résumé on retiendra qu'il y a:
- 130 000 ha de superficies irriguées à partir des eaux de surface pérennes;
- 5 000 ha à partir des eaux de surface non pérennes;
- 2000 ha à partir des eaux souterraines.
Au Mali, le fleuve Niger et ses affluents sont largement utilisés pour l’agriculture. Depuis quelques années, l’agriculture a connu un développement important. De nombreux périmètres irrigués existent le long du fleuve ou sur le bassin, dont les plus importants, tant en surface que pour l ‘économie malienne, sont le périmètre irrigué de l’Office du Niger dans la région de Ké-Macina sur le bassin du Niger (47 000 ha exploités) et la zone cotonnière du Sud-Mali sur le bassin du Bani (96 000 km2). Le tableau 26 présente la répartition des zones irriguées au Mali.
|
Nom |
Superficie (ha) |
Cultures |
Besoins en eau |
|
Opération Haute Vallée du Niger (OHVN) |
25 000 |
Tabac, riz, coton, cultures sèches |
- |
|
Projet de réhabilitation du périmètre de Baguinda (PRB) |
3 000 |
Riz, maïs, mil, sorgho, arachide |
10 m3/s pendant la campagne |
|
Office du Riz de Ségou (ORS) |
15 000 – 29 000 |
Riz |
5 – 6 L/s/ha |
|
Office du Niger |
60 000 |
Riz, canne à sucre |
2,5 milliards m3/an |
|
Office pour le Développement Rural de Sélingué |
1 500 |
Riz, maraîchage, maïs, tabac |
Prise d’eau de 3 m3/s |
Tableau 19 : Caractéristiques des zones irriguées à partir du fleuve Niger (IWACO, 1996).
Les revenus agricoles net varient non seulement selon les zones agro-écologiques mais aussi selon les cultures , les coûts des intrants, le niveau technologique. Ils varient dans de fortes proportions de 2.000 à 10.000 F.CFA/ha en zone sahélienne de 15.000 à 30.000 F.CFA/ha en zone soudanienne et Nord Guinéenne (jusqu’à 50.000 F.CFA/ha pour le coton). Les pertes annuelles en sols correspondent donc de 4 à 20% des revenus net en zone sahélienne, 8 à 20% en zone soudanienne et 20 à 50% en zone soudano-guinéenne. Dans certains cas d’extrême sévérité de l’érosion, les pertes peuvent dépasser plusieurs fois les revenus nets.
Les pertes annuelles globales de revenus agricoles ont été estimées à 4,6 millions de dollars, ce qui correspond à 0,6% du produit agricole brut. La valeur actualisée de pertes en 10 ans (à 10%) atteindra la somme de 31 millions de dollars équivalent à 4% du produit agricole brut.
Les coûts des aménagements anti-érosifs ont été évalués entre 21.500 et 30.000 F.CFA/an en 1985 avec des frais annuels d’entretien de 25 à 33% de l’investissement initial.
Les principaux systèmes de productions peuvent se rattacher au système pastoral ou au système agropastoral. Le système de production purement agricole est très peu représenté même dans les zones d’irrigation, presque tous les exploitants agricoles possèdent des animaux et bénéficient de la production de fumier et nombre d’entre eux de la traction animale.
Ce système est caractéristique des zones sahéliennes (régions de Gao, et de Tombouctou ainsi que les extrêmes Nord des régions de Koulikoro et Ségou, à faible précipitations et diminue d’importance à mesure que l’on va vers le Sud. Le pastoralisme est pratiqué par des éleveurs transhumants et nomades qui tirent exclusivement leurs revenus de l’élevage (touaregs, maures et des groupes de peuhl qui sont aussi nomades à l’intérieur des petites zones). Selon les sites et les ethnies, l’élevage porte sur les bovins, des ovins/caprins ou des camelins. Pendant la saison sèche, la transhumance annuelle concentre la population et le bétail dans le delta intérieur du Niger, dans la boucle du Niger et dans la zone agricole du Sud. Elle recourt à des axes bien établis en fonction d’un calendrier précis. Les principales contraintes de ce système sont liés à l’alimentation et l’abreuvement. La très grande faiblesse pluviométrique dans les régions sahéliennes implique des conditions alimentaires souvent précaires. La convergence de troupeaux vers des zones propices conduit au surpâturage. L’assèchement des points d’eau et la concurrence de l’agriculture entraînent des difficultés d’abreuvement du bétail surtout en hivernage.
Ces systèmes sont évolutifs et peuvent être à dominance agricole ou à dominance pastorale.
Systèmes de production agropastorales à dominance pastorale : L’agriculture joue un rôle extrêmement marginal et se borne aux sites où les conditions sont plus favorables (régions de Tombouctou au Sud, de Mopti, delta intérieur du Niger et au Nord des régions de ségou, Koulikoro). La plupart des membres de la famille restent dans le village pendant toute l’année et s’occupent des cultures tandis que les bergers conduisent la transhumance. L’élevage assure l’autoconsommation en lait et en viande et procure l’essentiel des revenus monétaires. Les principaux producteurs de ce système sont les peuhl. L’agriculture pratiquée dans ce système est en général pluviale. Cependant, dans certains cas, (delta actif) les cultures telles que le riz et les légumes sont cultivées sous irrigation naturelle ou sous submersion contrôlée. Compte tenu de la marginalité de l’agriculture dans ce système, les principales cultures sont celles fondamentales de subsistance : mil, sorgho, niébé, arachide, et maraîchage. Les principales contraintes concernent l’élevage (alimentation et problèmes sanitaires). Les contraintes agronomiques se posent avec une moindre acuité compte tenu de la marginalité de l’agriculture.
Systèmes de production agro-pastorale à dominance agricole : L’agriculture devient la principale activité de la population qui en tire la majorité de ses revenus. L’élevage occupe cependant encore une place importante en tant qu’investissement et comme source secondaire de revenus en cas d’échec des cultures. Ce système se situe essentiellement dans les zones de précipitation abondantes ou d’accessibilité à une source d’eau : entre le Niger et le Bani, plus au Nord dans la zone lacustre (région de Mopti), le long des plaines alluviales du Niger de Tombouctou au sud de Ansongo et toute la région Sud du Mali. Les producteurs de ce système sont essentiellement les Bambaras, Sarakolés, Malinkés, Senoufos, Sonrais, Miniankas, Dogons, Bozos et Peuhls s’occupant essentiellement de l’élevage sédentaire dans ce système. Certaines activités para-agricoles (la pêche, la chasse, la récolte de bois de chauffe, la production de charbon de bois, la préparation du beurre de Karité) contribuent à l’amélioration de la nutrition et du revenus monétaire. Le régime alimentaire est fondé sur la consommation quotidienne de mil, et de sorgho avec parfois du poisson ou de la viande. Les travaux agricoles sont reparties entre les champs communs et les champs individuels. La disponibilité en terres cultivables ne semble pas constituer un facteur limitant majeur pour la population agricole. Elles sont acquises suivant un système d’héritage patrimonial ou par le biais du chef de village, quoique la pratique de la jachère diminue de plus en plus par l’insuffisance des bonnes terres (impliquant un épuisement des sols et une baisse des rendements). La main d’œuvre est constituée d’actifs familiaux. La division du travail est lié souvent au caractère ethnique de l’unité de production. Il existe outre des associations traditionnelles dont l’activité principale est l’entraide dans le cadre des prestations de travail. Bien que ces systèmes de production soient essentiellement basées sur l ;agriculture, la production animale continue à jouer un rôle important sous forme d’épargne ou d’investissement. L’élevage se pratique sous forme de troupeaux gardés par un berger peuhl ou par un membre de l’unité de production. La culture attelée constitue la forme la plus courante de l’intégration agriculture-élevage. On observe un intérêt pour le fumier : Pratiques de partage de fumier des parcs communs ou rotation de la mise en place du parc au niveau des propriétaires d’animaux. Les contraintes rencontrées par ces systèmes sont nombreuses. Elles peuvent être liées à l’état des ressources naturelles (pauvreté chimique et physique de nombreux sols, dégradation due au changement climatique et à la pression anthropique), au bas niveau technologique des exploitants, à la pression démographique, aux problèmes de commercialisation défaillante et de prix élevé des intrants agricoles et bas pour les produits commercialisables, au manque d’infrastructures productives et sociales et à l’inefficacité (sauf dans certaines zones) des services publics.
Utilisation des sols : Les terres actuellement cultivées représentent environ 2 millions d’ha en sec et 136.000 ha avec un appoint d’eau pour un potentiel total cultivable de 11,4 et 2,2 millions d’ha, comme apparaissant dans le tableau suivant.
Tableau 20 : Utilisation des terres de culture pluviale (en ha)
|
Régions |
Total terres |
Potentiel cultivable |
% |
Terres cultivées |
Jachères récentes |
Réserves cultivables |
|
Koulikoro |
8.990.000 |
2.600.000 |
29 |
318.500 |
796.500 |
1.485.000 |
|
Sikasso |
7.179.000 |
2.000.000 |
28 |
569.000 |
1.138.000 |
293.000 |
|
Segou |
6.023.000 |
1.400.000 |
23 |
519.000 |
1.038.000 |
-157.000 |
|
Mopti |
7.960.000 |
1.500.000 |
19 |
310.500 |
776.500 |
413.000 |
|
Tombouctou |
49.770.000 |
250.000 |
0,5 |
59.500 |
119.000 |
71.500 |
|
Gao |
32.199.000 |
130.000 |
0,4 |
26.500 |
53.000 |
50.500 |
|
Kidal |
|
|
|
|
|
|
|
Bamako |
26.800 |
|
|
|
|
|
Il existe cependant d’énormes disparités entre les cercles et les communes rurales. Les réserves cultivables en sec paraissent encore importantes dans les régions de Koulikoro et Mopti. Dans les autres régions, les réserves cultivables en sec deviennent rares, et dans la région de Ségou, le seuil agro-démographique des terres a été dépassé, entraînant une dégradation accélérée des ressources et une diminution des rendements. Les données de la région de Sikasso pourraient être réévaluées à la hausse. L’intensification des méthodes agricoles (CMDT) diminue les besoins de terres pour les jachères récentes
En prenant l’ensemble des terres cultivables à sec (9% du territoire National), la capacité de charge démographique des terres serait de 12 millions d’habitants pour une agriculture à faible niveau d’intrants. Au cas ou l ;agriculture irriguée ne se développe pas avant d’atteindre cette population, toutes les terres cultivables aptes à l’agriculture pluviale devraient être cultivées dans les zones à forte pression sur les terres, et sans mesures d’intensification une dégradation accélérée aurait lieu.
Le potentiel des terres irrigables est élevé. Il serait de 2,2 millions d’ha pour une exploitation ne dépassant pas 136.000 ha/an ; mais l’expérience a montré de multiples contraintes pour la mise en valeur.
Tableau 21 : Utilisation des terres irrigables (ha)
|
Région |
Potentiel irrigable |
% du total des terres |
Superficie irrigable cultivée |
|
Koulikoro |
110.000 |
1,22 |
4.900 |
|
Sikasso |
300.000 |
4,18 |
10.010 |
|
Ségou |
400.000 |
6,64 |
72.300 |
|
Mopti |
910.000 |
11,43 |
22.200 |
|
Tombouctou |
280.000 |
0,56 |
15.200 |
|
Gao |
110.000 |
0,34 |
10.830 |
|
Kidal |
|
|
|
|
Bamako |
|
|
|
|
TOTAL |
2.200.000 |
1,77 |
135.960 |
Le potentiel en charge démographique de ces terres est élevé et pourrait atteindre 7 millions de personnes. La mise en valeur de ce potentiel est cependant très coûteux et difficile à mobiliser rapidement. Par un recours élevé aux intrants, la charge démographique pourrait être de 3 à 5 fois plus importante.
La production nationale fait globalement apparaître une croissance des superficies cultivées inférieures à celle de la population rurale imposant des gains de productivité significatifs pour atteindre l’autosuffisance, le maintien de la place des céréales traditionnelles (moins vulnérables à la sécheresse que le maïs ou le riz) en particulier grâce aux extensions de superficie dans les zones favorables, une forte évolution du coton avec des phases alternées d’extension de superficies et de gains de productivité, une évolution très modeste des superficies et production de riz (malgré les importants programmes d’aménagements), cette production apparaît moins sécurisante que la production céréalière pluviale).
La production céréalière occulte de fortes différentiations régionales (différences de climat, qualité des sols, enclavement, pression démographique°. La réaction à la sécheresse est donc très différente d’une région à l’autre. Il apparaît également une diversification en progrès dans le Sud. Le développement du maïs, du coton et de l’arachide ne doit pas masquer l’émergence , dans les régions de Sikasso et de Koulikoro d’une céréaliculture traditionnelle en croissance et sécurisante. La production de mil-sorgho dans ces deux régions s’approche maintenant de la moitié de la production nationale. La riziculture par contre se révèle plus vulnérable à la sécheresse que la céréaliculture pluviale alors que le développement de l’irrigation avait pour objectif la sécurisation de la production céréalière.
La superficie cultivée par habitant diminue au Nord, et au centre. En revanche la superficie par habitant progresse fortement dans la région de Sikasso et sensiblement dans la région de Koulikoro.
Couverture des besoins nutritionnels : Il est estimé que pour la période 1982-1986, la consommation totale en « équivalent produits consommables » s’est situé entre 1,25 millions de tonnes résultant en une consommation per capita de 161 kg/an (pour un standard FAO de 167 kg) l’apport calorifique quotidien pour les céréales est de l’ordre de 70% des besoins. Le niveau de couverture de la production nationale qui, pour la période fut en moyenne de 40%, présente de fortes variations liées aux conditions climatiques impliquant des importations (et des aides) qui ont représenté en moyenne 1,13 millions de tonnes. Cette approche globale masque le problème de l’adaptation qualitative à la demande de la production locale, en particulier à la demande en céréales nobles (blé, riz) essentiellement urbaine se reportant difficilement sur les céréales traditionnelles même si la structure de prix leur est plus favorable. Les projections en demande de céréales en 2010 s’établissent à 412.000 tonnes de riz et de 58.500 tonnes de blé et 1.800.000 tonnes d’autres céréales à comparer avec une production moyenne pour la période 1982-1986 de 117.000 t de paddy et 1.225.000t d’autres céréales.
La contribution des produits d’animaux à l’alimentation humaine dans le bassin est supérieure à celles rencontrées dans la plupart des pays de la région. Mais en valeur absolues les disponibilités en protéines animales du Mali demeurent modestes (12 g par hbt/jour soit 53% du niveau moyen mondial) Ce bilan se dégrade depuis 2 décennies sous l’effet cumulé de la croissance démographique et de la sécheresse.
Concerne plus particulièrement les céréales traditionnels cultivées en terres sèches : mil, sorgho, mais, Fonio, Niébé et blé dur.
Tableau 22 : DONNEES DE PRODUCTION DE CEREALES (SECTEUR TRADITIONNEL) – 1999
Unité : Tonne
|
Régions |
Mil |
Sorgho |
Riz |
Mais |
Fonio |
Blé |
Orge |
Total |
|
Koulikoro |
107589 |
200135 |
10515 |
101176 |
1276 |
|
|
420691 |
|
Sikasso |
128070 |
200004 |
32939 |
405136 |
7577 |
|
|
773726 |
|
Segou |
194533 |
94775 |
24760 |
59827 |
11454 |
|
|
385349 |
|
Mopti |
283654 |
39759 |
51814 |
2381 |
5713 |
|
|
383321 |
|
Tombouctou |
33466 |
8587 |
41382 |
|
|
|
|
83435 |
|
Gao/Kidal |
1792 |
811 |
15495 |
|
|
|
|
18098 |
|
Total |
|
|
|
|
|
|
|
|
La presque totalité de la filière coton au Mali porte sur l’encadrement de la production et la commercialisation du coton est assuré par la CMDT. Cette société assure la vulgarisation des techniques culturales du coton, le placement du matériel agricole auprès des paysans producteurs de coton, l’achat, la collecte et l’égrenage du coton graine et l’exportation du coton fibre.
La production de coton graine qui était de 269.407 tonnes en 1994-95 a atteint 522.899 tonnes en 97-98. Le coton a contribué pour 45% aux recettes d’exportation du Mali en 1995-96 et a rapporté 80% du total des recettes fiscales et parafiscales de l’Etat pour la même année.
La CMDT couvre la totalité de la région de Sikasso et par conséquent la quasi-totalité des unités de production agricole
La production de coton évolue au sein d’exploitation agricole qui sont des entreprises familiales (UPA) fonctionnant à la fois comme famille et comme unité de production agricole. Cette dualité a des implications interdépendantes entre les aspects purement de gestion des facteurs de production et les aspects sociologiques et culturels de la famille étendue.
Quoique la culture du riz de bas-fonds soit une pratique connue dans plusieurs régions du Mali, notamment dans les zones Sud et l’Office du Niger qui produit plus de 70% du riz représente l’essentiel de cette filière. L’ON s’étend sur une superficie de près de 60.000 ha répartis entre les zones aménagées et celles non aménagées. La culture du riz est également opérée par des UPA
Tableau 23 : Données de production de céréales (secteur moderne) – 1999
Unité : Tonne
|
Régions |
Mil |
Sorgho |
Riz |
Mais |
Fonio |
Blé |
Orge |
Total |
|
Koulikoro |
|
|
14904 |
|
|
|
|
14904 |
|
Sikasso |
|
|
82005 |
|
|
|
|
82005 |
|
Segou |
|
|
369132 |
|
|
|
|
369132 |
|
Mopti |
|
|
36327 |
|
|
|
|
36327 |
|
Tombouctou |
|
|
37320 |
|
|
7504 |
36 |
44860 |
|
Gao/Kidal |
|
|
339 |
|
|
24 |
21 |
384 |
|
Total |
|
|
|
|
|
7528 |
57 |
|
De nombreuses stations de pompage pour l’irrigation des terres existent le long du fleuve. Au Mali les grands aménagements hydro-agricoles portent sur les zones de Sélingué, Baguineda et Ségou. L’équipe n’a pas pu disposer des informations utiles dans ces domaines d’activité. Cependant les populations installés dans ces zones sont hétérogènes , chaque ethnie s’étant installé dans un objectif de production sans lien communautaire avec les autres et sans un esprit d’appartenance à la zone d’accueil. Ceci peut être un facteur limitant à l’investissement dans des pratiques durable de gestion des ressources et avoir un impact négatif sur le fleuve (pollution) et ses écosystèmes (dégradation des terres et des ressources forestières)
La demande en eau pour l’irrigation est estimée à environ 7,6 millions de m³/an. A cette quantité il faut ajouter la demande allouée aux activités diverses de la production végétale ( maraîchers, plantations de vergers, etc.) estimée à 1 % de l’irrigation, soit 0,76 millions de m³/an. Ainsi le total des prélèvements pour la production végétale est de 8,36 millions de m³/an.
La croissance annuelle de cette demande est estimée à environ 6 % qui correspond à celle des superficies aménagées.
Tableau 24 : DONNEES DE SUPERFICIE DE CEREALES (CONTRE SAISON) – 1999
Unité : Ha
|
Régions |
Mil |
Sorgho |
Riz |
Mais |
Fonio |
Blé |
Orge |
Total |
|
Koulikoro |
|
|
45 |
135 |
|
|
|
180 |
|
Sikasso |
|
|
850 |
15 |
|
|
|
865 |
|
Segou |
|
|
860 |
|
|
|
|
860 |
|
Mopti |
|
|
20 |
|
|
|
|
20 |
|
Tombouctou |
|
|
|
1155 |
|
|
|
1155 |
|
Gao/Kidal |
|
|
|
|
|
|
|
0 |
|
Total |
0 |
0 |
1775 |
|
0 |
0 |
0 |
|
Céréales traditionnelles : mil, sorgho, et fonio
Les superficies de sorgho sont beaucoup plus étendues dans le Sud. Suite à la sécheresse la culture de mil et de sorgho est descendue de 100 km vers le Sud et le système de production s’est simplifié au prix d’une aggravation des déséquilibre régionaux.
L’évolution de la production de fonio(cultivé et sauvage) est très mal connue. Les statistiques montrent une disparition progressive pendant que les essais sont en cours dans certaines régions pour réensemencer des plaines à fonio. Les superficies cultivées seraient supérieures à 78.000 ha et les rendement sont de l’ordre de 300 à 350 kg/ha.
L’amélioration variétale pour le mil et le sorgho a d’abord porté sur les variétés à cycle végétatif court (70 à 90 jours). Le rendement maximal dans la zone du Sud est de l’ordre de 1300 kg/ha pour le sorgho. Pour les régions du centre, le rendement maximal pour le mil et le sorgho est de l’ordre de 750 Kg/ha.
Le maïs était cultivé traditionnellement dans les pays Mandingues et aussi dans la région de Sikasso. Sa culture a été promue dans le cadre des programmes Mali-Sud I et II. La production est passée de 6000 ha à 51.000 ha. Les rendements sont passés à 2t/ha montrant une très bonne réponse aux engrais. La culture de maïs a aussi fait l’objet de promotion dans les zones CMDT, OHVN,ODIPAC, ODIK, OZL et OVSTM.
Le rendement maximal avec les variétés disponibles se situent entre 2 et 2,5 t/ha.
La riziculture traditionnelle ou non aménagée regroupe plusieurs types : la riziculture en submersion naturelle et la riziculture pluviale.
La riziculture en submersion naturelle concerne le riz flottant des vallées alluviales inondables et également en riz dressé dans certaines situations locales ou la lame d’eau est partiellement contrôlée notamment dans les bas-fond du Mali-Sud. Elle serait de 90.000 ha. La riziculture pluviale est faiblement pratiquée dans le bassin sauf dans la zone guinéenne qui est très adaptée à cette culture.
La véritable riziculture irriguée est apparue avec l’aménagement de l’Office du Niger dont la superficie cultivée en paddy a progressé et s’est stabilisée autour de 42.000 ha.
Les superficies aménagées et cultivées restent encore faibles au niveau national.
La superficie de riz cultivée en submersion contrôlée (ON) et autres vallées, bas-fonds est de 120.000 ha environ. Pour une superficie totale aménagée de l’ordre de 155.000 ha. La superficie totale cultivée dans les petits et moyens périmètres en maîtrise totale dépasse 3.000 ha. La production rizicole est largement tributaire des conditions pluviométriques et hydrologiques. Le déficit par rapport à la production potentielle est de 30% en maîtrise totale (à peine plus sécurisée que le mil et le sorgho) ; de 60% en submersion contrôlée et 95% en riziculture traditionnelle. La submersion contrôlée paraît peu performante, comparée à la maîtrise totale. Mais elle constitue un progrès indéniable par rapport à la riziculture traditionnelle.
La production arachidière a été surtout marquée par l’effondrement des cours mondiaux, l’arrêt de l’exportation d’arachide et la sécheresse. Les opérations ayant opéré l’amélioration de la production arachidière sont : L’OACV, l’ODIPAC.
Le rendement oscille entre 700 à 1000 kg/ha.
Cependant, la production s’accroît dans toutes les régions concernées soit par gain de production, soit par extension des superficies cultivables.
L’arachide huilière qui intéresse presque toutes les zones pourra difficilement s’exporter en raison de la situation enclavée du pays. Le marché national pour l’huile et la pâte d’arachide peut soutenir une croissance notable. Pour les arachides grillées, la zone de sikasso obtient actuellement de meilleurs prix grâce à la possibilité de décaler le calendrier avant ou après les zones sahéliennes. D’autres filières pourraient être envisagées telles que l’arachide de bouche commercialisée en coque et l’arachide de confiserie.
Le coton était cultivé depuis des siècles pour subvenir aux besoins d’habillement des communautés villageoises. La culture de coton pour l’exportation a été introduite par la colonisation dès les années 1920 avec l’idée de trouver un approvisionnement indépendant pour l’industrie textile métropolitaine. Cette introduction n’a pu réellement décoller qu’au cours des années 50. Après l’indépendance, , le gouvernement passa une convention décennale avec la CFDT.
La culture du coton est encadrée par la CMDT et l’OHVN. Le transfert des investissements a été transférée aux Associations villageoises (AV) et les commerçants privés (l’objectif est de transférer 70% de la commercialisation) et à diminuer progressivement les subvention.
Les progrès sont recherchés dans le rendement en fibre, la qualité de la fibre par de meilleure traitements insecticides, l’introduction des variétés « glandless » et la poursuite de l’intégration de la culture cotonnière dans un système de polyculture-élevage.
Le développement de la production cotonnière n’a pas entraîné une aggravation de la dépendance alimentaire. Au contraire, le coton a joué le rôle de « culture locomotive » en donnant aux paysans les moyens financiers pour l’accumulation de capital productif profitable à l’ensemble de leurs système et en dégageant, au niveau de la structure de développement, les moyens pour financer l’encadrement.
Autres cultures
L’estimation globale de la superficie des autres cultures est de l’ordre de 240.000 ha. L’importance de cette superficie suggère qu’elle englobe les cultures associées qui jouent un rôle fondamental dans les zones moins favorisées. La culture associée permet de sécuriser la production, de l’intensifier et de diversifier l’alimentation familiale.
Le Niébé est plus souvent cultivé en association. Traditionnellement, il faisait l’objet d’une consommation saisonnière notamment pendant l’hivernage. Depuis la sécheresse, la consommation a beaucoup augmenté et cela n’est pas mis en évidence par les statistiques. Les possibilités de développement de cette culture, de même que le Voandzou (tigagelen ou tiganinkuru), sont réellement sur le marché intérieur et peut-être aussi à l’exportation. Mais la commercialisation reste à organiser. Les statistiques estiment la superficie cultivée de niébé à 50.000 ha. Le niébé se développe actuellement dans le Sud du bassin (31.000 ha) mais conserverait une position importante dans les régions de Ségou, de Mopti. La région de Mopti serait plutôt spécialisée dans le Vouandzou.
Fruits et légumes. La culture de fruits et légume est très dispersée et très mal connu. La production légumière se répartit en quatre systèmes qui ont connu des évolutions différentes.
Les jardins de case : en pluvial et cultivé par les femmes. On y trouve du maïs vert à consommer et les condiments (gombo, dah notamment). Il n’y a aucune information sur l’évolution de ce système qui continue cependant à jouer un rôle essentiel dans l’économie familiale.
Les jardins villageois, avec arrosage manuel, en contre-saison dans les bas-fonds, marigots, en bordure des rivières pérennes et plus récemment autour des points d’eau villageois équipés de pompes manuelles. Le jardin villageois répond essentiellement à un besoin de revenus monétaires notamment pour les jeunes et les femmes. La production est consommée localement. Le développement des jardins villageois exige très peu d’investissement mais beaucoup de travail. Plusieurs ONG se sont intéressées à ce système. Elles ont financé la construction de puits, distribué des graines et aidé à l’organisation de la production.
Le maraîchage péri-urbain : est principalement représenté par la ceinture verte de Bamako. Les zones maraîchères prévues à cet effet par les autorités (dans le cadre de l’approvisionnement en légumes des grands centres urbains) sont progressivement absorbés par le tissu urbain. Les maraîchers péri-urbains sont en contact permanents avec le marché et les services. Ils sont capables de s’organiser (coopérative des maraîchers de Bamako) et de s’équiper, mais ont besoin d’une bonne planification de l’utilisation de l’espace péri-urbain.
Les périmètres maraîchers : à vocation d’exportation vers le marché national ou même international. Il s’agit de parcelles maraîchers dans les grands périmètres (ON), de moyens périmètres à vocation maraîchères (périmètres irrigués villageois de Tombouctou) ou des petits périmètres maraîchers (petits périmètres du pays Dogon). Presque tous les périmètres ont à faire face à des problèmes saisonniers de commercialisation surtout depuis que l’accent a été mis, dans la politique nationale sur les cultures de contre-saison et la réalisation de PIV. La demande en légume va croissante due à l’émergence de la consommation de légumes en zones urbaines et rurales ainsi que le fort taux de croissance démographique.
Le développement de l’industrie de transformation peut permettre de réguler le marché de certains produits. La filière de transformation est essentiellement artisanale et domestique. Elle nécessite une amélioration jugée plus prometteuses que la voie industrielle. La superficie maraîchère irriguée serait actuellement de l’ordre de 60.000 ha
La culture du blé dur : Elle est ancienne dans la région de Tombouctou. L’action blé-Diré a ouvert la voie d’un développement de la culture du blé avec variétés à haut rendement et irrigation moderne. Des voies plus prometteuses ont été tentées avec les petits périmètres individuels (ou micro-collectifs) de la vallée du Niger, dans le cercle de Diré. La superficie totale cultivée en blé serait de 2.000 ha selon les chiffres de la DNSI.
Le sésame fait actuellement l’objet d’une action de développement dans la zone CMDT. La superficie cultivée atteint 900 ha pour un rendement de 350 kg/ha.
Le tabac industriel a fait l’objet d’une action de développement en Haute vallée du Niger, avec la création des petits périmètres tabacoles. La superficie est de 300 ha. Il n’y a pas d’information sur le tabac traditionnel.
La culture du Dah fibre a été abandonnée à cause de la concurrence du plastique pour la fabrication de sacheries. Des tentatives de relance de cette activité sont en cours (avec des technologies récentes et légères permettant la fabrication de papier journal à partir du dah).
Le cheptel : En 1987, le Mali, pays à tradition d’élevage comptait 5,59 millions de bovins, 12.53 millions de petits ruminants, un total de 685.000 têtes d’équins, asins et camelins et 20 millions de volailles. Ces effectifs connaissent de fortes variations dues à la sécheresse qui affecte la productivité de la biomasse primaire et se répercute sur le cheptel.
Tableau 25 FECTIF DU CHEPTEL – 1999
Unité : Tête
|
ESPECES Régions |
Bovins |
Ovins |
Caprins |
Equins |
Asins |
Camelins |
Porcins |
|
Koulikoro |
899772 |
601900 |
829101 |
25425 |
73540 |
280 |
4252 |
|
Sikasso |
1266108 |
575471 |
515843 |
2538 |
56533 |
|
12650 |
|
Segou |
942190 |
977839 |
1374019 |
38145 |
108168 |
280 |
48715 |
|
Mopti |
1442206 |
1551328 |
2243449 |
32246 |
134699 |
4809 |
204 |
|
Tombouctou |
591279 |
1287047 |
2374755 |
3625 |
131570 |
157870 |
|
|
Gao |
295639 |
1128479 |
1336503 |
6014 |
96807 |
303552 |
|
|
Kidal |
|
|
|
|
|
|
|
|
Bamako |
12854 |
17178 |
3752 |
297 |
68 |
|
99 |
|
Bassin |
|
|
|
|
|
|
|
Ainsi, la géographie de l’élevage a subi de profondes mutations au cours de ces dernières décennies. Les sécheresses successives ont entraîné un mouvement du cheptel des zones sahéliennes septentrionales vers la zone soudanienne. En zones humides, les effectifs ont peu diminué pendant les périodes de sécheresse et sont en croissance régulières notamment par l’apport d’animaux extérieurs. Dans la zone du Delta, l’élevage a été très perturbé par l’absence des crues ayant gravement affecté la production de Bourgoutières, mortalité et départ de nombreux troupeaux ont sensiblement réduit les effectifs dans cette région.
Le mode de propriété du cheptel a été également modifié. Celui ci tend à s’accroître chez les agriculteurs (traction, intégration à l’agriculture). C’est ainsi que des enquêtes récentes font apparaître que seuls 8% des éleveurs vivent exclusivement de l’élevage (essentiellement dans les régions de Gao et de Mopti) 12% sont e même temps commerçants, artisans ou salariés et 80% sont en même temps agriculteurs.
L'élevage est de plus en plus pratiqué par les populations sédentaires au centre et au sud du pays. Toutefois, le delta intérieur représente un passage incontournable pour l'élevage de transhumance, compte tenu de son énorme potentiel en ressources fourragères.
Le delta intérieur, principale zone humide au Mali , se caractérise par sa diversité en ressources hydrauliques, agricoles, animales et végétales (bourgoutières).
Les bourgoutières sont des pâturages naturels de Echinochloa stagnina générés par les variations naturelles du niveau des crues dans le delta intérieur. Elles représentent un potentiel énorme pour le maintien des ressources halieutiques et fauniques.
Sur la base de la norme de consommation d’eau fixée à 30 l/UBT et un effectif de 5,640 millions d’UBT en 2001 il faudrait 170 000 m³/j pour couvrir les besoins du cheptel.
Si l’on considère les superficies en pâturages nécessaires au cheptel transhumant ou sédentaire, il apparaît manifeste que la pression agro-démographique sur les terres va considérablement augmenter, à l’exception de la région de Koulikoro. Il importe donc que des mesures de préservation et de protection des ressources soient prises rapidement.
Dans les approches récentes de conception des projets pastoraux, certains préalables sont pris en compte avant le développement des projets.
bonne connaissances des ressources en pâturages, des effectifs et des mouvements du bétail et des disponibilités en eau.
Adhésion des éleveurs et de leurs organisations aux modalités de gestion, d’entretien et des recouvrements des coûts grâce à une tarification de l’eau.
Engagement à préserver l’écosystème fragile des zones d’élevage (respect des capacités de charge) et , éventuellement à mener des actions de régénération ou d’amélioration des pâturages.
Il apparaît ainsi que les besoins à l'horizon 2001 sont d'environ 170 000m3/j . Toutefois, en visant une satisfaction de besoins supérieurs à ceux ainsi estimés afin de ne pas limiter une probable croissance du bétail supérieure à la tendance 1970-1987, les besoins en 2001 seront d'environ 201 000 m3/j soit, environ 75 millions de m3/an. Environ 10 à 15% de ces besoins sont desservis par les eaux de surface.
Pour le Mali, l’importance du cheptel de la zone d’étude est difficile à connaître du fait de l’importance des phénomènes de transhumance et l’absence de statistiques fiables. Le fleuve attire le bétail en particulier en saison sèche. Les animaux sont généralement concentrés en des endroits donnés au bord du fleuve.
A l’heure actuelle, le nombre d’animaux semble dépasser largement la capacité de charge des pâturages naturels disponibles.
L’évolution de la production animale est moins bien documentée. Les paramètres zootechniques sont en général modestes quoique présentant quelques différences selon leur dégrée d’intégration à l’exploitation agricole (croissance faible, reproduction mal maîtrisée, taux de mortalité élevée°. Les faibles performances du cheptel reflètent cependant plus de conditions difficiles de nutrition et l’état de santé du bétail qu’un potentiel génétique réduit.
La production animale en 1987 sur la base d’estimations grossières se présente comme suit
Tableau 26: Production animales estimées (1987)
|
A. Viande (carcasse) |
|||
|
Espèce |
Cheptel (milliers de tête) |
Exploitation (milliers de tête) |
Production (milliers de tonnes) |
|
Bovine |
4.590 |
350 |
47.600 |
|
Ovins/caprins |
10.530 |
2.975 |
38.685 |
|
Volaille |
20.000 |
20.000 |
15.000 |
|
Autres |
|
|
2.315 |
|
Total |
|
|
103.600 |
|
B. Lait |
|||
|
Vaches laitières (milliers de tête) |
Vaches de traites (milliers de tête) |
Disponible pour consommation humaine (l/vache/jour |
Production (milliers de tonnes |
|
1.240 |
645 |
0,8 |
190 |
Tableau 27 :ABATTAGES CONTROLES PAR REGION – 1999
Unité : Tête
|
ESPECES Régions |
Bovins |
Ovins |
Asins |
Porcins |
|
Koulikoro |
10262 |
36181 |
|
|
|
Sikasso |
18288 |
47553 |
|
|
|
Segou |
19424 |
162370 |
1 |
|
|
Mopti |
13169 |
39827 |
132 |
|
|
Tombouctou |
4188 |
36613 |
203 |
|
|
Gao |
1739 |
11499 |
436 |
|
|
Kidal |
164 |
7200 |
294 |
|
|
Bamako |
81815 |
84796 |
|
245 |
|
Bassin |
|
|
|
|
Races utilisées et productivité
Les bovins élevés au Mali comprennent des Taurins (N’dama, shorthorn ouest africain) situé dans les zones de savane et les Zébus (Fulani, Gorba, Azaouak). Il n’existe pas d’importants troupeaux de race pure, un important mixage des races ayant lieu dans les plaines du Delta intérieur pendant la saison sèche ; seuls quelques élevages intensifs de bovins laitiers importés (Montbeliard) se maintiennent en race pure dans des étables spécialisées autour de Bamako.
Les paramètres zootechniques sont modestes quoique présentant quelques différences selon leur dégrée d’intégration à l’exploitation agricole. Une croissance faible retarde l’âge de première mise bas des vaches reproductrices. Une reproduction mal maîtrisée et des taux de mortalité élevés hypothèquent les performances de reproduction ; Le tableau suivant présente les paramètres productifs essentiels pour différents types de troupeaux
Les petits ruminants comprennent quatre races ovines (Toronke, Maure, Touareg et Macina) et deux races caprines (chèvre naine et chèvre du Sahel). Les paramètres productifs moyens (à l’exclusion des chèvres naines) sont présentées ci-après. Le taux d’extraction sont en général relativement élevés car ces espèces constituent la principale source de viande et assurent l’essentiel de la trésorerie au niveau des foyers.
Pour le cheptel bovin, les performances sont les suivantes : âge au premier velage de 40 mois, intervalle entre les mises bas de 14 mois, taux de fécondité de 80%, lactation de 980Kg, mortalité des jeunes de 5%.
Deux catégories socioprofessionnelles se partagent la répartition des revenus de la filière bétail/viande : Le groupe de circuit vif qui comprend les producteurs, les marchands et les intermédiaires et celui du circuit mort constitué par les chevillards, bouchers, apprentis bouchers et rôtisseurs.
L’effectif national est estimé en 1998 à 6.239.750 bovins, 5.992.500 ovins, 8.507.000 caprins et 666.500 camelins. La filière viande-bétail fournit le troisième produit d’exportation après le coton et l’or.
Les produits d’élevage sont vendus à l’extérieur du Mali, particulièrement pour le circuit vif en Côte d’Ivoire (bovins, caprins et ovins), en Algérie (camelins et ovins) au Niger (bovins, ovins, camelins), au Burkina Faso (Bovins, ovins), en Mauritanie (camelins), le ghana (Bovins, ovins,caprins), le Gabon (bovins, ovins,caprins).
Tableau 28 : MOUVEMENT DES MARCHES – 1999
Unité : Tête
|
Régions |
Bovins |
Ovins |
Caprins |
Equins |
||||
|
Présentés |
Vendus |
Présentés |
Vendus |
Présentés |
Vendus |
Présentés |
Vendus |
|
|
Bamako |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Koulikoro |
176289 |
127861 |
139680 |
102964 |
160502 |
134524 |
237 |
148 |
|
Sikasso |
26680 |
19791 |
15740 |
11134 |
10499 |
8750 |
|
|
|
Segou |
145935 |
105774 |
281910 |
209622 |
325501 |
269949 |
1186 |
801 |
|
Mopti |
128888 |
99155 |
203771 |
156085 |
164830 |
131972 |
262 |
118 |
|
Tombouctou |
30974 |
15393 |
96906 |
48244 |
141321 |
70361 |
|
|
|
Gao |
939 |
541 |
7461 |
5329 |
11121 |
7973 |
|
|
|
Kidal |
372 |
372 |
74750 |
54637 |
23676 |
22375 |
|
|
|
Total |
510077 |
368887 |
820218 |
588015 |
837450 |
645904 |
|
|
L’élevage est dominé par deux types de production distincts : le système pastoral avec des variantes de transhumance associée aux cultures pluviales et de décrue dans les zones Nord et Nord-Est d’une part et le système agro-pastoral sédentaire au Sud avec des sous systèmes liées aux cultures vivrières de rente tels que le riz et le coton d’autre part.
Compte tenu du caractère traditionnel de ces systèmes d’élevage, l’exploitation du cheptel est basé sur l’exportation du bétail sur pied. Ainsi, les exportations totales d’animaux vivants sont estimés en 1998 à 108.245 bovins, 258.654 ovins-caprins, 295 camelins et 970.996 oiseaux pour une valeur totale de 26,7 milliards de F.CFA et un poids de 43,6 millions de tonnes.
Selon les enquêtes récentes, plus de la moitié des animaux ne seraient plus la propriété des éleveurs pastoraux, mais plutôt celle d’investisseurs privés qui peuvent être des agriculteurs, des commerçants exportateurs ou des fonctionnaires. Cela peut s’expliquer en partie par l’attrait de cette filière devenue plus intéressante pour les investisseurs qui ne s’occupent pas traditionnellement de l’élevage. De ce fait, la plus grande part de la valeur ajoutée de la filière bétail-viande est essentiellement accaparée par les marchands exportateurs et les acteurs des systèmes de transport.
Bien que sous-produit de l’élevage, les cuirs et peaux constituent non seulement un facteur d’industrialisation mais surtout une source de devise pour le Mali. Ce crénau porteur pour l’économie a généré une valeur d’exportation de près de 4 milliards de F.CFA en 1998. Deux catégories professionnelles opèrent dans le secteur : les collecteurs et les exportateurs de cuirs et peaux.
Les collecteurs sont des agents locaux généralement installés dans les centres urbains. Ils procèdent à l’achat des cuirs et peaux auprès des bouchers pour les rétrocéder, moyennant des prix modiques, aux exportateurs qui sont en contact direct avec les marchés extérieurs.
L’exportation des cuirs et peaux a porté en 1998 sur 2.450 tonnes pour une valeur de 3,955 milliards de F.CFA. cependan,t, la valeur monétaire n’a cessé de croître en raison de l’augmentation du prix des cuirs et peaux après dévaluation, ce qui a contribué à l’amélioration des revenus des catégories socioprofessionnelles concernées.
La pêche est l'activité traditionnelle des populations riveraines du fleuve Niger au Mali et plus particulièrement, dans le delta intérieur. Elle est essentiellement artisanale. Elle est pratiquée par une population se répartissant en 4 groupes.
Les Bozos : Groupe ethnique monolithique ayant une langue parlée qui lui est propre. Ce groupe pratique l’endogamies et se caractérise par des noms de famille spécifiques terminés par a, o et ao. Exemple : Pamanta, Farota, Konta ; Saro Konipo, Djenepo ; Kanyientao, Kontao. Toutefois quelques noms de familles sont communs aux Bozos et à leurs cousins Dogons : Exemple Minta, Napo. Sur le plan linguistique, il existe des affinités entre les parler Bozos et Soninké.
Les Somonos : Ils constituent un groupe hétérogène. Ces hommes ayant abandonné leur première profession se sont spécialisé dans la pêche. Ils n’ont ni parler qui leur soit propre ni un nom de famille spécifique.
Dans la région de Mopti, en plus de Bozos, des ressortissants peulhs (Rimaïbé) et Marka dit Nononké pratiquent la pêche.
Dans les régions de Tombouctou et Gao, ce sont des pêcheurs Songhoï dits Sorkho parlant le Sonrhaï.
Toutes ces catégories de pêcheurs ont une très grande performance professionnelle.
Depuis la mise en eau du barrage de Sélingué en 1980, cette activité a connu un essor particulier dans la retenue où les captures annuelles sont estimées à 4000 T.
Le potentiel halieutique du fleuve est estimé entre 100.000 et 200 000 T/an selon l'importance des crues.
Ces pêcheurs utilisent en général des filets maillant et coniques, des palangres, des nasses, des éperviers, des sennes de plage et des lignes. Les embarcations utilisées sont constituées de pirogues monoxyles de 3 à 6 m de longueur, et de barques à membrures qui ne sont en général pas motorisées.
Ce sous-secteur a besoin d’être bien organisé, afin de pouvoir mieux explorer les possibilités de pisciculture et renforcer les institutions de tutelle pour qu’elles puissent effectuer les mesures d’impact de réalisations dans ce domaine.
Au Mali, la pêche est une activité importante sur le fleuve Niger et ses affluents, particulièrement dans le Delta intérieur. La pêche représente 4,2% du PIB national. La production du Delta représente l’essentiel du potentiel halieutique avec 40 000 à 130 000 T de poissons par an (selon la force des crues) sur une aire de 40 000 km2 . Cette zone fournit 85% de la production nationale. La figure montre la répartition de la production halieutique nationale.
Figure
6.
Production halieutique des différentes zones de pêche au
Mali en 1995 (données Office de la Pêche de Mopti).
Le nombre de pêcheurs est estimé à 70 000 pour le Delta intérieur, à 4 000 pour le lac de Sélingué.
Il n’existe pas d’étude statistique ou de suivi de la pêche dans la zone du bassin supérieur. L’activité de pêche y est pratiquée par des pêcheurs migrants ou sédentaires (villages bozos). Le calendrier de pêche se répartit ainsi :
la petite pêche débute à Markala en octobre jusqu’à fin mars où une espèce est principalement pêchée : Brycinus,
puis les pêcheurs débutent les pêches collectives de l’étiage de mars à juillet pour lesquelles ils migrent de Ségou à Gao.
Le potentiel pour la pisciculture en étang est importante dans la zone office du Niger où 250 étangs villageois sont actuellement en exploitation. Ce potentiel est également important dans la région de Sikasso grâce aux retenues d’eau.
Notons qu’à San, le Père Vespieren a obtenu de bons résultats avec l’aménagement des étangs. L’espèce élevée est la Silure.
Malgré le caractère artisanal de la pêche, une partie de ses produits (poisson fumé et séché) est exporté vers le Ghana, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire à partir de Mopti.
Sur le plan commercial, les poissons de mer sont importés de la Mauritanie, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Ce transport est assuré par des camions frigorifiques.
Les ressources forestières du bassin du fleuve sont en diminution à cause de leur surexploitation (défrichage pour des fins agricoles et demande croissante de biens ligneux, conséquences logiques de l'accroissement démographique et des effets conjugués des feux de brousse et de la désertification). Cette situation expose les sols à l'érosion hydrique et éolienne, provoque la baisse du niveau des nappes et bouleverse le régime des cours d'eau déjà fragilisés par les sécheresses successives.
En vue de garantir la protection des ressources naturelles, de nombreuses actions de plantation de bois de feu, de bois d’œuvre et de service sont en cours
Les ressources en flore sont sujet à une forte exploitation du potentiel ligneux sur pied. Les formations ligneuses naturelles (forêts claires et savanes arborées et arbustives) ont subi de profondes modification dues essentiellement à l’aridité du climat, aux sécheresses successives et surtout aux activités anthropiques (défrichement agricoles, bois de chauffe et charbon de bois, surpâturage et émondage, feux de brousse,…)
Plus de 100.000 ha de forêts disparaissent chaque année. Le prélèvement pour le bois de chauffe et le charbon de bois sont estimées globalement à 5.000.000 de tonnes par an, ce qui équivaut à l’exploitation de 400.000 ha. Cette valeur devrait dépasser 7 millions de tonnes en 2005 (560.000 ha)
La pression sur le potentiel ligneux est plus marquée autour des centres urbains comme Bamako, Ségou, Koulikoro, Koutiala Mopti, Ce potentiel sert aussi de bois d’œuvre, de fourrage pour l’élevage et de matière première pour la pharmacopée.
La faune terrestre est riche et diversifiée bien qu’elle ait fortement régressé ces dernières années. L’avifaune comporte 640 espèces dont 15 rares.
Les 3 sites RAMSAR d’importance internationales que sont le Walado Debo, Lac Horo et la plaine du Séri abritent près de 350 espèces dont 108 sont migratrices.
En dehors des crocodiles et des lamantins, la faune terrestre est représentée par les mammifères avec 136 espèces parmi lesquelles on compte 70 espèces de grands et moyens mammifères mais dont la population est en forte régression. Parmi ces espèces, 9 sont menacées de disparition dont l’Onyx, l’antilope korrigum, l’addax, l’éland de Derby, les girafes (dont les dernières sont recensées dans la réserve d’Ansongo – Menaka), les éléphants (environ 500 à 600 têtes dans la réserve de Douentza), les chimpanzés..
Les marchés de bois existent dans le bassin du Niger et se présentent sous deux formes :
Dans la partie Sud du bassin, les populations coupent le bois frais, le font sécher pour les vendre. Cette transaction est assurée par les moyens de gros porteurs en direction des centres urbains. Dans les milieux ruraux, ce transport est assuré par des charrettes tractés par des ânes et des bœufs. Cette méthode d’exploitation, bien que décriée par le Gouvernement continue d’exister.
Dans la partie Nord du bassin, les populations collectent du bois mort. Ce transport est exclusivement assuré par des charrettes.
L’organisation des marchés de bois sont en cours avec la Cellule Combustibles Ligneux de la Stratégie Energie Domestique. Elle doit aboutir à la gestion rationnelle et durable des ressources ligneuses, au paiement des taxes d’exploitant forestier dont la répartition tient compte des caisses de la collectivité locale et des avoirs de l’Etat.
Les résultats de l’inventaire des ressources ligneuses (réalisé dans le cadre du PIRL 1985-1991) qui exclut les zones pastorales et désertiques montre que l’essentiel des ressources ligneuses du domaine forestier national, généralement estimé à 100 millions d’ha concerne 3,4 millions d’ha soit environ 26% de la superficie du pays dont 1,3 millions d’ha de forêts classées et 3,9 millions d’aires protégées (1,5 millions d’ha à Mopti et 1,75 à Gao) auquel il faut ajouter les formations végétales ou anthropiques ou agricoles (cultures et jachères) estimées à 15,7 million d’ha.
Tableau 29 :FORETS CLASSES – 1999
|
REGIONS |
NOMBRE |
Superficie (ha) |
|
Koulikoro |
15 |
358739 |
|
Sikasso |
26 |
389511,78 |
|
Segou |
15 |
8246 |
|
Mopti |
7 |
54671 |
|
Tombouctou |
15 |
4260 |
|
Gao |
4 |
4020 |
|
Kidal |
|
|
|
Bamako |
1 |
2000 |
|
Total |
83 |
821447,78 |
Le volume sur pied est estimé globalement à 520 millions m3 avec de fortes variations du Nord au Sud et par zone éco-climatique : moins de 10m3/ha pour les savanes arbustives du Nord, 20 à 40 m3/ha pour la brousse tigrée de 50 à 80 m3/ha pour les forêts de la zone soudano-guinéenne, plus de 100 m3/ha pour certaines forêts galeries et forêts du Sud-Ouest. La productivité moyenne est de 0,8 m3/ha/an. Elle varie de 1 à 1,5 m3/ha/an en zone soudano-guinéenne à 0,3 et 0,05 m3/ha/an en zone sahélienne et en zone saharienne.
Les recettes d’exploitation des forêts et des transactions se sont élevées respectivement à 135 724 327 f.cfa et 19 832 303 f.cfa en 1999.
Tableau 30 : PRODUCTION DE BOIS DE CHAUFFE ET CHARBON DE BOIS – 1999
|
REGIONS |
BOIS DE CHAUFFE (en stères) |
CHARBON DE BOIS (en quintaux) |
|
Koulikoro |
49342,7 |
37315,5 |
|
Sikasso |
12402,5 |
10957,4 |
|
Segou |
26363,8 |
16082 |
|
Mopti |
17335 |
2865,85 |
|
Tombouctou |
5031,5 |
2314,5 |
|
Gao |
2014,38 |
173,5 |
|
Kidal |
220 |
16 |
|
Bamako |
|
|
|
Total |
112709,88 |
69724,75 |
Tableau 31 : PRODUCTION DE BOIS DE SERVICE – 1999
|
ESPECES Régions |
Ronier |
Doum |
Perchse |
Perchettes |
Gaulettes |
Bambous |
Ban ou Rachis |
|
Koulikoro |
7585 |
|
19090 |
7857 |
493 |
13215 |
2236 |
|
Sikasso |
|
|
567 |
3447 |
234 |
1455 |
32 |
|
Segou |
274 |
8 |
3564 |
41534 |
|
|
1762 |
|
Mopti |
7 |
0 |
186 |
19138 |
306 |
|
922 |
|
Tombouctou |
|
1034 |
3398 |
45523 |
|
|
|
|
Gao |
|
5 |
40 |
14395 |
|
|
|
|
Kidal |
|
|
10 |
340 |
|
|
|
|
Bamako |
|
|
|
|
|
|
|
|
Bassin |
|
|
|
|
|
|
|
Tableau 32 : PRODUCTION DE BOIS D’ŒUVRE ET D’INDUSTRIE - 1999
|
ESPECES Régions |
CAILCEDRA |
LINGUE |
SAU |
VENE |
DOUGOURA |
KAPOKIER |
AUTRES ESPECES |
|
Koulikoro |
124 |
4 |
1236 |
16 |
51 |
691 |
425 |
|
Sikasso |
52 |
9 |
1787 |
10 |
4 |
130 |
418 |
|
Segou |
22 |
29 |
2 |
9 |
24 |
143 |
1140 |
|
Mopti |
2 |
|
|
|
|
171 |
963 |
|
Tombouctou |
|
|
|
|
|
|
3307 |
|
Gao |
|
|
|
|
|
|
75 |
|
Kidal |
|
|
|
|
|
|
1 |
|
Bamako |
15 |
|
|
|
|
|
82 |
|
Bassin |
|
|
|
|
|
|
|
La chasse est une activité traditionnelle dans la vallée du fleuve et plus particulièrement dans les hauts bassins du Sankarani et du Bani.. Les feux de brousse sont souvent allumés pour des fins de chasse.
La faune sauvage constitue l’une des ressources naturelles importante de certaines zones du Mali. Elle joue un rôle capital dans l’alimentation des populations (protéines animales) mais pour le moment beaucoup moins dans d’autres secteurs de l’économie nationale (tourisme). Cette faune est mal gérée et abusivement exploitée dans la majeure partie du Mali. Le capital faunique est en régression depuis une trentaine d’année. Les raisons sont à la fois écologiques et socio-économiques. L’occupation des terres par l’agriculture itinérante et la création de villages et hameaux détruisent progressivement l’habitat de la faune sauvage. La viande de gibier est très appréciée et bon marché pour les paysans. Elle est la principale source de protéines (80 à 90%) dans certaines régions
Le braconnage est responsable de la disparition et de la raréfaction de nombreuses espèces animales et d’oiseaux, notamment les grands mammifères. Au niveau de Bamako, 72% des chasseurs vendent leurs produits de chasse. Les produits de la chasse (viandes et trophées) sont vendus dans les grandes agglomérations. Les trophées ( défenses d’éléphants, peaux de reptiles et de carnivores) font l’objet d’un commerce florissant qui concerne des milliers de chasseurs, de revendeurs et d’artisans.
La surexploitation des ressources ligneuses a été perçue depuis les années 1974 comme l’un des problèmes préoccupants Mali en général et du bassin du Niger en particulier.
La partie Malienne du bassin du Niger a connue de nombreuses tentatives de reboisement, tant au niveau individuel qu’au niveau étatique. Ce dernier cas a été fait par le truchement de projets régionaux et locaux. Ce sont les projets pilotes de plantation villageois (PPPV – 1982 – 1985), les projets de gestion et aménagement des terroirs villageois (1985 – 1993), les Projets d’appui à la foresterie villageoise (1985 – 1993), les projets agro-forestiers (1992 – 1997) et les projets de gestion des ressources naturelles (PGRN). Les organisations associatives locales jouent actuellement un rôle de premier plan dans la réalisation du reboisement dans les terroirs villageois. Elles sont appuyées dans leurs efforts par les institutions financières diverses dont celles nationales et internationales.
Le programme Mali-vert (1974–1998) a concerné tout le bassin mais particulièrement la bande sahélienne. Il a contribué à l’information, la sensibilisation et l’éducation des masses populaires sur l’importance du reboisement comme moyen de lutte contre la sécheresse et a désertification.
Entre autres activités de ces projets et programmes, on note la réalisation de bosquets villageois, la restauration de galeries forestières et l’application de l’agro-foresterie.
Les plantations champêtres sont généralement des initiatives privées locales intéressant des individus ou des unités de production (concession).
Ces projets ont eu pour effet, l’implication de la population, des associations socio-professionnelles afin de leur permettre de s’approprier les techniques et technologies d’aménagement et de préservation des forêts au cours de l’exécution des programmes.
En plus des terroirs villageois, les aménagements et reboisements ont concerné aussi les forêts classés et les berges de fleuve
Plusieurs institutions (nationales et internationales) ainsi que les ONG se sont investis pour la réalisation du reboisement soit comme objectif principal ou comme activité entrant dans le cadre de l’aménagement du terroir et la conservation de l’environnement.
Les difficultés de reboisement s’articulent autour de la pluviométrie et de la disponibilité de l’eau pour l’arrosage des plants.
Ainsi, la compagne 1996-1997 a permis la production de 2.430.811 plants comprenant :
1.975.830 plans forestiers et
454.830 plants fruitiers.
Les plans forestiers représentent 81,52% de la production totale et les fruitiers ne représentent que 18,48%. Ce taud de plants forestiers est en régression tandis que celui des plants fruitiers est en nette progression. Les régions de Tombouctou et Sikasso ont les taux de production des plants forestiers les plus élevés (37,10% et 17,69%). La production de plants en pots est supérieure à celle des plants à racine nues.
La production totale de plants 1996 est supérieure à celle de chacune des trois autres années. Celle de 1997 est supérieure à celle de 1994 et inférieure à 1995.
En comparant les chiffres de réalisation de 1994 à 1997, les chiffres de production de 1994 des régions de Sikasso, ségou, Mopti et Gao sont supérieurs à celles de 1997. Par ailleurs, au niveau de ce tableau, les chiffres de production totale de plants les plus élevés se retrouvent au niveau de Sikasso, Tombouctou et Ségou et les plus faibles à Gao, Kidal et Bamako District.
La campagne 1997 a vu la réalisation de 4313,42 ha + 646633,5 mètre linéaires au titre des différents types de plantations dont les détails par région sont donné dans les tableaux suivants.
Tableau 33 : Plantations villageoises et urbaines
|
Régions |
Types de plantations villageoises et urbaines |
Superficie totale par région (ha) |
||||
|
Bosquets villageois (ha) |
Plantations d’alignement (ha) |
Plantations d’ombrage (ha) |
Espace vert (ha) |
Verger (ha) |
||
|
Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Tombouctou Gao Kidal Bamako dist. |
134.48 288.86 108.51 108.4 0.93 36.71 - 1.50 |
39.38 7.5 22.80 13.36 2.80 14.74 - 3.81 |
- 10.75 57.61 15.67 1.60 20.36 - 1.10 |
4.2 0.25 14.52 2.10 - 2.81 - - |
128.82 - 63.70 - 244.96 - - - |
306.88 307.36 267.14 139.53 250.29 74.62 - 6.41 |
Par types de plantation, les superficies les plus élevées par ordre décroissant sont les bosquets et les vergers, les ombrages, les alignements et les espaces verts.
Les chiffres de réalisation des plantations de démonstration et d’expérimentation comprennent les réalisations en plantation industrielle.
Au niveau des plantations sylvopastorales, le chiffre de réalisation le plus élevé se retrouve à Ségou et Koulikoro, et les plus faibles à Koulikoro tandis qu’il n’existe aucune réalisation dans les autres régions. Pour les plantations de protection, le chiffre de réalisation le plus élevé se retrouve à Tombouctou et Mopti.
Tableau 34 : Plantations agrosylvicoles (1995 – 1996)
|
Types de plantation/régions |
Brise vent (ml) |
Haies vives (ml) |
Plantations champêtres (ha) |
Superficie totale (ha + ml) |
|
Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Tombouctou Gao Kidal Bamako district |
18631 9150 4122 1165 18657 8642 - 5389 |
333771 19945 41973.5 20586 69986 15144 - 9995 |
266.42 240.6 192.42 194.98 5.30 2.12 - 1.75 |
266.42 ha+352402 ml 240.6 ha+29095 ml 192.42 ha+46095 ml 194.98 ha+21751 ml 5.30 ha+88643 ml 2.12 ha+23786 ml - 1.75 ha+15384 ml |
La réalisation de haies vives est supérieure à celle des brise vents. Les réalisations les plus élevées en brise vent et haies vives en ml se retroubvent à Koulikoro, Sikasso, Mopti, Ségou et les plus faibles à Tombouctou, Gao et Bamako district.
Les infrastructures industrielles installées le long du fleuve prélèvent d’énormes quantités d’eau et en rejettent une bonne partie après utilisation. Au cours de la présente étude, nous n’avons pas pu obtenir des informations précises sur les quantités prélevées et rejetées. Cependant on peut constater l’existence de nombreuses usines le long du fleuve surtout dans la partie malienne. On peut citer entre autres : l’Industrie Textile du Mali (ITEMA), la Compagnie Malienne des textiles (COMATEX), l’Abattoir Frigorifique du Mali, la Tannerie de l’Afrique Occidental (TAO), les Tanneries Malienne de Peaux et Cuirs, l’Huilerie Cotonnière du Mali (HUICOMA), l’Usine Malienne de Produits Pharmaceutiques (UMPP), etc.
La part de l'activité industrielle représente 6% dans l'économie nationale.
La plupart des industries, maliennes sont approvisionnées par le réseau d’eau de l’EDM avec quelques fois un ou deux forages en appoint.
La consommation annuelle d’eau des industries varie de quelques milliers de m³ (hôtel et la plupart des unités industrielles) à quelques centaines de milliers de m³ (brasseries et usines textiles).
En dehors des centres urbains, le développement industriel se résume à l'exploitation des mines d'or à Siama, Morila et Kalana dans la région de Sikasso, sur le haut bassin du Bani.
Certains produits toxiques fréquemment utilisés dans le processus de traitement du minerais peuvent avoir des conséquences néfastes sur l'environnement.
Le nombre d’industries reste faible par rapport aux pays développés, mais aucune mesure n’est prise en ce qui concerne les effluents industriels et les déchets solides engendrés faute de loi et normes sur les rejets industriels.
La quasi-totalité des unités industrielles du Mali se trouve concentrée dans le bassin qui s’étend de Bamako à Koulikoro. La ville de Bamako concentre au moins la moitié de l’activité industrielle du pays. En dehors de cette zone, les quelques installations industrielles importantes sont des industries textiles et alimentaires implantées à Ségou.
On compte environ vingt grands complexes agro-alimentaires au Mali, dont les plus importants, du point de vue rejets en matières oxydables, sont les abattoirs, les huileries, les usines de jus de fruits et les raffineries.
Les principales faiblesses des entreprises Maliennes sont notamment :
Le coût élevé des intrants, surtout ceux importés encore grevés de droits tarifaires,
La vétusté de l’outil de production,
Le coût élevé des transports surtout des intrants,
La sédimentation des impôts et l’importance de la charge fiscale,
Le coût relatif trop élevé de la main d’œuvre en rapport avec la productivité et cela malgré le bas niveau des salaires qui dans le cas contraire pourrait faire de la main-d’œuvre une source importante d’avantages comparatifs,
Le coût exorbitant de l’énergie.
Cependant, la plupart des études concluent la compétitivité de certaines activités au Mali comme la filière coton et la filière peaux et cuirs. D’autres activités pourraient gagner de l’efficacité si des efforts de maîtrise des coûts de production sont réellement entrepris. Il s’agit notamment du carton d’emballage dont 40% du chiffre d’affaire se réalisent à l’exportation, de l’imprimerie, de l’huile et dérivées, de la confiserie, des articles plastiques.
L’indice globale de production industrielle a augmenté en 1996 de 6,8% par rapport à 1995.
Les exportations FOB sont estimées pour l’année 1998 à 393,4 milliards de F.CFA contre 381,8 milliards en 1997 soit une hausse de 11,6 milliards ou 3,0%. Cette hausse sensible des exportations est essentiellement imputable aux produits cotonniers (+24,0 milliards en liaison avec l’accroissement notable de la quantité de fibres exportées (9.874 tonnes ou 4,9%) et avec le redressement des cours mondiaux.
Le Développement des activités artisanales (qui occupe 5,4% de la population active) constitue un atout pour le développement économique du Mali.
Au Mali et à Bamako en particulier, le secteur artisanal est très développé. On trouve un grand nombre de petites teintureries (150 recensées dans le district de Bamako) générant des eaux usées en grande quantité (0,3 m3/j par teinturerie) contenant des matières toxiques. On rencontre également de nombreuses savonneries artisanales le long du fleuve Niger.
La teinture :
Depuis plus de vingt ans la teinture occupe une place de choix dans les activités des femmes maliennes. Elle est pratiquée par les femmes de tranches d’âge de 20 à 50 ans.
Les lieux de prédilection des teinturières sont les ville situées le long du fleuve Niger (joliba) : Bamako, Koulikoro, Ségou et Mopti.
Ces vingt dernières années, les colorants, dans le cadre de la teinture, ont pris la place de l’indigo indigène encore utilisé par les femmes rurales, particulièrement dans le milieu Soninké. Dans les villes précitées, l’activité principale des femmes est axée sur la teinture. Les tissus les plus prisés par les teinturières sont les basins malgré leur coût élevé. Le mètre du basin varie de 1.000 à 5.000 F.CFA.
Par rapport à l’indigo, l’utilisation des colorants est très rapide et offre de nombreux avantages. Cependant, aux dires des teinturières, les colorants entièrement importées ont un prix de revient excessif. Ces dix dernières années, les teinturières affirment que les prix des colorants ont doublé, il en est de même que le matériel de travail : gants, masques à gaz. Dans certains quartiers de Bamako : Niarela, Bozola, Bankoni, Lafiabougou, le nombre de femmes teinturières est impressionnant. Les tissus teints sont de très bonne qualité. La récession économique battant son plein au Mali, à l’instar des autres pays du continent africain, les tissus teints ne sauraient être vendus à un prix élevé. Les teinturières exportent les basins teints parfois cousus et brodés vers les pays voisins : Sénégal, Mauritanie, Burkina, Guinée-Conakry, Cote d’Ivoire, Niger. Ces derniers temps, les exportations se font vers le Gabon et le Congo Brazzaville. Dans le même ordre d’idées, ces tissus teints sont exportés vers l’Europe et les USA.
Certaines ONG opérant au Mali (volontaires français, hollandais et autres s’impliquent dans l’action des teinturières. En plus de l’aide apportée par les ONG, elles jouent un rôle de premier plan pour la formation professionnelle. Ces ONG tentent parfois de les organiser en coopératives pour faciliter l’acquisition de crédits bancaires à court terme et l’écoulement des produits.
Plusieurs teinturières des villes précitées travaillent avec la micro-finance. Par contre, dans certains milieux musulmans, les hommes interdisent à leurs épouses de contracter un crédit avec intérêt remboursable. Cet intérêt dit « Ribat » est prohibé par le coran.
En prévision des tenues des élections législatives et présidentielles, de l’organisation de la CAN 2002, les teinturières pensent qu’il s’agit d’une année charnière pour leurs activités. En effet, le Mali compte actuellement 80 partis politiques et plusieurs centaines d’associations et ONG. Déjà, certains partis auraient déposés leurs commandes de Tee-shirt pour faire mieux connaître leurs sigles et effigies. Dans les mois passés , les tissus COCAN ont fait leur apparition sur le marché.
La pauvreté est synonyme d’isolement qui est une question à la fois d’éloignement et de mise à l’écart de toute perspective, des marchés, des services en matière d’agriculture, de santé, d’éducation et même d’idées et d’innovation.
L’amélioration de l’accessibilité et de la mobilité est donc reconnue par les autorités comme un rempart contre l’isolement et par conséquent comme un des fronts sur lesquels la lutte contre la pauvreté doit être abordée.
Deux types de mode de transport sont utilisés en milieu rural : ce sont le transport routier, et le transport fluvial. Ces modes sont dits intermédiaires par opposition aux moyens classiques motorisés. Ils sont appelés Moyens Intermédiaires de transport (MIT)
Le transport ferroviaire, routier lourd et le transport aérien ainsi que les embarcations modernes viennent en appoint sur les grands artères et constituent des moyens de liaison des personnes et des biens entre centres urbains et dans une faible mesure entre les centres urbains et ruraux.
Les moyens intermédiaires de transport constituent ceux les plus utilisés par les populations rurales et dont les coûts d’acquisition, de réparation et de maintenance sont supportables par leur budgets.
Ce sont : la brouette, la charrette à bras, l’âne chargé, la charrette à traction animale, la bicyclette, le tricycle, la remorque de bicyclette, la motocyclette et le vélomoteur, la pirogue à pagaie et les embarcations motorisées.
Réseau routier : La plupart des localités rurales soufrent de l’enclavement. En effet, les pistes et les routes sont pour la plupart peu praticables en toute saison et ne sont propice qu’aux moyens de transport intermédiaires.
S’agissant des routes améliorées (routes latéritiques) le bassin du Niger au Mali a connu récemment une expansion notable, surtout dans les zones CMDT où cette institution a investi dans ce domaine pour l’expédition des produits agricoles (coton).
Le tableau suivant donne le récapitulatif des routes et pistes au Mali.
Tableau 35 :ETAT DU RESEAU ROUTIER PAR CLASSE TECHNIQUE ET ADMINISTRATIVE - 1999
|
CLASSE ADMINISTRATIVE |
CLASSE TECHNIQUE |
ETAT DES ROUTES |
TOTAL |
||||||||
|
Bon |
Assez bon |
passable |
mauvais |
||||||||
|
(Km) |
(%) |
(Km) |
(%) |
(Km) |
(%) |
(Km) |
(%) |
(Km) |
(%) |
||
|
Routes d’intérêt national RN |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
2283 837
3120 55 |
73 27
100 |
|
|
1163
1163 20 |
100
100 |
1413 1413 25 |
100 100 |
2283 837 1163 1413 5696 100 |
40 15 20 25 100
|
|
Routes d’intérêt régional RR |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
199 681
880 16 |
23 77
100 |
|
|
1255
1255 22 |
100
100 |
3460
3460 62 |
411
411 |
199 1936 3460
5595 100 |
24 230 411
664
|
|
Routes d’intérêt local RL |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
9
9 1 |
100
100 |
|
|
|
|
862 842 1704 99 |
51 49 100 |
9
862 842 1713 100 |
1 0 50 49 100 6
|
|
Routes non classées NC |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
269 134
403 10 |
67 33
100 |
|
|
3700
3700 90 |
100
100 |
|
|
269 134 3700
4103 100 |
5 2 65
72 |
|
TOTAL Réseau routier |
Routes revêtues Routes en terre moderne Pistes améliorées Pistes saisonnières Total RN % sur total RN |
2760 1652
4412 26 |
63 37
100 |
|
|
6118
6118 36 |
100
100 |
862 5715 6577 38 |
13 87 100 |
2760 1652 6980 5715 17107 100 |
16 10 41 33 100 |
Source : Annuaire statistique des transport
Dans le bassin du Niger au Mali, les voies ferrées jouent un faible rôle dans le transport, non seulement à cause de la faible extension (210 Km environ reliant Bamako à Kita et Bamako à koulikoro) mais aussi de sa vétusté (datant des périodes coloniales). Elles sont exploitées par la Régie des Chemins de Fer du Mali (RCFM)
Dans le transport des personnes et des marchandises, l’autorail joue un rôle de premier plan entre Bamako et Kita. Les produits de l’usine Huicoma de Kita sont drainés par la même voie. Concernant la ligne Bamako-Koulikoro, l’activité ferroviaire est surtout axée sur le transport des produits cotonniers (grains de coton) vers l’Usine de l’Huicoma et des huiles et sous-produits sur Bamako.
Le fleuve Niger est navigable pendant 5 mois en année moyenne ( 1 à 3 en année déficitaire).sur deux tronçons: de Koulikoro à Ansongo sur 1400 km et de Bamako à Kankan sur 385 km.
Le transport des passagers et le fret sur le bief Nord du fleuve Niger est assuré par l’Etat à travers la Compagnie Malienne de Navigation (COMANAV) et les transporteurs privés qui utilisent à cet effet des pirogues motorisées à faible et moyen tonnage. Alors que les bateaux courriers et les bateaux fret transportent les passagers et les marchandises entre les différentes escales et points d’arrêt de la COMANAV, les pirogues et les pinasses assurent les échanges locaux, à la satisfaction de la majorité de la population vivant en bordure du fleuve,.
La navigation sur le Niger dépend des crues qui peuvent être parfois très faibles. Cette faiblesse des crues pour la COMANAV, à pour conséquence majeure :
Les échouages répétés des unités de la flotte,
La traversée de plusieurs sections du fleuve à vitesse réduite et
Plusieurs escales et points d’arrêt sont souvent inaccessibles directement
des chargements et des déchargements sur des quais de fortune.
La flotte sur le fleuve Niger : Les Bateaux de la COMANAV
Les bateaux courriers
Entre Koulikoro et Gao, le transport de passagers est effectué par des bateaux-courriers spéciaux le Général Soumaré, le Tombouctou, le kankou Moussa, qui furent construits en 1964, 1978 et 1982/83. Ces bateaux courriers disposent d’une classe de luxe ainsi que d’une 1ère, 2ème, 3ème et 4ème classe, (en général bien utilisées), et transportent, outre des voyageurs, une partie considérable du fret de haute valeur.
Les bateaux fret
Le transport de marchandises est effectué par une flotte composée de bateaux très divers du point de vue type et âge. Ces bateaux peuvent être groupés comme suit :
Les remorqueurs avec chalands ;
Le pousseur avec barges ;
Les automoteurs.
La COMANAV dispose de :
5 remorqueurs opérationnels dont 4 sur le bief Koulikoro-Gao. Les chalands en service sont aux nombre de 32, avec une capacité nominale variant de 60 à 150 tonnes.
1 pousseur équipé d’un jeu de 6 barrages d’une capacité totale de 1150 tonnes
deux automoteurs dont le Sony Ali Ber – Bateau citerne spéciale pour le transport hydrocarbure, qui depuis 1978 navigue seulement entre Mopti et Kabara. Le tonnage maximum a été enregistré en 1970-1971 (59.400 t).
Au cours des dernières années la COMANAV a enregistré les résultats suivants :
Tableau 36 : Résultats de campagnes COMANAV 1995-98
|
Campagne |
Nombre passagers |
VKM |
Tonnage |
TKM |
|
1995/96 |
8422 |
4.816.783 |
8624 |
3.607.330 |
|
1996/97 |
6329 |
1.757.818 |
6681 |
5.057.125 |
|
1997/98 |
6238 |
3.488.391 |
944 |
624.068 |
Source : Rapport du service d’exploitation COMANAV 1995/98
Il faut donc noter que le tonnage réalisé actuellement par la COMANAV est bien plus bas que le maximum enregistré en 1970/71. Cependant l’étude réalisée par la GOPA montre qu’il faut compter avec un potentiel de transport de fret de la COMANAV se situant entre 84 000 et 120 000 T/an.
Il est absolument certain que les pirogues et les pinasse transportent plusieurs milliers de tonnes par an. Cependant à cause du caractère informel de leur activité, les quantités transportées ne sont guerre connues.
Les pirogues - pinasses
Les informations disponibles au sujet des services, du nombre et du rendement des pirogues et pinasses sont très disparates. Selon diverses informations obtenues sur les lieux, la situation au niveau régional peut être décrite comme suit :
Selon l’Office Nationale des Transports (ONT) local,
63 piroguiers étaient enregistrés à Ségou en 1994. Leur capacité totale était de 1329 t.
104 pinasses au dessus de 25 t avec une moyenne de 50 t soit une capacité totale de 5200 t et plus de 200 pirogues jusqu'à 25 t soit une capacité totale de 130 à 150 t étaient enregistrées à Mopti
106 accostages ont été comptés à Tombouctou
une importante flotte existent aussi à Tonka, Diré, à Gao et dans toutes les localités longeant le fleuve.
Tableau 37 :Caractéristiques de la flotte de pirogues opérant sur le fleuve Niger au départ de Mopti 1995
|
Catégorie (en terme de capacité de fret |
Nombre |
Capacité voyageur (places) |
Capacité fret (tonnage) |
|
De 0 à 20 tonnes |
18 |
510 |
360 |
|
De 21 à 40 tonnes |
21 |
1 030 |
735 |
|
De 41 à 60 tonnes |
3 |
190 |
155 |
|
De 100 tonnes |
3 |
165 |
300 |
|
Sous total 1 |
45 |
1 895 |
1 550 |
Pour déterminer la navigabilité du fleuve en fonction du secteur et de la durée, le niveau d’eau constitue la donnée principale. Selon le tirant d’eau des bateaux utilisés, le secteurs et la durée varient entre par exemple les bateau de la COMANAV et les pinasses. On distingue pour la navigation de la COMANAV à l’heure actuelle :
la navigation normale : tirant d’eau 1,30 m,
la navigation légère : tirant d’eau 1,00 m.
La navigation légère dure en moyenne 5 mois par saison et la normale 4 mois et 10 jours. C’est à dire que pendant 20 jours la capacité disponible de certains bateaux de la COMANAV ne peut pas être pleinement utilisée.
Avec le déplacement progressif de la crue vers l’aval, la durée de la navigation varie considérablement le long du parcours. La prolongation de la saison navigable à partir de Mopti (embouchure du Bani) vers Gao, comporte grosso modo 190 jours de navigation normale par campagne contre 135 jour (4 mois et 15 jours) entre Koulikoro et Mopti. De plus, c’est surtout la fin de la saison, qui est nettement plus favorable en aval, un atout de premier ordre pour Mopti comme base de la navigation.
Comme partout en Afrique, le Tourisme Malien recèle d’importantes potentialités encore peu exploitées tant du coté de l’offre que de la demande, et constituent de vrais risques pour ce qui concerne la sauvegarde de certains patrimoines, car ces derniers représentent un formidable enjeu sur le plan économique.
Plusieurs parcs existent dans le bassin du Niger. Entre autre, on peut citer :
Le parc biologique de Bamako constitué par un jardin botanique de 20 ha et qui contient des spécimens de la plupart des espèces de la savane soudanienne et d’un parc zoologique de 17 ha où sont rassemblés en sémi-liberés un échantillon de la faune Malienne : singes, crocodiles, lions, oiseaux, etc…
Les zones de formations naturelles des Monts Mandingues de 12.579 ha de forêts denses et de savanes contenant des faunes et flores diverses (grands animaux et grandes espèces ligneuses)
Des troupeaux d’éléphants du Gourma,
Les traversées d’animaux de transhumance des pâturages Nord vers le Sud du bassin.
Le barrage de Sélingué avec son lac artificiel favorable aux excursions nautiques
Le barrage de Markala construit sous la colonisation à 35 km de Ségou,
Le port fluvial de Koulikoro avec ses étendues de plages au sable fin
Les promenades nautiques sur le fleuve Niger, sur les lacs dans le delta central du Niger
La piste touristique de Koulouba qui offre une vue panoramique de la ville et du fleuve Niger.
Les randonnées dans les dunes de sables aux environs de Tombouctou,
Les espaces culturels de Bamako sont constituées de maisons de la culture (salles d’exposition, conférences-débats, concerts, spectacles, films et autres évènements artistiques.
Dans le bassin du Niger au Mali, plusieurs sites touristiques, d’importance variables sont recensés. Il s’agit entre autre :
Du Musée national de Bamako où sont exposés art et cultures des différentes civilisations ayant peuplé le bassin des siècles au paravant,
Les archives nationales datant de la période de pénétration coloniale à nos jours (1888 à 1955)
Du centre artisanal de Bamako et Tombouctou où d’habiles artisans travaillent l’or, le cuir, le bois, l’ivoire, etc…
Des curiosités archéologiques constituées de grottes rupestres , de tombes hypogées de la colline du Point-G et de Koulouba et les ateliers préhistoriques de Magnambougou, témoins d’une occupation ancienne ;
Des Monts Mandingues présentant de nombreux sites préhistoriques et culturels comme les cavernes, les haut fourneaux, les restes de poteries
La case sacrée de Kangaba à 90 km de Bamako,
Le village pitoresque de pêcheurs de Massala à 42 Km de Bamako
Les tombes des anciens rois et fondateurs d’empire (tombe de Biton, de Tiéba, Babemba),
Les Tatas, fortifications datant de la pénétration coloniale,
Les grottes de Missirikoro,
Les chutes du Farako,
Le Mamelon (mont artificiel à buts stratégiques)construit sous les rois de Sikasso,.
Des mosquées de Tombouctou, Djénné et de Mopti signes et vestiges de la civilisation arabe et musulmane,
Les tombes mystiques de Tapama Djenepo et le site archéologique de Djénné Djenepo,
Les diversités architecturales et d’habitation de la région de Mopti,
Les sanctuaires du pays Dogon à Sangha,
La capitale administrative des Dogons à Bandiagara,
Les grottes de Déguembere où perit El Hadj Oumar Tall, chef du grand empire Toucouleur,
Du Sanctuaire culturel et naturel Dogon de la falaise de Bandiagara classé en 1989 sur la liste du patrimoine mondial où les touristes peuvent apprécier le style architectural Dogon comme dans le village de Tell, les différentes Toguna ; lieux de dia logue et de réflexion chez les Dogons, les vues magnifiques des falaises et des villages qui leur sont accrochés au flanc.
Les tombeaux des Askias, et le Musée du Sahel à Gao,
Le site archéologique de Gao
L’activité touristique se fait de plus en plus importante au Mali. Ceci se ressent à travers :
Les chiffres record de fréquentation enregistrées depuis 4 ans :
1996 98.023
1997 75.280
1998 82.780
1999 90.000
les recettes directes évaluées à 50 milliards de francs CFA, ce qui fait apparaître le tourisme comme un complément important aux exportations de biens et services dans les ressources extérieures du Mali ;
les emplois directs s’élèvent à plus de 3.000 en 1999 tandis que la moyenne de création d’emploi dans le secteur est estimé à 307 par an ;
les investissements qui connaissent un essor de plus en plus appréciable avec près de 20 milliards de francs CFA engagés de 1995 à 1998 : ce sont les 125 établissements hôteliers, les 75 agences de voyages et de tourisme, et un nombre important de restaurants – bars- pâtisserie et discothèques.
Cette activité a aussi galvanisé les activités locales comme les guides touristiques, les taxis-brousses assurés par les charettes parfois, la promotion du Bogolan, la promotion des activités artisanales locales (filage de coton, tissage, peinture, forge, cordonnerie, sculptures).
En plus des frais payés par les touristes pour satisfaire leurs curiosités, ils offrent des cadeaux de médicaments, ballons, fournitures scolaires, tee-shirt, appareils photographiques, montres, etc…
Le tourisme au Mali est confronté aux problèmes divers parmi lesquels :
le mauvais rapports qualité – prix,
l’insuffisance des infrastructures et moyens de transport,
insuffisance de structure de formation des professionnels du secteur,
l’insuffisance des ressources financières
Les impacts négatifs :
L’inflation crée par l’accroissement soudaine de la demande pendant les périodes touristiques,
Les perturbations du patrimoine culturel, naturel, social par les touristes dans les localités visités,
Le lit du fleuve Niger renferme des potentialités en matière de granulats surtout au niveau du delta central. Toutefois, leur exploitation est jusqu'ici traditionnelle et se limite exclusivement aux centres urbains et leurs environs.
Qu’elles soient industrielles ou artisanales les activités minières méritent une attention particulière Sans négliger leur importance incontestable pour le développement socio-économique du pays.
Au delà des activités industrielles minières, l’orpaillage traditionnel est une activité largement pratiquée dans le bassin du Niger au Mali dans la Région de Koulikoro (Mandé). Elle contribue à la dégradation par l’augmentation de l’érosion.
Les travaux de recherche ont mis en évidence l’existence d’importantes ressources minières et gisements dont : or, diamant, cuivre, plomb, zinc, fer, phosphate, bauxite, manganèse, uranium, calcaire, gypse, schistes bitumineuses. L’exploitation d’or dans la région de Sikasso et de phosphate au Nord sont les plus importantes dans le bassin. Les principaux sites mis en exploitation sont ;
Sel gemme de Taoudeni,
Phosphates de Bourem,
Or de Syama, Kalana, Morila
L’industrie minière représente 2% du PIB. Ce taux pourrait augmenter avec l’exploitation de nouvelles mine d’or. Le Mali est 3ème pays Africain riche en or après le Ghana et l’Afrique du Sud. Les engagements d’investissement sont importantes et atteignent 30 milliards de F.CFA dont 6,74 milliards au titre de la seule année 1997.Le nombre de titre minier est passé de 16 en 1992 à 86 en 1997, soit une augmentation de plus de 500%. On compte 58 permis de recherche, 11 autorisations de prospection, 12 permis d’exploitation et 5 autorisation d’exploitation.
Le gisement de Syama a une production annuelle de 4 à 6 tonnes sur un potentiel de 100 tonnes, Sadiola a une production annuelle de 9 tonnes sur un potentiel de 140 tonnes et Morila qui a une production annuelle de 12 tonnes Les autres sites sont en attente d’exploitation (Kodialan, Loulou, et Ségala) avec des réserves respectives de 81, 44, 120 et 45 tonnes pour des productions annuelles estimées de 2 à 5 tonnes. La quantité d’or fournie par les 258 sites d’orpaillages est estimée de 3 à 4 tonnes. Ils fournissent 400 emplois.
En 1998, 18.687,6 kg d’or ont rapporté 120,3 milliards de F.CFA dont 11,9 par l’orpaillage.
L’extraction de sable et de graviers :
Cette activité est pratiquée particulièrement au Mali pour approvisionner les villes en matériaux de construction. Elle permet en partie de dégager le fleuve du surplus de sable. Cependant l’ouverture de pistes d’accès au fleuve et le trafic sur ces voies et sur les berges augmentent les risques d’érosion et d’ensablement. L’augmentation croissante des exploitants et partant des superficies exploitées contribuent de plus en plus à la dégradation des écosystèmes du fleuve.
Cette activité est pratiquée par les hommes mais commanditée par les femmes qui sont les fournisseurs pour les constructeurs.
Le taux d’urbanisation est de 5% par an en moyenne. Cette croissance est soutenue en partie par un important exode rural en provenance de Kayes, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal. La croissance de Bamako est caractéristique : 1 malien sur 10 habite Bamako.
La branche BTP a connu une expansion notoire : construction de logements, d’immeubles commerciaux, d’infrastructures publiques (d’assainissement, routes). Elle constitue, avec les ventes en détail une croissance de 10%/an.
La situation énergétique du Mali est caractérisée par une abondance de ressources dont la mise en valeur est coûteuse et par une dépendance totale à l’égard des produits pétroliers. La recherche d’hydrocarbures n’a pas permis jusqu’à présent de découvrir des gisements pétroliers économiquement exploitables au prix actuels du brut
Le potentiel en énergies renouvelables tant solaire, éolien qu’hydroélectrique est considérable, bien que largement sous-exploité. L’énergie solaire est particulièrement abondante dans le bassin du Niger ; la radiation solaire moyenne est de 5,45 Kwh/m2 à Sikasso et 5,95 5,45 Kwh/m2 à Tombouctou. L’énergie éolienne offre également des perspectives pour son développement en particulier dans le Nord du bassin où la vitesse moyenne du vent varie de 3 à 5 m/s.
Si le potentiel naturel et renouvelable est énorme, son exploitation est limité en raison de son coût élevé d’investissement matériel notamment pour les populations.
Le fleuve Niger comprend plusieurs ouvrages hydrauliques dans la partie supérieure de son bassin, qui affectent plus ou moins le régime des eaux (IWACO, 1996 (b)).
Les sites hydroélectriques équipés (Sélingué et Sotuba) avec une puissance installée de 52.8MW fournissent un productible annuel moyen de 163 GWh/an, contribuant pour plus de 60 % de la production électrique; les sites identifiés et/ou étudiés non encore équipés (Kenié 1 et 2, Sotuba 2, Markala, Baoulé 3, Baoulé 4, Bagoé 2, Tossaye, et labbézanga) représentent un potentiel total de 331 MW.
Les principales caractéristiques des différents barrages sont récapitulées dans le tableau 61.
|
Barrage |
Cours d’eau |
Volume retenue(x 106 m3) |
Puissance installée |
Production moyenne |
|
Sélingué |
Sankarani |
2 170 |
47.6 MW |
130 GWH |
|
Sotuba |
Niger |
Fil de l’eau |
5.2 MW |
33 GWH |
Tableau 38 : Caractéristiques des ouvrages hydrauliques sur le Niger supérieur au Mali (IWACO, 1996 (b)).
La promotion des petites et moyennes entreprises, et des petites et moyennes industries est limitée dans le bassin à cause de l’insuffisance de la disponibilité d’électricité ; tant en matière de production que dans la desserte (lignes de transport).
Les différentes études montrent clairement qu’au Mali que la consommation de bois de feu et charbon de bois augmentent avec l’accroissement de la population (taux de croissance supérieur à 2 %) provoquant la diminution des surfaces boisées.
Partant des réalisations de sources d’énergie électrique par interconnexion et de l’amélioration des réseau de distribution au niveau national et sous régional, on peut espérer qu’une plus grande partie de la population bénéficiera de la couverture de ses besoins en énergie.
Malgré leur coût élevés, les installations d’énergie solaire se multiplient dans les centres semi-urbains et ruraux ; Par contre, la diffusion des équipements relatifs à l’énergie éolienne est très lente du fait de la non maîtrise de sa technologie.
L’utilisation des énergies dans le développement socio-économique est considérée comme une priorité. Les demandes de branchement en milieu urbain et semi-urbain sont de plus en plus croissantes, vu l’accroissement des activités nécessitent l’usage d’électricité (artisanat, industries, entreprises, et.)
Le bois de chauffe constitue la principale source d’énergie ; les besoins globaux en énergie primaire sont donc satisfaits à 90 % par le bois de feu et le charbon de bois. La pression est donc très forte sur les ressources forestières, ce qui contribue à l’appauvrissement du couvert forestier déjà fragile par un abattage et un surpâturage excessifs.
En 1998, l’électricité est accessible par seulement 8,6% de la population. Elle n’est disponible que dans les centres urbains et est utilisé par moins de 10% de la population du pays
Si les retenues d’eau/barrage comme Sélingué constituent un potentiel énergétique important par ailleurs largement sous-exploité, ils contribuent également au déséquilibre des écosystèmes et des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux.
Pour permettre l’accès d’une grande partie de la population à l’énergie à prix abordable, il est souhaitable de concevoir et de mettre en œuvre un programme d’électrification rurale basée sur les énergies renouvelables : solaire, éolienne et hydrauliques.
La vulgarisation des énergies renouvelables aura comme impacts la protection de l’environnement par la réduction de la consommation de bois.
La dégradation des sols
La diversité des milieux écologiques allant du désert a la zone soudano guinéenne, et la fragilité particulière de l’écosystème font que les problèmes de dégradation anthropiques et de conservation des terres au Mali sont multiples et variés.
D’une manière générale, la dégradation des sols peut être due au ruissellement des eaux pluviales sur le sol, à l’action du vent accéléré par la dégradation de la végétation, à l’excès d’humidité dans les zones inondables, à des mauvaises pratiques d’irrigation ou à des techniques culturales inadaptées. Ainsi, dans la partie désertique du pays, les dunes de sable poursuivent leur progression vers le Sud. La zone pastorale est en proie à l’érosion éolienne et parfois à l’érosion hydrique. Les deux formes d’érosion sévissent sur les terres soumises aux cultures sèches. Les méthodes d’exploitation traditionnelles (culture sur brûlis) appuyées par le défrichement de nouveaux terrains vierges les feux de brousse conduisent à un déboisement d’autant plus fort que la concentration de des populations est plus grande. L’aménagement des périmètres agricoles (rizicoles) nécessite également la déforestation de vastes superficies.
Comme indiqué dans le chapitre B2, l’agriculture est la principale source de revenue des populations du bassin. La tendance générale est l’augmentation de la production agricole.
En outre, l'augmentation de la production agricole ne peut être obtenue que par une extension des superficies cultivées, ce qui provoque une dégradation de l'environnement se traduisant par l'appauvrissement et l'érosion des sols.
Au problème d’érosion s’ajoute la perte en matières organiques et en éléments minéraux. L’ensemble des pertes par érosion en éléments organiques et minéraux entraîne dans le cas des cultures continues des pertes de rendement
S’il est établi que l’érosion hydraulique sévit partout au Mali, dans les zones de forte pluviométrie où elle est particulièrement marquée, l’abondance relative des terres agricoles dans le passé a fait que le paysan moyen ne se préoccupait guère du phénomène que dans les cas extrêmes. Aujourd’hui le phénomène est bien perçu au niveau des autorités villageoises et la volonté d’agir est réelle.
L’érosion et le transport sédimentaire sont responsables du comblement des ouvrages de maîtrise d’eau ainsi que le bouchage de nombreux bras du fleuve. Ce dernier aspect est accentué par le déplacement des activités agricoles vers les terres basses (lit du bras du fleuve et sur les berges).Ce processus est favorisé par la réduction du couvert végétal.
La dégradation des sols par salinisation et alcalinisation notamment à l’Office du Niger, à mettre en liaison avec la remontée des nappes et l’utilisation d’engrais minéraux. Une carence généralisée en phosphate et potassium a été notée et localement en zinc. Ce phénomène touche à l’heure actuelle gravement de 7 à 15 % des terres aménagées qui sont en voie d’être abandonnées. Les zones irriguées à partir du Canal de Macina sont particulièrement touchées par cette forme de dégradation des sols (rendements les plus faibles observés, 900 ha au moins en voie d’abandon.
La pression démographique et l’agriculture itinérante influencent négativement les terres agricoles le long des cours d’eau. La baisse de fertilité provoquée par le lessivage des terres et la diminution des crues devant bonifier les terres, amène les populations à l’utilisation de plus en plus accrue d’engrais minéraux et organiques. Par ailleurs, certains utilisent des pesticides. Le drainage de ces produits chimiques dans le fleuve a un impact certain sur la qualité de l’eau.
Toutefois, dans les zones du sud et du centre, les intrants agricoles et les produits phytosanitaires sont utilisés à grande échelle pour l'amélioration de la productivité des cultures de rente ( coton, tabac, dah ).
La pollution par les engrais et les pesticides
Une grande partie des polluants rejetés dans l’environnement (rejets agricoles) parvient dans le fleuve Niger soit directement ou par ruissellement.
Les activités maraîchères pratiquées par près de 1000 personnes aux environs de Bamako utilisent 200 tonnes d'engrais qui finissent chaque année dans les eaux du fleuve ou des nappes.
Ces apports peuvent modifier localement la qualité de l’eau du milieu et empêcher ou freiner le développement de certaines activités économiques (pêche, AEP, etc…) et modifier ainsi les fonctions naturelles du fleuve.
L’utilisation des engrais chimiques est massive dans ces cultures intensives mais reste encore très marginale pour les autres cultures en raison du coût très élevé de ces produits.
Les intrants chimiques (phosphates et nitrates) et les pesticides sont lessivés par les eaux d’infiltration (notamment dans la zone office du Niger et dans la zone CMDT) vers les nappes superficielles et libres occasionnant à la longue une pollution assez marquée des eaux souterraines.
L’Office du Niger a, par exemple, consommé lors de la campagne 1994, 5 939 T d’urée et 4 055 T de phosphate d’ammonium sur les 47 000 ha irrigués, mais aussi du sulfate de Zinc pour traiter les problèmes de carence. D’après la FAO, la consommation d’engrais total sur plusieurs années a montré une augmentation nette jusqu’en 1991, mais est restée stable depuis.
Des phénomènes d’eutrophisation peuvent apparaître, signe d’enrichissement du milieu dû à l’extension de l’usage des fertilisants artificiels. Les effets visibles sont la prolifération végétale (algues et végétaux aquatiques flottants dans les canaux de l’Office du Niger et ceux du périmètre irrigué de Baguineda). Des signes de pollution diffuse des eaux des composés chimiques organiques (DDT, lindane) ont été observés dans le fleuve Niger à Bamako en juillet 1993.
Les systèmes actuels d’irrigation ne permettent pas d’utiliser de façon efficiente les ressources en eau. Par exemple, les capacités hydrauliques du système Office du Niger (prévu pour irriguer près d’un million d’hectares) n’étant pas pleinement exploitées, il en résulte un prélèvement d’eau (25 000 m3/ha) plus que nécessaire (15 000 m3/ha).
Dans les zones guinéennes et soudaniennes et dans les zones irriguées, on peut envisager deux situations dans les années à venir:
Un sol de plus exposé à l’érosion du fait de l’élimination de la couverture végétale pour les besoins d’extension des cultures de coton et de riz;
Une stabilisation des superficies cultivées par l’intensification de la production agricole grâce à l’utilisation des intrants entraînant une aggravation de la pollution par les engrais et les pesticides.
Dans les régions sahéliennes à pluviométrie devenant de plus en plu faible, les populations utilisent des variétés précoces (70 à 90 jours). La faiblesse du rendement de celles-ci font que les agriculteurs pratiqueront une extension croissante des superficies cultivées qui entraînera la dégradation du couvert végétal.
Dans les toutes les zones agricoles, il est suggéré de procéder à une vulgarisation des paquets technologiques incluant des méthodes de conservation des sols, l’utilisation des intrants permettant d’accroître les rendements sans grand préjudice sur les ressources en eau. Au stade actuel, le compostage semble être la solution la plus envisagée.
Les vallées du fleuve et de ses affluents servent de zones de repli pour la majorité du cheptel malien en saison sèche où de vastes superficies sont couvertes de végétation abondante (bourgoutières); l'importance de ces pâturages dépend du niveau et de la durée des crues. Les élevages sont généralement concentrés en des endroits donnés au bord du fleuve.
Le constat effectué à ce niveau indique que les principaux sites d’élevage dans le bassin du Niger se retrouvent toujours autour des villages riverains des cours d’eaux. Cette activité a un impact certain sur la destruction des berges par l’érosion. Les ressources végétales des forêts galeries font l’objet de coupe par les éleveurs pour servir de fourrage pendant la saison sèche. D’autres éleveurs construisent des parcs non loin du fleuve sans oublier la cure de sel auprès des berges.
Le Delta Intérieur offre le pâturage et l'approvisionnement en eau pour un million de bovins et deux millions d'ovins et caprins. Ces trois millions d’animaux qui utilisent le Delta aux fins de pâturage, d'approvisionnement en eau et de fourrage font également une production importante de matières azotées à prendre en compte en ces lieux de concentration. A l’heure actuelle, le nombre d’animaux semble dépasser largement la capacité de charge des pâturages naturels disponibles.
Les pâturages naturels sont en diminution constante, du fait notamment de pratiques comme les feux de brousse, qui brûleraient environ 14,5 millions d’ha par an, la suppression des couloirs de passage du bétail et la disparition des pistes de transhumance et/ou de pâturages dans les zones inondées, en raison d’une concurrence croissante entre espaces agricoles et espaces pastorales et de conditions climatiques défavorables (pluviométrie, diminution des crues)
Les zones à forte densité du cheptel connaissent une surexploitation des pâturages et une dégradation des sols, facteurs favorables à l'avancée du désert surtout en cas de déficit hydrique prolongé. Le surpâturage lié au système d’élevage transhumant et extensif est aussi un facteur déstructurant des écosystèmes du bassin On a ainsi constaté les faits ci-après :
Accroissement de l’importance des sols nus dans la région de Mopti de 4 % en 1952 et de 26 % en 1975 ;
Dégradation de près de 8 % des superficies pastorales productives ;
Extension des superficies cultivées au détriment des pâturages (décroissance du rendement et des superficies du Bourgou naturel ;
Disparition des plantes pérennes à enracinement profond capables de développement à l’occasion de faibles pluies au profit d’annuelles exigeant une humidité importante pour germer et prendre racine ;
Attaque du couvert ligneux à la fois par accroissement des zones cultivées, par satisfaction des besoins en bois de chauffe et par défoliation et mutilation des arbres et arbustes fourragers par les bergers en saison sèche.
L'augmentation du cheptel et le relâchement des traditions de réglementation stricte de la gestion de l’espace et des eaux héritée de la Dina de Sékou Amadou expliquent en partie cette situation
Etat sanitaire
La fréquence des maladies est en partie due au mode de conduite des animaux mais de manière plus décisive aux spécificités agro-écologiques des différentes régions du pays. C’est ainsi que les maladies parasitaires sévissent dans les plaines inondées du Delta intérieur du Niger où elles sont responsables de la mortalité des jeunes animaux, notamment les petits ruminants. En savane guinéenne, la trypanosomiase est d’importance majeure et les maladies dues aux tiques sont communes au Sahel et aux zones de savane.
Compte tenu des pratiques actuelles de gestion, l’utilisation des parcours de transhumance au delà de leur capacité de charge se poursuivra notamment dans les régions sahélienne du fait de l’accroissement du cheptel et du faible taux d’exploitation du bétail.
Avec la dégradation des conditions climatiques, il est probable que continue le mouvement actuel de descente des troupeaux sahéliens vers les régions soudaniennes voire plus au sud. Le métissage entre les races sahéliennes et n’dama se développe.
Le développement de l’agriculture extensive engendre la restriction des pâturages provoquant des conflits entre éleveurs et agriculteurs.
Afin d’alléger la capacité de charge des pâturages naturels, il convient:
d’aménager les parcours de transhumance avec la réalisation de points d’eau et de pare-feux ;
de lutter contre la déforestation à travers les techniques améliorées de sylviculture ;
d’augmenter le taux d’exploitation actuel jugé trop faible (9 à 11 %) par la valorisation des produits d’élevage (abattage et conservation).
et l’amélioration des circuits d’exportation du bétail.
L’amélioration de la santé et de l’alimentation du bétail requiert :
une meilleure organisation des structures sanitaires décentralisées par l’équipement en moyens de déplacement, par la dotation en vaccins et produits pharmaceutiques ;
une diversification et une augmentation de la valeur nutritive de l’aliment bétail.
La lutte contre les mouches Tsé-Tsé.
Selon une enquête socioécologique réalisée en 2000 par le projet GHENIS nombreuses sont les ressources halieutiques qui disparaissent à cause des techniques de pêche sauvages et anarchiques actuellement pratiquées.
On note que la pêche aux toxiques, explosifs et aux produits chimiques, bien qu’interdites, sont des techniques couramment utilisées dans les régions frontalières de la Guinée. Elle présentent un risque de contamination élevé pour toute la faune aquatique.
Les populations estiment que nombreuses sont les espèces qui ont disparu des eaux notamment celles réputées être «les maîtres des profondeurs» (certains mammifères et reptiles aquatiques et poissons) vivant dans le benthos et qui sont chargés naturellement d’œuvrer à la conservation et la dynamique des profondeurs. Cette disparition d’espèces serait due surtout à la pêche à la dynamite, et d’autres techniques comme l’utilisation du « toulounin », produit chimique très toxique, du « CIPERCAL », substance phytosanitaire du projet coton que certains pêcheurs utilisent et dont il suffit de moins d’un litre pour supprimer un biotope sur 50 Km dans un cours d’eau.
Selon les populations du Niger supérieur, l’existence d’une profondeur suppose toujours une forêt galerie et inversement, la disparition de l’une entraînant infailliblement celle de l’autre. Au niveau des profondeurs, il y a souvent des cavités créées par ces animaux «maîtres des profondeurs » jusqu’à plusieurs mètres sous la berge, donnant naissance à des lacs souterrains servant de refuge et de lieu privilégié de reproduction et d’élevage des petits pour les faune aquatique. Ce refuge protégé par une barrière naturelle (les racines et feuillage des forêts galeries) peut permettre aux poissons de vivre sans problème même en période de plus faible étiage.
La pratique, appelé « système GOLFE » consiste à traquer les poissons dans ces refuges au prix de la destruction de l’habitat lui même. Elle se traduit par le ratissage de toute la réserve par la coupe des racines servant de barrière, donc de la forêt galerie, l’étourdissant les poissons par le bruitage de chaînes et de cloches. Ainsi toute la bande tombe dans le piège de barrage de filets préalablement tendus à la sortie. La conséquence est l’obstruction des profondeurs, l’éboulement des berges, l’ensablement du lit du fleuve, la destruction des zones de fraie et donc la diminution de la population de la faune aquatique.
La diminution des ressources halieutiques a pour conséquence l’appauvrissement des pêcheurs. Ceux-ci se transforment en riziculteurs ou éleveurs pour survivre. Cette forme d’adaptation aux conditions socioéconomiques est souvent source de conflits entre les pêcheurs et les agriculteurs, propriétaires des terres.
Il est probable que les mauvaises pratiques comme l’utilisation des produits toxiques, des filets à mailles réduites continueront de se développer avec pour conséquence la diminution de certaines espèces aquatiques.
Un suivi hydro-écologique de l’écosystème du fleuve est nécessaire en vue de mieux connaître les impacts sur la pêche : la diminution des espèces, la destruction des habitats naturels, la pollution de l’eau, et les conflits d’utilisation des ressources.
L’organisation des pêcheurs en association ou en coopérative est indispensable non seulement pour la valorisation de l’activité économique mais aussi pourra servir de cadre de concertation, de sensibilisation et de suivi environnemental.
Une sensibilisation accrue sur la protection des ressources halieutiques est indispensable à l’endroit des pêcheurs.
Afin de diminuer la sur-exploitation actuelle des stocks de poissons dans les lacs et rivières d’une part et d’autre part pour augmenter les revenus des pêcheurs, il est nécessaire d’encourager un programme de vulgarisation et d’intensification de l’aquaculture.
Un programme de lutte contre la jacinthe d’eau et les algues s’avère indispensable pour assurer une meilleure reproduction des poissons.
Les ressources forestières du bassin du fleuve sont en diminution à cause de leur surexploitation (défrichage pour des fins agricoles et demande croissante de biens ligneux, conséquences logiques de l'accroissement démographique et des effets conjugués des feux de brousse et de la désertification). Cette situation expose les sols à l'érosion hydrique et éolienne, provoque la baisse du niveau des nappes et bouleverse le régime des cours d'eau déjà fragilisés par les sécheresses successives.
Les régions du Niger Supérieur sont confrontées à de fréquents feux de brousse de nature anthropogénique et à un déboisement croissant ayant pour conséquences l'érosion des sols et l'ensablement des lits des cours d’eau.
La dégradation des ressources forestières par surexploitation ou exploitation non rationnelle à diverses fins, voire leur disparition a donc des répercutions multiples sur les écosystèmes mais aussi des impacts socio-économiques importants. La déforestation accentue également la sensibilité des sols à l’érosion éolienne et hydrique et est à l’origine de la disparition de nombreux habitats sauvages, entraînant à son tour une forte diminution de la diversité biologique.
Depuis 1974, les projets et programmes de reboisement sont en cours afin de pouvoir satisfaire la demande croissante en bois (bois de chauffe, bois d’œuvre et de services). Au vu des limites constatées à la suite de ces projets, la tendance actuelle est à la plantation individuelle et la protection des ressources forestières par l’organisation des exploitants forestiers, leur responsabilisation pour la conservation des forêts communales, leur sensibilisation, la mise en place des marchés de bois. Cette dernière stratégie se révèle plus efficace parce que les exploitants ruraux sont eux-mêmes responsabilisés sur le devenir de leur environnement.
La substitution du bois de chauffe par des énergies nouvelles et renouvelables se trouve limitée dans son application à cause de l’état de pauvreté des populations, mais aussi du coût élevé des énergies de substitution.
La dégradation des ressources forestières est causée par la persistance de la sécheresse, l’accroissement démographique, la surexploitation des forets pour des fins agricoles, pastorales et énergétiques
Il est nécessaire d’entreprendre des actions de régénération des forêts, de reboisement à l’échelle individuelle et communautaire, de promouvoir et vulgariser les techniques et technologies d’énergie nouvelles et renouvelables (énergie solaire, éolienne, bio-énergies) tout en les rendant plus accessibles par une politique de prix (subvention)
La promotion des foyers améliorés doit être renforcée en milieu rural et semi-urbain car réduisant considérablement la consommation de bois de chauffe.
En milieu urbain et semi-urbain, il est souhaitable de réduire la pression sur les ressources ligneuse par la mise à disposition de combustibles gazeux (Butane). Pour ce faire, une politique de prix abordable en fonction du revenu moyen du Malien est indispensable.
Les infrastructures industrielles installées le long du fleuve prélèvent d’énormes quantités d’eau et en rejettent une bonne partie après utilisation.
La plupart des industries, maliennes sont approvisionnées par le réseau d’eau de l’Energie du Mali avec quelques fois un ou deux forages en appoint.
La consommation annuelle d’eau des industries varie de quelques milliers de m³ ( la plupart des unités industrielles) à quelques centaines de milliers de m³ (brasseries et usines textiles).
On compte environ vingt grands complexes agro-alimentaires au Mali, dont les plus importants, du point de vue rejets en matières oxydables, sont les abattoirs, les huileries, les usines de jus de fruits et les raffineries.
L’abattoir frigorifique de Bamako procède à un abattage moyen journalier de 329 têtes soit plus de 120 000 têtes par an. En dépit du fait que les rejets soient biodégradables, il y a lieu de s’assurer que les seuils limites de la capacité de charge de l’écosystème du fleuve ne sont pas dépassés par rapport aux pollutions provenant de ces établissement qui existent depuis les années 1960.
Un autre impact négatifs de l’abattage des animaux au bord des cours d’eaux peut infecter l’eau si des animaux abattus sont contaminés, et par conséquent infecter les personnes dont l’eau de boisson vient directement de ces cours d’eau.
Quelques usines chimiques produisent ou préparent des peintures, détergents, engrais et composés organiques simples. Les industries textiles et les tanneries rejettent de nombreux produits colorants contenant notamment des métaux lourds.
La réglementation a fixé des normes de rejets en matière de contrôle pour diminuer la charge polluante acheminée vers les fleuves et les nappes, mais celle-ci en l’absence de station d’épuration n’est pas respectée.
Les méthodes de traitement et d’évacuation des effluents industriels sont en général médiocres, sinon inexistantes. La plupart des usines ont recours aux rejets dans le fleuve ou dans les caniveaux, ou à l’épandage au sol.
Les rejets sont directement déversés dans le fleuve et/ou ses affluents occasionnant une pollution chimique, l’accroissement de la turbidité des eaux et l’accroissement de concentration en métaux lourds. On ne dispose pas d’informations précises sur les quantités rejetées et leur nature exacte.
A ces rejets industriels estimés en moyenne à 2500 m3/j, il faut ajouter, les rejets d’eau usée domestique évalués à environ 15000 m3/j, les déchets solides (2 000 m3/j) dont le taux d'enlèvement est de l'ordre de 60 % et les 200 tonnes d'engrais en provenance des cultures maraîchères en zone urbaine. Ces différents rejets apportent au fleuve divers contaminants et aboutissent à l’eutrophisation se manifestant par la prolifération excessive de végétaux aquatiques envahissants dans diverses canalisations d’irrigation et d’assainissement et à leurs débouchés dans le fleuve.
Au Mali et à Bamako en particulier, le secteur artisanal est très développé. On trouve un grand nombre de petites teintureries (150 recensées dans le district de Bamako) générant des eaux usées en grande quantité (0,3 m3/j par teinturerie) contenant des matières toxiques. On rencontre également de nombreuses savonneries artisanales le long du fleuve Niger.
Teinture et santé
Au plan économique, il est indéniable que la teinture apporte des revenus appréciables pour les teinturières. Toutefois, sur le plan santé, cette activité rémunératrice comporte de sérieux risques. En effet plusieurs teinturières n’utilisent pas ou utilisent peu les gants et les masques à gaz. Les colorants renfermant des produits toxiques ont un effet néfaste sur la peau, les yeux, et les poumons. La plupart des teinturières en vieillissant souffrent de gène respiratoire, des troubles de la vision et des lésions cutanées. A ce sujet, une réorganisation et une formation systématique des teinturières s’imposent.
La réorganisation a pour but de faciliter l’acquisition des micro-crédits, l’écoulement des produits (tissus teints) ;
La formation consistera à attirer leur attention sur les problèmes de santé liés à leurs activités.
Pratiquée exclusivement par les femmes, l’activité de teinture utilise beaucoup de produits chimiques et est donc polluante lorsque les eaux usées sont déversées dans le fleuve. Cependant l’envergure faible de cette activité fait que son impact sur la qualité du fleuve est relativement faible.
Dans différentes villes et particulièrement à Bamako, le service d’hygiène interdit aux teinturières de verser les eaux usées dans les canalisations qui les déversent dans le fleuve Niger ; Ces actes occasionnent la pollution aux conséquences incalculables.
En raison de la pollution des eaux du fleuve Niger au niveau de Bamako, un organisme international aurait interdit à ses travailleurs de consommer les poissons pêchés dans les fleuve Niger.
Puisque le Mali est un pays en voie de développement et compte tenu des effets de l’intégration, la tendance est à l’évolution de l’industrialisation et sa modernisation. La promotion des petites et moyennes industries fait partie des stratégies de développement socio-économique du Mali. A cet effet, on assiste à l’installation des manufactures, des industries de transformation agroalimentaire et de première nécessité : Sucre, huile, savon, etc… Les rejets d’eaux usées émanant de ces unités de production ne font à présent pas l’objet d’un traitement adéquat avant leur déversement dans la nature, particulièrement dans le fleuve.
Au niveau des industriels, des manufactures et des entreprises, il faut :
Une sensibilisation des industriels pour prendre des mesures d’assainissement adéquates,
Récupération et transformation des sous-produits des matières traitées en d’autres produits de première nécessité (produits cotonniers en aliment bétail, la mousse en savon, etc…) ;
L’installation de stations d’épuration des eaux usées au niveau de toutes les industries (grandes et petites) ainsi que les grands hôtels.
Au niveau des abattoirs, les procédés de calcination des os, la transformation des résidus en pierres à lécher et la transformation du sang en farine de sang pour la volaille sont entre autres les actions à entreprendre pour palier la pollution des ressources en eau du Niger. Ces actions, si elles étaient mises en œuvre seront de nature à limiter l’impact de cette activité sur l’état du fleuve.
Les responsables du service d’hygiène demandent aux teinturières d’aménager des lieux appropriés pour mener leurs activités sans porter préjudice à l’environnement. De nos jours, les teinturières n’ont bénéficiés d’aucun octroi de terrain pour s’installer malgré les nombreuses demandes formulées. Il serait souhaitables que les maires concernés prêtent une attention particulière à ce problème pour préserver la santé de leurs électeurs.
L’essentiel des transports est assuré par voie routière sur quelques routes nationales bitumées ainsi que sur de nombreuses voies latéritiques et pistes agricoles.
Cependant, la navigation est surtout développée sur le tronçon Koulikoro - Gao (1 308 km) pendant la période juillet - décembre par la Compagnie Malienne de Navigation (COMANAV) avec un trafic annuel estimé en 1999/2000 à 12 350 passagers et 9361 tonnes et toute l'année par les petites et grosses pirogues (pinasses COMANAV et privées).
Aussi ce transport fluvial joue un rôle prépondérant tant dans le déplacement du personnel sanitaire dans la zone inondée que dans l’évacuation des malades vers les centres de santé de référence.
Le transport fluvial se trouve confronté aux problèmes de faiblesse du niveau d’eau, des seuils rocheux et des bancs de sable.
Cette activité contribue à l’accroissement de la turbidité des eaux par la remise en suspension des anciens dépôts mais aussi et surtout pollue les eaux de surface par les hydrocarbures.
Quant au transport routier, il contribue au dégagement des gaz à effet de serre, des poussières par les routes latéritiques ainsi que la pollution des eaux de surface et souterraines par épandage d’hydrocarbures suite aux accidents des camions-citernes.
Les structures d’entretien et de suivi technique des engins roulants sont peu nombreuses et ne disposent pas de personnels qualifiés.
La vétusté des moyens de transport et le mauvais état routier sont responsable de nombreux cas d’accidents occasionnant de graves pertes en vies humaines et matériels.
Le développement du transport ne cesse de croître conformément aux besoins de déplacement des personnes et des biens. La réalisation de nouvelles routes (Mali-Nouakchott, Mali-Guinée-Conakry, Mali-Burkina Faso) est incontournable et aura certes un impact évident sur les transactions commerciales et sur les ressources forestières, les ressources en eau de surface et la stabilité du sol.
Les pertes en terres de cultures sont moindres dans le contexte actuel du bassin. Cependant, cet aspect pourra être important suite à l’accroissement des terres cultivées dans les prochaines décennies.
Aussi le développement des axes routiers nationaux pendant les prochaines années assurera l’acheminement des produits locaux vers les marchés d’échanges.
Le nombre croissant d’embarcations sur le fleuve Niger témoigne du rôle important que joue les axes fluviaux dans le transport des personnes et des biens. Il est évident que cette activité connaîtra un essor très important dans la zone inondée où les infrastructures routières sont mal développées.
Pour assurer le transport des personnes et des biens, le développement des axes routiers (inter-urbains et inter-états) et des voies navigables constitue l’ossature dans le bassin. Cependant, il faut adapter les moyens de transport aux exigences du moment que sont : les gros et moyens porteurs, les embarcations à faible tirant d’eau.
S’agissant des voies routières, il est indispensable de réhabiliter et consolider ceux existants mais aussi de réaliser de nouveaux axes routiers adaptés au trafic international.
Dans le cadre de la valorisation et la rentabilisation des produits locaux, l’alternative de construction des aérodromes est à envisager dans la plupart des centres urbains et en particulier dans les zones à accès difficile .
Il est aussi recommandé la mise en place de structures techniques de formation de cadres qualifiés pour l’entretien et la maintenance du matériel de transport (gros porteurs, moyens et petits).
Ces aires, bien que protégées par la législation, sont soumises à une forte pression due aux facteurs anthropiques et aux aléas climatiques. Dans leur grande majorité, elles n’ont fait l’objet d’aucun aménagement.
La faune sauvage constitue l’une des ressources naturelles importantes de certaines zones du bassin du Niger au Mali. Elle joue un rôle capital dans l’alimentation des populations (protéines animales). Cette faune est mal gérée et abusivement exploitée dans la majeure partie du pays. Son habitat menacé par les coupes abusives de bois et son capital est en régression depuis une trentaine d’année.
Le braconnage est responsable de la disparition et de la raréfaction de nombreuses espèces animales et d’oiseaux, notamment les grands mammifères (éléphants, girafes, lions, hippopotames, etc). Les produits de la chasse (viandes et trophées) sont vendus dans les grandes agglomérations et parfois exportés. Les trophées ( défenses d’éléphants, peaux de reptiles et de carnivores) font l’objet d’un commerce florissant qui concerne des milliers de chasseurs, de revendeurs et d’artisans.
Il manque des données précises sur l’impact des activités humaines sur les aires protégées : liste des espèces présentes et menacées. L’état des connaissance mérite d’être approfondi sur la gestion des ressources naturelles (pâturages, points d’eau), la diversité biologique et l’occupation des sols.
Les trois zones les plus connues et les plus fréquentées au plan touristique sont le bassin du Niger ; il s’agit :
Bamako et le pays Manding ;
Le Delta intérieur, Mopti et le pays Dogon ;
Tombouctou et Gao dans la Boucle du Niger.
Le tourisme se développant de plus en plus, il est prévisible que l’eau du fleuve en dans ces zones soit sollicité dans les prochaines années pour les distractions nautiques. On pourrait s’attendre des rejets de conserves alimentaires, à la prolifération des déchets plastiques, la pollution des eaux par les hydrocarbures (activités nautiques liées au tourisme).
En application des lois internationales de protection de la biodiversité, les espèces menacées ou en voie de disparition recensées au Mali, particulièrement dans le bassin du Niger sont protégées par les lois et réglementation en vigueur.
Le tourisme, ayant souffert de la période d’insécurité connaissent un net regain d’épanouissement. Toutefois, cela pourrait avoir des conséquences économiques certaines pour les opérateurs économiques mais constitue une menace pour l’environnement à cause des déchets touristiques ( plastiques, tonnelets, canules de boissons) et à cause du déversement dans la nature de produits polluants (hydrocarbures et huiles synthétiques)
La construction de centres d’accueil pour le tourisme (hotels), des aménagements de sites touristiques sont entre autres les activités dont les conséquences sont notables tant sur les sols, la flore et même souvent sur la faune locale.
La dégradation des parcs nationaux par suite d’exploitation des ressources naturelles doit être freinée par la sensibilisation des populations des localités avoisinantes. Les textes législatifs et réglementaires existent. Il s’agit alors de renforcer les dispositifs de surveillance environnementale.
Par ailleurs, la dégradation environnementale causée par les activités touristiques doit être atténuée par la sensibilisation et la responsabilisation des acteurs du domaine. La création de services d’assainissement des lieux touristiques serait une solution à envisager.
La restauration environnementale aux voisinages des centres d’accueil doit figurer parmi es conditions d’établissement et d’exploitation des unités d’accueil touristiques.
Les impacts de l’exploitation minière sur les ressources naturelles environnantes sont importants. Ils se marquent entre autres par :
La perte en terres de cultures du fait de la création de mines à ciel ouvert : carrières pouvant atteindre 80 ha de surface et 150 m de profondeur ; surfaces de décharge allant jusqu’à 70 ha ; cette exploitation est faite sur des terres traditionnellement agricoles, ce qui pose le problème important de déplacement des populations et celui de nombreux conflits fonciers ;
Une pollution chimique importante due à l’accumulation continue de produits chimiques toxiques, tels que le cyanure utilisé pour la transformation de l’or, à l’origine de la pollution des sols et des eaux souterraines ;
Un dépôt important de poussières, malgré l’arrosage régulier des terres.
Ces pollutions diverses sont à l’origine de la destruction du couvert végétal, à l’augmentation de l’érosion à proximité des sites d’exploitation et de la disparition de la faune sauvage. Elles constituent un risque accru de maladies par intoxication ou maladies respiratoires des hommes et du bétail.
On ne dispose que de peu de données sur les impacts des activités minières sur les ressources en eau tant en qualité qu’en quantité. Une enquête socio-écologique et un suivi hydro-écologique sont en cours dans le cadre du projet GHENIS (Gestion Hydro-écologique du Niger Supérieur). La collecte de données devra être étendue aux autres sous bassins (Bani, Delta Intérieur et Niger Moyen).
L’exploitation minière connaît et continuera de connaître un essor considérable dans le bassin du Niger si l’on considère les résultats de prospection aurifère obtenus ces dernières années.
Tout comme l’exploitation industrielle, l’orpaillage continue d’attirer de plus en plus les populations vers les zones aurifères créant un sursaut démographique avec pour conséquences toutes pressions sur les ressources naturelles et la prolifération de maladies transmissibles diverses.
Cependant, les mines actuellement en exploitation (Kalana, Syama et Morila) fournissent de gros efforts pour la préservation et la conservation des terres, des forêts, des eaux et de la faune. Il s’agit entre autre : du reboisement des espaces défrichées, des dispositions de lutte anti-érosives, des installations de traitement des eaux usées, de l’imperméabilisation des espaces de décharge des agrégats, etc.
Le respect de la législation environnementale ainsi que l’engagement des exploitants à la restauration du milieu doivent figurer comme préalable à l’acquisition de permis d’exploitation.
Aussi, une attention particulière doit être accordée aux produits toxiques émis par le traitement des minerais. Ceux-ci doivent être extraits, ou anéantis par les méthodes de traitement physico-chimique appropriés en vue de faciliter la réhabilitation du milieu ambiant.
Dans les zones aurifères, les mesures d’hygiène, de sensibilisation sur les maladies transmissibles et de visites périodiques doivent être menées par les structures sanitaires en collaboration avec des structures d’encadrement comme les ONG en place.
Du point de vue social, il est nécessaire, avant toute implantation d’exploitation minière,
d’entreprendre une étude socio-économique établissant des conventions entre industriels – orpailleurs et populations autochtones.
La mise en application des conventions du BIT dans les zones aurifères: accidents de travail, respect des normes de travail, observation des mesures d’hygiène pour sauvegarder la santé des travailleurs.
Participation des populations à la conception et à l’exécution du projet,
Réalisation des études pédologiques,
Réaménagement des périmètres irrigués et redimensionnement des projets d’irrigation,
Aménagement des zones hors casier pour minimiser les pertes d’eau d’une part et augmenter la production rizicole d’autre part,
Mise en œuvre d’un système de drainage efficace,
Procéder à un reboisement avec des plans adaptés aux zones humides,
Diversifier les spéculations céréalières pour une meilleure préservation du sol et la rentabilité des produits cultivés,
Améliorer la qualité de l’élevage par le choix de géniteurs sélectionnés en vue d’améliorer la race bovine, la production laitière et celle de la viande,
Culture d’espèce fourragères adaptées aux zones humides,
Mettre à point des structures appropriées pour la transformation, l’enrichissement et la conservation des plantes fourragères (aliments bétail),
Régénération d’une zone forestière produisant du bois de chauffe de qualité pour alimenter les industries sucrières et autres afin d’éviter une catastrophe écologique dans la zone du delta mort qui perd chaque année 15.000 ha de terrain boisé,
Procéder à la plantation d’arbres fruitiers adaptés aux zones écologiques concernées,
Création de centres d’alphabétisation fonctionnelles avec la participation des populations en vue d’obtenir des néo-alphabètes capables de gérer leurs propres productions,
Encourager et développer la production de compost en vue de diminuer l’utilisation des engrais chimiques nocifs pour l’Homme, les eaux et le sol,
Lutte contre les jacinthes d’eau qui éliminent les autres herbacées, étouffent les poissons,
Protection des hippopotames et lamantins (Kangaba et Koulikoro),
Protection et ensemencement des espèces rares de poisson,
Reboisement des berges pour mieux les fixer,
Dragage du fleuve ,
Sensibilisation des industriels pour prendre des mesures de traitement des rejets et d’assainissement adéquates afin de minimiser la pollution des eaux et des terres,
Reboisement pour la fixation des berges, avec l’utilisation de plantes grasses (euphorbes) aux berges pour réduire l’érosion hydrique et éolienne Dans les zones urbaines aux ports d’embarquement, faire des travaux de génie civil renforcés par la plantation d’arbres protecteurs (eucalyptus) (exemple : plantation de cocotiers ville de Koulikoro) Reboisement des collines pour une meilleure utilisation des eaux collinaires
Récupération et transformation de la mousse en savon (huicoma – Koulikoro) : système de recyclage permettant de manufacture de savon à partir des résidus de graines de coton. Ce système permettra d’accroître la rentabilité du produit cotonnier tout en évitant la pollution du cours d’eau dans lequel la mousse était préalablement jetée,
Mettre en place des stations d’épuration des déchets avec leurs rejets dans le fleuve pour les usines et les hôtels dans un certain nombre de villes riveraines,
Développer l’agro-foresterie: par la réalisation de techniques préventives à la dégradation de la végétation de des sols. Il s’agit entre autre : de la mise ne place de brise-vents d’éssences locales, la création de petits massifs de boisement de rapport (valorisation économique) la création de bosquets d’arbres et de haies vives ( arboriculture fruitière, production de bois d’œuvre et de chauffe, abris pour oiseaux, ombrages).
Utilisation rationnelle de fertilisants : par le développement du compostage et de l’établissement des normes d’utilisation des engrais en fonction des superficies, de la nature du sol et des cultures
Réaménagement des plans d’eau par surcreusement de canaux d’alimentation des mares : Il s’agit de la réalisation d’ouvrages de défluences allant du fleuve vers les dépressions naturelles (mares, lacs, étangs) en vue du drainage des eaux de crue vers ces retenues naturelles. Ceci aura pour effet l’accroissement des ressources halieutiques et la promotion des cultures maraîchères et celle de décrue.
Empoissonnement des plans d’eau : élever les espèces locales de poissons et celles en voie de disparition pour améliorer et diversifier les ressources halieutiques en vue d’alléger les souffrances de pêcheurs.
Encourager le développement de la pisciculture pour diminuer la pression sur les zones traditionnelles de pêche et améliorer les conditions de vie des pêcheurs
Mise en place des conseils de pêche en application de la Loi N° 95-032 –AN/RM),.
Etablissement de conventions entre les partenaires pour obtenir un consensus autour des points d’eau, des pêcheries et des bourgoutières Amener les différents intervenants à coordonner les activités afin de prévenir les conflits.
Faire des ouvrages de protection avec la participation des populations pour mieux les responsabiliser,
Mener la sensibilisation sur l’impact des barrages – avant et après leur construction pour éviter les incompréhensions°(Exemple : le projet de construction du barrage de Talo a créé une vive émotion de protestation dans la région de Mopti),
Aider les pêcheurs par la fourniture d’équipements et d’aliments pour juguler la famine qui les menace, : L’amélioration des conditions de vie des pêcheurs passe nécessairement par la satisfaction des besoins exprimés.
Réorganisation des pêcheurs en coopérative, organisme qui les permet de travailler avec plusieurs partenaires : nationaux et internationaux (l’ancienne coopérative regroupait 86 villages),
Responsabilisation des populations pour la conservation des forêts, la lutte contre la pollution des eaux de surface, par l’instauration des marchés ruraux de bois, la formation à la surveillance environnementale, la lutte contre l’érosion et la sensibilisation autour des aspects de pollution des eaux de surface et les inconvénients sur l’environnement biophysique et économique.
Instaurer un cadre de concertation entre les différents intervenants : agriculteurs- éleveurs- pêcheurs – artisans, industriels, services techniques etc…en vue de la gestion concertée des ressources en terre, en eau, en forets, en faune et en minéraux :Les comités locaux de gestion environnementales pourront être crées a cet effet.
Mettre en adéquation les superficies irrigables et la capacité d’eau du fleuve Niger et ses affluents afin d’optimiser la pression sur les ressources en eau et diversifier leur usage.
Interdire la pratique du maraîchage dans le fleuve conformément à la réglementation en vigueur : Cette pratique concoure à l’ensablement et à l’envasement du fleuve Niger. Aussi elle contribue par les intrants agricoles (engrais et pesticides) à l’eutrophisation du cours d’eau.
Vulgariser et Appliquer les textes réglementaires relatifs à la protection de la nature, des eaux et des produits halieutiques : Informer – Sensibiliser – et communiquer sur les textes juridiques et réglementaires relatifs à la protection de l’environnement (exemple : Toute action de production doit se faire à 25 m de part et d’autre du fleuve)
Meilleure coordination des avis motivés des techniciens sur un sujet précis : Hydrologues - agriculteurs – Eleveurs – pêcheurs, : Concilier les points de vue scientifiques des intervenants sur les techniques de valorisation, d’exploitation et de protection des ressources naturelles
Etablir un contact permanent et précis entre les tenants des barrages (Sélingué – Markala) et les pêcheurs, les riziculteurs et autres acteurs pour prévenir les lâchers d’eau pouvant causer de gros dégâts,
Les pêcheurs réclament au niveau des barrages une meilleure gestion du barrage en général et des passes à poissons en particulier
Une meilleure prise de conscience des différents acteurs à la faveur d’une large sensibilisation est un facteur important pour le renversement de la tendance.
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Annexe 1 : QUELQUES ETUDES ET PROJETS LIES AU BASSIN DU FLEUVE NIGER
REGION DE KOULIKORO
|
Organisation / Institution |
Titre du Projet |
Objectifs |
Activités |
Durée |
Problèmes |
|
Compagnie Malienne de Navigation |
Amélioration de la navigation du fleuve Niger
Flotte légère |
Acquérir une flotte adaptée à la configuration actuelle du fleuve et permettant une navigation à durée plus grande (>9 mois) |
Balisage de seuils rocheux et sablonneux Réparation et construction de quais Dragage de certains biefs Remplacer de la flotte vétuste (à grand tirant d’eau) par une autre (à faible tirant) d’eau |
2001-2005 |
Financement partiel
Financement non obtenu |
|
Huilerie Cotonnière du MALI |
Acquisition d’une nouvelle unité de savonnerie |
Revaloriser les produits locaux renfermant de la glycérine et réduire voire supprimer les rejets polluants (huiles acides) dans le fleuve |
Démarrage de la nouvelle unité de savonnerie de capacité de 100 000 t de graines d’oléagineux |
|
Difficultés d’approvisionnement en produits riches en glycérine |
|
Office du Périmètre Irrigué de Baguineda |
Etude d’extension du Périmètre hydro-agricole de Baguineda |
Contribuer à la sécurité alimentaire du pays Démontrer la faisabilité du projet |
Elaboration de schéma d’aménagement et de mise en valeur de 1460 ha de surface agricole Elaboration d’un schéma de renforcement ou d’extension du canal principal |
2000 2001 |
Beaucoup d’interruptions sont intervenus depuis le démarrage du projet |
REGION DE SEGOU
|
Organisation / Institution |
Titre du Projet |
Objectifs |
Activités |
Durée |
Problèmes |
|
Office du Niger |
Etude du Schéma Directeur de l’Office du niger |
Contribuer à la sécurité alimentaire du pays et de la sous région ouest-africaine
|
Détermination des superficies réellement rizicultivables en tenant compte des disponibilités des ressources en eau |
1999 |
|
|
Office Riz Ségou |
Etude de faisabilité et d’avant projet détaillé du casier de TIEN KONOU
Possibilité d’utilisation des données hydrologiques en temps réel pour l’amélioration de la riziculture en submersion contrôlée à l’Office Riz Ségou |
Etude de 2000 ha dans le casier en maîtrise totale de l’eau en vue :
Optimiser les superficies rizicultivables Optimiser la gestion de la mise en eau des casiers rizicoles Estimer les dates de semis
|
Analyse de la situation actuelle Développement agricole Avant projet sommaire Evaluation économique des variantes Etude de faisabilité proprement dite Etude d’Avant Projet détaillé et préparation des dossiers d’appel d’offres
Etude de la prévision de la crue du fleuve Niger (Ségou) |
2001-2002
2001-2002
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Japan Green Resources Corporation |
Etude sur la lutte contre la désertification dans le Sud de la Région de Ségou |
Lutter contre la désertification par le biais du développement durable des activités agro-sylvo-pastorales Etablir un Schéma directeur pour le plan de développement rural global Transférer les technologies et les consignes aux homologues maliens |
Augmentation du revenu des habitants, allègement de la pauvreté
Prévention de la dégradation des sols / rétablissement des sols agricoles ravagés Activités agro-sylvo-pastorales et développement rural centré sur les habitants par gestion des terroirs |
2000-2003 |
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REGION DE MOPTI
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Organisation / Institution |
Titre du Projet |
Objectifs |
Activités |
Durée |
Problèmes |
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Wetlands International |
Relation entre les niveaux des crues et productions primaires et secondaires et leurs impacts socio-économiques de la gestion de l’eau dans le Delta Intérieur du Niger (DIN) |
Fournir des informations essentielles nécessaires à la gestion rationnelle des crues et des productions dans le DIN et ailleurs dans le bassin du fleuve Niger Accroître non seulement la sensibilisation sur les valeurs socio-économiques et écologiques du DIN mais aussi l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et l’obtention des revenus en fonction des activités de développement entreprises en amont du DIN Contribuer à la gestion optimum des deux barrages existant en particulier et en général à la gestion durable des eaux du Bassin du Niger |
Quantification des relations hydrologiques Quantification des écoulements et les effets des niveaux des crues sur la productivité Santé animale et humaine et variation annuelle des écoulements du fleuve Prédiction des effets de la gestion de l’eau en amont sur le DIN Education et sensibilisation du public |
2002-2006 |
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Office Riz Mopti |
Projet d’appui au développement rural dans la région de Mopti |
Contribuer à la sécurité alimentaire du pays Améliorer le cadre de vie en milieu rural Lutter contre la pauvreté dans la zone |
Réhabilitation de casiers rizicoles Aménagement de nouveaux périmètres irrigués Reboisement villageois Alphabétisation Infrastructures sociales Renforcement des capacités |
2001-2006 |
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Direction Régionale de la Conservation de la Nature |
Programme de lutte contre l’ensablement dans la région de Mopti |
Lutter contre l’ensablement du fleuve par une approche participative des populations riveraines |
Elaboration d’un schéma directeur
Mise en œuvre de programmes annuels |
2002- |
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Annexe 2 : PRINCIPAUX PROBLEMES ENVIRONNEMENTAUX PERçUS PAR LES ACTEURS
REGION DE KOULIKORO
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Type de Problème |
Manifestations |
Nuisances causées |
Tentatives pour y remédier |
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Dégradation des berges |
Eboulement des berges, élargissement du lit de 30 m en moyenne dans la ville de Koulikoro et à Kénenkou
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Gêne pour l’urbanisme, menace des habitats et infrastructures (exemple la localité de Djafarabé |
Aménagement des berges : protection mécanique et fixation biologique par plantations d’arbres (cocôtiers) |
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Ensablement |
Lit encombré de sables, apparition de nouveaux îlots et bancs de sable, comblement des mares |
Menace pour la faune aquatique, réduction des terres cultivées Ecoulement réduit et alimentation irrégulière des lacs et mares |
Extraction de sable |
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Pollution |
Eaux usées déversées directement dans le fleuve par les usines (eau glycérineuse, soude caustique, huiles de vidange) , les aménagements hydroagricoles et les résidents |
Insalubrité et menaces pour les populations riveraines et la faune aquatique (mort de poissons, maladies d’origine hydrique,) |
Sensibilisation des populations, constitution d’associations de protection de la nature, traitement partiel des eaux usées
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Jacinthe d’eau |
Envahissement des canaux de Baguineda, de la zone Office du Niger |
Réduction de l’oxygène dans l’eau, mort de poissons, gêne de la navigation, obstruction à l’écoulement de l’eau |
Enlèvement |
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Faiblesse des crues, décrue rapide |
Réduction de la période de navigation de 7 à 5 mois Eau insuffisante pour irriguer les périmètres agricoles et pour permettre la reproduction des poissons
|
Gestion difficile des activités de navigation (Tirant d’eau plus faible, arrêt du trafic, échouage des bateaux) Diminution de la quantité de poissons pêchés Diminution des revenus des acteurs |
Elaboration de projet de flotte légère permettant la navigation sur 9 mois Etude de l’impact socioéconomique des niveaux de crues sur la production primaires Développement d’activités génératrices de revenus |
|
Crues |
Inondations des habitations et des champs (plusieurs centaines ha perdus à Baguineda et Ségou en 2001, ) |
Sinistrés, perte de récoltes |
Aide d’urgence, dédommagement |
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Gestion des Ouvrages Hydrauliques |
Prélèvements ou lâchers d’eau préjudiciables aux usagers en aval |
Insuffisance ou excès d’eau gênant la pêche et les périmètres irrigués Déficit d’informations sur les ouvrages |
Concertation avec les gestionnaires n’a pas encore abouti à réduire les impacts négatifs
|
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Gestion des terres et des eaux |
Conflits d’usages surtout fréquents dans le Delta intérieur du Niger (région de Mopti) Surexploitation des terres, empiètement des cultures sur l’espace de la faune aquatique Utilisation d’engrais |
Espaces pastoraux et piscicoles occupés par l’agriculture Occupation des lits par les habitats Réduction des rendements des cultures Salinisation des sols |
Elaboration de conventions d’usage des terres et des eaux, application des textes législatifs et réglementaires Elaboration de plans d’aménagement, de gestion et de développement social Reboisement Mise en place de structures de concertation entre les acteurs |
|
Menaces et disparition d’espèces (flore et faune) |
Bourgoutières dégradées Menaces de certains milieux (forêt inondées comme les acacias kirki massif AKAGOUN, région de Mopti) |
Habitats et zone de reproduction des oiseaux dégradés |
Sensibilisation des populations riveraines, éducation environnementale des jeunes Recensement des oiseaux d’eau |
Annexe 3 : LISTE DES PERSONNES CONTACTEES
REGION DE KOULIKORO (25 au 29 Octobre 2001)
|
Prénoms et Noms |
Fonction |
Organisation / Institution |
Téléphone |
Fax |
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|
Bougouzanga COULIBALY |
Conseiller au développement |
Haut Commissariat Région de Koulikoro |
|
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|
Cheick Fanta Mady TOUNKARA |
Directeur |
Direction régionale de l’Hydraulique et de l’Energie |
|
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|
Berthin KONE |
Secrétaire Général |
Chambre Régionale d’Agriculture |
26 20 22 |
|
|
|
Nouhoum THERA |
Directeur |
Direction régionale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances |
26 24 32 |
26 22 50 |
|
|
Daouda SISSOKO |
Directeur |
Direction régionale de l’Urbanisme et de l’Habitat |
26 21 27 |
|
|
|
Mama MINTA |
Directeur |
Direction régionale de l’Aménagement et de l’Equipement Rural |
26 25 77 |
26 22 50 |
|
|
Maciré NIMAGA |
Chef de Division Aménagement Forêt Faune |
Direction régionale de la Conservation de la Nature |
26 20 05 |
|
|
|
Salikou SANOGO |
Directeur Général |
Office du Périmètre Irrigué de Baguineda |
22 71 92 |
23 59 56 |
|
|
M’bouillé KOITE |
Directeur Général Adjoint |
Office du Périmètre Irrigué de Baguineda |
22 71 92 |
23 59 56 |
|
|
Yahia Yoro DICKO |
Directeur Général |
Huilerie Cotonnière du MALI BP 15 Koulikoro |
26 20 24 |
26 20 45 |
|
|
Mme DEMBELE Goundo DIALLO |
Directrice Générale Adjointe |
Compagnie Malienne de Navigation |
26 20 94 |
26 20 09 |
|
|
Abdoulaye Idrissa MAIGA |
|
Compagnie Malienne de Navigation |
26 20 94 |
26 20 09 |
|
|
Ziad Abi RAFEH |
Administrateur |
Grands Moulins du Mali |
26 20 40 |
26 20 40 |
|
|
|
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|
LISTE DES PERSONNES CONTACTEES
REGION DE SEGOU (29 au 31 octobre 2001)
|
Prénoms et Noms |
Fonction |
Organisation / Institution |
Téléphone |
Fax |
|
|
Hamidou TRAORE |
Directeur de cabinet |
Haut Commissariat Région de Ségou |
|
|
|
|
Karaba TRAORE |
Directeur sortant |
Direction régionale de l’Hydraulique et de l’Energie |
32 01 58 |
|
|
|
Oumar TOURE |
Directeur entrant |
Direction régionale de l’Hydraulique et de l’Energie |
32 01 58 |
|
|
|
Yasuo KAMIYA |
Directeur de Recherche |
Japan Green Resources Corporation BP 592 Ségou |
32 04 79 |
32 04 79 |
|
|
Kalidy KALOGA |
Directeur Général Adjoint |
Office du Niger |
32 12 43 |
32 01 43 |
on@spider.toolnet.org |
|
Souleymane SIDIBE |
Chef de Service Aménagement Hydraulique |
Office du Niger |
31 15 85 |
32 01 43 |
onsah@datatech.toolnet.org |
|
Abdoulaye Bana DIALLO |
Chef Service Exploitation du Réseau Hydraulique |
Office du Niger |
34 20 13 |
32 01 43 |
|
|
Kassoum DENON |
Directeur Général |
Office Riz BP 94 Ségou |
32 03 26 |
32 04 57 |
ors@spider.toolnet.org |
|
Seydou COULIBALY |
Directeur Général Adjoint |
Office Riz BP 94 Ségou |
32 03 26 |
32 04 57 |
ors@spider.toolnet.org |
|
Nampa DAOU |
Chef de Division aménagement et Infrastructures Rurales |
Office Riz BP 94 Ségou |
32 03 26 |
|
nampadaou@yahoo.fr |
|
Dramane DIARRA |
Ingénieur stagiaire |
Office Riz BP 94 Ségou |
32 03 26 |
|
dradiarra@yahoo.fr |
|
Idrissa DIAWARA |
Directeur |
Direction régionale de l’Appui au Monde Rural BP 120 Ségou |
32 00 61 |
32 00 61 |
|
|
Mamadou TOURE |
Chef de Division Formation |
Direction régionale de l’Appui au Monde Rural BP 120 Ségou |
32 00 61 |
32 00 61 |
|
|
Amadou DIALLO |
Directeur |
Direction régionale de l’Aménagement et de l’Equipement Rural |
32 11 65 |
32 02 05 |
|
|
Patrice TRAORE |
Chef de Division Etude Planification |
Direction régionale de l’Aménagement et de l’Equipement Rural |
32 11 65 |
32 02 05 |
|
|
Daouda THIERO
|
Chef de Bureau Suivi Evaluation |
Direction régionale de l’Aménagement et de l’Equipement Rural
|
32 11 65 |
32 02 05 |
|
|
Daouda OUEDRAOGO |
Chef de Division Infrastructure et Equipement Rural |
Direction régionale de l’Aménagement et de l’Equipement Rural
|
32 11 65 |
32 02 05 |
|
|
Boubacar FOFANA |
Secrétaire Général |
Chambre Régionale d’Agriculture Ségou |
32 03 02 |
32 03 02 |
|
|
Amadou THIERO |
Secrétaire Général |
Coopérative des Pêcheurs Ségou |
32 02 92 |
32 01 43 |
|
|
Mamou THIERO |
Président |
Coopérative des Pêcheurs Ségou et Coordinateur Régional APRAM |
32 16 97 |
|
|
|
Tidiani DEMBELE |
Exploitant Forestier |
Ségou |
|
|
|
|
Soumana KANE |
Pêcheur |
APRAM et Coopérative des Pêcheurs Diakoro |
|
|
|
|
Modibo DJIRE |
Pêcheur |
Somabougou |
|
|
|
|
Mamadou KEITA |
maraîcher et Président |
Association SABUNIOUMA |
|
|
|
|
Almami OUATTARA |
Pêcheur |
Niamalé |
|
|
|
|
Seydou KONTA |
Pêcheur |
Macina |
|
|
|
|
Dramane KANE |
Pêcheur |
Secoro |
|
|
|
|
Tidiani DEMBELE |
Exploitant Sable |
Ségou |
|
|
|
|
Adama GUINDO |
Vice Président |
Ségou |
|
|
|
|
Karamoko FOFANA |
|
Secoura Ségou |
|
|
|
|
Sékou KANE |
Pêcheur |
Sebougou |
|
|
|
|
Adama KANE |
Pêcheur |
M’Beba |
|
|
|
|
Almami KIRE |
Pêcheur |
Nerékoro |
|
|
|
|
Lassana MEMANTA |
Pêcheur |
Konobougou |
|
|
|
|
Boua DIARRA |
Pêcheur |
Gweni |
|
|
|
|
Sidi KANE |
Pêcheur |
Somonodougouni |
|
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|
LISTE DES PERSONNES CONTACTEES
REGION DE MOPTI (31 octobre au 04 novembre 2001)
|
Prénoms et Noms |
Fonction |
Organisation / Institution |
Téléphone |
Fax |
|
|
Soungalo BOUARE |
Directeur de cabinet |
Haut Commissariat Région de Mopti |
|
|
|
|
N’Tji COULIBALY |
Directeur |
Direction Régionale de l’Hydraulique et de l’Energie |
42 01 17 |
|
|
|
Bouba FOFANA |
Assistant de recherche |
Wetlands International |
42 01 22 |
|
|
|
Adama BERTHE |
Directeur Général |
Office Riz Mopti |
42 00 55 |
42 01 89 |
|
|
Amadou DIALLO |
Directeur |
Direction Régionale de la Conservation de la Nature |
42 01 46 |
42 04 71 |
|
|
Moumouni SANOGO |
Ingénieur des Eaux et Forêts |
Direction Régionale de la Conservation de la Nature |
42 01 46 |
42 04 71 |
|
|
Apam DOLO |
Directeur Général Adjoint |
Opération Pêche Mopti |
43 00 30 |
43 00 31 |
|
|
Moussa NIANTAO |
Comptable Matière Adjoint |
Opération Pêche Mopti |
43 00 30 |
43 00 31 |
|
|
Mamadou DOUCOURE |
Chef du Bureau du Personnel |
Opération Pêche Mopti |
43 00 30 |
43 00 31 |
|
|
Salif TRAORE |
Chef de la Base de Pêche |
Opération Pêche Mopti Base Djenné |
43 00 30 |
43 00 31 |
|
|
Léwa THERA |
Chef de Secteur Pêche |
Opération Pêche Secteur Mopti |
43 00 30 |
43 00 31 |
|
|
Diadié MIHINTA |
Président |
Coopérative des Pêcheurs |
|
|
|
|
Amadou TRAORE n°1 |
Contrôleur |
Coopérative des Transporteurs Fluviaux Mopti |
|
|
|
|
Amadou TRAORE n°2 |
Membre |
Coopérative des Transporteurs Fluviaux Mopti |
|
|
|
|
Alphonse TEME |
Directeur |
Direction Régionale de l’Aménagement et de l’Equipement Rural |
42 01 50 |
|
|
|
Tidiani A. BOCOUM |
Président |
Chambre Régionale d’Agriculture BP 122 Mopti |
43 03 49 |
43 03 49 |
|
|
Moriba SAMAKE |
Secrétaire Général |
Chambre Régionale d’Agriculture BP 122 Mopti |
43 03 49 |
43 03 49 |
|
|
Cheick Sidiya DIABY |
1er Adjoint au Maire |
Commune de Mopti |
43 01 59 |
43 01 59 |
akcisse@malinet.ml |
|
Mohamed SANGARE |
Secrétaire Général |
Commune de Mopti |
43 01 59 |
43 01 59 |
akcisse@malinet.ml |
|
Kassim TRAORE |
Chargé de la planification |
Direction Régionale de la Santé |
|
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LISTE DES PERSONNES CONTACTEES
DISTRICT DE BAMAKO ( 05 au 09 novembre)
|
Prénoms et Noms |
Fonction |
Organisation / Institution |
Téléphone |
Fax |
|
|
Aly DEMBELE |
Président |
Groupe d’Action pour la Sauvegarde du Fleuve Niger |
22 42 26 |
|
|
|
Moussa SANGARE |
|
Energie du Mali S.A. |
|
|
|
|
Amara COULIBALY |
|
Compagnie Malienne des Textiles |
|
|
|
|
Abdramane DEME |
|
Direction Nationale de la Conservation de la Nature |
23 36 95 |
23 36 96 |
|
|
Drissa TANGARA |
|
Office de la Haute Vallée du Niger |
22 35 02 |
22 40 64 |
|
|
Baba DIABY |
|
Direction Nationale des Industries |
22 57 56 |
|
|
|
Moulaye FAROTA |
Chef de Section chargé de la Gestion des Procédures d’Etude d’Impact Environnemental |
Direction Nationale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances |
21 37 05 |
21 37 04 |
dnacpn@datatech.toolnet.org |
|
N’Gouro SANOGO |
|
Comité de Coordination des Associations et ONG |
23 23 69 |
|
|
|
Abdoulaye BAYOKO |
|
Centre National de la Recherche Scientifique et Technique |
21 90 85 |
|
|
|
Chiaka CISSE |
|
Direction Nationale de l’Aménagement et de l’Equipement Rural |
22 59 73 |
22 11 34 |
|
|
Mamadou DIALLO |
|
Institut National de la Recherche en Santé Publique |
21 06 42 |
21 42 31 |
|
|
Sidi DIABATE |
|
Secrétatriat de Concertation des ONG |
29 30 41 |
|
|
|
Mme KEITA Sira MAGASSA |
|
Office Malien du Tourisme et de Hôtellerie |
22 56 73 |
|
|
|
Mme Aïda M’BO DEMBELE |
|
Programme des Nations Unies pour le Développement |
22 01 81 |
22 36 94 |
|
|
Bouréma F. BALLO |
|
Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique |
22 24 55 |
22 48 73 |
|
|
Mme DIOP Aïssa MAIGA |
|
Coordination des associations et ONG Féminines |
23 74 74 |
21 48 54 |
|
|
Diacoundia DIARRA |
|
Correspondant National du CILSS |
27 20 79 |
|
|
|
Moussa KAREMBA |
|
Institut d’Economie Rurale |
24 64 28 |
|
|
|
Tionkana DIARRA |
|
Direction Nationale des Transports |
22 64 63 |
|
|
|
Mamadou SAMAKE |
|
Direction Nationale |
29 21 01 |
|
|
|
Navon CISSE |
|
Projet de Gestion Hydro-Ecologique du Niger Supérieur |
21 63 53 |
|
|
|
Amadou DIALLO |
|
Projet FEM Volta |
21 63 53 |
|
|